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Le fait du jour

Et voici la fonctionnaire qui veut donner des leçons de gestion aux indépendants !

Pour l’auteur du rapport du Conseil économique, social et environnemental, Monique Weber, le RSI n’est pas le véritable coupable des difficultés des indépendants. "A mes yeux, a-t-elle déclaré à L’Express le 23 septembre 2015, le RSI est l'élément visible de l'iceberg. Les indépendants ont beaucoup de difficultés et elles se sont cristallisées autour du RSI mais elles ne sont pas toutes dues au RSI. Si beaucoup d'indépendants plient sous le poids de cotisations trop élevées, c'est surtout parce que leur entreprise ne fonctionne pas. Il y a un fort niveau de précarité chez les indépendants qui s'explique par le fait que beaucoup se lancent dans la création sans maitriser les notions juridiques ou de comptabilité nécessaires."

Qui est cette Monique Weber qui veut donner des leçons de gestion aux indépendants ?  Voici ce que dit sa rubrique biographique :

« Pharmacien de formation, engagée depuis plus de 30 ans dans le secteur de la santé et de la protection sociale, Monique Weber est directeur général de l’Organisme Gestionnaire du Développement Professionnel Continu de l’ensemble des professionnels de santé. Présidente du syndicat des praticiens conseils de l’Assurance maladie pendant 14 ans elle a participé à la plupart des réformes de ce secteur. »

Voilà donc une personne qui n’a jamais dirigé une entreprise, si petite soit-elle, et qui même n’y a jamais travaillé, qui a fait une carrière de praticien conseil à la Sécurité sociale, et qui aujourd’hui dirige un machin censé dispenser une formation continue aux professionnels de santé, alors même qu’elle n’a jamais pratiqué sa profession ! Un machin que le rapport 2014 de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) décrit comme « une conduite de projet désastreuse, mise en œuvre dans de mauvaises conditions : méconnaissance des comportements des acteurs, dirigisme, centralisation, ignorance des contraintes de la gestion ». N’en jetez plus, la cour est pleine !

Encore quelques rapports de ce genre et quelques rapporteurs de cette compétence, et il n’existera plus la moindre entreprise en France !

(27/9/15)
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La droite de l’UMP veut le scalp de NKM !

La droite de l’UMP ne veut plus entendre parler de sa gauche, incarnée jusqu’à la caricature par Nathalie Kosciusko-Morizet, plus connue sous le sigle de NKM. Montée sur d’invraisemblables hauts talons, le ton snob et les idées plus que « correctes », la députée de l’Essonne a jeté son dévolu sur la mairie de Paris, misant sur l’électorat « bobo » de la capitale.

Bien entendu NKM n’arrête pas son ambition à l’hôtel de ville et se voit bien conquérir l’Elysée dans la foulée. Mais il lui faut avant toute chose remporter la primaire électronique organisée par l’UMP parisienne, une élection « ouverte » à laquelle tout électeur parisien peut s’inscrire (www.primaireparis.fr, participation aux frais 3 euros). L’élection aura lieu du 31 mai au 3 juin, et les inscriptions seront closes le dernier jour du scrutin.

Or si NKM est la favorite des sondages, elle est très loin d’avoir déjà gagné. Ses quatre concurrents, dont le plus connu est Jean-François Legaret, maire du 1er arrondissement, mènent activement campagne, et surtout le nombre d’inscrits est particulièrement faible : un peu plus de 8 000 à moins de 15 jours du vote, alors que l’UMP parisienne en attendait au moins 30 000. C’est le signe que la greffe NKM n’a jusqu’à présent pas pris.

Du coup, ceux qui, derrière Patrick Buisson et Guillaume Peltier, rêvent d’une UMP débarrassée de son courant de gauche et solidement ancrée à droite ont lancé une opération anti-NKM, consistant à pousser tous ceux qui, sans être forcément adhérents de l’UMP, souhaitent que se réalise une union à droite, fondée sur les valeurs de ce camp et non sur celles de ses adversaires, à s’inscrire à la primaire et à voter Legaret. Autre façon de dire : « Eliminons NKM ! »

Au-delà de ce règlement de compte parisien se profile la recomposition de la droite, préalable indispensable à son retour au pouvoir sous de nouveaux atours et avec un nouveau programme. Si elle est battue, NKM, qui s’est abstenue lors du vote de la loi Taubira, ne pourra même pas se consoler en célébrant un mariage homosexuel à Longjumeau : elle a démissionné de la mairie pour se consacrer à la conquête de Paris.

(21/5/13)
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Mariage gay : la lourde erreur de Luc Ferry !

Dans sa chronique du Figaro du 14 février 2013, Luc Ferry écrit :

« Toute l'histoire du mariage d'amour est celle d'une rupture avec la nature et la tradition. Dans une société laïque, il n'est pas une donnée divine, ni naturelle, mais il est ce qu'en dit la volonté générale, La question n'est donc nullement : « Qu'est ce que j'en pense à titre personnel, d'après mes choix religieux ? », mais bien, puisqu'il s'agit d'une législation qui concerne autrui en général : « Quelles raisons légitimes pourrais-je avoir d'interdire aux homosexuels de se marier ? En quoi cela va-t-il léser ma liberté, me porter préjudice ? » Je n'ai aucun mal à expliquer pourquoi on prohibe le meurtre, le viol ou le vol, car les autoriser me porterait atteinte. Mais je ne vois aucune raison, aucune, d'interdire à des homosexuels d'accéder au mariage s'ils le souhaitent. Ça ne me retire rien, ne me nuit en rien, ne m'empêchera en rien de me marier à l'église si je le veux. »

A la lecture de cette chronique, Claude Reichman a adressé à Luc Ferry le courriel suivant :

« Ca ne me retire rien, ne me nuit en rien », écrivez-vous dans votre
article de ce jour du Figaro. En réalité, le mariage gay retire bien quelque
chose à de nombreux Français : l’idée qu’ils se font de la société, de ses équilibres, de ses fins profondes, du sens de la vie humaine et de son origine. Et cela nuit profondément à leur vision du monde, qui se trouve altérée non par l’existence de l’homosexualité, ni par le fait que les homosexuels vivent en couple, mais par la sacralisation laïque que leur apporte le mariage. Celui-ci n’était nullement nécessaire pour leur conférer des droits qu’ils n’avaient pas. Il n’a pas d’autre finalité que de profaner une institution, tout comme les colonnes de Buren avaient pour finalité, sous couvert de « modernité » de profaner un lieu historique. Votre intelligence, votre tolérance, votre largeur d’âme et d’esprit sont une providence pour les tenants du mariage gay, qui ne pouvaient rêver meilleur – bien qu’involontaire – allié dans leur entreprise non pas de renforcement de la famille, comme vous l’écrivez, mais de destruction de la société. »
(17/2/13)
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Marcel, le patron de bistrot qui a failli enrichir la planète !

Marcel est propriétaire d'un bistrot. Il réalise soudain que tous ses clients sont des alcolos qui n'ont pas de boulot et ne peuvent donc plus fréquenter son comptoir, car ils ont vite dilapidé leur RSA.

Il imagine alors un plan marketing génial : "Picole aujourd'hui, paie plus tard". Il tient rigoureusement à jour son ardoise de crédits, ce qui équivaut donc à consentir un prêt à ses clients. Chiffre d'affaires et bénéfice explosent et son bistrot devient vite, sur le papier, le plus rentable de la capitale. Les brasseurs et grossistes se frottent les mains, et allongent bien volontiers les délais de paiement. Les clients de Marcel s'endettant chaque jour davantage acceptent sans rechigner des augmentations régulières du prix du godet, gonflant ainsi (toujours sur papier) les marges du bistrot.

Le jeune et dynamique représentant de la banque de Marcel, se rendant compte que ce tas de créances constitue en fait des contrats à terme (futures) et donc un actif, propose des crédits à Marcel avec les créances-clients en garantie. Sa trouvaille géniale vaut au banquier visionnaire un plantureux bonus. Au siège de la banque, un trader imagine alors un moyen pour se faire de belles commissions: il convertit les dettes en picolobligations. Les picolobligations sont alors "titrisées" (converties en paquets de titres négociables) afin d'être vendues sur le marché à terme. Confiants à l'égard de leur banquier et avides de hauts rendements, les clients ne comprennent pas que ces titres qui leur sont fourgués comme "obligations AAA", ne sont en fait que les créances bidons d'alcolos feignasses. Les picolobligations deviennent la star des marchés, on se les arrache et leur valeur crève tous les plafonds.

Un beau matin, un "risk manager" oublié dans les caves de la banque se réveille et signale qu'il est temps de demander à Marcel que ses clients règlent leur ardoise.

Marcel essaie, mais ses clients ne bossant pas, ... bernique ! La banque exige alors le remboursement du crédit et le bistrot fait logiquement faillite, vire ses employés, entraînant la faillite de ses fournisseurs en bibine qui, à leur tour, virent également leurs employés. Le cours des picolobligations chute brutalement de 90%. La dépréciation de cet actif vaporise les actifs et donc les liquidités de la banque. Problème : sa banqueroute ruinerait trop d'électeurs ("too big to fail" dit-on). La banque est donc renflouée par l'Etat. Ce renflouement est financé par de nouvelles taxes prélevées sur les employés, les classes moyennes et un tas de gens qui bossent, ne picolent pas et qui n'ont jamais mis les pieds dans le bistrot du Marcel...

Encore une belle histoire qui se termine mal !
(29/11/12)
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L’angoisse de Frédéric Mitterrand !

Je lis dans Le Point de la semaine dernière une déclaration de Frédéric Mitterrand au sujet de l’après mai 2012: “La seule chose qui m’angoisse, c’est de passer du statut de ministre à celui de simple citoyen.” Cette phrase, si elle a réellement été prononcée, est intéressante car symptomatique du décalage entre une partie de la classe dirigeante et le peuple, les simples citoyens. Le ministre est donc angoissé de perdre son statut de ministre – les voitures de fonction, le grand bureau au Palais Royal, les huissiers qui apportent les parapheurs, les “Monsieur le ministre” à tour de bras -, alors que tant de simples citoyens sont profondément angoissés pour leur pays. Cette phrase marque le paroxysme de la politique contemporaine : non le dévouement à une cause, une conviction, un intérêt collectif, mais la satisfaction, la jubilation nombriliste d’un ego surdimensionné. Quoi qu’il arrive, alternance ou pas, un retour à la vie de simple citoyen ne fera pas de mal à M. Mitterrand. Et à combien d’autres…
Maxime Tandonnet
(12/2/12)
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Nullement découragé par l’échec du Rafale à l’exportation, Serge Dassault veut concurrencer Hollywood !

Présentant ses vœux aux lecteurs du Figaro, dont il est le président, Serge Dassault écrit : « En vérité, la cause principale de nos difficultés financières vient de nous-mêmes, de la mauvaise gestion financière de nos budgets depuis Mitterrand et de tous les gouvernements, de droite ou de gauche, qui se sont succédé depuis. Ils ont tous plus ou moins augmenté notre dette, par une accumulation de budgets déficitaires, financés par des emprunts pour des dépenses de fonctionnement. Rien ne nous obligeait à le faire. » Et le propriétaire du quotidien de dresser le sinistre bilan économique de la France en ce début d’année 2012 : « Dette de 1800 milliards en 2011, taux de chômage de 9 %, croissance zéro, balance commerciale déficitaire de 140 milliards d’euros. A quoi cela nous a servi de nous être endettés de 1800 milliards d’euros et d’être au bord de la faillite, comme la Grèce et l’Italie ? » On s’attendrait, après cet implacable réquisitoire, à l’annonce de la décision de Serge Dassault de ne plus soutenir Nicolas Sarkozy. Eh bien, pas du tout. Le président du Figaro lance un vibrant appel en faveur de l’hôte actuel de l’Elysée : « Seul celui qui ne s’est pas encore déclaré, parce que encore président, sera crédible, car il est le seul à demander la mise en place immédiate de la règle d’or ; le seul à bien connaître notre situation financière ; le seul à pouvoir la régler par des mesures appropriées ; le seul à mettre en place les moyens nécessaires pour relancer notre croissance et réduire le chômage. Lui seul pourra sauver la France et les Français de la faillite ! » On se souvient du célèbre film « Certains l’aiment chaud », où Tony Curtis et Jack Lemmon se déguisent en femme. Au milliardaire épris de lui, Jack Lemmon finit par lancer, après s’être débarrassé de sa perruque : « Vous ne pouvez pas m’épouser ! Je suis un homme ! » « Personne n’est parfait ! » réplique le milliardaire amoureux. Toute ressemblance de cette scène avec l’article de Serge Dassault ne pourrait résulter que de la malveillance des scénaristes de Hollywood, qui ne pensent, même avec des décennies d’avance, qu’à nuire à la France, à son glorieux président et à ses milliardaires décidément trop épris.
(2/1/12)
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La France au bord du gouffre financier !

A Europe 1, le 14 octobre 2011, François Baroin, le ministre français de l’Economie et des Finances, a voulu trop bien faire. Pour stigmatiser le programme socialiste, il a avoué que la France était au bord du gouffre financier.
Interrogé par Jean-Pierre Elkabbach sur la primaire socialiste, il a déclaré : « Les socialistes veulent remettre en cause la retraite et revenir à 60 ans. 60 ans, c’est 30 milliards, 30 milliards c’est 1,5 point de PIB, c’est la dégradation immédiate, ça n’attend pas 15 jours, ça attend une journée. » « Vous voulez dire que le triple A est menacé par ces projets ? », demande Elkabbach. « Rien que cette mesure met en danger immédiat la notation de la France », répond Baroin.
On comprend pourquoi la France veut à tout prix éviter d’avoir à recapitaliser ses banques sur fonds publics. Car cela risque de coûter beaucoup plus que 30 milliards, surtout si l’on intègre au calcul non seulement le risque grec mais aussi l’ensemble des prêts consentis aux Etats en difficulté, et notamment à l’Italie et à l’Espagne.
Pour rassurer encore mieux les Français, le ministre des Finances s’est exclamé : « On travaille comme des fous jour et nuit pour apporter des solutions ! » Autrement dit, c’est la panique ! Curieusement, l’euro n’a pas dévissé après cette encourageante déclaration. Baroin va finir par se vexer qu’on ne le prenne pas au sérieux !
(16/10/11)
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Le dernier scalp de Chirac !

En déclarant qu’il voterait pour François Hollande à l’élection présidentielle, Jacques Chirac n’a nullement fait œuvre d’ « humour corrézien », mais simplement accompli l’acte qu’il ne cessait de se reprocher, depuis quatre ans, d’avoir manqué. Le président de la République, face à la montée de Sarkozy dans les dernières années de son mandat élyséen, ne s’inquiétait nullement. « Ce sera mon dernier scalp », confiait-il à ses confidents. Et nul n’ignorait qu’en la matière Chirac disposait d’un savoir faire exceptionnel. N’avait-il pas éliminé impitoyablement, et depuis des années, tout rival sérieux de droite dans la course au poste suprême ? En janvier 2007, quatre mois avant le premier tour de la présidentielle, Chirac pensait encore pouvoir se présenter, comme le confirme Bruno Le Maire, alors directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin, dans son livre « Des hommes d’Etat ». La brutale accélération de la campagne de Nicolas Sarkozy, avec notamment son orientation à droite qui lui amenait une bonne partie des électeurs de Jean-Marie Le Pen, ne laissa plus d’espace à Chirac et le fit renoncer. Mais c’est bien avant qu’il avait perdu la partie face à celui qui l’avait trahi au profit de Balladur. Les observateurs les plus avisés se demandent encore comment un « tueur » comme Chirac a pu non seulement remettre Sarkozy dans la course en l’appelant au gouvernement, mais surtout l’y laisser, alors même qu’il suffisait d’un geste au président de la République pour priver Sarkozy de toute fonction ministérielle et lui retirer du même coup toute la couverture médiatique qui était le moteur essentiel de son ascension. L’explication la plus probable est que Chirac n’arrivait pas à prendre Sarkozy au sérieux et que, tel le lion de la fable, il voyait en lui un « chétif insecte, excrément de la terre », qu’il écraserait d’un coup de patte au moment qu’il aurait choisi. Manifestement Chirac avait surestimé l’état de ses réflexes, et l’on connaît la suite. Mais les grands fauves sont rancuniers, et l’ancien président n’a pas dérogé à la règle qui commande de se défier d’un animal blessé. Sarkozy vient de le vérifier à ses dépens. La griffe de Chirac a toute chance de se révéler mortelle pour Sarkozy, qui, dans l’état où se trouve sa cote de popularité, ne peut se permettre de perdre le moindre électeur de droite. Chirac aura décomplexé beaucoup de ceux qui hésitaient encore à faire défection à leur camp l’an prochain. Ce qui prouve bien qu’en politique comme ailleurs, « toujours l’inattendu arrive » !
(14/6/11).
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Confidentiel : Henri Guaino a peur de se retrouver au chômage !

Eric Revel, le directeur de LCI, qui dirige l’émission mensuelle « Le Club LCI », a eu l’intéressante idée de faire suivre l’émission, réalisée en public et diffusée en direct, par un débat off, c’est-à-dire non retransmis, entre les invités et la salle.
C’est ainsi que lors du débat off qui a suivi l’émission du 26 avril 2011, une jeune femme au chômage a interrogé Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République, sur le problème de l’emploi. Diplômée, ayant effectué plusieurs séjours à l’étranger et travaillé en Angleterre, elle a demandé à l’invité de l’émission pourquoi les jeunes gens avaient autant de difficultés à trouver du travail en France. La réponse d’Henri Guaino a pétrifié l’assistance. Il a commencé par déclarer que le chômage des salariés âgés était plus préoccupant que celui des jeunes, prenant l’exemple, selon lui beaucoup plus dramatique, d’un homme de 55 ans, père de trois enfants et dont la femme est sans emploi, et qui se retrouve lui-même au chômage. Il était difficile de ne pas voir une étrange ressemblance entre la situation de ce chômeur et celle d’Henri Guaino lui-même, qui a 54 ans et trois enfants, et dont les fonctions actuelles sont liées à la présence à l’Elysée de Nicolas Sarkozy, dont la réélection est loin d’être certaine. Il ne doit pas être simple de retrouver un job aussi bien payé (Le Canard enchaîné a parlé de 290 000 euros par an), même si l’on a les meilleures chances d’être confortablement recasé. Mais l’on n’est jamais sûr de rien et l’inquiétude du lendemain taraude même (et peut-être surtout) les mieux lotis.
Consentant ensuite à prendre un compte le problème de la jeune femme, il l’a expédiée de quelques mots brefs, lui indiquant qu’il y a aussi du chômage ailleurs en Europe et lui lançant négligemment qu’elle pouvait toujours prendre le train pour Londres et y trouver un emploi de barmaid. Tout cela pour ne même pas reconnaître que la politique menée dans notre pays était peut-être pour quelque chose dans le chômage infligé aux Français, et notamment aux plus jeunes d’entre eux.
Un tel mépris, venant du plus proche conseiller du président de la République, n’était pas sans rappeler les émigrés de Coblence dont on disait qu’ils n’avaient « rien appris, ni rien oublié ». Quels que soient les régimes, les privilégiés brillent toujours par l’inconscience. Et souvent cela finit mal pour eux !
(28/4/11).
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La collusion des journalistes avec les politiques est une réalité !

Il est vrai que la presse ronronne souvent dans le compromis et la demi-teinte. Les journalistes - et je n'échappe pas à la règle - veulent à la fois préserver leurs sources et leur statut d'interlocuteurs privilégiés des élites politiques et économiques françaises. On peut égratigner mais on n'agresse jamais ouvertement. On peut se fâcher un temps pour se croire irrespectueux, on veille cependant à ne jamais commettre l'irréparable avec les princes qui nous gouvernent. L'indépendance n'est qu'une fille de joie : un petit coup et puis retour aux bonnes manières. Tout cela donne à nos médias une langueur désespérante et nourrit le procès en collusion que leur font les lecteurs, les auditeurs et les téléspectateurs. Les journalistes sont confondus avec la nomenklatura : c’est injuste si l'on parle de leurs revenus ; ce n'est pas faux dès lors qu'il s'agit de leur statut social. Tout ce petit monde vit dans le même caravansérail du pouvoir au sens large, on petit-déjeune ensemble, on déjeune ensemble, on dîne ensemble et, parfois, on couche ensemble. Impossible, ou presque, dans ce foutoir, de ne pas être étiqueté, de faire son métier sans être soupçonné de rouler pour tel ou tel, de développer une analyse libre sans qu'on vous cherche des poux dans la tête.

Denis Jeambar
Extrait de « Portraits crachés » (Flammarion).
(21/2/11).
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Retraites : Borloo crache le morceau et dézingue Sarkozy !

Ah ! ce Borloo ! Quand il s’agit de dire ce qu’il ne faut pas, il n’a pas son pareil. On se souvient qu’il avait fait perdre une bonne cinquantaine de sièges à l’UMP lorsqu’il avait laissé entendre, au cours d’un débat télévisé, le soir du premier tour des élections législatives de juin 2007, qu’il y avait de bonnes chances que soit instituée une TVA sociale. Eh bien, il vient de recommencer, le 13 octobre 2010, sur Europe 1, en déclarant, en plein débat sur les retraites : « Réformer les retraites, ce serait passer dans un système d’assurance, dans un système de capitalisation ». Et d’ajouter que le plan gouvernemental était en fait « un plan de garantie des pensions des retraités français ». Sur le second point, c’est évidemment faux : le plan du gouvernement ne garantit nullement les pensions. Il retarde seulement de quelques petites années leur baisse drastique. Mais sur le premier point, Borloo a pleinement raison. A ceci près que s’il reste au gouvernement, et à plus forte raison s’il devient Premier ministre, il va devoir clamer urbi et orbi que le président de la République que-le-monde-entier-nous-envie est, pour avoir réformé les retraites, le plus grand homme politique que l’univers ait jamais connu. Dur, dur ! Il ne restera plus à Borloo, pour se consoler, qu’à abandonner sa légendaire sobriété.

(17/10/10).
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Le président UMP de la commission des lois dénonce « la cavalerie » du gouvernement !

Sarkozy et Fillon n’ont vraiment plus besoin de l’opposition : ils ont ce qu’il faut à la maison ! Un certain Jean-Luc Warsmann, qui se dit président de la commission des lois de l’Assemblée nationale et qui risque fort de ne plus le rester, s’est permis de dénoncer « la cavalerie » du gouvernement, qui vient de fourguer 130 milliards d’euros de déficits cumulés supplémentaires à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) sans lui fournir les ressources correspondantes, comme une loi de 2005 l’y oblige pourtant. On vous laisse savourer la philippique de Warsmann qui, élu des Ardennes, y va à la manière d’un sanglier, sans se douter que la chasse est ouverte : « En 2005, à l'unanimité, nous avons mis en place une règle très simple, minimale. C'est la volonté du législateur de ne plus transférer les dépenses de protection sociale sur les générations futures. Là, en une loi, on nous demande de lancer 130 milliards d'euros d'emprunt. Cela représente plus de 50 milliards d'euros d'intérêts. Le gouvernement nous demande de l'autoriser à lancer 130 milliards d'euros d'emprunt sans mettre en face les recettes pour les rembourser. Lancer des emprunts lorsque l’on sait que l’on n’a pas l’argent nécessaire pour les rembourser, cela s'appelle faire de la cavalerie. C'est insensé, ce n'est pas responsable. Le gouvernement dit qu'il met 3,35 milliards d'euros de recettes sur la table. Ce n’est pas la peine d'avoir fait de grandes études pour comprendre que, la première année, on va toucher beaucoup, moins la deuxième, et de moins en moins ensuite. C'est la seconde cavalerie. Jamais, sous la Ve République, le Parlement n 'a été saisi d'une demande de faire de la cavalerie à ce niveau. J'ai donc le devoir d'appeler chacune et chacun d'entre vous à la réflexion, de vous demander de voter librement, de savoir écarter les amicales pressions. II en va de l'avenir de notre protection sociale, de la crédibilité de la parole financière de la France et de la crédibilité du
Parlement. »
Ce qui n’a pas empêché le groupe UMP de voter le transfert des 130 milliards à la Cades. La poussière est sous le tapis, on respire !

(17/10/10).
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Des Roms nommés Sarkozy !

Le Monde Magazine, supplément hebdomadaire du quotidien du soir, publie dans son numéro du 4 septembre 2010 une interview d’Henriette Asséo, historienne et spécialiste des Tziganes, dénomination à laquelle a succédé, dans les années 1970, le terme générique « Rom ». Parcourant la géographie de leur implantation, l’historienne note que « dans les territoires des Habsbourg, c’est une présence sédentaire mais rurale » et que « les Tziganes sont attachés aux domaines seigneuriaux ». « Mais, poursuit-elle, leur statut est différent, supérieur à celui des paysans, et ils sont autorisés à prendre le nom de leur maître : Karlyi, Lakatos ou encore Szarkösi. »
Indiquant que « chaque Etat a incorporé à sa langue nationale une terminologie pour qualifier « ses » Tziganes » et que « les Anglais parlent de Gypsies, les espagnols de Gitanos, les Italiens de Zingari », Henriette Asséo précise que « dans l’Empire des Habsbourg, le vocable allemand de Zigeuner l’a emporté sur tous les autres », et « qu’après 1860, les Etats d’Europe centrale et les Balkans ont, à leur tour, nationalisé leurs populations tziganes sous les termes tchèque de Cikan, hongrois de Cigany, etc. ». On sait que le nom de jeune fille de Cécilia, la deuxième épouse de Nicolas Sarkozy, est précisément Ciganer.
En dépit de tous ces liens, le président de la République entend bien poursuivre sa politique d’expulsion des Roms en situation irrégulière. Il peut d’ailleurs se prévaloir d’un précédent historique : Louis XIV envoyait les bohémiens aux galères sans autre forme de procès !
(7/9/10).
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Portugal : la crise de confiance s'étend !

Le 5 mai dernier, l’agence de notation financière Moody’s annonçait qu’elle envisageait de baisser la note du Portugal. C’est fait : aujourd’hui, elle l’a rétrogradée de deux crans (de AA2 à A1) en raison de l’endettement public de ce pays et de ses faibles perspectives de croissance malgré les réformes entreprises. Moody’s a déclaré s’attendre à une détérioration « pour au moins deux ans encore » des paramètres de la dette, dont le poids par rapport au Produit intérieur brut (PIB) devrait atteindre 90% avant de se stabiliser. Moody’s a emboîté le pas à une autre agence de notation, Standard & Poors : celle-ci avait abaissé de deux crans la note souveraine du Portugal, de A+ à A- (avec une perspective négative) le 27 avril dernier.

« Il est probablement opportun de ne pas avoir un oligopole mondial de trois agences », a déclaré Jean-Claude Trichet, le patron de la Banque centrale européenne (BCE) dans une interview publiée par le journal Libération aujourd’hui. Ces propos visent les trois agences qui comptent au niveau mondial: Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch Ratings. Elles sont officiellement reconnues par le gouvernement américain. Moody’s et Standard & Poors sont américaines. Fitch, née américaine, est un cas particulier : elle a été rachetée par un holding français, Fimalac (acronyme de Financière Marc de Lacharrière). Sur ces trois agences pèse la suspicion d’émettre des notes favorisant les intérêts financiers anglo-saxons au détriment notamment des pays européens. Elles sont accusées d’avoir mis de l’huile sur le feu de la crise des pays de l’Europe du Sud.

Les tenants de cette thèse souhaitent la création d’une agence de notation européenne pour faire contrepoids à ces trois-là. Cette agence européenne noterait sans doute les risques souverains de l’Europe du Sud de façon plus indulgente que ne le font les trois « anglo-saxonnes ». Mais elle serait susceptible de considérer d’un œil plus sévère les risques souverains de pays tels que la Grande-Bretagne ou les États-Unis, enfoncés dans le surendettement par leurs politiques de relance. En révélant les dysfonctionnements de certains pays anglo-saxons, elle accélèrerait sans doute leur plongée dans la crise souveraine, que leur surendettement rend inévitable, tôt ou tard…

Laurent Artur du Plessis
(13/7/10).
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Roselyne Bachelot fait scandale aux obsèques de Philippe Séguin

Roselyne Bachelot a trouvé le moyen de ne pas passer inaperçue aux obsèques de Philippe Séguin, qui se déroulaient le 11 janvier 2010 aux Invalides. Alors que toutes les femmes présentes avaient pris soin, comme il se doit en de telles circonstances, de ne pas farder leurs lèvres, sinon par un trait à peine visible d’un rouge très pâle soulignant leur carnation naturelle, la ministre de la Santé a jugé opportun de peindre les siennes d’un rose flamboyant. Difficile de faire preuve de plus de mauvaise éducation et de mauvais goût.

Mme Bachelot n’en est pas à son coup d’essai. Ministre des Sports, elle avait cru bon pour son image de se faire envoyer en l’air (au sens propre de l’expression) par l’équipe de France de rugby en stage de préparation à Marcoussis. L’image vraiment peu sportive d’une ministre corpulente portée à bout de bras par les costauds du XV tricolore avait sans nul doute galvanisé notre équipe nationale qui voyait probablement un avantage à se ridiculiser à l’entraînement plutôt que sur le terrain.

La médiatisation des fonctions politiques rend fous ceux qui les exercent. On a vu récemment les images de ministres UMP s’agitant sur des airs de musique et faisant semblant de chanter, dans le plus pur style du karaoké. Comme l’a fait remarquer Mme Christine Lagarde, qui se mordait les doigts d’avoir participé à l’exercice, « heureusement le ridicule ne tue plus ». L’aphorisme semble avoir été inventé pour Roselyne Bachelot. A qui sans cela, lors des conseils des ministres, reviendrait de droit et hors compétition la place du mort.

(12/1/10).
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Identité nationale : Sarkozy est-il d’accord avec Fillon ou avec Besson ?

François Fillon, en clôture du débat « Qu’est-ce qu’être Français ? » à l’Institut Montaigne, le 4 décembre 2009 : « Nous avons nos mœurs et un certain art de vivre […] La France, ce n’est pas une fiction sans trait et sans visage […] Par la force de l’État, par la communion de la langue, par le prix du sang et par la flamme de la mémoire et des mythes, sous le sceau enfin d’une République démocratique et laïque, l’identité française s’est réalisée pas à pas […] »

Éric Besson, La Courneuve, 5 janvier 2010 : « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage. »

Ces deux déclarations sont radicalement opposées.

Le 7 janvier dernier, le président de la République a confirmé sa volonté de poursuivre le débat sur l’identité nationale : « Nous allons le poursuivre, l’enrichir, l’amplifier afin que pour chaque Français le mot Nation et le mot République reprennent tout leur sens. »

De quel sens Nicolas Sarkozy parle-t-il ?

Malika Sorel
(9/1/10).
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La Sécurité sociale tue l’emploi : l’appel au secours d’un artisan

Le Mouvement pour la liberté de la protection sociale (MLPS) a reçu d’un artisan la lettre suivante.

« Depuis le 3 septembre 2007, je suis artisan peintre. J'ai commencé en tant que sous traitant, puis j'ai réussi à constituer ma propre clientèle. Pendant des mois, j'ai travaillé 7 jours sur 7 pour y arriver. Et aujourd'hui, si je ne trouve pas une solution pour réduire mes charges, je vais devoir rendre ma carte d'artisan.

En 2008 j'ai fait un bon chiffre d'affaire, en 2009 des bénéfices médiocres, et le RSI [la Sécurité sociale des travailleurs indépendants] continue à me demander de payer des charges encore plus élevées. Je ne peux plus supporter ces dépenses vu ma situation.

J'ai 32 ans, j'ai commencé à travailler à l’âge de 17 ans dans l'entreprise de mon père. Je suis doué, je passe très bien au niveau de la clientèle, ce métier m'a toujours plu. J'ai envie de continuer, mais pas dans ces conditions. Je n'ai pris que 15 jours de vacances depuis la création de mon entreprise, je suis fatigué et découragé. Aidez moi s'il vous plait !

V. H »

Cet appel, comme les milliers d’autres que reçoit le MLPS, illustre le désarroi des Français qui veulent travailler face à la machine à détruire les emplois que constitue la Sécurité sociale. Bien entendu, le MLPS a adressé à cet artisan le mode d’emploi pour s’assurer librement et s’affranchir de la Sécurité sociale. Qu’attend le gouvernement pour informer tous les Français du droit à la liberté de l’assurance que leur confèrent les lois européennes intégralement transposées dans le droit français ? Qu’il n’y ait plus en France que des chômeurs et des fonctionnaires ? Et qui, alors, paiera ces derniers ?

23/12/09.
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Un million de fonctionnaires en plus pour rien !

La «meilleure» façon, si l’on ose dire, d’augmenter les déficits et la dette consiste à embaucher des fonctionnaires qui n’ont pas de réelle utilité. C’est autant de salaires et de retraites à verser obligatoirement, sans réels revenus ou avantages en regard, la force d’inertie sur les comptes publics est énorme. Eh bien c’est ce qu’a fait la France entre 1980 et aujourd’hui avec cette grande idée que le monde entier nous envie, la décentralisation (lancée en 1981). C’est ce que nous apprend la Cour des comptes. L’Etat transfère des compétences aux régions et aux départements, donc avec le personnel qui va avec ? Que nenni : les collectivités locales embauchent, et l’Etat aussi ! Les communes créent des communautés d’agglomérations pour mettre en commun certaines missions (ramassage scolaire, traitement de l’eau, déchets, etc.). Donc en y transférant les personnels concernés ? Que nenni, les communes gardent leurs agents pendant que les structures intercommunales embauchent à tour de bras ! Un exemple anecdotique : le Conseil économique et social, tout le monde le sait, ne sert à rien… Même pas grave, créons-en un dans chaque région ! Etc. etc. Résultat, un million de fonctionnaires en plus, pour rien !

Philippe Herlin
www.ladettedelafrance.fr
(22/11/09).
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Carlier va-t-il attirer Aphatie sur le terrain du sexe ?

Confronté à la concurrence de deux « humoristes » sur son créneau horaire de 7 heures 50 à RTL, Jean-Michel Aphatie va avoir de plus en plus de mal à continuer de poser des questions convenables aux hommes politiques qu’il convie à son micro.

En effet le vendredi 16 octobre 2009 à 7 heures 50, sur Europe 1, Guy Carlier a mis la barre très haut. Il a fait entendre à l’antenne les propos du sélectionneur de l’équipe d’Argentine de football, Diego Maradona, qui, soulagé de la qualification directe de ses joueurs pour la prochaine coupe du monde, après plusieurs matchs décevants, s’en est pris vertement – c’est le cas de le dire – aux journalistes qui ne l’avaient pas ménagé lorsque l’équipe d’Argentine accumulait les contre-performances et a tenu à leur intention – tous micros ouverts – ce langage : « Qu’ils me la sucent et qu’ils me la sucent encore. Vous avez vu comment vous m’avez traités ? Continuez de bien la sucer ! »

Et Guy Carlier de commenter ainsi ces propos : « Cet incroyable délire, comme le titre le journal L’Equipe, appelle plusieurs réflexions. D’abord le côté positif : c’est qu’un ministre du gouvernement français a déjà réservé une place sur le vol Paris-Buenos Aires pour aller passer quelques jours de vacances en Argentine à l’occasion de la Toussaint. Certes Maradona n’est pas boxeur, mais il a aux alentours de 45 ans et il est publiquement demandeur. » Cette allusion plus qu’évidente à Frédéric Mitterrand marque une rupture dans la vie médiatico-politique française. Car on sait bien, en athlétisme comme ailleurs, que quand un mur est enfoncé, tout le monde s’engouffre dans la brèche.

Jean-Michel Aphatie pourra-t-il résister à cette escalade ? On peut lui suggérer de commencer désormais toutes ses interviews d’invités masculins par la question « Slip ou caleçon ? », avant de leur demander quels effets ont sur la politique qu’ils mènent leurs plus récentes performances sexuelles. Il ne s’agit là, bien sûr, que de suggestions et Aphatie reste entièrement libre de ses choix éditoriaux. D’autant qu’originaire du sud-ouest il sait mieux que personne que dans sa région les deux seuls mots de la langue française où l’on ne roule pas les « r » sont « putaing » et couillong » !

(16/10 /09).
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Générosité : Guy Carlier a failli sauter un repas !

Dans sa chronique matinale du 12 octobre 2009 sur Europe 1, Guy Carlier a raconté comment, sortant d’une première à l’Olympia, il s’est attablé pour dîner à la terrasse d’un restaurant de la rue Caumartin, à quelques pas du célèbre music-hall. Sur le trottoir d’en face, une femme SDF, roumaine apparemment, était en train de s’installer pour passer la nuit et avait fait le signe de croix avant de s’allonger par terre. Et Carlier de stigmatiser d’un ton grave et larmoyant Eric Besson, le ministre de l’immigration, pour ses expulsions d’étrangers.

Il semble bien toutefois que cette scène émouvante n’ait pas fait renoncer l’humoriste à son dîner, sinon il n’eût pas manqué de nous le dire, d’autant que malgré un régime draconien qui a fortement réduit son obésité, il a encore pas mal de kilos à perdre. Tout de même, vous imaginez la scène : Carlier se levant de son siège, marchant vers la femme sans domicile fixe, lui offrant en espèces sonnantes et trébuchantes le prix de son dîner, puis revenant d’un pas digne vers le restaurant afin d’aviser le patron qu’en raison d’un geste d’humanité dont serait bien incapable un ministre expulseur, il était contraint de renoncer à honorer la cuisine de l’établissement. Cela vous aurait eu de la gueule !

Mais non, rien de tel ne s’est produit, ou alors on nous cache quelque chose. Quoi qu’il en soit, s’il y a une morale à tirer de l’anecdote, c’est que les humoristes actuels ont de plus en plus de mal à être drôles, tant ils sont sinistres et conformistes dans leur tête. Il est amusant – oui, cela au moins on peut le dire – qu’Europe 1 et France Inter aient installé une chronique prétendant faire rire face à l’interview de Jean-Michel Aphatie sur RTL. Comme si finalement les hommes politiques étaient les meilleurs comiques de la place et que seuls des amuseurs patentés, ou prétendus tels, pouvaient leur damer le pion et leur ravir des parts de marché radiophoniques.

Attendons les sondages d’audience pour savoir qui a gagné. Et si nous avons vraiment envie de rire, offrons-nous un de ces bons vieux disques où Fernand Raynaud s’écrie « Pourquoi tu tousses, tonton ? », à moins que vous ne préfériez Coluche et son célèbre « Rigole pas, c’est ton pognon ! » Ou encore le discours de Sarkozy, le soir de son élection, place de la Concorde : « Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas. » Hilarité garantie. En attendant les larmes !

(13/10/09).
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Le Figaro chasse ses lecteurs âgés !

La nouvelle présentation du Figaro, avec un format plus petit (dit « berlinois ») et de la couleur à toutes les pages est destinée à rendre le journal plus lisible. C’est peut-être vrai pour les jeunes gens, mais ils ne représentent pas le lectorat de base du quotidien. Celui-ci est constitué pour l’essentiel de personnes de plus de 50 ans, qui, par définition, ont une caractéristique commune, celle de n’avoir plus l’acuité visuelle de leurs vingt ans. Et c’est là que les choses se gâtent.

Car pour ne pas déplaire à la rédaction, qui était mécontente de la réduction de la taille des articles du fait de la diminution de la surface du journal, la direction de celui-ci a augmenté d’environ 15 % le nombre de signes imprimés par ligne. Ce qui fait que même pour un lecteur pourvu de bonnes lunettes, la lecture est devenue difficile, d’autant qu’une encre d’impression plus claire n’arrange rien.

On reste confondu devant un tel ratage. Un changement de présentation est un évènement essentiel dans la vie d’un journal. Comment les nombreux intervenants qui ont conçu la nouvelle formule du Figaro ont-ils pu ne pas se rendre compte de cette erreur … qui crève les yeux ? La réponse est fort simple : défaut de concertation. Chacun a vu midi à sa porte, et à la fin on ne voit plus rien.

Il en va de même, curieusement, du gouvernement actuel de la France, que Le Figaro soutient avec une abnégation qui serait digne de tous les éloges si elle n’entrait en contradiction avec la liberté de jugement et de ton sans lesquels il n’y a pas de presse libre. A mi-mandat, Nicolas Sarkozy présente un bilan où l’on a peine à apercevoir la « rupture », dont il avait fait le thème essentiel de sa campagne. Seul l’œil perçant du Figaro est capable de la discerner. Mais celui de ses lecteurs ne leur permet pas d’en goûter les accomplissements. Peut-être est-ce la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy a, selon un récent sondage, perdu 16 points chez les personnes de 65 ans et plus !

(13/10/09).
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Sarkozy n’est pas en forme : un témoignage exclusif

« J’étais, le 8 octobre 2009, en Moselle, invité à participer à une « table ronde » sur les restructurations militaires en présence du président de la République.

L’ayant eu en face de moi durant une petite heure, je ne puis que confirmer l’analyse développée dans l’éditorial du 6/10/09 de Claude Reichman : l’homme apparaît comme étant tout sauf serein, amaigri au point d’en être presque voûté, les cheveux grisonnants et le teint blême. Hyper volontariste, son discours est davantage celui d’un candidat en campagne permanente, ou d’un avocat plaidant avec véhémence sa propre cause, qu’une prestation de chef d’Etat.

Littéralement « monté sur ressorts » et animé d’incessants gestes des mains et des épaules, il serre mécaniquement et sans chaleur quelques mains avant de disparaître sous la protection d’un service de sécurité très rapprochée.

Une fois de plus, l’exercice (certes mené avec brio) s’est résumé à un catalogue d’effets d’annonce (la fabrication de la Smart électrique à Hambach, la délocalisation de l’INSEE à Metz, la reconversion d’un site industriel en station de captation du CO2) et d’une distribution à tout va d’argent public (30 M€ pour les compensations du départ des militaires, 20M€ pour l’université lorraine, davantage encore pour la prolongation de la ligne à grande vitesse jusqu’à Strasbourg, etc.).

Comme disait Jean Gabin dans « La traversée de Paris », "ça valait la peine d’être vu … " »

(10/10/09)
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Bientôt disponible, Didier Lombard, PDG de France Télécom, pourrait devenir porte-parole du gouvernement !

Si Nicolas Sarkozy est à la recherche d’un homme sachant parler vrai pour mettre la nation au courant des efforts qu’elle va devoir consentir afin de sortir de la crise, il peut embaucher Didier Lombard.

Le PDG de France Télécom est en difficulté en ce moment en raison des suicides survenus parmi le personnel de l’entreprise, et rien n’indique qu’il conservera longtemps sa fonction. Il n’a pas encore été remplacé de crainte que son successeur désigné, Stéphane Richard (qui vient d’ailleurs d’être promu numéro deux à la place de Pierre-Louis Wenes, à qui a été attribué le rôle du fusible) ne soit lui-même rapidement usé au cas où les suicides continueraient.

Une vidéo diffusée sur Internet montre Didier Lombard s’adressant, le 20 janvier 2009, à des cadres de France Télécom à l’occasion d’une cérémonie où étaient récompensées les meilleures innovations technologiques réalisées dans l’entreprise. Evoquant la crise internationale, Didier Lombard avoue qu’« on ne sait pas bien ce qui va se passer », et fait le pronostic qu’ « il va falloir qu’on s’adapte à la réalité qui va se présenter avec une rapidité encore plus grande ». D’où cet avertissement : « Ceux qui pensent qu’ils vont pouvoir continuer à être sur leur sillon et pas s’en faire tranquille se trompent. » Et pour être vraiment bien compris, le PDG de France Télécom ajoute : « Il va falloir qu’on s’adapte aux sujets tels qu’ils sont sur la table aujourd’hui et pas ceux qu’on a rêvés il y a vingt ans ! »

Bientôt disponible pour toute mission de confiance que l’Etat pourrait lui confier, Didier Lombard pourra s’aposter chaque soir sur le coup de 20 heures 30 aux étranges lucarnes et y tenir une chronique de quelques minutes intitulée « Tout ce que vous avez voulu savoir sur ce qui va vous arriver et que les autorités de la République ne vous ont pas dit ». Succès garanti dans les chaumières. Du coup, ce n’est pas par unités qu’on comptera les suicides dans le pays, mais par milliers. Sans parler des fous furieux qui voudront régler leur compte aux politiciens menteurs ou, pourquoi pas ? au messager des mauvaises nouvelles.

C’était notre rubrique « France, pays de la douceur de vivre ».

(7/10/09).
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Il existe un moyen simple de punir les magistrats de leurs fautes !

Il existe un excellent moyen de rendre les magistrats responsables de leurs actes. Chacun sait en effet qu’il est pratiquement impossible de les sanctionner. Même quand ils ont provoqué des catastrophes : le juge Burgaud est ressorti pratiquement indemne de la procédure initiée contre lui par le gouvernement. Tout au plus les magistrats coupables de délits de droit commun sont-ils condamnés et encore avec mansuétude. C’est la raison pour laquelle ce corps d’environ 7000 personnes se sent au dessus des lois, que parfois d’ailleurs il n’applique même pas, comme on peut le constater dans l’affaire du monopole de la sécurité sociale.

Or le moyen de leur faire entendre raison – et de les pousser à se conduire avec toute la prudence et la conscience nécessaires – découle d’un principe simple du droit selon lequel chacun doit répondre de ses actes. Et en assumer les éventuelles conséquences négatives. Il s’agit de l’action récursoire. Elle consiste, pour une personne contre laquelle est introduite une instance judiciaire, à y faire intervenir un tiers pour qu’il réponde des condamnations qui pourront être prononcées contre elle. L’exemple classique est celui du bailleur cité en justice par un locataire dont l’appartement a subi des dommages d’étanchéité et qui assigne l’entrepreneur ayant réalisé les travaux mis en cause.

Dans un article publié le 22 avril 2005 par Le Monde, le premier président de la Cour de cassation, M. Guy Canivet (aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel) – et donc éminent magistrat – s’étonnait que les pouvoirs publics n’exercent jamais l’action récursoire contre les magistrats défaillants. La procédure à mettre en œuvre est fort simple. Les magistrats rendant la justice au nom du peuple français, c’est l’Etat – censé représenter le dit peuple – qui doit être assigné devant la justice pour faute lourde. Si l’Etat est condamné à des dommages intérêts, il peut alors engager l’action récursoire afin de faire payer ceux-ci par le magistrat responsable (qui du coup va enfin devenir coupable en devant supporter les conséquences matérielles de ses actes).

Depuis qu’en 2003 le gouvernement a décidé en toute discrétion de ne plus payer leurs jours de grève aux enseignants, les grèves de l’Education nationale se sont faites nettement moins longues. Soyons certains que des actions récursoires engagées contre les magistrats rendront les scandales judiciaires nettement moins nombreux. Tant il est vrai que la punition est toujours la condition de la bonne conduite.

(4/10/09).
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Ce que David Pujadas n’a pas osé dire !

Le 28 septembre 2009, le journal de 20 heures de France 2 a consacré un long sujet à un ouvrage sur HEC écrit par la journaliste Florence Noiville. Bien que diplômée de cette grande école, l’auteur a changé de voie et occupe les fonctions de critique littéraire au journal Le Monde. Elle anime également une émission consacrée aux livres sur LCI.

Dans son ouvrage, elle dit tout le mal qu’elle pense de la formation dispensée dans ces « écoles du capitalisme » qui « apprennent à nos élites à penser le monde selon un modèle dont on voit tous les jours qu'il ne fonctionne pas ». Un livre marqué, on le voit, au sceau du plus parfait gauchisme et dont on s’étonne d’autant moins qu’une chaîne publique fasse tant de cas que Florence Noiville est l’épouse de Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives, père du revenu de solidarité active (RSA), socialiste patenté et fort en cour auprès de Nicolas Sarkozy.

Faut-il voir dans le traitement exceptionnellement fourni et favorable accordé à l’ouvrage de Florence Noiville une bonne manière envers l’Elysée de la directrice de l’information de France 2, Arlette Chabot, qui, on s’en souvient, avait été l’objet d’une sévère avoinée du président de la République après l’enregistrement de son interview à New York à l’occasion du G 20, interview qu’avaient diffusée TF1 et France 2 ?

Quant à David Pujadas, qui présentait le 20 heures du 28 septembre, il a seulement oublié de préciser aux téléspectateurs que Florence Noiville est l’épouse de Martin Hirsch. Saluons cette discrétion, marque de l’excellente éducation du journaliste vedette de France 2, et réjouissons-nous de bénéficier d’une chaîne publique vraiment indépendante du pouvoir et que le monde entier nous envie !

(29/9/09).
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Silence, le Kosovo épure ethniquement !

Où sont les grandes consciences ? Naguère, elles dénonçaient sans retenue des épurations ethniques attribuées aux Serbes, au Kosovo. Ce mercredi, un rapport du Minority right group, basé à Londres, indique que les minorités vivant dans l'ancienne province serbe, devenue indépendante en 2008 sous la pression d'une population devenue majoritairement musulmane, sont forcées d'abandonner le Kosovo.

Le communiqué du groupe explique : "De nombreux membres des minorités Ashkali, Bosniaque, Croate, Gorani, Rome, Serbe et Turque abandonnent le Kosovo car ils font face à une exclusion de la société et à des discriminations à de nombreux niveaux". "Les restrictions à la liberté de mouvement, l'exclusion de la vie politique économique et sociale sont particulièrement ressenties par les petites communautés ethniques", précise à l'Agence France Presse un responsable de ce groupe, Mark Lattimer. Cette réelle épuration, menée sous les yeux de la communauté internationale, est un scandale qui laisse les belles âmes indifférentes.

Alors que les bombes de l'Otan s'abattaient sur Belgrade, en 1999, le ministre de la Défense français de l'époque, Alain Richard, expliquait : "Nous avons vocation partout en Europe à avoir des états multiethniques qui tolèrent les minorités". On voit aujourd'hui les fruits de cette imposture politique, ayant fait du peuple serbe, remarquable opposant au nazisme durant la seconde guerre mondiale, l'unique responsable du chaos balkanique.

Une fois de plus, les faits démontrent que la société multiethnique et multiculturelle est devenue un modèle obligatoire pour tous, à l'exception de pays musulmans qui la réclament uniquement pour les autres. Combien de temps faudra-t-il supporter ce deux poids deux mesures, souvent dénoncé ici ? J'espère que des voix s'élèveront pour condamner ce qui se passe au Kosovo. Sinon, il faudra prendre acte d'une forme de soumission de l'Europe et de l'Occident.

Ivan Rioufol
(27/5/09).
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Déficits

Le Monde rejoint nos analyses et annonce à son tour :
« Le moment de vérité est proche, il sera cruel pour tout le monde. »

Dans son édition datée du 23 mai 2009, le quotidien Le Monde rejoint les analyses que nous développons sur ce site et dans nos diverses interventions médiatiques. L’éditorial du journal donne d’emblée le ton :

« Avouons-le : on n’aimerait pas être à la place du ministre du budget ! Car Eric Woerth va être obligé de résoudre, dans les semaines qui viennent, une équation impossible : tenter de maîtriser la dette publique, qui dérape dangereusement, alors que la crise fait fondre à toute allure les recettes de l’Etat et de la Sécurité sociale. »

Ayant évoqué les divers moyens envisagés par le gouvernement pour « colmater les brèches », Le Monde conclut ainsi son éditorial :

« Quelle que soit la solution retenue, elle ressemblera fort à une manière de mettre la dette sous le tapis. Car au-delà de ces expédients, le problème reste entier : structurelle en France depuis trente-cinq ans, la dette publique était déjà très lourde en 2007 (63,8 % du PIB), et plus encore en 2008 (68,1 % du PIB). Elle risque de franchir le seuil record des 80 % en 2010. Or, à défaut d’une reprise rapide et solide de la croissance que personne n’entrevoit, le gouvernement ne dispose que de deux remèdes. Soit il réduit drastiquement la dépense publique, mais c’est s’exposer à réduire à néant tout effort de relance. Soit il augmente les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales). Mais ils pèsent déjà trop lourd en France, et le chef de l’Etat a catégoriquement exclu cette hypothèse. »

Et le quotidien du soir de lancer cet avertissement qui résonne comme un glas :

« Le moment de vérité est proche. Il sera cruel pour tout le monde. »

Quant au triste sort des assurés sociaux, il est évoqué en pages intérieures dans un article intitulé « M. Fillon cherche les moyens de financer une dette sociale en forte hausse », et dont les termes n’ont rien de rassurant :

« Aucune décision n’est encore prise, mais le temps presse. Le plafond de découvert de trésorerie accordé à l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), liée à la dette sociale, est actuellement de 18,9 milliards. Or, selon le ministre des comptes publics, « il doit être relevé à 30 milliards avant le 10 octobre, faute de quoi les retraites ne pourront pas être versées… »

Le 14 mai 2009, le conseiller social de M. Sarkozy, Raymond Soubie, déclarait au même journal : « Nous allons poursuivre la bonne gestion des finances publiques, mais on ne va pas annoncer de la sueur, des larmes et des hausses d’impôts. Ce n’est pas la politique et ce n’est pas le sujet. » Inconscience ou irresponsabilité ?

(23/5/09).
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Risques bancaires : pour les réduire, mieux vaut ne pas compter sur le bon vouloir des banquiers

Un lecteur de Toronto me signale un très intéressant article paru sur le sujet dans le Financial Post du 27 avril (« Banks place their bets », http://www.national post.com). Apparemment beaucoup de banques canadiennes restructurent spontanément leurs activités en donnant massivement la priorité à la banque de détail et en abandonnant très largement leurs activités de banque d’investissement. Mais d’autres au contraire comme la Royal Bank of Canada en profitent pour se saisir de parts de marché dans la banque d’investissement, allant jusqu’à en tirer 40 % de leur revenu en 2009. Selon Gord Nixon, CEO de cette banque, un partage du type 75/25 entre les parts du chiffre d’affaires allant à la banque de détail et celle de la banque d’investissement, constitue un bon « modèle » dans les conditions actuelles.

Le modèle de la banque universelle reste nécessaire soutient également Bill Downe, le CEO de la Bank of Montreal.

L’inconvénient, selon moi, de ce conservatisme, est que la possibilité de franchir à tout moment les bornes d’un équilibre relativement peu risqué entre le « portefeuille » de détail et le «portefeuille » investissement reste totalement ouverte. L'actuelle réduction du risque - imposée par la crise - pourrait bien n’être que temporaire, et de plus elle dépend complètement du bon vouloir des seuls dirigeants bancaires, qui n’ont guère fait preuve, dans un passé très récent, d’une grande capacité à modérer leurs appétits.

Enfin les banquiers, au Canada comme en France, arrivent à passer sous silence, au delà du problème de la diversification risquée, la question tout aussi importante de la trop grande dimension, dans l’absolu, celle qui les met en position d’être « too big to fail », obligeant ainsi les gouvernements à les renflouer en cas de mauvaise gestion.

On croit certes comprendre les sources de cette réticence de la profession : les salaires des managers sont, comme le montrent de nombreux travaux économiques, directement fonction de la dimension des entreprises ….

Jean-Jacques Rosa
(29/4/09).
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Va-t-on se fâcher avec Obama sur la Turquie ?

« Laissez-moi être clair : les Etats-Unis soutiennent fermement la candidature de la Turquie à l'Union européenne », vient de réaffirmer, ce lundi après-midi, Barack H. Obama devant le parlement turc, à Ankara. Il a évoqué "des siècles d'histoire, de culture et de commerce partagés (entre l'Europe et la Turquie) qui vous unissent". La veille, à Prague (République tchèque), le président américain avait déclaré : "Les Etats-Unis et l'Europe doivent aborder les musulmans comme nos amis, nos voisins et partenaires dans la lutte contre l'injustice, l'intolérance et la violence". Mais de quoi se mêle Obama, dont les médias se plaisent à souligner des heureuses différences par rapport à son prédécesseur ?

En réalité, George W. Bush avait déjà tenu de semblables propos en 2004, avant de se faire remettre en place par Jacques Chirac qui lui avait fait remarquer que l'Europe ne se permettrait pas de conseiller les Etats-Unis sur la manière de gérer leurs relations avec le Mexique. Depuis, les Etats-Unis n'ont visiblement pas pris la mesure de l'opposition des Européens eux-mêmes, et en l'occurrence de leurs dirigeants, à l'entrée de la Turquie. Cette indifférence américaine, qui ne veut pas voir qu'une telle issue changerait la nature de l'Europe, deviendra-t-elle un motif de fâcherie?

Ivan Rioufol
(6/4/09).
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Mayotte : le droit du sol oublié !

L'Etat entend faire appliquer ses règles aux quelques entreprises ayant accepté ses aides directes. Ce lundi, le premier ministre présentera le décret "sur la rémunération des dirigeants des entreprises bénéficiant du soutien de l'Etat". Les bonus devraient être encadrés jusqu'en 2010 tandis que les stock-options et les actions gratuites seraient interdites durant cette période. Cette détermination est justifiée, même si elle aurait pu se contenter d'accords contractuels avec l'Etat prêteur.

Reste à savoir si les pouvoirs publics feront preuve du même volontarisme affiché pour faire accepter au nouveau département de Mayotte, très majoritairement musulman, l'ensemble des règles de la République laïque.

C'est à une écrasante majorité (95,2%) que les habitants de l'île ont voté, ce week-end, pour leur rattachement complet à la France. L'accès aux aides sociales sera étalé dans le temps, tandis que les nouveaux impôts n'apparaîtront qu'à partir de 2014. Mais la République a-t-elle clairement précisé, préalablement, le contenu du nouveau contrat social qui devrait s'imposer à nos nouveaux compatriotes?

Libération rapportait, ce week-end, la réflexion d'un "djaoulas", qui pratique l'islam de manière rigoureuse : "La France est un pays laïc. Or l'islam est une religion qui se vit au quotidien. Ces deux notions sont inconciliables".

La population acceptera-t-elle de renoncer totalement à la polygamie, à la soumission de la femme et plus généralement à la loi islamique et à ses juges (les cadis) ? La détermination de la République à faire respecter ses valeurs se lira à ses décisions en la matière. Quant à la réforme du droit du sol, qui avait été un temps suggérée pour Mayotte, en 2005, par le ministre de l'Outre-Mer, François Barouin, et qui avait reçu l'appui de François Bayrou et de Christian Estrosi, elle risque de se reposer avec acuité, le tiers de la population étant composé de clandestins cherchant à décrocher une nationalité vue comme une assurance multirisques.

Ivan Rioufol
(30/3/09)
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Comment fabriquer de la confiance sans sincérité ?

La France doit-elle ou non réintégrer complètement le commandement de l’organisation militaire ? Certains disent que oui, d’autres répondent que non. Tous ont des arguments, des bons arguments. De toutes les façons, le débat est déjà clos puisque le président de la République a pris sa décision. Ce sera oui.
Il faut noter que le parlement, somptueusement revalorisé depuis la réforme constitutionnelle de juillet dernier, est invité à donner son avis, cet après-midi, sur l’OTAN à propos duquel, je le répète, la décision est prise. Heureusement qu’il a été revalorisé, le parlement.

Très logiquement, les députés revalorisés vont voter, c’est cela la revalorisation. Des esprits simples auraient pu penser que ce vote répondrait à cette question simple : vous, député de la République, représentant du peuple, êtes-vous favorable au retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN ? Trop simple. Les députés revalorisés répondront à une question elle même revalorisée. Je la résume: êtes-vous d’accord avec la politique étrangère de la France ? Pas mal comme revalorisation par la question. Là aussi, la réponse est connue: ce sera oui.

Des esprits savants, politologues souvent, journalistes parfois quand ils n’ont rien de mieux à faire, s’interrogent sur le délicat rapport entre la représentation politique et les citoyens. La réponse peut courir sur des centaines de pages. Elle peut aussi se synthétiser dans quelques courtes séquences comme celle de cet après-midi où l’on verra des députés dociles répondre à une autre question que celle qui est en débat, parce que cela arrange le gouvernement et aussi parce que cela soulage certains parlementaires, notamment de la majorité, qui auraient pu voter « non » sur l’OTAN mais qui voteront « oui » sur la politique étrangère.

Comment fabriquer de la confiance sans sincérité ? A ce jour, aucun philosophe n’a trouvé la réponse.

Jean-Michel Aphatie
(17/3/09).
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1929-2009 : Une comparaison abusive

C’est ce que souligne Christina Romer, l’économiste de Berkeley qui est actuellement présidente du Council of Economic Advisers auprès du président des Etats-Unis, dans une présentation faite le 9 mars à la Brookings Institution.

Le chômage vient en effet d’atteindre 8,1 %, chiffre qui n’impressionnera personne en France, où il a été atteint et dépassé pendant de nombreuses années de la période récente. Mais aux Etats-Unis dans les années 30 il a plafonné à près de 25 % et sans les aides actuellement disponibles ! De même, le PIB réel américain a baissé à ce jour de près de 2 % depuis son plus haut niveau. Mais entre le pic de 1929 et le plus bas de 1933 le PIB réel avait baissé de 25 %.

Dans le domaine financier, près de la moitié des institutions financières américaines ont disparu dans les années 30, ce qui a conduit à l’effondrement de la circulation monétaire et à la quasi disparition du crédit.

Et pourtant, conclut Christina Romer, l’Amérique et le monde sont sortis de la Grande Dépression.

Jean-Jacques Rosa
(13/3/09).
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Le Nobel d’économie refuse de parier l’argent de son prix sur la politique d’Obama !

L’administration américaine base ses prévisions budgétaires sur une croissance de l‘économie atteignant les 15,6 % (en termes réels) entre 2008 et 2013. Il y aurait ainsi une baisse de 1,2 % cette année (ce qui s’accorde assez bien avec les analyses de Casey Mulligan souvent évoquées ici, et ce qui constituerait une récession relativement modérée si l’on se rappelle que la baisse d'activité avait atteint les moins 1,9 % en 1982 par exemple) mais suivie ensuite d’une croissance de 4 % par an en 2010, 2011, 2012 et 2013. C’est cette anticipation très optimiste qui soutient l’ambition gouvernementale de ramener le déficit budgétaire à 3 % en 2013.

Greg Mankiw, sur son blog, a critiqué cette « vision rose » de la conjoncture future. Paul Krugman l’a alors accusé d’avoir sur cette question l’esprit « délibérément obtus ». Et Mankiw de répliquer en proposant à l’éditorialiste du New York Times de mettre en jeu l’argent de son prix Nobel dans un pari avec lui sur la croissance future, pour profiter ainsi facilement de sa prétendue incompétence ! La controverse est vigoureuse et l’on en vient à tester enfin sérieusement les divergences d’analyses …

D’après l’éditorial du 12 mars du Washington Times (« Too rosy for even a Nobel Prize winner? »), Krugman ne donne pas suite : il ne semble pas pressé de miser son propre argent sur la politique économique Obama. Mais qui a dit que l’économie était une science morose ?

Jean-Jacques Rosa
(12/3/09).
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Les jeunes sauront-ils démasquer leurs faux amis ?

Les jeunes ont toutes les raisons d'en vouloir à la société. Non seulement ils vont devoir supporter l'endettement de leurs aînés, non seulement l'Education nationale ne leur donne plus l'enseignement qualitatif de naguère, mais ils sont de surcroît les plus vulnérables au chômage et à la précarité. Quand on apprend, dans un livre à paraître (Les jeunes Français ont-ils raison d'avoir peur ? Armand Colin), qu'ils sont les plus pessimistes de tous les Européens et qu'ils n'ont confiance en personne, on mesure la gravité de la fracture. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) vient d'ailleurs de mettre en garde, mardi, contre une possible "guerre des générations" entre les 16-25 ans et les "seniors".

Cependant, qui a trompé leur confiance, sinon les professionnels du jeunisme? Ceux-là protestent, cette semaine encore, au prétexte que les députés viennent d'interdire la vente d'alcool et de tabac aux moins de 18 ans. "Les jeunes trinquent", titre Libération sur sa une, ce mercredi, en parlant de "répression". Pour avoir cherché à flatter une jeunesse naïve, en lui faisant croire qu'elle avait obligatoirement raison, ces démagogues n'ont jamais rien fait pour lui donner le goût de la responsabilité, de l'effort, du savoir. Aujourd'hui, ils soufflent sur les braises d'un légitime sentiment d'abandon. Les jeunes sauront-ils démasquer leurs faux amis ?

Ivan Rioufol
(11/3/09).
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Les statistiques ethniques à pas comptés

Yazid Sabeg, le nouveau commissaire à la diversité, dit vouloir mesurer la diversité française (Le Monde, samedi). Sa manière de procéder n'est, à dire vrai, pas très claire. Mais la démarche consistant à tenter d'introduire des statistiques ethniques afin de mieux connaître la composition de la société va dans le bon sens. Le refus de savoir d'où viennent les gens et à quoi ils adhèrent, qui est la règle officielle face à l'immigration, devient de moins en moins défendable : comment définir une politique dans un brouillard organisé ? Sabeg se refuse néanmoins de demander les origines des gens pour ne s'intéresser qu'à leur "ressenti d'appartenance". Pourquoi ne pas vouloir connaître les deux ?

Ce qui est beaucoup plus discutable, en revanche est cette autre proposition qu'il compte faire : "Parallèlement, il faut rendre moins discriminants les concours aux grandes écoles, en pondérant différemment la culture générale et le français. Il faut être beaucoup plus démocratique à l'entrée des grades écoles, et probablement plus sélectif à la sortie" Faut-il rappeler à Yazid Sabeg que la langue et la culture générale sont le ciment de la cohésion nationale qu'il dit vouloir conforter ? En l'occurrence, il promeut la déculturation au nom de la diversité. Projet peu emballant.

Ivan Rioufol
(9/3/09).
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La Chine met mille milliards de dollars sur la table !

Nous assistons sans doute à un tournant dans la crise économique mondiale. La bonne nouvelle est venue ce matin de Pékin : la Chine va mettre 1.000 milliards de dollars sur la table de la récession planétaire pour tenter d'inverser le mouvement.
 

Cette annonce, qui a besoin encore d'être ratifiée par le parlement chinois est une sacrée bonne nouvelle. Les Chinois sont inquiets pour leur niveau de croissance. Ils n'ont pas envie de jouer les "chevaliers blancs" d'un monde en déroute. Ils jouent aussi la survie de leur modèle économique unique au monde : un régime communiste plongé dans une course au capitalisme à tous crins.

On le sait, si la Chine n'affiche pas un taux de croissance annuel d'au moins 8%, elle ne parvient plus à intégrer les 20 millions de nouveaux travailleurs qui cherchent à louer leur force de travail. Sans compter ceux qui perdent leur emploi à cause de la crise mondiale. Dans ces conditions, Pékin, avec ce plan colossal de relance, cherche surtout à éviter une crise sociale d'une grande violence. Même si ce régime à toujours montré (place Tien Amen) qu'il savait réprimer sans que le reste du monde ne bouge.
 

Mais la relance économique massive en Chine c'est aussi un droit à polluer payé rubis sur l'ongle ! De quel droit les pays occidentaux refuseraient-ils, au nom de leur protection environnementale, le développement économique de la Chine ?

Eric Revel
(5/3/09).
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La présidence tchèque craint l’éclatement de l’Union européenne

Mirek Topolánek, le Premier ministre tchèque, préside l'Union européenne (UE) dans sa période la plus mouvementée depuis sa création. Il ne doit pas uniquement faire face à une triple crise financière, économique et énergétique, mais il doit aussi affronter la rude et difficile perte de cohésion que traversent les pays de l'Union. Personne n'ose évoquer clairement le spectre de cette division européenne, et chacun tente de résister avec ses propres cartes. C'est en cet ordre dispersé que l'UE doit affronter trois grandes épreuves.

La première est le nationalisme économique. La France et l'Italie ont d'ores et déjà mis en chantier des mesures destinées à protéger en priorité leur marché intérieur. Mirek Topolánek, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, et d'autres dirigeants politiques centre-européens ont protesté. Les fonctionnaires de la Commission européenne pourront difficilement sanctionner eux-mêmes Paris ou Rome. Il faudrait pour cela un accord unanime du Conseil européen. Or, on voit mal Sarkozy claquer des talons et annuler son projet de sauvetage de l'économie française.

La deuxième épreuve est la faillite de certains Etats et la crise de l'euro. L'Irlande, la Grèce et dans un proche avenir sans doute l'Italie sont sérieusement menacés par la faillite. Bien qu'ils utilisent l'euro, les intérêts de leurs obligations d'Etat croissent à une vitesse vertigineuse. Le jour où personne ne voudra plus leur prêter n'est peut-être pas une perspective si lointaine. Toute faillite constituerait un coup fatal pour l'euro. C'est pourquoi les autres membres, l'Allemagne en tête, ne permettront pas cette éventualité et voleront à leur secours. Ceux dont l'économie fut rigoureuse et vigilante paieront pour ceux qui ne surent empêcher l'envolée de leur dette.

En enfin, la troisième épreuve concerne la division de l'Europe en deux zones et le sauvetage de l'Europe centrale. Ferenc Gyurcsány a mis en garde contre un nouveau "rideau de fer économique". En même temps, c'est ce Premier ministre hongrois qui œuvre intensivement à sa construction, réclamant des aides de l'UE pour tous les pays postcommunistes, y compris la République tchèque. Ces derniers se sont, à juste titre, désolidarisés de cette démarche. En effet, dans ses efforts désespérés pour obtenir cette aide, Ferenc Gyurcsány prend les pays centre-européens en otage, et, d'une certaine façon, les menace. Les pays plus riches, là encore l'Allemagne en tête, savent déjà qu'ils seront obligés d'aider au moins les Hongrois et les Lettons. Les abandonner à leur sort constituerait un trop gros risque de voir revenir dans ces pays des gouvernements populistes et ouvrirait grande la porte à l'influence russe.

Les temps où l'Europe s'occupait des ampoules à basse consommation et de la durée du temps de travail sont bien révolus. C'est aujourd'hui que l'Union européenne prend enfin tout son sens.

Lenka Zlámalová, Hospodárské Noviny(République tchèque).
(4/3/09).
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Dépression majeure ou mineure ?

Les krachs n’annoncent pas nécessairement des dépressions. Dans leur récent papier de recherche sur ce thème(NBER WP 14760, February 2009), Robert Barro (Harvard) et José Ursua citent l’aphorisme bien connu de Samuelson:
« La Bourse a prévu neuf des cinq dernières récessions », pour bien souligner qu’une chute boursière peut s’avérer sans lien avec les évolutions de l’économie réelle.

Mais en étudiant 25 pays sur une période séculaire (195 krachs et 84 dépressions), les auteurs constatent que les krachs, définis par une baisse des rentabilités de 25 % ou plus sur quelques années, s’accompagnent de dépressions mineures (baisse de la consommation ou de la production de 10 % ou plus) dans 30 % des cas, et de dépressions majeures (baisses de 25 % ou plus de la consommation ou de la production) dans 11 % des cas. Inversement, lors des dépressions mineures, il y a également des krachs boursiers 69 % du temps, et pour les dépressions majeures l’occurrence de ces krachs atteint 91 % des cas.

Ainsi, bien que les crises boursières soient beaucoup plus fréquentes que les dépressions, il n’en reste pas moins qu’une crise boursière accroît de beaucoup les probabilités d’intervention d’une dépression, mineure ou majeure. Au contraire, l’absence de crise boursière rend très improbable le développement d’une dépression : de trois par siècle suite à une crise boursière, le pourcentage passe à une par siècle en l’absence de telle crise.

En dehors des périodes de guerre, un krach boursier s’accompagne d’une probabilité de dépression mineure de l’ordre de 20 %, et de 3 % seulement pour ce qui est d’une dépression majeure.

Pour les auteurs, ces chiffres s’appliquent dans le cas présent aux Etats-Unis et aux autres pays étudiés (dont la France). Ce qui signifie que le développement d’une récession mineure reste une éventualité sérieuse, tandis que celui d’une dépression majeure semble pour l’instant assez peu probable. C’est dans l’ensemble la position que nous avons adoptée depuis le début de la « crise ».

Jean-Jacques Rosa
(25/2/09).
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Deux conseils à un président en difficulté.

A l’approche de la négociation du 18 Février, je suggère deux idées de rupture à notre président. Puisqu’une majorité de Français souhaite une augmentation des salaires, le président peut proposer que tout salarié qui touche actuellement 1100 euros reçoive désormais 2200 euros sur son compte bancaire. Comment réaliser un tel miracle ? Reportez vous simplement à www.freeworldacademy.com/social.htm  qui explique comment l’Etat confisque 1100 euros pour financer la sécurité sociale. Certes, les salariés qui accepteront cette mesure devront alors s’assurer auprès de compagnies privées pour leur santé et épargner pour leurs retraites, mais ils seront néanmoins largement gagnants. En effet, pour un ménage de deux personnes, le système de la sécurité sociale se traduit par un manque à gagner en fin de vie de 1.833.000 euros (soit 12.000.000 de francs ou 1.200.000.000 d’anciens francs).
Le président peut aussi proposer la suppression de l’immigration choisie. On nous signale en effet, que des grands groupes hôteliers font venir par charters entiers des cuisiniers ou serveurs de Turquie et du Maroc avec des contrats de travail : 1438,80 € brut par mois - nourris, logés, blanchis - Vol aller/retour payé par l'employeur - lieu de travail : Megève - Courchevel - Les Arcs - Les 2 Alpes etc. Les Savoyards au chômage apprécieront ! Autre statistique : l’année dernière le nombre de travailleurs nés sur le sol britannique a baissé de 278.000 alors que 214.000 personnes nées à l’étranger ont trouvé un emploi. Pour connaître la vérité sur le chômage résultant de l’immigration, reportez vous à www.freeworldacademy.com/globalleader/IMMIG.htm
Il n’est pas certain que les syndicats apprécient ces deux propositions, mais elles auraient le mérite de les mettre au pied du mur et de permettre au président Nicolas Sarkozy de regagner la faveur d’une majorité de Français.
Gérard Pince
(14/2/09).
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Madagascar au bord de la guerre civile

Jusqu'où va s'enfoncer Madagascar ? La folie meurtrière de la rue est en train de faire basculer ce pays parmi les plus pauvres du monde dans une guerre civile sans fin. Quand on voit les images des blessés et que l'on connaît l'état sanitaire de ce pays, on sait que beaucoup d'entre eux vont mourir.
Voici un pays qui a des sites touristiques d'exception et des ressources minières exploitées par de grands groupes occidentaux et qui devrait pouvoir s'en tirer. On a beaucoup critiqué l'ancien président Didier Ratsiraka qui avait fait tirer sur la foule devant son palais dans les années 90. Mais il tenait le pays et les différentes ethnies qui le composent. L'ancien "Amiral Rouge" (marxiste de la première heure) s'est souvent rêvé un destin à la De Gaulle. Aura-t-il la tentation de revenir sur la Grande Ile ? Est-ce souhaitable ? (Voir dans mon ouvrage " Madagascar, l'île rouge" (Editions Balland) les confessions de Ratsiraka). Depuis, le pays s'enfonce régulièrement.
La pauvreté des Malgaches a eu souvent pour exutoire la haine envers les "Karanes", ces Indo-Pakistanais qui tiennent largement le business à Madagascar. Souvent, le pouvoir en place a exploité cette fracture pour détourner la colère populaire des véritables causes de son malheur : une classe politique corrompue et manipulatrice qui confisque les richesses pour son seul bien-être. Le peuple souffre comme jamais. Madagascar est isolée comme jamais.
Le message de la France est bien discret. Paris avait mis beaucoup de temps à reconnaître la légitimité politique de l'actuel Président malgache. Avec le recul, Paris avait raison de se méfier de cet affairiste qui avait fait sa fortune dans l'agroalimentaire ( il est propriétaire de la marque Tiko, en situation de monopole sur les produits laitiers à Madagascar). Les Etats-Unis avaient immédiatement soutenu celui qui proposait, alors, une "révolution libérale" dans son pays. Le principal employeur malgache est une entreprise française, le groupe routier Colas qui a construit nombre de lieux d'accueil et d'hôpitaux sur place.
Eric Revel
(9/2/09).
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La récession n’est pas près de finir !

Reprenant la comparaison historiques des récessions, telle que nous l'avions récemment présentée à nos lecteurs, Carmen M. Reinhart et Kenneth S. Rogoff rappellent dans le Wall Street Journal du 3 février que l'épisode récessif statistiquement moyen dure un peu moins de deux ans.
Cependant dans les cas "sévères", les prix de l'immobilier baissent en moyenne de 36%, étalés sur cinq à six ans. Si l'on compte que le début de la crise immobilière américaine date de la fin 2005, cela ne donne pas de reprise avant 2010, au mieux, et d'ici là une baisse supplémentaire possible de l'ordre de 8 à 10% par rapport aux prix actuels.
Le cours des actions tend à baisser plus rapidement, d'environ 55% sur un à trois ans. L'indice Standard & Poor y est déjà. Mais en admettant que le sommet a été atteint à la mi-2007 il faudrait encore attendre un ou deux ans avant une reprise.
Pour le chômage, ces récessions durent en moyenne près de cinq ans, avec une augmentation du taux moyen de l'ordre de 7 points, ce qui donnerait un taux à deux chiffres aux Etats-Unis et repousserait la reprise du marché du travail au delà de 2013.
Enfin le changement le plus massif concerne en général la dette de l'Etat qui augmente de 85% dans les trois ans qui suivent une crise bancaire. La raison principale en est l'effondrement des recettes fiscales résultant du ralentissement de l'activité, plus encore que les plans de relance par les dépenses nouvelles.
La spécificité de la crise en cours tient d'abord à ce qu'elle intervient dans une économie globale. Dans ces conditions une économie nationale n'a que peu à attendre d'un éventuel accroissement de la demande externe.
Jean-Jacques Rosa
(7/2/09)
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Guaino veut ressusciter le minitel !

La « politique de civilisation » et la « refondation du capitalisme » projets emphatiques dont M. Guaino, en toute simplicité , assigne la mise en œuvre aux dirigeants de notre pays (Le Figaro, 31 janvier), se réduit plus prosaïquement, à la lecture, à un retour au capitalisme d’Etat, modèle 1945 révisé 1958.
Et dire que depuis trente ans les analystes du déclin, français et européen, croyaient en avoir trouvé la source dans les excès de prélèvements obligatoires alliés aux erreurs majeures de l’investissement public et des subventions à fonds perdus. L’Etat moteur moralisateur de la croissance, que n’y avait-on pensé plus tôt… mais il faudrait commencer par ressusciter le minitel et le plan calcul !
Jean-Jacques Rosa
(7/2/09).
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La crise nous oblige à poser de vraies limites à l’immigration !

La crise globale oblige à repenser toutes les certitudes. Déjà, la "mondialisation heureuse" ne résiste plus aux tentations protectionnistes des États. En Grande-Bretagne, des ouvriers réclament la préférence nationale et rappellent la promesse du premier ministre travailliste, Gordon Brown, de donner "des emplois britanniques pour travailleurs britanniques". En France, Éric Besson, ministre de l'Immigration, reprend, lui, la litanie des bons sentiments en se félicitant (Europe 1, mercredi) de "l'immigration (qui) a enrichi la France" et du "succès de la diversité". Mais à l'heure où le chômage augmente, où le pays s'appauvrit, où les tensions identitaires s'exacerbent, n'est-il pas temps de poser de vraies limites aux immigrations de travail et de peuplement ?
Ivan Rioufol
(7/2/09).
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Le mois de janvier porte malheur à Sarkozy

Décidément les mois de janvier sont néfastes pour Nicolas Sarkozy. Le 8 janvier 2008, lors de sa conférence de presse, il avait perdu toute crédibilité économique et sociale en avouant qu’il ne pouvait rien pour le pouvoir d’achat, contrairement à ses promesses de campagne et à ses proclamations musclées. Et dès le 1er janvier 2009, c’est sa crédibilité sécuritaire qui s’est envolée quand il a menacé les incendiaires de voitures (1147 véhicules ont brûlé pendant la nuit du 31 décembre au 1er janvier) de les empêcher de passer leur permis de conduire « aussi longtemps que la victime des faits ou le fonds de garantie n’a pas été indemnisé en totalité ». C’est un immense éclat de rire qui a accueilli sa déclaration, et pas seulement dans les banlieues, où les voyous se soucient comme d’une guigne du permis de conduire. Il est grave, pour un chef d’Etat, de susciter le rire. Comme le disait Pierre Dac, « l’homme politique est cuit quand ses mots ne sont pas crus ». Le rire est signe de dérision et marque l’impuissance de celui qui en est victime. Il précède de peu le rejet et celui-ci est inévitablement suivi de la chute. Le processus peut prendre un peu de temps – cela dépend des évènements – mais son issue est certaine. Cette donnée politique doit d’ores et déjà être intégrée par les acteurs politiques et les observateurs. Les pronostics qui annonçaient bien imprudemment la réélection « les doigts dans le nez » de Nicolas Sarkozy en 2012 doivent tous être révisés. La vraie question désormais consiste à savoir si le président de la République tiendra jusque là !
(3/1/09).
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Sarkozy va céder la place à un président issu de la diversité

C’est une véritable nuit du 4 août qui vient de se déclencher en plein mois de novembre. Soucieux de ne pas perdre de terrain sur Barack Obama dans le classement mondial de la célébrité, Nicolas Sarkozy vient de décider d’abandonner la présidence de la République au profit d’un homme issu de la diversité. L’actuel président a été d’autant plus encouragé à le faire qu’il s’aperçoit bien de la déception des Français face à une rupture qui ne vient décidément pas. Or celui sur qui s’est porté le choix de M. Sarkozy fait preuve, en la matière, d’une audace qui n’a pas d’équivalent dans le personnel politique actuel. Qu’on en juge à travers ces fortes déclarations de notre futur président : « Tant que l’argent est géré par une institution gouvernementale, il y a du vol et de la corruption. La solution est de mettre fin à l’administration qui dépensait l’argent et de donner directement l’argent aux gens pour gérer leurs affaires eux-mêmes. Que chacun ait sa part de revenus dans sa poche et qu’il se débrouille. La suppression des ministères va provoquer du chaos, mais le peuple doit se tenir prêt à recevoir l’argent. L’argent que nous mettons dans le budget de l’éducation, laissons les citoyens le prendre. Mettez-le dans votre poche et éduquez vos enfants comme vous voulez, prenez-en la responsabilité. » Au moment de présenter sa démission, M. Sarkozy s’est aperçu que l’homme auquel il va céder les rênes du pouvoir n’est pas français. Qu’à cela ne tienne : un décret est en préparation qui lui attribuera la nationalité du pays qu’il va pouvoir réformer de fond en comble, à la lumière de l’exaltant programme que nous venons de citer. Autre problème, notre futur nouveau président occupe déjà des fonctions dans un autre pays. Qu’à cela ne tienne : un projet de loi va être prochainement déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale française. Il prononcera l’union, dans une République unique, de la France et de la Libye. En effet le formidable réformateur qui va nous gouverner n’est autre que Mouammar Kadhafi ! Et c’est bien lui l’auteur du programme politique de renouveau qui va nous régir prochainement. Le « Guide » de la révolution libyenne en a fait l’exposé dans une discours télévisé de cent minutes prononcé dans la nuit du dimanche 31 août au lundi 1er septembre 2008 à Benghazi et dont le journal Le Monde a rendu compte dans son édition datée du 3 septembre 2008. Le président Sarkozy connaît donc depuis plus de deux mois les projets de celui qui fut récemment son hôte d’honneur à Paris à la suite de la libération des infirmières bulgares retenues prisonnières en Libye. Convenons toutefois qu’un retard de deux mois dans une décision d’une telle importance compte peu au regard du pas de géant qui va être accompli tant au plan de l’accès de candidats différents au postes de responsabilité qu’à celui des réformes de structure que la France n’a pas connues depuis le début du XXe siècle, quand l’institution de l’impôt sur le revenu marqua l’entrée de notre pays dans l’infernale spirale des prélèvements obligatoires.
Et puisqu’il est question de revoir le nombre des journées de commémoration en France, décidons que le 1er avril sera fêté tous les jours et marquons d’une pierre blanche la célébration inaugurale du nouveau calendrier à laquelle nous venons de procéder. En étant certains que dans la formidable pétaudière qu’est devenue la France, on n’aura que l’embarras du choix quand il s’agira d’alimenter quotidiennement la chronique de nos dérèglements et des farces et attrapes qui font les beaux jours de notre vie politique.
(12/11/08).
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Raymond Devos avait prévu la crise financière

Dans son spectacle donné à l’Olympia en 1999, Raymond Devos disait ceci : « Je suis essoufflé parce que j’arrive d’une ville où tout le monde court. Ils sont fous, ils courent comme des fous. Alors je me suis mis aussi à courir. J’ai demandé à un type qui courait à côté de moi : “ Mais où courent-ils ? ” Il m’a répondu : “ A la banque. Pour déposer de l’argent. Sur leur compte courant.” “ Et vous, lui ai-je demandé, vous courez aussi à la banque ? ” Il m’a dit : “ Oui ” Je lui ai dit : “ Pour déposer de l’argent ? ” Il m’a dit : “ Non, pour le retirer. ” Je lui ai demandé : “ Pourquoi ? ” Il m’a dit : “ Parce que je suis le banquier. ” » Etonnant, non ? comme disait Pierre Desproges. Mais voilà : Desproges est mort, Devos est mort, et le crise financière ne fait plus rire personne !
(9/11/08).
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Ségolène Royal vogue vers le Nobel d’économie

Ségolène Royal a vu sa motion arriver en tête dans le vote des militants préalable au congrès du parti socialiste. C’est sans doute en raison de sa grande connaissance des mécanismes de l’économie qu’elle a ainsi été distinguée. N’avait-elle pas déclaré au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, quelques jours avant ce vote, que « les banques sont au service des entreprises, et les entreprises sont au service de ceux qui y travaillent » ? La géniale Ségolène semble ignorer que l’argent des banques est avant tout celui de leurs déposants, et que s’il peut rendre service aux entreprises en les aidant à financer leurs investissements, il n’est pas « à leur service », car sinon il suffirait à celles-ci de se servir. Quant aux salariés, c’est eux qui, moyennant rémunération, sont au service des entreprises, car si c’était l’inverse comme le dit la prêtresse du Poitou-Charentes, il ne resterait plus aux entreprises qu’à payer leurs salariés à ne rien faire. Il est vrai que les références de Mme Royal sont celles de la fonction publique et que les militants socialistes sont pour la plupart fonctionnaires. Et comme le disait ce ministre de la IIIe République à qui l’on demandait combien de fonctionnaires travaillaient dans son ministère : « Environ la moitié » !
(9/11/08).
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Alain Duhamel va devoir lire un livre !

Invité dans une émission de Paris Première à donner son avis sur les humoristes politiques, Alain Duhamel, parfaitement qualifié pour en parler puisqu’il est vraiment le seul à se faire rire, a donné un nouvel exemple de sa lucidité proverbiale en déclarant que les Guignols de l’Info de Canal + avaient été injustes avec Edouard Balladur en le présentant comme un traître. « Il avait bien le droit de se présenter », a sentencieusement conclu l’oracle de RTL. On ne saurait trop lui conseiller de lire « Histoire secrète de la droite », l’excellent ouvrage qu’Eric Branca et Arnaud Folch ont consacré, chez Plon, « aux 50 ans d’intrigues et de coups tordus » qui ont fait l’histoire de la Ve République. Et voici ce que les deux auteurs disent de celui que Mitterrand appelait « l’étrangleur ottoman » : « Balladur, tissant méticuleusement sa toile au sein de la chiraquie, n’a poursuivi qu’un seul objectif au cours de ces dernières années : la conquête de Matignon. Ultime étape avant celle de l’Elysée. Au nez et à la barbe de Chirac. Pour cela, il doit, en premier lieu, rassurer Chirac sur ses intentions : pas question pour lui, s’il est nommé à Matignon en 1993, de briguer l’Elysée en 1995. C’est l’objet de la tribune qu’il publie le 13 juin 1990 dans Le Monde : “ Un Premier ministre qui déclarerait publiquement, dès le départ, refuser d’être candidat [à l’Elysée] y gagnerait pendant deux ans une efficacité qui lui serait fort utile pour mettre en œuvre la politique décidée, faire vivre le pays dans le calme et organiser dans les meilleures conditions l’élection présidentielle sans en être l’un des acteurs principaux. ” Balladur a compris que pour se retrouver, un jour, en position de briguer l’Elysée, il doit au préalable devenir le chef du gouvernement. “ Dès le départ, confie son ancien bras droit, Nicolas Bazire, il savait parfaitement ce qu’il voulait : d’abord aller à Matignon. » D’abord … » Si un tel comportement n’est pas de la traîtrise, on se demande ce que le mot veut dire. Il est vrai que trahir Chirac n’est jamais que trahir plus traître que soi, comme Chaban, Giscard et toute une série d’hommes politiques ont pu le vérifier à leurs dépens !
(9/11/08).
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On a pincé la fesse d’une journaliste de la télévision !

Nous voulons ici exprimer notre angoisse. Le 2 août 2007, Le Figaro
livrait à ses lecteurs cette brève information : « Grande-Bretagne. La police recherche un homme qui a pincé la fesse d’une journaliste alors qu’elle était en direct à la télévision. La victime n’a pas porté plainte, mais les policiers cherchent à identifier le coupable pour lui infliger une amende. » Depuis plus d’un an, aucune nouvelle de l’enquête. La peur grandit Outre-Manche. Nous n’avons hélas aucune information qui pourrait aider les limiers de Scotland Yard. Il en irait tout autrement si ce tragique événement s’était déroulé en France et que la victime avait été Laurence Ferrari. Nous n’aurions pas hésité une seconde à dénoncer Patrick Poivre d’Arvor !
(9/11/08).
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L’Etat s’affole : les entreprises ne peuvent plus payer

Après l’Unedic qui a annoncé, le 10 octobre 2008, qu’elle reportait son appel de cotisations chômage de deux mois (du 15 octobre au 15 décembre) afin d’aider les PME à affronter les difficultés nées de la crise financière, bancaire et économique, c’est au tour du gouvernement, par la voix du ministre du Budget, Eric Woerth, de souligner la gravité de la situation en déclarant, le 20 octobre 2008, qu’il avait « donné pour instruction aux trésoriers-payeurs généraux et aux URSSAF de faire le point sur les difficultés des entreprises et d’accorder des délais de paiement et de majoration de retard pour celles qui seraient fragilisées par la crise ». Le ministre du budget a même tenu à préciser que cette mesure visait plus « à la prévention qu’à la guérison ». Personne de sérieux ne peut en effet penser qu’un simple report de paiement soit à même, dans la crise actuelle, de sauver nos entreprises du dépôt de bilan. Ce qu’il leur faut, c’est un changement radical du système social, autrement dit la fin de l’Etat providence. Une évidence que même Michel Rocard est obligé de reconnaître, quand il écrit dans un article publié par Le Monde du 8 octobre 2008 : « Les instruments de l’Etat providence du XXe siècle s’avèrent inadaptés dans le monde du XXIe siècle ; le cercle vertueux s’est transformé en cercle vicieux – la faiblesse de la croissance asphyxie l’Etat providence, la redistribution handicape la compétitivité économique et affaiblit la croissance. » Quand le doute gagne même les gardiens de prison, l’évasion quitte le domaine du rêve et devient un projet !
(20/10/08).
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Trichet défend les paradis fiscaux !

Bonne réplique du président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI du 19 octobre 2008. Invité à donner son point de vue sur les paradis fiscaux, il a fait remarquer que ceux-ci étaient tous, directement ou indirectement, sous le contrôle d’un Etat ou d’un autre et que les prétendus paradis fiscaux de l’Union européenne respectent les règles en vigueur et doivent surtout leur réputation de paradis fiscal au fait que leur Etat dépense moins que beaucoup d’autres. A ce moment de l’émission, tout le monde a compris que le regard du président de la BCE était notamment braqué sur la France. Voilà qui va jeter un courant d’air glacial dans la chaleur paraît-il retrouvée des relations entre Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Trichet.
(20/10/08).
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Bachelot s’engage dans la Résistance

Roselyne Bachelot n’a pas peur du ridicule. Au moment où l’Etat-providence est remis en cause même par les socialistes, elle n’a pas craint, dans l’émission « Ripostes » sur France 5, de se référer « à la Résistance » pour justifier les efforts qu’elle est censée déployer pour le sauvetage de la Sécurité sociale. Partie comme elle est, Mme Bachelot devrait aussi s’en prendre aux Anglais qui, non contents d’avoir brûlé Jeanne d’Arc, ont récusé toute solidarité européenne en préférant la livre à l’euro, le marché à l’Etat, et la bière tiède au vin frais. Heureusement qu’il nous reste une Bachelot pour rigoler un peu. Parce que pour le reste, les occasions sont rares !
(20/10/08).
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Au Figaro, on n’ose plus nier la fin du monopole de la sécurité sociale

Auteurs de l’ouvrage intitulé « Ma Sécu, de la Libération à l’ère Sarkozy » (Fayard), les journalistes Eric Merlen et Frédéric Ploquin ont droit à une interview en vidéo sur le site Internet du Figaro. A la question : « Peut-on quitter la Sécu ? », ils répondent qu’il est imprudent de le faire car, quand le gros pépin de santé survient, on est bien content de trouver la Sécu pour pouvoir payer son traitement médical. Notons tout d’abord qu’ils n’ont pas osé nier l’abrogation du monopole de la sécurité sociale. Il est vrai que c’est de plus en plus difficile devant l’accumulation des confirmations juridiques et médiatiques qui font ressembler le monopole au mur de Berlin après son effondrement. Quant à l’argument selon lequel la Sécu est bien utile en cas d’accident de santé, il revient à dire qu’on est content d’être assuré face à n’importe quel sinistre. Car le choix n’est pas entre être assuré social pour la maladie et ne pas être assuré du tout, mais entre la Sécurité sociale et une assurance privée, celle-ci pouvant être souscrite auprès d’une société commerciale, une mutuelle ou une institution de prévoyance, française ou européenne. La Sécurité sociale n’est plus qu’un assureur parmi les autres, et il est loin d’être le plus performant du marché ! C’est ce qui se confirmera quand les Français seront tous informés de leur droit de s’assurer, pour l’intégralité des risques sociaux, ailleurs qu’à la Sécurité sociale. On verra bien alors si la Sécu est l’institution-que-le-monde-entier-nous-envie ou si elle n’aura été que le fossoyeur de l’économie nationale et du pouvoir d’achat des Français. La réponse est connue d’avance. Pas plus que le collectivisme ne produit de richesses, la Sécu n’a engendré la sécurité sociale. Rappelons que celle-ci ne saurait se satisfaire d’une assurance maladie et d’une assurance vieillesse qui n’échappent provisoirement à la faillite qu’à coup de dizaines de milliards d’euros d’emprunts, que les malheureux enfants des baby-boomers vont maintenant devoir rembourser. A moins qu’un grand coup d’inflation ne vienne remettre les compteurs à zéro, réduisant du même coup les pensions des retraités à leur plus simple expression. De cette faillite de la société française sont responsables au premier chef les politiciens qui ont laissé se perpétrer cette scandaleuse dérive, ainsi que les médias qui pour ne pas faire de peine, même légère, aux puissants du moment et permettre à leurs propriétaires de conforter leur richesse, ont tenu les Français dans l’ignorance de la fin du monopole et leur ont enlevé leurs meilleures chances de salut. A l’heure des comptes, il est peu probable que les uns et les autres bénéficient de l’indulgence des citoyens.
(9/5/08).
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Sarkozy : le sondage qui tue

62 % des Français pensent que la France va traverser une grave crise avant la fin du quinquennat de Sarkozy. C’est ce qui ressort d’un sondage CSA publié dans l’hebdomadaire Marianne du 3 mai 2008. A la différence des sondages de popularité, qui peuvent fluctuer au gré des circonstances, celui-ci traduit une véritable tendance de fond, qui peut s’analyser en deux volets : la France a de graves problèmes à résoudre ; Sarkozy n’est pas capable de le faire. Voilà qui renvoie au néant la thèse des 55 réformes, celles qu’aurait entreprises le président de la République et qui porteraient leurs fruits en fin de mandat. Les deux tiers des Français n’en croient pas un mot. Tant il est vrai qu’il y a réformes et réformes. Celles qui portent sur des problèmes vitaux … et les autres. Sarkozy n’a rien changé de fondamental à la situation de la France. En particulier il n’a pas diminué les dépenses publiques qui sont les principales responsables de la stagnation économique. Il s’interdit de ce fait de baisser les impôts et les charges des entreprises et par conséquent de leur donner la capacité d’investir et d’embaucher. En réalité, Sarkozy ne veut pas toucher au cœur du système. Celui-ci repose sur la spoliation du travail aux fins de redistribution en faveur d’une population nombreuse et sans cesse croissante d’assistés. Un aimable commerçant nous a récemment interrogé sur les causes de l’anémie économique française. Voici ce que nous lui avons répondu : « Imaginez, cher Monsieur, que pris d’un accès de sympathie pour certains de vos clients en situation difficile, vous décidiez de leur donner gratuitement la marchandise que vous vendez. Très vite, comme vos charges et vos impôts n’ont en rien diminué, vous allez être obligé d’augmenter vos prix. Ceux qui ne bénéficient pas de la gratuité de vos fournitures vont payer celles-ci de plus en plus cher. Même s’ils vous apprécient, ils finiront par trouver vos tarifs abusifs et iront à la concurrence. Dans le même temps, comme les bonnes nouvelles se répandent vite, les demandeurs de biens gratuits se presseront de plus en plus nombreux dans votre boutique. Avant longtemps, vous serez en faillite et n’aurez que vos yeux pour pleurer. Voyez-vous, cher Monsieur, ce que je viens de vous décrire n’est autre que la situation de la France. Et cela vous laisse deviner l’avenir qui est promis à notre pays. » Gageons que notre aimable commerçant fait désormais partie des 62 % de Français qui pensent que notre pays va traverser une grave crise avant la fin du quinquennat de Sarkozy.
(4/5/08).
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Sans-papiers : c’est le gouvernement qui a organisé la pagaille !

Le mouvement des immigrés sans papiers mais non sans emploi est une excellente illustration de l’histoire de l’arroseur arrosé. Tout est parti d’un amendement à la loi sur l’immigration du 20 novembre 2007. Présenté par le député UMP Frédéric Lefebvre, par ailleurs porte-parole de l’UMP et très proche de Nicolas Sarkozy, il a introduit dans la législation française le principe de la régularisation des clandestins par le travail. A la suite de quoi, une circulaire a été adressée le 7 janvier 2008 par le ministère de l’immigration aux préfets leur demandant d’examiner avec « bienveillance » les demandes de régularisations qui leur seraient présentées. Le ministère de l’immigration avait eu beau préciser que « ce dispositif couvre par définition un nombre très limité de bénéficiaires », il ne fallait pas être grand clerc pour prévoir qu’avec un nombre de sans-papiers estimé entre 200 000 et 400 000 et dont 75 % auraient un emploi dans le BTP, la restauration et l’entretien, les autorités seraient inévitablement confrontées à des demandes massives. C’est ce qui n’a pas manqué de se produire, comme à chaque fois que des régularisations sont pratiquées. Au-delà de l’incroyable maladresse du gouvernement, on doit se poser la question de savoir pourquoi autant de patrons emploient des travailleurs sans papiers. La réponse est simple : parce qu’ils acceptent un salaire inférieur à celui des personnes de nationalité française ou des étrangers en situation régulière et qu’en conséquence les charges sociales à verser sont moins élevées. Et l’on retrouve, ici comme ailleurs, le problème du monopole de la sécurité sociale. La mise en concurrence de celle-ci rendrait les charges moins lourdes pour tout le monde et il ne serait pas nécessaire d’embaucher des clandestins pour augmenter son bénéfice ou tout simplement pour permettre à l’entreprise de survivre. Et du même coup une des pompes aspirantes de l’immigration serait rendue inopérante. Mais pour cela, il faudrait qu’on passe de la rupture dans les mots à la rupture dans les faits. C’est ce qu’attendaient les électeurs de Sarkozy. Ils ne sont plus beaucoup à y croire. En attendant, le président et sa majorité ont organisé une sacrée pagaille. Dans cet exercice, ils démontrent un talent sans égal !
(28/4/08).
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Poivre d'Arvor au pays des Soviets

Sur son blog (http://blogs.rtl.fr/aphatie/), en date du 18 décembre 2007, Jean-Michel Aphatie n’est pas content, mais alors pas content du tout de TF1 ni de PPDA. Qu’on en juge :


Peopolisation. Carla et Nicolas, Nicolas et Carla, Carla et Nicolas… On tartine, ce matin, dans les journaux sur le sujet. Tout y passe, et notamment les déclarations de la belle à la moulinette. D'où il ressort qu'elle est plutôt à gauche, plutôt Royal que Sarko, pas du tout ADN et absolument pas monogame. En un mot, Carla Bruni, peut-être ne le sait-elle pas, peut-être n'y a-t-elle pas réfléchi, est devenue une femme politique comme les autres. Donc, tout le monde en parle, tout le monde sauf… TF1. PPDA, hier soir, 20 heures, impérial, pas une image, pas une brève, pas un mot. Carla et Nicolas, ça n'existe pas. Pourquoi ? Comment ? Au terme de quel raisonnement ? On peut traiter une information comme on veut, dire qu'elle est ridicule, mièvre, inintéressante, mais ne pas en parler, ça c'est fort, très fort. On faisait ça, avant, en Union soviétique. On doit le faire encore, à Cuba par exemple, en Chine parfois aussi. Mais dans la patrie des Droits de l'homme et de l'amour, c'est étonnant.
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Sarkozy méprise Fillon

Les spécialistes de la gestuelle n’en sont pas revenus. D’un geste d’un seul, Nicolas Sarkozy a livré le fond de sa pensée sur son premier ministre, François Fillon. Cela s’est passé le 29 novembre 2007, lors de l’interview télévisée du président de la République sur TF1 et France 2. Evoquant le problème « du stock d’heures supplémentaires qui n’ont pas été payées à l’hôpital comme dans l’administration », M. Sarkozy, lançant ses deux mains vers l’avant comme pour se débarrasser de quelqu’un ou de quelque chose, a indiqué que c’était au premier ministre de « régler cette affaire ». On n’est pas plus aimable ! Que valent à présent les déclarations répétées d’amitié et de confiance de Nicolas pour François? Rien, bien sûr. D’ailleurs quand une certaine tension se fait jour entre les deux hommes, le président ne fait aucun effort pour dissimuler son sentiment à son entourage. Et celui-ci ne se fait pas prier pour rapporter qu’aux yeux du président le premier ministre souffre d’une tare originelle : ne pas s’être présenté à l’élection présidentielle. Et l’actuel détenteur du poste de conclure : « S’il n’est pas content, il n’a qu’à se présenter contre moi en 2012. » Eh bien, chiche ! On prend les paris. François Fillon ne tardera pas à démissionner ou à se faire virer et il se mettra « en réserve de la République ». Une situation d’attente qui à déjà bien réussi à Georges Pompidou et à Jacques Chirac. Pour peu que Nicolas rencontre de grosses difficultés, ce qui est fort probable, François pourra faire à son endroit un geste significatif. Comme par exemple lancer ses deux mains vers l’avant, pour lui indiquer la sortie !
(2/12/07).
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Le Medef ridiculise la retraite par répartition

On ne comprend vraiment pas pourquoi le Medef soutient la retraite par répartition, alors qu’il sait parfaitement qu’elle n’est plus viable depuis longtemps et que les retraités ne toucheront bientôt plus que des clopinettes, en raison du déséquilibre démographique et de l’absence totale de réserves, alors que cette situation était prévisible depuis trente ans. Trente ans, avez-vous dit ? Oui, et même trente-cinq. Car c’est très exactement le nombre d’années pendant lesquelles le magot de l’UIMM a prospéré et fait la fortune de l’organisation patronale de la métallurgie, dont le président démissionnaire, M. Gautier-Sauvagnac, défraie actuellement la chronique judiciaire. Figurez-vous que depuis 1972 l’UIMM a amassé un trésor de guerre de 290 millions d’euros. Afin de « fluidifier le dialogue social », elle a sorti de son coffre la modique somme de 170 millions pendant ces trente-cinq années, mais il lui en est resté 120 qui, intelligemment placés, on fait de nombreux petits, si bien que la valeur de ce modeste bas de laine s’établit aujourd’hui à 600 millions. Voyons, voyons, 120 millions qui deviennent 600 en 35 ans, ne serait-ce pas un bien meilleur placement que le système de répartition ? Chut, il ne faut pas le dire. Cela pourrait mettre les « bénéficiaires » de la répartition en colère et rendre le dialogue social beaucoup moins fluide. Pauvre - si l’on ose dire -Medef, et pauvre UIMM. Avoir eu un comportement de fourmi et être mis en accusation dans le pays qui a vu naître La Fontaine ! On ne sait vraiment plus dans quel monde on vit !
(2/12/07).
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Un truand de haut vol rackette les compagnies pétrolières

La hausse du fioul met en difficulté les Français modestes qui l’utilisent pour se chauffer. Il existe un dispositif appelé « l’aide à la cuve », qui consiste en une allocation annuelle de 75 euros. Une somme aussi modeste que ses bénéficiaires, en ces temps d’envolée des cours du pétrole. C’est pourquoi le ministère de l’économie a décidé de doubler l’aide et de la porter à 150 euros. Mais comme il n’a pas le premier sou pour financer cette mesure, il a « convaincu » quatre grandes compagnies pétrolières de verser un don aux bonnes œuvres de l’Etat. Cela va leur coûter 150 millions d’euros, mais comme dans bien des affaires de racket, on se sent parfois soulagé de s’en tirer à relativement bon compte. Gageons que leur « protecteur » leur a déjà annoncé sa visite pour l’an prochain. Tant il est vrai que face au chantage, il n’y a qu’une seule réponse : « Non et jamais », et que qui a payé, paiera. On comprend mieux pourquoi le Pdg d’une de ces sociétés a déclaré récemment qu’établir son siège à l’étranger n’est pas si difficile que cela. A-t-il seulement songé à ce que deviendrait alors son racketteur ? Un nouveau pauvre. Comme s’il n’y en avait pas déjà trop en France. Allons, messieurs du pétrole, un bon geste, restez chez nous. D’ailleurs, vous savez, des gentlemen en costume à rayures et feutre blanc, en en rencontre aussi ailleurs. Et comme le dit la réplique fameuse, « c’est sûrement un salaud, mais c’est mon salaud à moi ! »
(2/12/07).
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Le pays où les pauvres sont riches

« Bienvenue au Groland », l’émission satirique hebdomadaire de Canal +, cultive avec un certain bonheur le mauvais goût et la grossièreté, même si certains de ses sketchs font parfois « pschitt ». En tout cas, celui que l’impayable Jules-Edouard Moustic a proposé aux téléspectateurs le samedi 1er décembre 2007 a dû en faire frémir plus d’un, surtout quand on sait que, selon un sondage récent, un Français sur deux a peur de devenir SDF un jour. La scène se déroulait dans une de ces petites villes de la « présipauté , si semblable à celles de la France profonde. Et qui, dans cette modeste bourgade, tenait le haut du pavé ? Un richard, un vrai, qui pouvait tout se permettre et s’offrir, y compris les femmes de la commune, prêtes à sacrifier leur vertu pour bénéficier de ses faveurs et de sa protection. Oui un richard : un érémiste. Et ui, Jules-Edouard, quand un pays est ruiné, le plus modeste allocataire devient un privilégié que tout le monde envie et maudit à la fois. Toute allusion au grand pays voisin du Groland est évidemment sans fondement. Nous, on est Français, c’est les étrangers qui sont pauvres. « C’était Francis Kuntz en direct de Mufflins ».
(2/12/07).
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Caviar ou pain rassis ?

Le slogan gouvernemental « 40 années de cotisations pour tous » est une tromperie sans nom. Il veut prouver aux Français que, bravant toutes les oppositions et tous les corporatismes, le pouvoir est parvenu à imposer l’égalité en matière de retraites. Or, outre le fait que, par le jeu des exemptions et des bonifications, les 40 ans des régimes spéciaux ne feront pas 40, au terme de 40 années de cotisations les bénéficiaires des régimes spéciaux et les fonctionnaires continueront de toucher une retraite calculée sur les 6 derniers mois de salaire, tandis que les retraités du secteur privé verront la leur établie sur la base des 25 meilleures années. Ce qui change tout ! En fait, la prétendue égalité entre Français consiste à donner à chacun un billet de 10 euros avec lequel les fonctionnaires peuvent obtenir 500 grammes de caviar et une bouteille de champagne, tandis que les salariés du secteur privé n’ont droit qu’à 50 grammes de pain rassis d’occasion. Comme le disait si bien Orwell dans « La ferme des animaux », tous sont égaux mais certains sont plus égaux que les autres !
(25/11/07).
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Ça alors, c’est le Bouquet !

En recevant à l’Elysée l’association Droit au logement, qui entretient le campement des mal logés rue de la Banque à Paris, et en lui promettant de mettre à la disposition de ceux-ci des appartements HLM, M. Sarkozy vient de donner un signal fort à tous les candidats à l’immigration de la planète. Ils savent désormais qu’il suffit de manifester à Paris pour être logé en priorité, alors que des dizaines de milliers de Français attendent vainement un logement depuis des années. Il paraît que c’est l’intercession de l’actrice Carole Bouquet qui a permis l’accueil de l’association par le président de la République. Lequel démontre ainsi qu’il tient bien plus compte de ceux qu’on appelle les « people » que des humbles Français, à qui il ne reste que leur indignation pour avoir un peu chaud au cœur. Mais ce petit jeu est terriblement dangereux pour le pouvoir. A mépriser le peuple, on finit toujours par se brûler les ailes. Et plus dure, alors, est la chute.
(25/11/07).
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Vaincre la pauvreté

Le journal Le Monde juge avec sévérité l’augmentation de traitement que s’est accordée M. Sarkozy, au moment où, du plus profond du peuple, montent de pressantes demandes d’augmentation du pouvoir d’achat. Eh bien au Monde aussi on sait se comporter dignement. C’est ainsi qu’au moment où un plan d’économies est annoncé au journal afin de faire face aux pertes récurrentes que celui-ci enregistre (10 à 12 millions d’euros cette année), le directeur du quotidien, Eric Fottorino, demande que son salaire passe de 135 000 à 210 000 euros par an, soit une augmentation de 55 % ! Le Monde a publié récemment un article intitulé « Les mystères de la vie chère ». On attend dans un prochain numéro un article intitulé « Comment résoudre le problème de la vie chère. » Les journalistes du quotidien n’auront pas besoin de chercher très loin les éléments de réponse. Et en plus, ça fera économiser des frais de déplacement à leur employeur. Décidément tout est simple quand on veut bien cesser de se tourmenter à propos de petits riens !
(25/11/07).
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Sors, si t’es un homme !

Cela devient une habitude. Quand l’équipe de France de football rencontre au stade de France à Saint-Denis une équipe du Maghreb, la Marseillaise est sifflée par le public, et les joueurs français confessent qu’ils ont la sensation de jouer non pas chez eux mais à l’étranger. La rencontre du 16 novembre 2007 contre le Maroc n’a pas fait exception à la règle. Le nouveau secrétaire d’Etat aux sports, Bernard Laporte, n’a pas réagi pour l’excellente raison (selon lui) qu’il est arrivé en retard au stade. Il faut croire en outre que personne, dans la tribune officielle, ne l’a informé de cet incident, car sinon l’ancien entraîneur du XV de France se serait immédiatement retiré pour marquer sa désapprobation. Bref cela rassure de constater que l’on a au gouvernement de fortes personnalités illustrant à merveille la fameuse réplique du matamore qui, après avoir copieusement menacé des adversaires d’un combat sans merci, mais peu décidé à en découdre, lance aux spectateurs de l’esclandre : « Alors quoi, on ne retient plus ici ? »
(22/11/07).
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Semer des circulaires et faire pousser des chômeurs

Au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, le secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian, a attribué les difficultés de mise en œuvre de l’exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires au fait que l’administration a publié une circulaire d’application de 27 pages, ce qui ne simplifie pas la tâche des 2 600 000 chefs d’entreprise invités à faire bénéficier leurs salariés de cette mesure. Précisons toutefois qu’un bon million d’entreprises n’ont aucun salarié, ce qui les met à l’abri de cette lecture fastidieuse. On se demande vraiment si le président de la République et les membres du gouvernement sont au courant du fait que l’administration française a pour principale mission de pondre des circulaires et qu’elle s’acquitte admirablement de sa tâche, au point d’avoir réussi à étouffer tout à la fois les entreprises et l’esprit d’entreprise dans notre pays. Si bien qu’avant de faire voter une disposition destinée à permettre de « travailler plus pour gagner plus », les princes qui nous gouvernent auraient dû rayer d’un trait de plume une bonne partie des lois et règlements qui se sont empilés depuis des décennies. Autrement dit, M. Sarkozy aurait dû prendre par ordonnance, dès son entrée en fonctions, une décision supprimant l’actuel code général des impôts et le remplaçant par un texte de dix pages, ce qui est bien suffisant pour que chacun connaisse ses droits et que le pays fonctionne. Ne l’ayant pas fait à temps, il ne pourra plus le faire (à supposer qu’il en ait le désir) et l’administration continuera à sévir, pour le plus grand malheur de la France et des Français.
(22/11/07).
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Et je m’en vais au vent mauvais …

Quand l’Allemagne avait institué, au début de l’année 2007, sa TVA sociale, les « experts » français s’étaient aussitôt écriés : « Ca marche ». Pauvres experts, qui ne savent même pas « se retenir », comme on dit aux enfants qui réclament à tout bout de champ d’aller aux toilettes ! Une fois de plus ils avaient parlé trop tôt et sans rien savoir. Ce qu’on sait aujourd’hui c’est que « les conséquences de la TVA ont été sous-estimées », selon l’Institut de l’économie allemande de Cologne, et que « l’année 2007 sera marquée par une stagnation de la consommation ». Bizarre, bizarre : on augmente les taxes et la consommation baisse ? C’est à n’y plus rien comprendre … quand on se dit « expert ». Quand on est un simple consommateur, on « regarde dans son porte-monnaie si l’on a encore soif », comme le disait Verlaine. Il est vrai que ce dernier était poète et non énarque et qu’il ne pouvait pas comprendre l’économie.
(22/11/07).
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Pourquoi Devedjian a traité Comparini de « salope »

Que de vertu dans la classe politique ! C’est à qui condamnera avec le plus de vigueur le propos de Patrick Devedjian qualifiant l’ancienne députée UDF du Rhône de « salope ». Quant à Devedjian, il a lui-même encouragé la curée en faisant platement repentance. Le plus curieux est cependant que personne ne se soit demandé quelle était la raison de la sortie du secrétaire général délégué de l’UMP. Elle est fort simple et connue de toute la classe politico-médiatique : en 1999, Mme Comparini s’était fait élire contre la droite présidente de la région Rhône-Alpes grâce aux voix de gauche. Un comportement que la droite ne lui a jamais pardonné. Aussi bien est-il ridicule de voir le moindre machisme dans le qualificatif de « salope » qui lui a été accolé, mais simplement un jugement politique, certes abrupt mais fortement motivé, qui aurait pu être formulé au masculin contre n’importe quel élu de droite qui se serait comporté comme Mme Comparini. Alors quand François Bayrou, auquel cette dernière est restée fidèle, ose affirmer que « ces propos ne visent pas une femme en particulier, mais toutes les femmes en général », il se fiche carrément du monde, car cela consiste à dire qu’une femme ne peut être une « salope » sans qu’elles le soient toutes. Si M. Devedjian avait eu un peu de caractère, il aurait justifié politiquement son propos et renvoyé ses critiques à leur inculture et à leur tartufferie. Mais voilà : M. Sarkozy, dont dépend désormais la carrière de M. Devedjian, veut privilégier les femmes et l’ouverture à gauche. Ce qui rend Mme Comparini sacro-sainte. Allons, puisque M. Devedjian s’est confondu en excuses, qu’il aille au bout de sa reptation et invite Mme Comparini à déjeuner. Nous lui suggérons un menu : escalope -salade.
(30/6/07).
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A Lyon, Sarkozy fait son outing

Qu’est-ce vraiment que le sarkozysme ? s’interrogeait récemment Philippe Tesson dans les colonnes de Valeurs Actuelles. L’intéressé s’en est expliqué lors de son déplacement à Lyon, le 29 juin 2007. Sur l’emploi et la croissance, voici le message du président, digne d’un prix Nobel : « Inutile de réinventer le fil à couper le beurre. Toutes ces théories économiques, moi-même, parfois, je suis un peu perdu. Ce que je veux, c’est que les choses marchent. » Et sur la méthode : « On dit de moi “ il s’occupe de tout ”. Mais je n’ai pas été élu pour m’occuper de rien ! » Tout y est. La pensée et la dialectique. La pensée est marquée par l’inculture économique et l’absence de convictions. Un homme comme Ronald Reagan, que ses adversaires qualifiaient “ d’acteur de série B ”, avait beaucoup lu et réfléchi et ses causeries radiophoniques étaient des merveilles de pédagogie économique et sociale. Margaret Thatcher, toute fille d’épicier qu’elle fût, avait une pensée forte et une psychologie de combat à toute épreuve. Quant à Nicolas Sarkozy, il n’est manifestement qu’un opportuniste, comme toute sa carrière le démontre, et sa dialectique est des plus malhonnêtes intellectuellement, puisqu’elle consiste à renverser les propos de ses contradicteurs pour leur faire dire ce qu’ils n’ont pas dit et ainsi les ridiculiser. L’exemple ci-dessus en est une démonstration lumineuse : ceux qui disent que M. Sarkozy s’occupe de tout - ce que lui-même montre et affirme en permanence - n’ont jamais dit qu’il ne devrait s’occuper de rien. En leur attribuant cette opinion, alors qu’ils souhaitent simplement que le président de la République ne se disperse pas et préserve sa fonction en prévision des inévitables difficultés, M. Sarkozy se rend coupable de déformation de la vérité et de désinformation. Eh bien voilà, Philippe Tesson a sa réponse !
(30/6/07).
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Sarkozy se dégonfle

Le débat, pour Nicolas Sarkozy, c’est parler de ce qui ne fâche pas. Ayant mis en ligne un site intitulé Debat-Sarkozy.fr et promettant de répondre aux questions pour lesquelles les internautes auront le plus voté, le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle n’a pas tardé à renier ses engagements. En effet la question plébiscitée par les visiteurs de ce site est la suivante :
« Quand N. Sarkozy compte-t-il mettre en oeuvre de façon effective la fin du monopole de la Sécurité sociale, qui résulte des directives européennes de 1994 (92/49/CEE et 92/96/CEE) ? Je signale que la question a été également soulevée il y a un mois par le député UMP Jérôme Rivière (voir question écrite n°115253 sur http://www.questions.assemblee-nationale.fr/). Actuellement les personnes qui quittent les caisses anciennement monopolistiques doivent faire face à des procès qui semblent injustifiés au regard de la législation européenne. »
Posée par Laure le 7 février 2007, elle a recueilli 382 suffrages, alors que les autres questions ne suscitent que rarement l’intérêt de plus de 30 à 40 internautes. A 382 votes, les gestionnaires du site ont décidé de clore le scrutin … et Sarkozy de ne pas répondre. La rupture commence mal !
(17/2/07)
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Jospin vote Bayrou

Lionel Jospin, selon des sources proches de l’ancien premier ministre, est convaincu que Ségolène Royal sera battue à l’élection présidentielle et recommande à ses amis de voter pour François Bayrou au premier tour, de façon à qualifier ce dernier pour le second tour où, fort du report des socialistes, il sera en mesure de l’emporter sur Nicolas Sarkozy. En revanche, Lionel Jospin ne croit pas à un retrait de Ségolène Royal et ne cache pas qu’il faudra rebâtir sur un champ de ruines.
(16/2/07).
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Alors, c'est du chaud ou c'est du froid ?

Le papier, c'est bien connu, ne refuse pas l'encre. Et le journal du jour enveloppe le poisson du lendemain. C'est sans doute ce qui explique qu'on puisse lire tout et son contraire dans les journaux. Ceux-ci sont actuellement pleins des terribles menaces du réchauffement climatique. Eh bien figurez-vous qu'il y a un peu plus d'un quart de siècle, c'est le refroidissement qui nous guettait ! En témoigne l'article suivant , paru dans Newsweek en 1975 et fort opportunément exhumé par l'excellent blog de Laure Allibert, http://quitter_la_secu.blogspot.com/


"Alors que durant trois quarts de siècle nous avons connu les conditions extraordinaires d'un climat tempéré, le fait majeur aujourd'hui semble indiquer que nous allons vers un refroidissement généralisé. Les climatologues sont cependant en désaccord concernant à la fois la cause et la durée de cette tendance au refroidissement et à la fois son impact sur les conditions locales du climat. Mais ils sont presque tous d'accord sur le fait que cette tendance va réduire la productivité agricole jusqu'à la fin du siècle. Et si le climat se met à changer aussi durablement que le prévoient les plus pessimistes d'entre eux, les conséquences, en terme de famine, deviendront catastrophiques.

(...) D'autres observent ce refroidissement comme le retour vers les conditions du "petit âge glaciaire" avec ces hivers rigoureux qui ont glacé l'Europe et le nord américain entre 1600 et 1900, à une époque où la Tamise était si solidement gelée que les londoniens faisaient des barbecues sur la glace et que les bateaux briseurs de glace naviguant sur l'Hudson allaient au sud jusqu'à New York.

(...) Les climatologues sont pessimistes quant à la volonté des leaders politiques de prendre des décisions permettant de contrebalancer les changements climatiques, voire d'en ralentir les effets. Ils admettent néanmoins que l'une des plus audacieuses solutions proposées, telle que faire fondre la calotte glacière en la recouvrant de suie noire ou encore détourner les fleuves de l'Arctique peuvent créer de bien plus grands problèmes. "

"The Cooling World", Peter Gwynne, Newsweek, 28 avril 1975

(15/2/07)
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Quand le riche maigrit …

L’action des Enfants de Don Quichotte n’aurait pas eu le succès médiatique qu’elle connaît si 48 % des Français ne craignaient, selon un récent sondage, de devenir SDF. Lucidité des Français, folie des hommes de l’Etat. N’importe quel citoyen doté d’un minimum de raison peut porter le bon diagnostic sur la situation de notre pays. Et sait parfaitement pourquoi, alors que le nombre de logements construits est en forte augmentation, il se révèle insuffisant. Tout d’abord, un logement n’est jamais gratuit. Il faut de l’argent pour le construire. Et cet argent provient toujours des mêmes poches : celles des contribuables. Or celles-ci sonnent le vide. A un Etat devenu impécunieux à force de dépenses insensées répondent des investisseurs privés qui se sont volatilisés. Le délire fiscal français, et notamment l’impôt sur la fortune, ont chassé les contribuables les plus aisés hors de France. Et qui voudrait encore placer son argent dans l’immobilier, sachant que celui-ci est la première victime de l’ISF du fait de son absence de mobilité et donc de l’impossibilité de le délocaliser ? Ajoutez à cela les 350 à 500 000 immigrés supplémentaires que compte la France chaque année et qui cherchent à se loger, et le fait que le nombre croissant des divorces oblige les couples à occuper deux appartements au lieu d’un, et vous aurez réuni les principales causes de la crise actuelle. Celle-ci, nul ne s’y trompe, est une crise d’appauvrissement. La France n’a plus les moyens de vivre décemment et voilà qu’on nous invente un droit au logement « opposable » ! Les politiciens font mine de croire qu’une action en justice pourra offrir à chacun un logement. Peut-être songent-ils à transformer les sept mille magistrats français en maçons !
Il serait temps d’arrêter ces folies françaises. « Quand le riche maigrit, le pauvre meurt », dit un proverbe chinois. Ah bon, ce n’est pas un proverbe français ?
(3/1/07).
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Avis de tempête chez les publicitaires

Remercions l’historien Henri Amouroux de nous avoir rappelé, dans une tribune du Figaro les quatre vers d’une petite chanson révolutionnaire qui courait Paris en 1793 :
« Il faut raccourcir les géants
Et rendre les petits plus grands
Tous à la même hauteur
Voilà le vrai bonheur ».

Que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy renvoient aussitôt leurs publicitaires payés à prix d’or. Leur slogan de campagne est tout trouvé. Et qu’importe qu’ils aient le même. Ne pensent-ils pas la même chose ?
(3/1/07).
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Serge Dassault remplace ses journalistes

Bravo et encore bravo à Serge Dassault ! Voilà un homme qui s’est acheté un journal, Le Figaro, et qui n’hésite pas à mettre la main à la pâte pour faire le travail de ses journalistes. Quel admirable sens de l’effort et quelle leçon d’énergie ! C’est ainsi que dans la page Débats du quotidien, le 2 janvier 2007, présentant ses « meilleurs vœux pour 2007 », l’ami Serge nous assène cette forte pensée : « En vérité, l’année 2007 sera bonne si on fait une politique de RUPTURE TOTALE et surtout pas de CONTINUITE … » Les majuscules sont de Serge Dassault. Ne s’est-il pas trouvé au Figaro un journaliste charitable pour indiquer à son patron que des majuscules dans un article, cela ne se fait pas? Bah ! Au diable la typographie et les règles du métier. L’essentiel est que Serge Dassault ait émis une idée forte et juste. Dommage toutefois qu’il ne nous ait pas dit qui il fallait « choisir le moment venu ». Si c’est Nicolas Sarkozy, le propriétaire du Figaro doit d’ores et déjà préparer son journal à une cure d’opposition. Dur, dur … Décidément le père de Serge, Marcel, s’était donné moins de soucis en créant Jours de France, le magazine de la vie heureuse. Ce n’est pas facile tous les jours d’être un héritier !
(3/1/07).
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Sarkozy n’aime pas la France … et il l’avoue !

C’est une des révélations de l’excellent livre d’Eric Branca et Arnaud Folch, « Le mystère Villiers », qui vient de paraître aux éditions du Rocher. Et elle va faire du bruit : Nicolas Sarkozy n’aime pas la France, et il le dit lui-même ! La confidence en a été faite à Philippe de Villiers, et voici comment Branca et Folch racontent la scène : « Les deux hommes, qui se tutoient, n’ont jamais été intimes. Leur dernier déjeuner commun remonte à 1999, peu après les européennes où la liste Pasqua-Villiers avait devancé celle du duo Sarkozy-Madelin. Alors en pleine traversée du désert, le député-maire de Neuilly avait eu cette phrase, à l’adresse du Vendéen – qui n’est pas prêt de l’oublier : « Tu as de la chance, Philippe, toi tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi, tout cela me laisse froid. Je ne m’intéresse qu’à l’avenir … »
Le 12 octobre 2006, à Périgueux, devant 4000 personnes, Nicolas Sarkozy s’est écrié : « La France ne veut pas de ceux qui ne l’aiment pas. » Il n’aurait pu mieux dire pour torpiller sa propre candidature !
(15/10/06).
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Il va y avoir des morts dans les banlieues

Les policiers sont de plus en plus inquiets devant la montée de la violence dans les banlieues. A présent, ce sont de véritables bandes organisées de plusieurs dizaines de « jeunes » qui tendent des embuscades aux forces de l’ordre et les attaquent « avec l’intention de tuer », comme l’a déclaré un responsable syndical de la police sur LCI. Les policiers, pour se dégager, sont maintenant contraints de faire usage de leurs armes en tirant en l’air. Mais devant la fureur sans cesse accrue des agresseurs, on voit mal comment un ou plusieurs de ceux-ci ne finiront pas par être blessés ou tués par balles. Ce sera alors l’embrasement général, et la classe politique irresponsable et criminelle qui a laissé depuis trente ans une immigration incontrôlée s’établir en France sans jamais se donner les moyens de l’intégrer se retrouvera face à ses irréparables fautes. Elle sera évidemment chassée par les Français, mais ceux-ci n’en auront pas pour autant fini avec les difficultés. Il va falloir non seulement mettre les émeutiers hors d’état de nuire, mais aussi ranimer l’économie française, qui agonise actuellement, afin de lui permettre de créer les emplois qui seuls sont susceptibles de permettre l’intégration des immigrés présents sur le sol français ? Il va de soi également que rien ne sera possible sans que ne soit instaurée une longue période d’immigration zéro en France. Vaste programme, aurait dit quelqu’un. Mais il n’y en a pas d’autre !
(15/10/06).
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La révolution médicale est en marche

Après la déroute des syndicats médicaux favorables au système conventionnel actuel lors des élections aux unions régionales de médecins libéraux, le 29 mai 2006, face aux partisans de la liberté des honoraires, la grève réussie des chirurgiens, obstétriciens et anesthésistes libéraux est un nouveau coup dur pour le gouvernement. Celui-ci espérait que leur mobilisation serait faible : il n’en a rien été. Pour la première fois dans l’histoire du syndicalisme médical français, une grève a été suivie fortement et tout indique que la colère ne s’apaisera pas facilement, même si l’arrêt des soins n’est pas une consigne qu’on peut tenir longtemps dans une profession médicale. L’essentiel est que le message des praticiens ait retenti comme un ultime signal d’alarme avant la révolte générale des professions de santé. Celles-ci ne supportent plus la politique de Procuste menée depuis des décennies par les gouvernements successifs qui, au nom de l’impossible équilibre des comptes dans une système monopolistique, n’ont cessé de mettre les acteurs médicaux à la taille du lit social, au lieu d’aménager celui-ci aux nouvelles dimensions des activités de soins. La solution, évidente pour tout homme politique de bon sens, consiste à briser une bonne fois le monopole de la sécurité sociale – qui est acquis légalement – afin de laisser se dérouler, dans un cadre concurrentiel, le libre jeu de l’offre et de la demande. Dans toutes les activités économiques, la concurrence est un facteur puissant de baisse des prix et des coûts. Il en ira de même en médecine, et de ce fait la réforme de l’hospitalisation, qui est impossible dans le système fonctionnarisé actuel, se fera naturellement. Quand on sait que l’hôpital représente environ la moitié des dépenses de santé en France, et que les frais de personnel s’y élèvent à plus de 70 % du total, on mesure l’enjeu. Soyons toutefois réalistes : ce n’est pas le pouvoir actuel qui réalisera cette réforme, ni un autre qui obéirait aux mêmes présupposés idéologiques. Une phase de grand désordre est en train de s’ouvrir dans le monde de la santé, au terme de laquelle un nouveau pouvoir issu du peuple devra rétablir la médecine dans ses prérogatives les plus légitimes, celles qui la mettent au service des malades et non de l’administration. Cela devra faire partie des priorités de ce nouveau pouvoir, tant il est vrai qu’il n’y a pas de société libre sans médecine libre.
(29/7/06)
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Après Outreau, l’affaire AZF va-t-elle déclencher un nouveau scandale judiciaire ?

Il n’y a pas que dans l’affaire d’Outreau que se pose le grave problème des expertises judiciaires. Celle de l’explosion de l’usine AZF de Toulouse en offre également un exemple fort significatif. On y voit en effet des experts, dont l’indépendance a été largement mise en cause, tenter désespérément de démonter que c’est bien le déversement d’un produit chloré sur un tas de nitrate qui a provoqué la terrible explosion du 21 septembre 2001. Or une reconstitution organisée par un juge d’instruction a pu démonter que cette hypothèse est sans fondement, un tel mélange dégageant des vapeurs insupportables qui auraient évidemment été remarquées par les personnes présentes sur les lieux. Mais voilà que le manutentionnaire suspecté d’avoir déversé du chlore et mis en examen pour « homicides et blessures involontaires » vient de bénéficier d’un non-lieu. Officiellement, c’est en raison du fait qu’il « n’avait aucune capacité décisionnelle dans le processus de manipulation » qu’il est mis hors de cause. En fait, la justice se rend bien compte que la thèse du déversement de chlore est une impasse et risque fort de conduire à un fiasco retentissant lors du procès en principe prévu dans le premier semestre 2007, mais elle ne se résout pas à l’abandonner et à relancer son enquête dans une autre direction. On se souvient que le procureur de Toulouse, M. Bréard, aussitôt après l’explosion et donc avant toute enquête, avait affirmé qu’il s’agissait d’un accident, version qui arrangeait aussi bien le président de la République, M. Chirac, que le premier ministre, M. Jospin, peu désireux, à quelques mois de l’élection présidentielle, de voir les problèmes d’insécurité occuper le devant de la scène. Depuis, la thèse du chlore n’a cessé d’être contrebattue et même ridiculisée par les nombreux éléments démontrant son impossibilité et publiés notamment par l’hebdomadaire Valeurs Actuelles. Or elle ne repose plus que sur les expertises officielles, dont chacun sait à présent qu’elles ne sont pas crédibles. Jusqu’à quand la justice va-t-elle s’enliser dans cette impasse ? Faudra-t-il, comme dans l’affaire d’Outreau, que le scandale éclate pour qu’elle se résolve enfin à reconnaître ses erreurs ? Avec à la clé une nouvelle vague d’indignation populaire à l’encontre d’un système judiciaire en qui les Français n’ont plus la moindre confiance et qui pourrait bien ne pas s’en relever.
(29/7/06).
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La Banque postale se paie sur la bête

Félicitons La Poste pour sa contribution à la stabilité des prix en France. Entre 2003 et 2004, les « frais de tenue de compte » des chèques postaux avaient déjà augmenté de 5 %, soit le double de l’inflation officielle. Mais ce n’était qu’un hors d’œuvre. Les détenteurs de compte se sont en effet vus gratifier de frais augmentés de 19 % entre 2004 et 2005, et de 2005 à 2006, sans doute pour fêter l’heureux avènement de « La banque postale », nouvelle dénomination des antiques CCP, d’une nouvelle hausse de 20 %. A part cela les prix sont sages et l’inflation contenue. On se demande vraiment quelle mouche a bien pu piquer la Banque centrale européenne pour qu’elle envisage d’augmenter à nouveau les taux d’intérêt ? Ou bien alors faut-il donner raison à ce ministre italien qui accusait l’euro d’avoir provoqué une hausse des prix « bestiale » ?
(29/7/06).
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Fin du monopole de la sécurité sociale : Le blog de Ségolène Royal s’inquiète

Dommage que Ségolène Royal n’aborde pas le sujet en public. Cela lui permettrait au moins de démontrer un certain sérieux. Mais sur son blog (www.desirsdavenir.org), on peut constater que la fin du monopole de la sécurité sociale inquiète bougrement ses partisans. Et comme le dit l’un d’eux, « il est vrai que Ségolène Royal devra résoudre tôt ou tard la contradiction entre une politique social-démocrate et son incompatibilité avec certaines directives de l' Union Européenne, comme celle-ci ».
Voici donc ce que chacun peut lire sur ce blog :

« Directives européennes et protection sociale française par benoitp le 05-06-2006 01:06

Un sujet peu abordé et qui pourtant est d'une importance MAJEURE est l'application des directives européennes relatives aux prélèvements sociaux.
La droite peut toujours pratiquer la politique de l'autruche et ignorer la loi européenne, mais aujourd'hui un individu, une entreprise peut refuser de payer l'URSSAF ou une caisse de retraite obligatoire et adhérer ailleurs en Europe pour couvrir ces risques. Gloups ...
Tous les prélèvements sociaux sont concernés sauf semble-t-il les allocations familiales car celles ci sont un régime universel alors que les autres sont des régimes professionnels.
Il est URGENT d'organiser et d'aménager cette évolution du droit social européen afin que les plus malades d'entre nous n'en souffrent pas.
On pourrait évidemment proposer les idées suivantes:
Un assureur privé qui souhaite se substituer à l'URSSAF ou tout autre organisme pour assurer une prestation au premier euro...
1) ne pourra pas choisir ses assurés en fonction de l'âge ou de la maladie
2) ne pourra pas faire remplir un questionnaire de santé préalable
3)n'exigera pas de rencontrer les futurs assurés (inscription obligatoire par correspondance)
Mais c'est probablement une illusion de penser qu'avec de tels garde-fous, on puisse s'en sortir.
En effet, il est important de comprendre qu'une grande partie des frais médicaux sont des frais de début et surtout de fin de vie, c'est à dire concerne des gens âgés qui ne changeront certainement jamais d'assureurs. Progressivement, l'URSSAF ne pourra plus mutualiser les risques et perdra les cotisants qui assurent tout juste l'équilibre du système.
IL FAUT DONC TROUVER AUTRE CHOSE ... c'est à dire déprofessionnaliser les charges sociales pour les rendre imperméables à la loi européenne.
Je n'ai pas la solution technique car c'est un sujet très compliqué mais si on ne s'en occupe pas AUJOURD'HUI, on est MORTS ....
Le problème est exactement le même pour les caisses de retraite ...
Bonne réflexion ....

Re: sytème de santé "raisonnable"
par SAVRY le 06-06-2006 03:06

OUI, TU AS RAISON, LE MIEUX EST D’APPLIQUER LA LOI qui laisse a chacun la possibilité de choisir son assureur sécu ou autre mais agréé en Europe
et si tous les Français avaient le même statut, plus de différence public et privé, un seul statut pour tous
La 5 a évoqué : libre choix assureur en France il y a quelques jours
Avançons tous ensemble.

Re: sytème de santé "raisonnable" par SAVRY
par Elie Arié le 06-06-2006 04:06

"A chacun la possibilité de choisir son assureur sécu ou autre mais agréé en Europe".
Vous ne devez pas très bien comprendre ce que vous écrivez, car vous prônez tout simplement la privatisation de l'assurance-maladie, sur le site de quelqu'un qui souhaite être la candidate du Parti socialiste aux présidentielles.
Mais il est vrai que Ségolène Royal devra résoudre tôt ou tard la contradiction entre une politique social-démocrate et son incompatibilité avec certaines directives de l' Union Européenne, comme celle-ci. »

Il convient de noter que les idées proposées par l'un des intervenants de ce blog :"
Un assureur privé qui souhaite se substituer à l'URSSAF ou tout autre organisme pour assurer une prestation au premier euro...
1) ne pourra pas choisir ses assurés en fonction de l'âge ou de la maladie
2) ne pourra pas faire remplir un questionnaire de santé préalable
3) n'exigera pas de rencontrer les futurs assurés (inscription obligatoire par correspondance) " figurent dans les directives européennes et ont force de loi en France. Inutile donc de réinventer ce qui existe !
(10/6/06)

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Le sondage qui annonce le grand tremblement

Sale temps pour les politiciens ! Les Français ne font confiance qu’à un seul d’entre eux – une seule en fait – pour mener les réformes économiques dont notre pays a besoin. C’est ce qui ressort d’un sondage TNS Sofres publié dans Le Figaro du 14 avril 2006. Ségolène Royal bénéficie de 59 % d’avis positifs, Nicolas Sarkozy ne convainc pas une majorité (49 % contre autant d’avis négatifs), et après c’est la débandade : Hollande et Jospin sont à 38 %, Bayrou à 33 %, quant à Villepin et Chirac, avec respectivement 24 % et 17 %, ils sont au trente-sixième dessous de la confiance. Le cas de Ségolène Royal ressortissant à la pensée magique, puisqu’elle n’a jamais exprimé la moindre idée économique qui la différencierait des autres politiciens, on ne peut que constater l’extraordinaire déficit de confiance des Français envers ceux qui gouvernent notre pays depuis plusieurs décennies. Et cela s’explique aisément : plus rien ne marche en France ! Et pour cause. « En France on sème des impôts et on récolte des fonctionnaires », disait déjà Clemenceau. Rien n’a changé, mais tout s’est aggravé avec la prise de pouvoir de la technocratie. Aujourd’hui, l’Etat est en faillite et l’économie ne repartira plus jamais dans le contexte actuel. C’est ce qu’ont exprimé les Français dans le sondage ci-dessus évoqué. Et c’est ce qui permet de prédire sans le moindre risque d’erreur qu’un grand tremblement politique va se produire avant longtemps dans notre pays. « Levez-vous, orages désirés ! »
(16/4/06).
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Une odeur de pétrole flotte sur France Soir

Il n’était pas question pour le gouvernement français de laisser Arcadi Gaydamak s’emparer de France Soir. Le fait que cet homme d’affaires soit poursuivi par la justice pour avoir été l’intermédiaire dans des ventes d’armes de la Russie à l’Angola n’a strictement rien à voir dans l’attitude du pouvoir en France. Ou plus exactement cela ne compte que dans la mesure où Gaydamak, qui se défend en affirmant que ces ventes d’armes ne concernent en rien la France et que par conséquent la justice française n’a rien à lui reprocher, sait beaucoup de choses sur ce type de commerce et sur ceux qui le pratiquent. Et qu’il pourrait avoir envie, pour se venger des misères qu’on lui fait, de les révéler dans un journal lui appartenant. Car dans tout autre, compte tenu du verrouillage médiatique en France, ce serait impossible, pour ne pas parler des radios et des télévisions. Or si mal en point que soit France Soir, c’est un titre qui compte encore en France, ne serait-ce que par les reprises dont il est l’objet de la part de ses confrères. Du coup, alors que l’offre de Gaydamak pour France Soir était la seule qui préservait la totalité des emplois et qui garantissait l’avenir du titre, le procureur de la République a envoyé au tribunal de commerce de Lille, chargé de désigner le repreneur du quotidien, un message des plus clairs en saisissant Tracfin, la cellule de lutte contre le blanchiment du ministère des Finances, sur l’origine des fonds de Gaydamak. Et le tribunal, en toute indépendance, cela va de soi, a désigné un repreneur dont le plan supprime la moitié des emplois du journal, suscitant la fureur du personnel qui s’est senti sacrifié sur l’autel de la raison d’Etat. Pour autant, l’affaire n’est pas terminée. Gaydamak a des projets de télévision en Europe, auxquels les autorités françaises n’ont aucun moyen de s’opposer, et surtout le juge Courroye, qui instruit l’affaire des ventes d’armes entre la Russie et l’Angola, pourrait se voir prochainement dessaisi du dossier. Car le gouvernement angolais, furieux des misères que fait la France à Gaydamak (lequel dispose d’un passeport angolais), exerce des représailles sur la firme française Total qui, comme tous ses concurrents, tente de prendre sa part des richesses pétrolières de ce pays. Soyons-en sûrs : la raison va l’emporter et les ennuis en France de M. Gaydamak vont prendre fin. Tout comme les emplois des journalistes de France Soir.
(16/4/06).
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Quand Renault démontre la nécessité d’une révolution

Rien n’illustre mieux l’ampleur des problèmes d’intégration de la population immigrée en France que les difficultés de Renault à recruter des ouvriers pour son usine de Flins, dans les Yvelines, où l’on fabrique la Clio 3 dont les ventes démarrent très bien. Parmi les postulants à un emploi figurent nombre de jeunes gens issus des cités dites « sensibles ». Or, remarque la directrice de l’agence chargée du recrutement pour la firme au losange, interrogée par Le Parisien, pour occuper un emploi sur les chaînes de montage, « il faut savoir lire, écrire, mais surtout avoir un comportement exemplaire. Le fonctionnement des chaînes réclame de la rigueur tant au niveau de la discipline que des horaires. En plus le travail se déroule en équipes et les employés doivent respecter la hiérarchie. » Malheureusement, peu de « jeunes de banlieue » répondent à ces exigences. Et quand Renault leur propose de suivre des formations qualifiantes, nombre d’entre eux « refusent de reprendre des cours, ils ont l’impression de retourner à l’école ». Ce qui n’empêche pas ceux qui ne sont pas retenus de laisser exploser leur colère : "A l’issue de l’entretien, ils menacent de tout casser dans l’agence." Echec familial, échec de l’Education nationale, échec de la société, incapable d’imposer les valeurs qui, à toute époque, ont conditionné la réussite et le progrès, échec de la politique d’immigration, qui n’a jamais accepté d’examiner ensemble l’arrivée de centaines de milliers d’étrangers chaque année et l’impossibilité de mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour les accueillir, tous les ingrédients de la grave crise qui secoue la France apparaissent au grand jour à travers cet exemple qui n’a rien d’exceptionnel. Pour la résoudre, il faudra de la lucidité, du courage et de la constance. Autant de qualités qui font défaut aux petits, moyens et hauts fonctionnaires qui gouvernent la France. Leur remplacement par des membres de la société civile, connaissant et vivant quotidiennement les difficultés d’une économie ouverte, concurrentielle, récompensant l’initiative et le mérite et non la docilité, s’impose comme une nécessité nationale. Mais celle-ci exige une véritable révolution politique. Qui ne peut désormais plus souffrir le moindre retard.
(16/4/06).
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Borloo se lance dans la chanson !

Voici venu le temps des lapsus. Après M. de Villepin, parlant de la « démission » du Conseil constitutionnel au lieu de sa « décision », et évoquant ainsi involontairement l’idée qui l’obsédait, c’est au tour de M. Borloo de qualifier, en pleine séance de l’Assemblée nationale, le premier ministre de "premier minus". Tandis que le président du groupe parlementaire de l’UMP, Bernard Accoyer, s’adresse au même premier ministre en l’appelant « Monsieur le Président de la République ». Tous ces braves gens, affolés par leur échec, ont vraiment la tête tourneboulée et ne savent même plus où ils habitent. Quel dommage que Claude Nougaro ait disparu ! On aurait aimé le prier de donner un récital à l’Assemblée et d’y interpréter son grand succès, « Toulouse », vous savez, la ville rose « où l’on se traite de con à peine qu’on se traite ». Lui, au moins, avait du talent. Ce qui nous aurait changé de tous ces … minus !
(16/4/06).
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Chirac traite Villepin de gros pet

Un des meilleurs connaisseurs de la chiraquie nous avait prévenus il y a plusieurs mois : " Contrairement à ce que croient les observateurs politiques, la prochaine victime de Chirac n'est pas Sarkozy mais Villepin. Le président de la République est persuadé que Sarkozy, à force de vibrionner, se prendra tout seul les pieds dans le tapis. Quant à Villepin, dès qu'il cherchera, afin de ne pas avoir à endosser son passif, à se différencier de Chirac, celui-ci entreprendra de l'exécuter. Il veut être entièrement libre de se présenter en 2007, même s'il est conscient de ses handicaps. Mais il est revenu de tant de descentes aux enfers qu'il est persuadé de pouvoir une fois encore y parvenir. " Les faits semblent aujourd'hui donner raison à notre informateur. La journaliste du Monde accréditée à l'Elysée vient de publier un article dans lequel elle révèle que le " droit d'inventaire " dont croit pouvoir se réclamer le premier ministre a fortement mis en colère le président. " Je ne peux pas admettre que notre pays reste les bras croisés " a déclaré Villepin sur France 2, stigmatisant " l'impuissance face aux événements ". Chirac s'est évidemment senti visé et ses conseillers n'ont pas manqué de tirer une sérieuse bordée d'appréciations insultantes et de menaces en direction du premier ministre. " Les imbéciles sont comme les gaz, a dit l'un d'eux, ils ont tendance à s'épandre. Chirac attend. Il sait qu'il peut craquer l'allumette. " Autrement dit Villepin n'est pour Chirac qu'une espèce de pet. Inflammable qui plus est. On n'est pas plus gracieux. Une suggestion à Chirac. S'il est panne d'expressions imagées, qu'il n'hésite pas à puiser dans les dialogues de Michel Audiard : " Je vais lui montrer qui est Chirac. Aux quatre coins de Paris qu'on va le retrouver le grand con, éparpillé par petits bouts façon puzzle. " Chirac n'a pas le talent de Blier, mais aidé de son prompteur et de ses conseillers en communication, il peut arriver à mettre les rieurs de son côté.
(12/2/06).

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Pour les Français, les politiciens sont incapables, malhonnêtes et assurés de l'impunité

Deux sondages publiés le 30 janvier 2006 ont retenti comme un glas dans le paysage dévasté de la Ve République. L'un d'eux, celui du Parisien, indique que 82 % des personnes interrogées ne croient pas aux solutions proposées pour résoudre la crise des banlieues. Et les Français sont également 82 %, selon le sondage du Figaro, à considérer que le candidat idéal à la présidence de la République doit avant tout être honnête. Autrement dit, pour les Français, les politiciens sont des incapables, comme le proclame la Révolution bleue, et des malhonnêtes. Accablant ! C'est très exactement le climat qui prévalait à la fin de la IVe République, où le cri qu'on entendait le plus souvent était " Sortez les sortants ! ". Rien d'étonnant à cela. Un régime s'effondre quand il démontre son incapacité à résoudre les problèmes du pays et quand les citoyens n'éprouvent plus que mépris pour les hommes politiques. Que peut penser le bon peuple quand il constate que l'affaire des HLM de Paris est actuellement jugée en l'absence de tout politique, alors que les preuves de l'implication de bon nombre d'entre eux n'ont cessé de s'étaler dans la presse depuis des années ? Quel effet peut produire sur lui la nomination de M. Louis Schweitzer à la tête de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), alors qu'on se demande encore comment la justice a pu considérer qu'il ne portait aucune responsabilité dans l'affaire du sang contaminé, quand directeur de cabinet du premier ministre, M. Fabius, il était l'homme le mieux informé de France ? Comment la justice a-t-elle pu absoudre M. Trichet dans le scandale du Crédit Lyonnais, alors que directeur du Trésor, il était celui qui savait tout ce qui se passait dans les milieux financiers, et à plus forte raison dans une grande banque nationalisée ? Le citoyen se sent-il rassuré quand il voit M. Trichet trôner à la Banque centrale européenne et faire la leçon à tous les gouvernants de l'Union ? Et l'on pourrait citer d'innombrables cas semblables. Ce régime a ruiné la France et les Français et enrichi tous ceux qui avaient accès, d'une manière ou d'une autre, à l'argent public, tandis qu'il garantissait à ces derniers la plus totale impunité. "Jusqu'à quand Catilina, abuseras-tu de notre patience ? "
(12/2/06).

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1940, 2006, ou quand l'histoire se répète

Le grand historien français Marc Bloch, fusillé par les Allemands le 16 juin 1944, et dont Gallimard republie " L'Histoire, la Guerre, la Résistance ", dénonçait,dans son analyse de la défaite de 1940, la " léthargie intellectuelle des classes dirigeantes françaises et leurs rancoeurs ", leur reprochant de n'avoir pas sonné l'alerte " sur les illogiques propagandes dont les mixtures frelatées intoxiquaient nos ouvriers, sur notre gérontocratie…Nous avions une langue, une plume, un cerveau, tout cela, presque tout, il y a longtemps que nous le murmurions entre amis choisis … Nous, nous n'avons pas osé être sur la place publique la voix qui crie … Nous avons préféré nous confiner dans la craintive quiétude de nos ateliers. " Cette " trahison des clercs ", on la retrouve à l'identique aujourd'hui. A ceci près que ceux de maintenant préfèrent à " la craintive quiétude " de leurs ateliers les lumières des plateaux de télévision, où ils dispensent leurs insupportables mensonges. Et de même que la fulgurante défaite de 1940 a fait disparaître dans les poubelles de l'histoire toute une génération défaillante, de même l'effondrement du régime actuel va nous priver, pour le plus grand plaisir de tous, de la petite clique de paons vaniteux et malhonnêtes qui a trusté tous les micros, toutes les tribunes pendant plus de trente ans au mépris du droit des Français à une information loyale. A quelque chose, malheur est bon !
(12/2/06).

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Un académicien adhère post mortem au Front national

On peut relire avec intérêt " Une grande imprudence ", l'ouvrage de Maurice Schumann, gaulliste de Londres, ministre des affaires étrangères et académicien. Paru chez Flammarion en 1986, le livre dénonce l'immigration massive dans des termes qui lui vaudraient aujourd'hui une condamnation par les tribunaux. " La cécité volontaire, écrit Schumann, est la plus dangereuse des idéologies. Or, il faut se rendre aveugle pour ne pas percevoir à quels malheurs et à quels excès désordonnés nous mènent l'arrivée massive d'immigrés non européens et leur regroupement dans certains quartiers qui se transforment en zones interdites. Ici, la clandestinité porte atteinte non seulement à l'identité, mais d'abord à l'indépendance nationale. Elle signifie tout simplement que la France n'est plus maîtresse de ses frontières, en d'autres termes qu'elle est privée d'une part essentielle de sa souveraineté sans y avoir renoncé par une décision de son gouvernement et un vote de son Parlement. " Chirac va regretter de s'être laissé souffler le parti " gaulliste " par Sarkozy. Sinon, il aurait aussitôt fait exclure Maurice Schumann. Car même mort, il y a des choses qu'on n'a vraiment pas le droit de dire dans la république musulmane que Chirac veut instaurer en France.
(12/2/06).

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Chirac et Strauss-Kahn montrent l'exemple de la solidarité

Le Parisien du 28 décembre 2005 a consacré un article aux vacances de Noël des politiciens. Jacques Chirac et son épouse les passent à Taroudant, dans le sud marocain, au luxueux hôtel de la Gazelle d'Or, où le couple présidentiel a ses habitudes. Sans doute le chef de l'Etat mettra-t-il à profit cette période de détente pour savourer tout à loisir le compliment que lui a décerné le roi Abdallah d'Arabie Saoudite dans une interview donnée à un journal arabe de Londres, Asharq al-Awsat. Pour le monarque, Jacques Chirac est " une personne noble, sincère et honnête qui se comporte comme un vrai Arabe ". Rien de surprenant dans cette louange : Chirac n'a-t-il pas déclaré que les racines de l'Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ? On se souvient aussi des images du président, le soir de sa réélection en 2002, acclamé place de la République par une foule brandissant des drapeaux algériens et marocains. On se demande vraiment pourquoi on pousse les " jeunes " issus de l'immigration à s'inscrire sur les listes électorales. N'ont-ils pas déjà un président bien à eux ?
Quant à Dominique Strauss-Kahn, c'est aussi au Maroc qu'il passe ses vacances, " dans son riad de Marrakech, une propriété luxueuse que le député de Sarcelles (Val d'Oise) s'est fait construire dans la palmeraie, avec son épouse Anne Sinclair". " Fière d'être socialiste ! ", s'écriait il y a peu Mme Sinclair à l'occasion d'un dîner de militants. Les sans-abri transis de froid et les 6 millions de personnes réduites, en France, à vivre des minimas sociaux apprécieront !
(29/12/05).

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Omar Bongo menace Villepin

Depuis le temps qu'Omar Bongo, le président récemment réélu du Gabon, menace de faire des révélations sur l'aide qu'il a apportée et apporte peut-être encore à des politiciens français et qu'il se tait, on va finir par se lasser de son numéro. D'autant qu'il n'a pas renoncé à faire saliver les amateurs de scandale. C'est ainsi que Le Figaro, dans un article non signé publié le 15 décembre dernier et qui a dû échapper à la vigilance de la rédaction en chef du journal, nous apprend que le quotidien gabonais Le Miroir, " contrôlé par un proche du président, s'en est donné à cœur joie la semaine dernière, promettant dans un virulent article que " l'heure des comptes ne saura tarder ". Selon le journal, qui met en cause Dominique de Villepin, celui-ci peut " jouer " au plus malin, mais il ne saurait oublier que " s'il est là aujourd'hui, il ne le doit qu'à une seule personne : Omar Bongo ". " Bien entendu, ces menaces visent à faire pression sur le gouvernement français, accusé de ne plus soutenir assez un président gabonais en butte à des opposants qui " n'entendent faire aucun cadeau à un régime qu'ils estiment à bout de souffle ", mais elles appellent un démenti catégorique de M. de Villepin. Catégorique et même indigné ! Pour l'heure, le premier ministre se tait. Mais c'est à coup sûr parce qu'il attend le meilleur moment pour nous informer.
(29/12/05).

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Sarkozy prend un smash de Noah en pleine poire !

On a failli avoir droit à une belle empoignade ! Paris Match a publié une interview de Yannick Noah où ne figurait pas une phrase que la rédaction de l'hebdomadaire a supprimée, avec paraît-il l'accord de l'intéressé, et dans laquelle celui-ci annonçait : " Si jamais Sarkozy passe, je me casse ! ". Au-delà de la bonne manière ainsi faite au ministre de l'intérieur par Alain Genestar, le directeur du journal, à qui Sarkozy reproche d'avoir publié des photos de son épouse Cécilia en compagnie de son chevalier servant, bonne manière qui finalement n'aura servi à rien puisque le Canard enchaîné a révélé le pot aux roses, on ne pourra que s'indigner des propos de Noah. Celui qui est paraît-il l'homme le plus populaire de France, selon le classement du Journal du Dimanche, a une curieuse conception de la démocratie. Car enfin celle-ci ne consiste-t-elle pas à accepter le résultat des élections, quand elles sont régulières ? L'exil pour cause de mécontentement électoral n'est pas une attitude patriotique. Tous ces grands sportifs repus d'argent et de notoriété sont-ils les mieux placés pour faire la leçon aux simples citoyens qui eux ne se tireront pas si Sarkozy ou un autre passe et qui continueront de se comporter en Français ? Quant aux médias qui interviewent ces personnages inintéressants, ils feraient mieux d'exercer plutôt leur mission d'information. Ce qui pousserait les politiciens à remplir eux-mêmes leurs devoirs vis-à-vis de ceux qui les ont élus.
(29/12/05).

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Les scandaleux propos de Borloo que Le Figaro a caché à ses lecteurs

Le Figaro des 19 et 20 novembre 2005 a publié une brève information ainsi rédigée : " Elysée. Jacques Chirac a reçu hier les douze lauréats du concours " Talents des cités ", créé en 2002 par le ministère de l'Emploi et le Sénat pour récompenser les projets économiques, associatifs et culturels lancés dans les quartiers sensibles. Le chef de l'Etat s'est dit " impressionné " par le parcours de ces jeunes, qui montre qu'" on peut réussir " dans les cités " à condition de le vouloir ". Il a salué " un formidable élan de dynamisme, de générosité, d'énergie ". Deux ministres, Jean-Louis Borloo et Azouz Begag, ont participé à cette rencontre, pendant plus de deux heures, à l'Elysée. "
Plus favorisés, les lecteurs du site internet Yahoo ont pu quant à eux bénéficier d'un compte rendu plus complet de cette manifestation. En effet la dépêche de l'agence Reuters, publiée par Yahoo, poursuit ainsi le récit de la réunion : " " C'est exemplaire, ça tombe de manière un peu symbolique. (…) C'est important les symboles, les mains tendues ", a commenté Jean-Louis Borloo. Le ministre a vanté " l'énergie, le dynamisme " des banlieues. " Cela n'empêche pas qu'il y ait des tensions, mais il y a un bouillonnement ", a-t-il dit. " Il ne faut pas se gourer, l'avenir de l'énergie, du pays, il est là ", a-t-il lancé."
Ainsi donc M. Borloo n'accorde aucun crédit aux Français qui n'habitent pas les "quartiers sensibles ", comme on dit maintenant, pour assurer l'avenir de notre pays. Cette vision est purement et simplement du racisme à rebours, comme si la France n'était plus capable de faire face aux défis du temps sans une forte injection d'immigrés. On a honte pour la République que de tels propos aient pu être tenus pas un de ses ministres. Et on ne peut qu'être indigné qu'un grand journal comme Le Figaro ait cru devoir les cacher à ses lecteurs.
(19/11/05).

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Sarkozy émule de Georges Marchais !

Incroyable acte d'intimidation et de censure accompli sans la moindre gêne par M. Sarkozy ! Pour empêcher la publication d'un ouvrage consacré à son épouse Cécilia, dont il est actuellement séparé mais qui a déclaré lui avoir demandé cette intervention, le ministre de l'intérieur a tout simplement convoqué l'éditeur place Beauvau et obtenu de lui le retrait de l'ouvrage qui était pourtant déjà imprimé pour un tirage prévu de 25 000 exemplaires. M. Sarkozy, en revenant au ministère de l'intérieur, avait indiqué qu'il le faisait pour protéger sa famille. On comprend mieux maintenant ce qu'il voulait dire. On aimerait entendre de l'éditeur le récit de son entrevue avec le ministre et les arguments employés par ce dernier. Somme toute, M. Sarkozy a la même conception de la démocratie que feu Georges Marchais, à qui, alors qu'il était secrétaire général du Parti communiste français, on avait demandé s'il existait une censure des livres en Union soviétique. " On peut publier tout ce qu'on veut, avait-il répondu, à condition de trouver un éditeur. " En France, à présent, il en va de même ! C'est d'ailleurs en des termes très voisins de ceux de Georges Marchais qu'un conseiller du ministre a indiqué à la presse que " le manuscrit peut désormais être publié par un autre éditeur, mais ils sauront qu'ils sont susceptibles d'être assignés en justice ".
(19/11/05).

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La censure s'en prend aux artistes !

Le jeune chanteur Cali, de son vrai nom Bruno Caliciuri, originaire de Perpignan, a eu lui aussi, à l'occasion de la sortie de son nouvel album, affaire à la censure. Non pas de M. Sarkozy, mais du Bureau de vérification de la publicité (BVP). Il l'a raconté au Figaroscope en ces termes : " J'avais eu l'idée de petits spots pour la sortie de l'album. J'y apparaissais en disant : " J'organise les JO de 2012 à Perpignan " et une voix féminine disait : " Menteur. " Je finissais avec " Je vais réduire la fracture sociale en cent jours " et la voix disait encore " Menteur ". Le BVP ne l'a pas accepté. C'était des bêtises de la part d'un petit chanteur et on m'a rétorqué que, dans mes propos, on retrouvait des personnalités identifiables ! " Le BVP n'a décidément aucune culture politique. Personne, en France, n'a jamais prétendu réduire la fracture sociale en cent jours. M. Chirac, en 1995, s'était bien engagé à réduire la fracture sociale, mais pas en cent jours. Quant à M. de Villepin, il s'était engagé, lors de sa nomination à Matignon, à obtenir un résultat en cent jours, mais il s'agissait de faire reculer le chômage. Il n'y avait donc, dans la publicité de Cali, aucune personnalité identifiable !
(19/11/05).

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C'est comme là-bas, dis !

La secrétaire perpétuelle de l'Académie française, Hélène Carrère d'Encausse, a déclaré sur la chaîne de télévision russe NRV que " le politiquement correct de notre télévision est presque comme la censure des médias en Russie ". Où est-elle allée chercher tout cela ?
(19/11/05).

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L'émeute des banlieues enthousiasme les socialistes

Qui a fait un triomphe au congrès socialiste du Mans ? Hollande ? Fabius ? Strauss-Kahn ? Vous n'y êtes pas. Un certain Claude Dilain, qui est le maire socialiste de Clichy-sous-Bois, la commune de Seine-Saint-Denis d'où sont parties les émeutes de banlieue de ces dernières semaines. Le Parisien nous apprend qu'il " a été ovationné debout par les militants ". L'édile neuftroisien (pardon de ce néologisme) a notamment évoqué " " la poudrière des quartiers, des villes entières où une population concentre tous les problèmes sociaux de la société ". On comprend que les socialistes aient applaudi : cette situation est en grande partie leur œuvre, et en tous cas celle de leur doctrine qu'a également adoptée la droite parlementaire et qui s'est épanouie dans le fameux " modèle social français ". Encore bravo !
(19/11/05).

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Chirac et Villepin se plantent l'un après l'autre

Chirac s'est planté lamentablement dimanche soir en intervenant sur les marches de l'Elysée. Dans une lumière verdâtre et crépusculaire, le président de la République est apparu comme un pantin qui gesticulait mécaniquement et ne comprenait même pas le sens de ses paroles. Pathétique ! A deux pas de lui se tenait Villepin, en posture d'infirmier prêt à avancer le fauteuil roulant. Le lendemain soir, ce fut au tour de Villepin de se planter. Quand on annonce aux Français l'instauration du couvre-feu, on intervient à 20 heures sur toutes les chaînes de télévision dans une allocution solennelle de trois minutes, et non pas à 20 heures 20 au journal de Patrick Poivre d'Arvor, pendant vingt interminables minutes, après les faits divers et avant la météo. Et dire que les commentateurs ne cessent de nous vanter les prodiges de communication de l'Elysée et de Matignon ! Mais l'art de communiquer, c'est avant tout l'art de penser, et de ce point de vue on est, dans les lieux précités, au dessous du niveau de la mer. Le pouvoir perd pied, tous les Français s'en rendent compte, et ce n'est pas une nouvelle rassurante dans le contexte de violence et de sauvagerie qui est la conséquence de trente années d'immigration incontrôlée et de socialisme ruineux pour l'économie et l'emploi. De ce désastre, les politiciens français vont devoir rendre compte.
(8/11/05).

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Jean-Louis Debré a vu des Martiens !

Maire d'Evreux, Jean-Louis Debré est apparu désemparé, décoiffé et sans cravate à la télévision après que les émeutiers eurent ravagé une bonne partie de sa ville. Devant les ruines calcinées, Debré s'est écrié, parlant des émeutiers : " Ils n'appartiennent pas à notre univers ! " Des Martiens en quelque sorte. Les politiciens viennent enfin, à l'occasion d'événements dramatiques, de découvrir leur existence, que connaissent parfaitement les Français " d'en bas ", comme disait l'ineffable Raffarin, lequel doit tous les jours bénir le ciel d'avoir été viré de Matignon avant que le ciel des réalités ne tombe sur la tête des gouvernants. Mais il n'y a pas que le pauvre Debré à ne plus savoir où il habite. Les commentateurs politiques, d'ordinaire si péremptoires, en sont venus à raser les murs médiatiques. Oh, ils ne refusent pas les invitations des radios et des télévisions, mais ils ne savent que bredouiller de vagues banalités et confier toute la modestie qui les imprègne face à de tels événements. Que n'ont-ils été aussi modestes quand il suffisait d'ouvrir les yeux et les oreilles pour savoir ce qui se préparait en France ! Mais voilà : la seule vue d'une éminence du pouvoir suffisait à les submerger de bonheur. Aujourd'hui, ils se demandent non sans raison s'ils ne vont pas devoir quitter la scène en même temps que les immenses personnages politiques qu'ils côtoyaient et dont chacun peut constater maintenant qu'ils ne sont que des nains.
(8/11/05).

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Le général Poncet sanctionné au moment où l'on pourrait avoir besoin de lui

Chirac et Villepin vont se mordre les doigts d'avoir sanctionné le général Poncet à la suite de la bavure de Côte d'Ivoire. Poncet avait couvert ses hommes qui ont, à ce qui s'écrit, achevé un redoutable " coupeur de routes, " violeur notoire et assassin récidiviste, dont la disparition a d'ailleurs suffi à ramener le calme dans la zone où il sévissait. Pour prouver que l'armée française " lave plus blanc ", les deux têtes de l'exécutif et l'inexistante et ridicule ministre des armées, Michèle Alliot-Marie, ont infligé au général Poncet un blâme, sanction lourde et rarissime prise en considération des actes " inqualifiables " commis sous l'autorité du patron de l'opération Licorne. Oui mais voilà : quand il s'agira de faire intervenir l'armée contre les émeutiers des banlieues, on ne trouvera plus que des généraux qui n'ont jamais entendu siffler une balle et qui ne savent maintenir l'ordre que sur le plateau de leur bureau. Quant aux soldats de métier à qui on demandera de risquer leur vie, ils auront sans nul doute à l'esprit que pour être au dessus de tout reproche, ils ne devront surtout faire aucun mal à ceux qu'ils auront en face d'eux. Car sinon, cela sera à coup sûr la cour martiale. Comme on le sait, le moral est la force principale des armées. Celui de la nôtre n'aura pas été amélioré - c'est le moins qu'on puisse dire - par l'équipe d'incapables et d'inconscients qui se pavanent à la tête de l'Etat.
(8/11/05)

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Plus personne ne veut de Chirac

Le sondage BVA paru dans Le Figaro du 7 octobre 2005 est catastrophique pour Jacques Chirac. A la question " Parmi les personnalités suivantes, quel serait, selon vous, le meilleur candidat pour l'UMP à la présidentielle 2007 ", Chirac ne recueille que 10 % des suffrages, tandis que Villepin en obtient 34 et Sarkozy 42. Mais c'est parmi les électeurs proches de l'UMP que le fossé se creuse de façon humiliante pour l'actuel président de la République, dont 4 % seulement des sondés souhaitent la candidature. Villepin n'obtient pas plus de 24 % des suffrages et Sarkozy est plébiscité par 68 % des électeurs. Quand on pense que Chirac est le fondateur de l'UMP, on mesure à quel point son crédit s'est effondré. Il faut dire qu'il y a mis du sien, conservant pendant trois ans Raffarin qui n'a été capable que de serrer ses petits poings en guise de programme politique et dont l'immobilisme a inexorablement conduit la France à l'effondrement économique, poussant de toutes ses forces à l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne, et ne tenant aucun compte, à ce sujet, du vote pourtant sans appel des Français, le 29 mai dernier. Mais la véritable surprise de ce sondage est l'excellent score de Ségolène Royal, qui devance Strauss-Kahn et Fabius au premier tour et n'est battue que d'assez peu au second par Villepin (51-49) et Sarkozy (53-47). On comprend pourquoi les éléphants du PS ont fait assaut de machisme contre Mme Royal, au risque d'écorner la belle image féministe qu'ils avaient voulu se donner en promouvant la parité dans les élections. Il reste à savoir si Ségolène Royal saura donner un contenu à sa candidature qui bénéficie surtout, pour l'instant, de l'engouement souvent sans lendemain que crée l'effet de surprise. En tout cas il ne faut compter ni sur elle ni sur aucune des personnes plus haut citées pour proposer les solutions propres à hisser la France hors de l'ornière.
(8/10/05).

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Giscard, Mitterrand et Chirac enfin réunis !

On vient de fêter les vingt ans des Restos du cœur. C'est en effet le 26 septembre 1985 que Coluche en avait lancé l'idée dans son émission quotidienne d'Europe 1. Curieusement - mais est-ce vraiment curieux ?- personne ne s'est avisé de rapprocher cette date avec celle du 10 mai 1981, qui avait vu la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle. En quatre ans les socialistes avaient réussi à créer assez de misère pour qu'il s'avère nécessaire d'imaginer des restos du cœur. Ce qui, soit dit en passant, ruine l'idée selon laquelle le socialisme serait favorable aux plus démunis. En réalité, il n'est favorable qu'à l'accroissement de leur nombre. Surtout quand il est mis en œuvre par des technocrates, dont on dit à juste titre que si on leur donne le Sahara, l'année suivante ils devront y importer du sable. Vingt ans après leur création, les restos du cœur sont toujours là et au lieu de servir 8,5 millions de repas comme à leurs débuts, ils en distribuent actuellement 67 millions ! Presque huit fois plus qu'à l'origine ! Etonnez-vous après cela que les politiciens de tous bords soient honnis du peuple et qu'aucune majorité ne trouve grâce aux yeux des électeurs quand elle doit se représenter devant eux. En trente ans, les politiciens ont réussi à ruiner un pays riche et qui, bien gouverné, serait aujourd'hui prospère, pour le plus grand bien de tous ses habitants et notamment des plus modestes. Ah ! les grands présidents que nous avons eus ! Giscard, Mitterrand et Chirac : ces lamentables politiciens ont déjà leur nom tout trouvé dans l'histoire : les trois naufrageurs !
(8/10/05).

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Villepin offense le général de Gaulle

Tout à son désir passionné de devenir président de la République et donc d'écarter de sa route Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin triture l'histoire d'assez vilaine façon. " Ne cultivons pas nos utopies, clame-t-il. La rupture n'a été possible qu'une fois dans l'histoire, c'était la Révolution. Les ruptures se terminent toujours dans un bain de sang. " Le général de Gaulle, là où il se trouve, apprendra certainement avec plaisir qu'un premier ministre qui se réclame officiellement du gaullisme ne voit aucune rupture entre celui-ci et le régime de Vichy, pas plus qu'avec " le régime des partis " en 1958. Mais que M. de Villepin se rassure. La rupture que veut son rival, M. Sarkozy, n'en est pas vraiment une. En trente années de présence ininterrompue dans la vie politique, Nicolas Sarkozy a toujours soutenu le système social français, celui qui est responsable de la catastrophe économique que vit actuellement notre pays, et même aujourd'hui il n'avance aucune proposition sérieuse de réforme. Villezy et Sarkopin même combat !
(8/10/05).

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Ambiance morose au 60e anniversaire de la Sécu : Ah bon ?

Pour célébrer le 60e anniversaire de la Sécurité sociale, le ministère de la Santé avait organisé, le 3 octobre dernier, un colloque à Paris " sous le haut patronage de M. Jacques Chirac ". Mais il faut croire que les ministres Xavier Bertrand et Philippe Bas, qui étaient les maîtres d'œuvre de cette manifestation, ne doivent pas être certains de l'amour porté par les Français à l'institution-que-le-monde-entier-nous-envie, car ils n'ont révélé le lieu du colloque qu'à ceux qui montraient patte blanche. Et de fait la réunion, qui s'est tenue dans une " ambiance morose " selon les journalistes présents, a donné lieu à l'habituel défilé de technocrates et de syndicalistes, et à la non moins habituelle accumulation de poncifs et de sottises. Il faut dire qu'il n'est pas facile de célébrer l'anniversaire d'un organisme qui accumule les déficits et les dettes au point que la Caisse des dépôts et des consignations, son bailleur de fonds attitré, a dû déclarer forfait pour ne pas se trouver elle-même entraînée dans le gouffre financier, et qu'il a fallu faire appel à des banques étrangères, notamment américaines pour faire la soudure de la fin de l'année 2004. Le " libéralisme sauvage " au secours du " modèle social français " en quelque sorte ! Mais trêve de persiflage. Vantons plutôt le courage stoïque de ceux qui se tiennent debout sur la passerelle tandis que le navire fait naufrage. Une nuance toutefois : le projet de ces héros n'est pas de couler avec le navire mais de prendre place aux commandes d'un autre vaisseau de la République afin de le conduire à son tour vers l'abysse. Quel talent!
(8/10/05).

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Les directeurs de caisses de retraite vont devenir professeurs de chirurgie

Le directeur de la Caisse de retraite des médecins libéraux, un certain Chaffiotte, énarque de son état, ne manque pas d'air, comme d'ailleurs tous ses collègues issus de la-prestigieuse-école-que-le-monde-entier-nous-envie. Alors que la Cour des comptes, dirigée par un autre énarque expert en catastrophes en tous genres, Philippe Séguin, vient de révéler dans son dernier rapport que la caisse de retraite des médecins, comme celles des autres professions de santé, est " en banqueroute virtuelle ", Chaffiotte a organisé un colloque sur le thème - " Je vous le donne, Emile ", comme disait Coluche - de " l'imprévoyance " ! Faisant la leçon aux médecins, le bon Chaffiotte leur donne cet excellent conseil : " Il importe d'évaluer les besoins et de prévoir les revenus en rapport, de prévenir les difficultés éventuelles en évaluant les dépenses de toutes sortes. " Et pour finir, ce morceau de bravoure : " Une partie des médecins est mauvais gestionnaire, cela peut s'expliquer par l'absence de formation à la gestion d'un cabinet pendant les études médicales. " Une suggestion : maintenant que les directeurs des caisses de retraite des professions de santé vont avoir des loisirs pour cause de faillite, pourquoi ne les nommerait-on pas professeurs de gestion chirurgicale dans les facs de médecine. Afin d'y enseigner l'art et la manière de se couper à soi-même la tête, les bras et les jambes.
(8/10/05).

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Sarkozy emprunte son costume à Gorbatchev

Une véritable course contre la montre est engagée entre les politiciens et la crise économique et sociale dans laquelle est plongée la France. L'espoir des politiciens est que rien de grave ne se produise avant 2007, date des prochaines élections présidentielle et législatives. Ils estiment qu'alors rien n'empêchera le système de faire élire ses représentants, sous l'étiquette UMP, UDF ou socialiste. Si en revanche des évènements dramatiques devaient survenir avant cette date, l'ensemble des politiciens risquerait d'être emporté par la tourmente, comme ce fut le cas pour les élus de la IVe République en 1958. Mais à supposer que le système puisse conserver le pouvoir en 2007, il est certain qu'il sera balayé peu après par une crise violente, la colère du peuple ayant été exacerbée par l'impossibilité de se faire entendre et par le maintien au pouvoir de la coterie responsable du désastre national. C'est à cette lumière qu'il faut examiner la rivalité entre Sarkozy et Villepin. Pour Sarkozy, le système est à bout de souffle. Il faut donc lui insuffler un peu d'oxygène. Ce qui permettra de le maintenir pendant une décennie supplémentaire (d'où la promesse de Sarkozy de ramener le taux de chômage à 5 % en … dix ans). Pour Villepin (strictement calé dans la ligne de Chirac) le système qui a tenu pendant trente ans tiendra bien dix ans de plus (le temps de deux mandats présidentiels) à coups d'incantations, de prélèvements et de redistributions. Ainsi donc Sarkozy et Villepin sont au fond d'accord sur la même offre politique : donnez-moi le pouvoir pour dix ans.
On retrouve en France la problématique de l'Union soviétique agonisante. Villepin est dans la ligne brejnévienne de maintien du système en l'état, quant à Sarkozy il réinvente Gorbatchev et ses projets de réforme cosmétiques. Les deux lignes ont échoué en URSS et connaîtront le même sort en France. Pour la simple raison que le système français est aussi irréformable que le système soviétique. L'avantage de la ligne Sarkozy est que, comme celle de Gorbatchev, elle va précipiter les échéances en attisant l'impatience du changement.
(18/9/05).

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La pensée unique se fracasse sur l'outre-mer

Ainsi donc le droit du sol ne serait plus approprié à nos départements d'outre-mer, si l'on en croit M. François Baroin, ministre en charge de ce secteur. Le problème est fort simple. Les avantages sociaux identiques à ceux de la métropole dont bénéficient les habitants de ces départements situés dans un environnement de pays peu développés attirent vers eux une immigration clandestine importante qui les déstabilise, de telle sorte que " nous sommes confrontés à des politiques de peuplement non maîtrisées ", comme l'indique le ministre au Figaro Magazine. M. Baroin ajoute qu' "une remise en question du droit du sol ne provoque pas les mêmes réticences outre-mer qu'en métropole ". On se demande ce qui lui permet de formuler un tel jugement. A-t-on interrogé le pays sur le maintien du droit du sol, alors que l'immigration est estimée par les experts les plus dignes de foi à au moins 400 000 nouveaux arrivants chaque année ? D'ailleurs le problème va bien au-delà de celui du droit du sol puisque les avantages sociaux attribués aux immigrés ne dépendent pas plus du fait qu'ils ne sont pas français que du caractère éventuellement illégal de leur présence. En fait, c'est toute la politique sociale française qui est à revoir. Et plutôt que d'entrer dans une querelle sur les qualités des attributaires, mieux vaut en diminuer drastiquement le nombre, ce qui ne manquera pas de réduire le flux migratoire, dont on sait bien qu'il est alimenté pour l'essentiel par la recherche d'une assistance sociale particulièrement généreuse. Mais qu'un parangon de la pensée unique comme M. Baroin, qui est capable d'enfoncer des portes ouvertes pendant des heures sur un ton sentencieux, en soit réduit à préconiser des mesures que ses amis politiques qualifient habituellement d' " extrémistes " en dit long sur le désarroi de la classe politique française, confrontée à l'explosion d'un système social qu'elle nous vantait il y a quelques semaines encore comme " le meilleur du monde ".
(18/9/05).

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La guerre du chouchou

Chaque année au début de l'été, les Français ont droit à la mise en scène des valeureuses actions accomplies par les contrôleurs de la Direction de la consommation et de la répression des fraudes. Cette année, c'est le chouchou qui était dans le collimateur. Il s'agit de ces beignets qui sont vendus à la criée sur les plages. Nos modernes Eliot Ness ont débusqué quelques vendeurs dont les produits n'étaient apparemment pas conservés dans des conditions d'hygiène irréprochables. Et les télévisions ont interrogé quelques mères de famille inquiètes à l'idée que leurs petits consomment de la nourriture suspecte. Il est curieux pourtant qu'on n'ait jamais signalé dans la presse des cas d'intoxication au chouchou. Comme il s'en est forcément vendu infiniment plus que les fonctionnaires n'en ont contrôlés, s'ils étaient aussi mauvais pour la santé que cela, cela aurait dû se savoir. Mais non, rien ! Dommage par ailleurs que nos zélés et intrépides limiers n'aient pas demandé à quelques mères d'ouvrir le sac où elles renferment le pique-nique familial. Nul doute qu'ils y eussent découvert des produits suffisamment dégradés pour justifier l'incarcération immédiate de la délinquante pour tentative d'empoisonnement par personne ayant autorité. Quand, à la fin de la saison estivale, la guerre du chouchou cesse faute de combattants, les cow-boys de la répression des fraudes se cherchent d'autres proies. C'est ainsi qu'ils mettent la main de temps à autre sur de la nourriture chinoise avariée. Les millions de clients des restaurants asiatiques sont interloqués et un peu refroidis, ce qui ne les empêche pas de renouer rapidement avec la fréquentation de ces établissements. Pour l'excellente raison qu'ils n'ont jamais été malades après y avoir mangé, car sinon il y a longtemps qu'ils n'y mettraient plus les pieds. En revanche il suffit de lire les journaux pour savoir qu'on ne compte plus les restaurants collectifs coupables d'avoir provoqué de sérieuses intoxications alimentaires chez leurs " clients ". Ce qui n'empêche pas l'administration de considérer comme une priorité la traque du secteur privé, à commencer par les malheureux vendeurs de chouchous qui finalement commettent, aux yeux des fonctionnaires, l'inexpiable crime de vouloir gagner quelques sous en marge des circuits officiels.
(18/9/05).

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Il faut d'urgence cuisiner Bayrou

Nous lançons un appel aux journalistes qui ont l'occasion d'interviewer François Bayrou. Le président de l'UDF répète inlassablement l'antienne du "changement", sans jamais préciser de quoi il s'agit. Jusqu'à présent aucun membre de la presse ne s'est risqué à lui poser la question. Ce qui prouve que cette honorable corporation place la discrétion au premier rang des valeurs qu'elle respecte dans son exercice quotidien. Il est vrai qu'il serait très embarrassant pour un de nos glorieux journaux d'avoir à publier par exemple que M. Bayrou préfère le slip au caleçon, mais qu'il s'engage, s'il est élu président de la République, à " changer ". La presse française s'honore en effet de ne pas aborder la vie privée des hommes politiques, à la différence de bien des journaux étrangers qui n'ont pas la même retenue. Mais imaginez qu'il s'agisse d'autre chose et que, par exemple, M. Bayrou prône l'immigration zéro ou la suppression de l'impôt sur le revenu, ou encore clame qu'il n'y a plus de monopole de la sécurité sociale. Cela vaudrait tout de même la peine d'essayer de l'interroger.
(18/9/05).

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Sainte trouille dans les allées du pouvoir

Une sainte trouille règne dans les milieux du pouvoir en France. Le récit qu'en fait Martin Hirsch dans les colonnes du Monde est fort édifiant. Maître des requêtes au Conseil d'Etat et président d'Emmaüs France (rien de tel que la direction d'un organisme charitable pour écarter de vous l'envie, qui est toujours à craindre quand on est plus ou moins en vue), Hirsch, qui fut le directeur de cabinet de Bernard Kouchner au ministère de la santé, connaît parfaitement bien " le tout Etat ". C'est pourquoi ses observations sont dignes de foi : " " N'est-ce pas que cela va exploser ? ", dit-on dans les dîners. " Cela ne pourra pas durer longtemps comme cela ! ", renchérit-on sur les terrasses. " Quand pensez-vous qu'aura lieu l'insurrection ? ", interroge-t-on dans les couloirs des cabinets ministériels. " C'est beau la confiance ! Ce qu'on comprend mal, c'est la raison pour laquelle tous ces privilégiés s'accrochent à ce point au pouvoir, alors qu'ils savent fort bien qu'en cas d'insurrection, ils seront les plus exposés. Sans doute ne croient-ils pas vraiment à cette perspective, ou plus exactement s'efforcent-ils de ne pas y croire. Un comportement très fréquent dans l'espèce humaine, surtout quand elle se sent impuissante à conjurer le péril. Et pour ce qui est de l'impuissance, les classes dirigeantes étatiques françaises sont vraiment sans rivales dans le monde.
(24/7/05).

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La presse économique annonce la faillite financière de la France

Si vous avez encore confiance dans le système économique et financier français, ne lisez surtout pas le supplément Europe du Nouvel Economiste du 22 Juillet 2005. Voici quelques-unes des heureuses perspectives qu'il nous trace. " Thierry Breton, nouveau ministre des finances, a parlé, le couperet est tombé, les chiffres ont jailli, les contribuables sidérés découvrent l'endettement abyssal de la France comparable à celui des pays sous-développés. " Indiquant que la dette réelle de l'Etat s'élève à 2006 milliards d'euros et non à 1066, comme le prétend le gouvernement, car il faut y ajouter les 940 milliards représentant les engagements de retraite pour les fonctionnaires, le journal note que " la dette publique réelle grimpe alors à 130 % du PIB […] ce qui conduit la France à une quasi-faillite des finances de l'Etat. Cette situation dramatique laisse présager de graves troubles économiques et sociaux à court terme, proches de ceux qui ont précédé la Révolution de 1789 où la dette de l'Etat était alors de 55 % du PIB de l'époque. " Au cas, où l'idée de révolution ne vous séduirait pas, Le Nouvel Economiste vous propose un " autre cas de figure envisageable, celui de la crise financière de 1929 où la dette publique représentait 160 % du PIB de l'époque. " Et le journal de conclure : " Les réformes du gouvernement Villepin sont jugées insuffisantes par les observateurs professionnels de l'économie pour endiguer le raz-de-marée qui se prépare. Avec 2006 milliards de dette la France est au bord du gouffre comme d'autres pays (Argentine, Mexique, etc.) qui ont failli disparaître et ont été relégués aux oubliettes de l'histoire. " Et pendant ce temps, la cote de popularité de M. de Villepin augmente fortement, tandis que celle de M. Chirac se redresse. La lucidité française continue de faire l'admiration du monde !
(24/7/05).

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Chirac provoque la faillite des producteurs de fruits et légumes

L'avantage des faillites, c'est qu'elles vous délivrent de l'obligation de payer vos dettes. C'est le seul espoir qui reste encore aux producteurs français de fruits et légumes. En piteux état depuis des années, ils ont bénéficié entre 1991 et 2002 d'aides de l'Etat grâce auxquelles ils ont pu tout juste garder la tête hors de l'eau. L'inconscience des gouvernants français a donné là toute sa mesure. Au lieu d'abaisser les charges et les impôts de toutes les entreprises, et donc de celles du secteur agricole, ce qui eût sauvé l'économie du pays, ils ont joué à la roulette russe avec les producteurs de fruits et légumes, avec cette particularité que le barillet était entièrement chargé. En effet les aides en question étaient illégales au regard des dispositions communautaires et il ne faisait aucun doute que le pot aux roses serait un jour ou l'autre découvert. C'est ce qui vient de se passer à Bruxelles où la Commission européenne a publié le 20 juillet 2005 un communiqué dont nous vous laissons apprécier la saveur … fruitée : " La Commission européenne a ouvert une enquête officielle sur une aide d'État potentiellement illégale accordée par la France entre 1991 et 2002 dans le secteur des fruits et légumes.
L'aide a été accordée dans le cadre de "plans de campagne" annuels. Il s'agissait notamment de mesures destinées à contenir l'offre excédentaire de fruits et légumes français sur le marché intérieur par un soutien des prix, une aide au stockage temporaire, la destruction de produits ou une aide à la transformation. Il se pourrait également que des subventions aient été octroyées en vue de favoriser les ventes de produits français à l'extérieur de l'UE dans des périodes de crise. Il semble que les aides versées aient atteint 50 millions € par an.
La Commission doute que ces mesures puissent être considérées comme compatibles avec les règles de concurrence, étant donné qu'elles semblent interférer avec le bon fonctionnement de l'organisation commune des marchés dans le secteur des fruits et légumes. La Commission est en possession de documents indiquant que la violation des règles du marché commun par ces mesures de soutien était délibérée et que l'aide devait rester confidentielle.
La décision de la Commission d'ouvrir une enquête sur cette aide sera publiée au Journal officiel de l'Union européenne. Toutefois, la France doit informer directement les bénéficiaires que les mesures en question font l'objet d'une enquête officielle. Les observations de tiers peuvent être présentées dans un délai d'un mois à compter de la publication de la décision d'ouverture de l'enquête.
La Commission entend adopter une décision définitive dans un délai de dix-huit mois. S'il est confirmé que les aides sont incompatibles avec les règles applicables en matière d'aides d'État, elles devront être récupérées auprès des bénéficiaires. Le recouvrement portera également sur les intérêts à compter du jour de réception de l'aide. "
500 millions d'euros plus les intérêts à rembourser ! Les producteurs français de fruits et légumes vont bénir la clairvoyance de M. Chirac, le grand ami des agriculteurs, qui n'aura su finalement que tisser leur linceul.
(24/7/05).

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Jospin se voit vainqueur en 2007

Lionel Jospin arbore en ce moment un air guilleret qui ne trompe personne. L'ancien premier ministre se sent désormais incontournable dans un parti socialiste qui a perdu tous ses repères depuis le référendum sur le traité constitutionnel européen. Et ce n'est pas le dernier sondage en date, celui de BVA pour la chaîne de télévision LCI, qui pourrait assombrir son humeur. Il donne Sarkozy vainqueur par KO de tous ses adversaires, sauf de Jospin qui perdrait certes, mais par un écart relativement faible, puisque l'actuel ministre de l'intérieur ne l'emporterait que par 53 % des voix contre 47 % à Jospin. Quand on sait que la marge d'erreur d'un tel sondage est de trois à quatre points et que Sarkozy fait en ce moment la une de l'actualité alors qu'on ne parle presque plus de Jospin, on est conduit à penser que les chances du candidat malheureux de 2002 sont plus que réelles pour l'échéance de 2007. Et cela n'a rien d'étonnant. L'actuelle majorité gère et aggrave le socialisme et tous les précédents démontrent qu'en pareil cas l'électeur préfère l'original à la copie. On pourrait s'étonner que les politiciens de droite persévèrent au fil des décennies dans la même erreur si l'on ne savait que leur pouvoir repose sur l'écrasement de la classe moyenne sous les prélèvements fiscaux et surtout sociaux, ce qui la prive de la liberté économique et psychologique qui lui permettrait de remettre en cause la domination sans partage de la technostructure qui dirige la France depuis près d'un demi-siècle. La fausse droite préfère ainsi laisser place à la vraie gauche, ce qui lui laisse sa chance à l'alternance suivante, qu'elle attend dans le confort des sinécures étatiques généreusement attribuées aux recalés du suffrage universel, plutôt que de bouleverser la donne économique et sociale, qui se traduirait inévitablement par son éviction définitive du pouvoir au profit d'authentiques élus de droite issus des classes moyennes du secteur privé. En réalité, tout se joue dans la bataille contre le monopole de la sécurité sociale. Dès que les Français se seront en masse libérés de la pieuvre sociale qui les étouffe et a provoqué l'effondrement économique du pays, ils retrouveront des marges d'action et donc de renouveau, et la recomposition politique se fera d'elle-même. Si Jospin devait être vainqueur en 2007, il serait aux premières loges pour assister à l'effondrement d'un pouvoir qui a permis à l'obscur enseignant qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être d'accéder aux premiers rangs de l'Etat.
(3/7/05).

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Les assurés sociaux appelés sous les drapeaux

Le gouvernement a bonne mine avec sa réforme de l'assurance maladie, son "parcours de soins" et ses oukases tarifaires. Tout ce délire français est réduit à néant par l'obligation de rembourser normalement tout patient s'adressant à n'importe quel praticien européen. La France a été obligée de se plier à la jurisprudence communautaire sous la pression du MLPS et de la Commission européenne. Et du coup, à moins de prétendre qu'un professionnel de santé français n'est pas européen, la Sécurité sociale va devoir rembourser tout le monde sur la même base. Adieu conventions, tarif d'autorité, magouilles syndicalo-administratives et, finalement, mépris du droit élémentaire de tout cotisant à être remboursé par la Sécurité sociale quel que soit le praticien qu'il choisit, en vertu du principe toujours officiellement proclamé, tout autant qu'il est bafoué, du libre choix de son médecin, qui figure en exergue de toutes les conventions médicales depuis quarante-cinq ans ! Et dire que le ministre de la santé, Xavier Bertrand, multiplie les interventions médiatiques pour expliquer l'incompréhensible dispositif du " parcours de soins ", et dire que les journalistes gobent toutes ces âneries et les reproduisent religieusement, alors que le simple exercice de leur conscience professionnelle devrait les conduire à se demander si cette " réforme " a bien une base légale et si elle est ou non applicable ! Ils ont d'autant moins d'excuses que Le Parisien a révélé au grand public l'existence du décret du 19 avril 2005, qui oblige la Sécurité sociale à rembourser tout le monde normalement, et que Le Quotidien du Médecin a consacré un grand article à ce décret et à ses conséquences. Ainsi va la France de mensonges ministériels en complaisances journalistiques, de mépris du peuple en acceptation résignée des citoyens, de déficits en déficits, de promesses non tenues en sanctions électorales, de désintégration sociale en violences sans cesse plus nombreuses, de promesses de grand soir en petits matins blêmes. " Pauvre France ! " s'écriait, dans une pièce de théâtre à grand succès des années soixante et qui portait ce titre, un brave père de famille de province découvrant que son fils monté à Paris était homosexuel. La morale est finalement sauve : aujourd'hui ce bon garçon pourrait envisager d'épouser son compagnon. A condition de franchir les Pyrénées ou de patienter un peu en France. Nous voilà loin de la Sécurité sociale ? Pas du tout. C'est elle qui a perverti les esprits en leur ôtant tout sens de la responsabilité personnelle et de la dignité qui en résulte. Le " parcours de soins " a remplacé en France le parcours du combattant, que tout appelé sous les drapeaux devait accomplir pour se former. Par bonheur, diront certains, car il n'y a plus de guerre. En est-on si
sûr ? Et qui sait si la guerre intérieure n'est pas en train de se profiler à notre horizon de paix ? Ne perdons pas confiance : les assurés sociaux sauront défendre la République en danger !
(3/7/05).

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On a découvert en France des millions d'hommes providentiels

Il aura fallu le cinglant verdict du référendum pour que tout ce que la France compte de personnages officiels et d'éditorialistes patentés réalise enfin que la situation économique de notre pays est catastrophique. Voilà pourtant des années que les observateurs avisés prédisent l'effondrement français, qui peut se lire à livre ouvert dans toutes les statistiques, sans que cela émeuve le moins du monde la France d'en haut, bardée de ses certitudes et surtout de la folle conviction que le peuple pourrait assister à sa propre exécution sans réagir. Eh bien, il a réagi par voie référendaire, en envoyant aux dirigeants du pays un message sans ambiguïté. D'où la panique qui s'est emparée de ces derniers. Il fallait voir le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, transpirer à grosses gouttes devant les caméras de LCI pour comprendre que nos excellences ont perdu le contrôle de la situation et n'arrivent même plus à le cacher. Le pire est que la presse leur tresse presque des couronnes pour oser dire la vérité, comme si cela suffisait et alors qu'ils la cachent obstinément depuis des années. C'est ainsi que le ministre de l'économie, Thierry Breton, après avoir tenu une conférence de presse au cours de laquelle il avait déclaré qu'au rythme actuel des dépenses, dès l'an prochain le produit de l'impôt sur le revenu ne couvrirait même plus les intérêts de la dette, s'en est allé répéter à peu près la même chose au micro du Grand Jury RTL-Le Monde-LCI et en tirer la conclusion qu'il fallait " tout mettre sur la table " et " en discuter ". Comme si un ministre de la République n'était qu'une sorte de maître d'hôtel, doublé d'un animateur de débat, et non un responsable politique chargé de prendre des décisions. Et ce ne sont pas les députés de la majorité qui lui seront du moindre secours. Invités par l'hebdomadaire Valeurs Actuelles à formuler leurs propositions " pour améliorer la situation économique et l'emploi ", une vingtaine d'entre eux n'ont trouvé à exprimer que des banalités et se sont révélés incapables ne serait-ce que d'imaginer quelques-unes des grandes réformes dont notre pays a un besoin vital. C'est dire à quel point la classe politique française est coupée des réalités et impuissante face à la montée des périls économiques et sociaux, qui vont inévitablement, à force de n'être pas conjurés, se muer en crise politique de très grande ampleur. Pendant ce temps, retiré dans son Poitou, M. Raffarin se prend à rêver d'un destin national ! Lui qui n'a su, en trois années de Matignon, qu'agiter ses petits poings en répétant qu'il était tenace et s'abstenir de faire la moindre réforme digne de ce nom. Entre une gauche irréaliste et une droite incapable, les Français sont décidément bien mal lotis. Il ne leur reste plus qu'à prendre eux-mêmes leur destin en main, en se persuadant que rien ne pourrait être pire que de le laisser dans celles de la classe politique actuelle. Quand il n'y a plus d'homme providentiel, chacun a vocation à le devenir dans la coopération avec tous. Et cela a chance de ressembler à ce qu'on appelle la démocratie.
(3/7/05).

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Pour éviter une catastrophe monétaire, Chirac et Villepin s'alignent purement et simplement sur Bruxelles

Ceux des partisans du non qui espéraient obtenir une politique autonome de la France par rapport à l'Union européenne en ont été pour leurs frais et leurs illusions. C'est à un alignement pur et simple sur les dispositions du pacte de stabilité et de croissance qui lie les Etats membres de la zone euro qu'a procédé Dominique de Villepin. " L'ensemble de notre pays reste engagé dans le projet européen, il sait que son destin se joue désormais à l'échelle du continent ", a dit le premier ministre lors de sa déclaration de politique générale au Parlement. Ajoutant que " nous avons des marges de manœuvre budgétaires étroites et que nous allons devoir les reconquérir pas à pas ", M. de Villepin a annoncé " une pause dans la baisse de l'impôt sur le revenu " et, concernant la sécurité sociale, la nécessité de " persévérer dans la voie du retour à l'équilibre des comptes ", et " qu'aucun dérapage de la dépense ne peut désormais être admis ". Si le nouveau gouvernement a décidé de se caler sur les prescriptions de Bruxelles et de tenter de ramener les déficits publics sous la barre des 3 % du produit intérieur brut, c'est parce qu'il sait que toute attitude différente aurait pour résultat de provoquer une grave crise de l'euro et peut-être son éclatement. Dans une telle hypothèse, le retour aux monnaies nationales mettrait la France face aux réalités de sa faillite, auxquelles elle n'échappe que grâce à l'euro qui interdit toute dévaluation dans les pays membres et permet à notre pays de faire payer sa gestion catastrophique par ses partenaires. Lesquels ne sont absolument pas décidés à jouer plus longtemps les brancardiers de la France. En fait nous sommes ramenés à la situation de 1983, lorsque M. Mitterrand, après les folies des deux premières années de son règne, avait choisi de rester dans les clous de l'union monétaire plutôt que de se lancer dans une aventure où le franc n'aurait pas manqué de sombrer et le pays avec lui. Telles sont les raisons qui ont conduit MM Chirac et Villepin à ne pas écouter les sirènes de ceux qui, tels Jean-Louis Debré, jamais avare de mauvais conseils, ainsi que la plus grande partie de la gauche, les poussaient à une politique de relance par la dépense publique. Le piège de l'euro s'est ainsi refermé sur la France. Il était plus simple de ne pas y entrer que d'en sortir. Mais ne pas y entrer, comme l'a fait la Grande-Bretagne, impliquait une politique économique libérale que la France s'est jusqu'à présent toujours refusée à mener. Elle paie aujourd'hui ce mauvais choix d'une condamnation à la rigueur que quelques mesurettes pour l'emploi ne pourront pas adoucir. Et de la chute désormais inéluctable de son régime politique.
(9/6/05).

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La presse française vire sa cuti et Alain Duhamel se suicide en direct

Il n'aura fallu que trente ans à la presse française pour comprendre que le socialisme giscardien, puis mitterrandien, puis chiraquien menait la France à la faillite. C'est en fait le réveil du peuple à l'occasion du référendum sur la Constitution européenne qui a réveillé ces messieurs dames des médias. Pauvre peuple de France à qui l'on n'avait jamais vraiment demandé son avis depuis plusieurs décennies. Certes, il avait été appelé à voter. Mais pour qui ? Pour des candidats présélectionnés par le système, les autres étant impitoyablement éliminés par les règles du financement politique ou par celles qui régissent la candidature à l'élection présidentielle. Tout était verrouillé, et il a fallu que Chirac, sublimement conseillé par Villepin, décide, par un beau 14 juillet de l'an 2004, de faire un référendum afin d'obliger Sarkozy à s'aligner sur lui pour qu'enfin le peuple puisse faire entendre sa voix. Laquelle a prononcé un non retentissant, qui s'adressait moins à l'Europe qu'à la classe politique française, coupable d'avoir gâché les chances de notre pays par sa cupidité, sa lâcheté et son incapacité. A la veille du référendum, certains déjà de la victoire du non, Le Monde et Le Figaro émettaient des avis étrangement convergents. Sous le titre  "La France " sociale " n'est plus capable d'exporter que ses échecs ", Eric Le Boucher, du Monde, écrivait : " Il faudra dire et redire que notre classe politique doit être tenue pour responsable de l'état lamentable de la France. Par sa petitesse, par sa cécité, par ses mensonges, par sa lâcheté. Elle n'a jamais fait la pédagogie du monde nouveau, croyant et laissant croire qu'on pouvait s'en protéger, couper aux efforts, préserver le statu quo et les " acquis " ". Le même jour, Alain-Gérard Slama, sous le titre " Le naufrage tranquille ", écrivait dans Le Figaro Magazine : " Cela fait trente ans que le bateau France, frappé par la crise économique, menace de couler. Mais sa plongée est si lente, et surtout si uniforme, que ses passagers ont du mal à en prendre la mesure. Jamais naufrage n'a été plus tranquille. " Tandis que la déroute électorale de Gerhard Schröder aux élections régionales de Rhénanie du Nord-Westphalie et celle qu'allait essuyer Chirac au référendum conduisaient Alain Duhamel à se suicider en direct au micro de RTL : " Le résultat de tout ça, c'est qu'on voit les deux premières puissances économiques européennes, les deux pays qui sont les plus liés aussi, qui au même moment donnent le sentiment de vaciller et derrière ça, la question qui se pose est de savoir si ce n'est pas ce qu'on appelait le " modèle rhénan ", c'est-à-dire une volonté d'équilibrer l'économie libérale par une solidarité sociale qui vacille et qui est en cause. " Pour quelqu'un qui n'avait jamais tari d'éloges envers ce " modèle rhénan ", emblème de la social-démocratie triomphante, cette interrogation en forme d'aveu valait sabre de samouraï. Mais rassurez-vous, ce genre de suicide reste toujours symbolique et l'on retrouvera Alain Duhamel au cours des cent prochaines années en train de vanter les mérites de tous les systèmes successifs, pour peu qu'ils aient été adoptés par le pouvoir en France. Il n'empêche que quand la presse amie se déchaîne ainsi, pour les politiciens cela sent le sapin.
(9/6/05).

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Salaires en panne : c'est la faute à la Sécu !

C'est le journal Le Parisien qui a donné la clé non seulement de la victoire du non au référendum, mais aussi de la défaite de toutes les majorités successives en France depuis de longues années. En effet, enquêtant sur les salaires en Europe, le quotidien a établi une saisissante carte des rémunérations, publiée dans son édition du 24 mai 2005. On y constate que la moyenne des salaires annuels en France s'établit à 18 000 euros contre 26 900 au Royaume-Uni, 30 400 en Allemagne, 33 200 en Irlande, 35 300 en Belgique, 37 200 en Suède, 37 900 aux Pays-Bas et 44 500 au Danemark. Les salariés français souffrent de rémunérations insuffisantes et c'est la raison de la désaffection des classes moyennes envers les politiciens. Ce bas niveau de rémunération s'explique essentiellement par l'importance des prélèvements sociaux, qui plombent littéralement les salaires. Autrement dit, le fameux " modèle social " que les hommes politiques disent vouloir à tout prix préserver est précisément la cause du mal français et de la grave crise que traverse le pays. L'unique remède, dans un contexte de compétition économique internationale, consiste dans la suppression du monopole de la sécurité sociale, seule à même de dégager des ressources supplémentaires grâce aux économies générées par la mise en concurrence. Le fait de s'opposer par tous les moyens à son application, pourtant inscrite dans les lois de la République, est tout simplement suicidaire pour le pouvoir. Mais celui-ci sait que la fin du " modèle social français " est aussi celle de la classe politique actuelle, qui a lié son sort au dit modèle. Et dire qu'on va devoir se passer des deux. Champagne pour tout le monde !
(9/6/05).

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Les avocats en prison, c'est le début de la dictature !

Les juges ont enfin réalisé leur rêve : mettre les avocats en prison ! Ils le doivent à la loi du 9 mars 2004, dite " loi Perben II ", qui a inséré dans le code pénal un article 434-7-2 permettant de poursuivre " la révélation d'informations issues d'une instruction en cours ". Les avocats avaient mollement protesté contre cette disposition dont il n'était pourtant pas difficile de prévoir qu'elle aurait des conséquences désastreuses pour les droits de la défense. Et cela n'a pas tardé : une avocate toulousaine vient de passer près d'un mois sous les verrous, sans qu'on puisse savoir si les agissements qui lui sont reprochés sont réellement " de nature à entraver le déroulement des investigations ". Les avocats sont bien entendu montés aux créneaux, mais ils n'ont pas pu obtenir jusqu'à présent du garde des sceaux, Dominique Perben, la suppression de cet article. Tout au plus le ministre veut-il bien leur concéder une nouvelle rédaction du texte litigieux. On est là au cœur du plus grave défaut de la " démocratie " française : l'absence de respect des grands principes. On a pu en voir une manifestation de plus quand M. Giscard d'Estaing et Mme Simone Veil se sont allègrement délivrés du devoir de réserve que leur impose leur qualité de membre du Conseil constitutionnel pour militer en faveur du oui au référendum. Comment veut-on qu'il y ait le moindre respect de la loi dans un pays où les membres de l'instance judiciaire suprême n'agissent que selon leur bon plaisir ? Imagine-t-on un membre de la Cour suprême des Etats-Unis se mettre en congé de cette institution pour aller battre les tréteaux politiques ? Il serait aussitôt démis de ses fonctions. Pour en revenir aux avocats, ils n'ont hélas que ce qu'ils méritent … et nous avec eux. Comment un corps professionnel sans lequel le citoyen serait livré à l'arbitraire de la justice, de la police et de l'administration a-t-il pu se laisser piétiner à ce point par le législateur ? Lequel, comme chacun le sait, n'est plus constitué, en France, des élus de la nation mais des membres des cabinets ministériels, députés et sénateurs n'étant là que pour faire de la figuration. La raison de cette stupéfiante carence est en fait assez simple. Le corps des avocats, comme celui des médecins, s'est à la fois popularisé et féminisé. Que cela plaise ou non, la bourgeoisie, à laquelle appartenait auparavant la grande majorité des avocats, était plus soucieuse d'indépendance que les classes populaires et beaucoup plus décidée à la faire respecter. Quant aux femmes, quelles que soient leur qualités personnelles, qui n'ont rien à envier à celles des hommes, elles doivent faire face, en plus de leurs responsabilités professionnelles, à celles que leur confèrent leur qualité de mère et d'épouse et cela ne leur laisse guère de liberté pour militer en faveur de la défense des grands principes. Il suffirait pourtant d'un bâtonnier - et pourquoi pas le prochain bâtonnier de Paris, l'actuel s'étant signalé par son peu de combativité ? - qui soit décidé à " casser la baraque " pour que vole en éclat la coalition de médiocres et de lâches qui, si on ne les en empêche pas rapidement, va transformer la dictature molle qui régit la France en dictature dure.
(22/5/05).

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La presse en révolution

Après avoir proposé à leurs lecteurs des DVD en même temps que le journal, les quotidiens français se lancent les uns après les autres dans la vente couplée, cette fois avec des livres. Cette pratique commerciale venue d'Italie, d'Espagne et du Portugal s'étend également en Allemagne. Un quotidien portugais est même allé récemment jusqu'à proposer à ses lecteurs un nécessaire de bricolage ! Assez profitable à court terme, ce genre d'opération n'en est pas moins illusoire. Car il ne peut qu'accélérer la dépréciation du produit principal qu'est le journal lui-même. La presse traditionnelle est confrontée à un double défi, celui d'Internet et celui de la presse gratuite. En fait ce défi est tout entier résumé dans la gratuité. Et celle-ci n'est pas exclusive de la qualité. Il suffit de consulter les portails Internet, qui tous comportent des éléments d'information générale, pour constater que ceux-ci, fournis par les grandes agences mondiales de presse, sont d'excellente facture. Leur reprise par les quotidiens payants est d'ailleurs souvent tronquée et, de ce fait, privée de beaucoup d'éléments permettant de placer l'information dans son contexte. Autrement dit la plupart des quotidiens ne respectent même plus les fondements du journalisme, y compris quand il leur suffit de recopier ! Etonnez-vous alors qu'ils trouvent de moins en moins de lecteurs ! D'autant que les gratuits sont eux aussi de bonne qualité. Une qualité minimale certes, puisque les commentaires y sont à peu près inexistants, mais qui suffit à bon nombre de lecteurs, les jeunes surtout, friands de nouvelles plus que de dissertations et habitués par Internet à la gratuité. Certains quotidiens français développent, face aux gratuits, une argumentation fondée sur le nombre de journalistes qu'ils emploient (plusieurs centaines généralement dans une grande rédaction parisienne) comparé aux quatre ou cinq professionnels qui suffisent à faire un gratuit. Or il s'agit d'un argument franchement débile. Ce qui compte, c'est la qualité du produit lui-même et non le personnel utilisé à le fabriquer. Et c'est bien là que le bât blesse. On met au défi tout lecteur de bonne foi de déceler dans la plupart des quotidiens français les éléments susceptibles de justifier le prix de vente du journal par rapport à ce qu'apporte un gratuit. Propriétaire de 175 journaux dans le monde, Rupert Murdoch a émis un diagnostic lucide : " Les jeunes ne lisent pas les journaux autant que leurs parents, mais ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas demandeurs de nouvelles. En fait, ils veulent beaucoup d'informations, des nouvelles plus rapides, d'une autre nature, distribuées de manière différente. " Mais s'il a demandé aux journalistes qu'il emploie de rechercher comment adapter à Internet le contenu et les services qu'ils proposent, il n'a pas trouvé la formule qui sera celle de la presse de ce début du 21e siècle. En fait la solution est aveuglante de simplicité. Face à un monde en constant bouleversement, les lecteurs de journaux sont en attente non pas d'informations brutes, qu'ils obtiennent à satiété sur d'innombrables supports gratuits, jusques et y compris dans les magasins, les gares et les aéroports, non plus que de commentaires insipides et calibrés comme des fruits de grande distribution, mais d'explications fortement argumentées et de controverses de haut niveau, de façon à pouvoir vraiment comprendre les évènements qu'ils vivent, à se faire une opinion et à adopter une conduite. Autrement dit, c'est d'autres journaux qu'il faut faire, avec un autre type de rédacteurs, et une autre structure économique. De tels produits de presse vont inévitablement apparaître bientôt et détrôner les journaux actuels. Qui, s'ils savent à merveille juger de toutes choses du haut de l'empyrée où ils siègent majestueusement, se révèlent incapables de se juger eux-mêmes avec un minimum de lucidité.
(22/5/05).

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L'affaire Pinault ou la faute fatale de l'administration française

Les mésaventures de François Pinault dans sa tentative avortée de créer une fondation destinée à offrir au public l'exposition permanente de sa collection de peinture moderne ont au moins le mérite de mettre au grand jour et sous les yeux de tous l'insupportable dictature de l'administration en France. Il est toutefois plaisant de constater qu'on peut être milliardaire, intime du président de la République et patron de presse et se voir traité par la technostructure comme un vulgaire assujetti. On est là dans la pleine logique de ce que Michel Crozier avait appelé " le phénomène bureaucratique ". A un certain stade de son développement, le pouvoir des bureaux finit toujours par échapper aux bureaucrates eux-mêmes. Et comme la révolution dévore ses enfants, la bureaucratie dévore ses assujettis jusqu'à finir par se dévorer elle-même. Tout commande aux bureaucrates de ne pas aller jusqu'à un affrontement ouvert avec les puissants du moment. Tout sauf son absence de contrôle sur ses propres agissements. Et elle est inexorablement conduite, à un moment ou à un autre, à mordre à belles dents dans le postérieur d'un potentat, lequel, touché dans son orgueil bien plus que dans sa chair, réagit si violemment qu'il déstabilise tout le système … dont il est par ailleurs un des profiteurs patentés. Car si le modèle français interdit pratiquement à un citoyen entreprenant et courageux mais sans relations de créer son entreprise, de la maintenir en vie et de la développer, il est plein de compréhension et de mansuétude envers ceux qui ont su se constituer un empire financier. Au ministère des finances, on est sans pitié envers les petits patrons mais on négocie aimablement avec les plus grands et on leur facilite la vie. Il est vrai que ceux-ci ont assez de relations pour mettre en péril la carrière du technocrate ou du politicien qui voudrait leur chercher noise. Dans l'affaire Pinault, l'attitude de l'administration a fait l'unanimité contre elle. Des libéraux aux intellectuels de gauche, des adversaires de la bureaucratie à ses plus chauds partisans, il ne s'est trouvé personne pour trouver la moindre excuse à ceux qui ont empêché l'installation de la fondation Pinault dans l'île Seguin à Boulogne. Et c'est à peine si quelques timides voix se sont élevées pour dénier à M. Pinault la qualité de bienfaiteur - frustré - de l'humanité. En fait, c'est la société française telle qu'elle est devenue qui a explosé au visage exaspéré puis stupéfait de M. Pinault. Qui tel un ci-devant a émigré non pas à Coblence mais à Venise. Le prochain épisode révolutionnaire est déjà écrit. Telle administration verra son diktat ouvertement défié, sa morgue anéantie, et ses membres châtiés par le pouvoir sous la pression populaire. Et c'est ce brave M. Pinault qui aura été sans le vouloir le déclencheur inconscient de ce vaste tremblement. Pour un simple marchand de bois à l'origine, quel destin !
(22/5/05).

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Révélations sur les salades de la presse française

La polémique sur les effets en France du nuage radioactif de Tchernobyl n'en finit pas de rebondir. La cause en est le refus obstiné des autorités françaises de délivrer une information complète et loyale à ce sujet. Le professeur Pellerin, qui dirigeait à l'époque le Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) n'en est évidement pas le seul responsable et ne doit pas être choisi comme bouc émissaire. Ce scientifique de haut niveau avait contre lui un engagement politique au RPR, ce qui a dû le gêner dans son comportement à l'époque des faits, c'est-à-dire en avril et mai 1986. Rappelons que la droite venait de remporter les élections législatives et Jacques Chirac d'être nommé à Matignon par François Mitterrand. Ce n'est évidemment pas une excuse pour M. Pellerin, car ce qu'on attend d'un responsable de la santé publique, c'est qu'il dise la vérité à la population et préconise toutes les mesures de précaution nécessaires, mais cela peut expliquer la complète carence des autorités, auxquelles le patron du SCPRI a certainement dit toute la vérité sans les menacer de rendre publics lui-même les faits qu'elles se refuseraient à révéler. La vérité n'était d'ailleurs pas aussi alarmante que certains le prétendent aujourd'hui, car, si l'on en croit Serge Prêtre, le responsable de la radioprotection suisse de l'époque, interrogé par Le Figaro, "la dose due au passage du fameux nuage fut nettement inférieure à la dose annuelle due au radon (naturel) dans les habitations ou à la dose due à une radiographie du thorax ". En revanche, ce que les autorités ont caché, c'est l'existence de zones où la contamination était largement supérieure à la moyenne. " Même si les masses d'air étaient uniformément contaminées, explique Serge Prêtre, c'est vrai qu'on observait des " points chauds ", c'est-à-dire des petites régions jusqu'à cinq fois plus radioactives que la contamination moyenne aux alentours. Si on voulait savoir où les légumes frais et le lait étaient fortement contaminés, il fallait demander aux météorologues où il avait intensément plu entre le 1er et le 8 mai. En France, il y a eu des points chauds locaux en Alsace-Lorraine, Rhône-Alpes et Corse. " C'est donc dans ces régions qu'il aurait fallu prendre des mesures interdisant la consommation de certains aliments et recommandant la prise de comprimés d'iode par la population afin de se protéger des cancers de la thyroïde. Rien de tel n'a été fait, et l'on comprend que des associations de malades de la thyroïde demandent la mise en examen du Pr Pellerin, lequel pourrait à cette occasion révéler qui il a informé au niveau gouvernemental, ce qui conduirait à la mise en cause de tous les responsables. Mais il est très facile pour les médias français de stigmatiser l'attitude du Pr Pellerin. Cela leur évite de se poser des questions sur leur propre responsabilité. " Pourquoi l'ensemble des journalistes français se sont-ils laissé museler par la rétention d'information du SCPRI ? s'interroge Serge Prêtre. Il aurait été facile de se procurer un compteur Geiger-Müller, de cueillir quelques salades, d'apporter le tout sur le plateau télévisé et de faire crépiter le compteur Geiger-Müller. Je vous assure qu'une action de ce genre aurait débloqué les données disponibles au SCPRI. " Apporter des salades sur un plateau télévisé ? Impossible à des journalistes français. Les seules salades qu'ils connaissent sont celles qu'ils racontent !
(8/5/05)

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Scandaleuse intrusion de l'antiaméricanisme dans les variétés de TF1

Intéressante analyse sur les différences entre les modèles d'intégration français et américain développée par Richard Perle, un des principaux représentants du courant néo-conservateur aux Etats-Unis, dans une interview au Figaro. " Le modèle d'intégration à l'européenne soulève des questions intéressantes, déclare Perle. La réponse est, à mon sens, d'ordre sociologique, renforcée par des considérations économiques. Peut-être une certaine fierté patriotique vous fait-elle défaut ? Chez nous, quand un immigré parvient à acquérir la citoyenneté américaine, c'est une vraie joie pour lui. Il veut que ses enfants soient totalement américains et la deuxième génération abandonne volontiers les coutumes ancestrales pour s'intégrer efficacement. Le désir d'intégration est chez nous d'autant plus puissant qu'il autorise tous les espoirs, notre modèle politique et social reposant sur la méritocratie. Peu importe d'où vous venez et qui vous êtes : seuls votre travail et vos succès seront pris en considération. " En France, le modèle politique et social ne repose pas sur le mérite mais sur l'accession immédiate, sans conditions et sans limitation de durée aux prestations sociales. Cherchez l'erreur ! Quant aux vœux que forme Richard Perle pour une bonne entente entre la France et les Etats-Unis, ils n'ont guère de chance d'être exaucés dans le climat antiaméricain hystérique qui règne en ce moment dans notre pays et que n'améliore évidemment pas la présence sur notre territoire de fortes minorités musulmanes. C'est ainsi qu'on a pu entendre au cours d'une émission de variétés de TF1, le 7 mai dernier, une chanteuse d'origine nord-africaine dénommée Lââm interpréter la chanson de Joe Dassin " L'Amérique " et se croire obligée de déclarer que l'Amérique qu'elle venait de chanter n'était pas  "celle de l'autre ", comprenez celle de George Bush. Le présentateur de l'émission, Jean-Pierre Foucault, ne trouva que son imperturbable sourire à opposer à cette proclamation politique inadmissible dans une émission de divertissement, alors que s'il avait eu un minimum de courage et de dignité, il aurait dû faire remarquer à cette jeune personne qu'elle n'avait été invitée que pour chanter et non pour se servir de ce plateau comme d'une tribune. Richard Perle, qui possède une maison dans le midi de la France, devrait de temps en temps y regarder la télévision. Il comprendrait pourquoi il faudra longtemps - et surtout d'autres hommes politiques - pour que la France cesse " de développer une identité française, tant au niveau européen qu'au niveau mondial, qui se construirait en négatif par opposition aux Etats-Unis " et, renonçant " à ce ressentiment délétère tant pour elle-même que pour les relations transatlantiques", parvienne enfin à " localiser ses vrais ennemis ". Richard Perle ne se fait d'ailleurs guère d'illusions à ce sujet, observant que " le débat sur la Turquie qui enflamme l'Europe et en particulier la France révèle à mon sens une de vos faiblesses, à savoir que l'Europe a un problème pour intégrer harmonieusement ses musulmans au sein de sa société ". On n'a pas fini de s'en apercevoir !
(8/5/05).

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Le projet de Constitution européenne comporte de graves menaces sur le droit de propriété

Le traité établissant une Constitution pour l'Europe, sur lequel les électeurs français doivent se prononcer par référendum le 29 mai 2005, comporte un article II-77 intitulé " Droit de propriété " et ainsi rédigé : " Toute personne a le droit de jouir de la propriété des biens qu'elle a acquis légalement, de les utiliser, d'en disposer et de les léguer. Nul ne peut être privé de sa propriété, si ce n'est pour cause d'utilité publique, dans des cas et conditions prévus par une loi et moyennant en temps utile une juste indemnité pour sa perte. L'usage des biens peut être réglementé par la loi dans la mesure nécessaire à l'intérêt général. " Il est éclairant de comparer le texte de cet article avec celui de l'article 1 du Protocole n° 1, additionnel à la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international. " On constate que le projet de Constitution n'apporte aucune garantie formelle de propriété aux personnes morales, c'est-à-dire notamment aux entreprises, aux associations et aux syndicats, et qu'il supprime toute référence aux principes généraux du droit international, laissant ainsi libre cours à l'arbitraire européen. Il y a vraiment de quoi s'inquiéter et juger avec sévérité l'œuvre des rédacteurs de ce projet de Constitution et notamment du président de la Convention qui lui a donné naissance, M. Giscard d'Estaing, dont l'action à la tête de la France s'est traduite par une dramatique progression du socialisme dans notre pays. Ce qui prouve une fois de plus la vérité de l'adage populaire selon lequel " on ne se refait pas " !
(8/5/05).

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Les partisans du oui en sont réduits à mobiliser les vieillards

La campagne du oui, c'est vraiment le marché aux puces. On essaye de nous fourguer toutes les vieilleries qui dormaient dans les placards ou au grenier. C'est ainsi que Giscard, fidèle à son humilité proverbiale, fait un éloge très mesuré de la Constitution européenne, dont il est le principal rédacteur, en nous jurant qu'elle " est aussi parfaite, peut-être moins élégante, que la Constitution des Etats-Unis d'Amérique ", tandis que Mme Chirac tente de nous convaincre au moyen d'un argument bouleversant de nouveauté : " L'union fait la force " ! Mais ce n'est pas tout, bonnes gens. Oyez, oyez, la Simone est de retour. Oui, Simone Veil s'est mise en congé - pour un petit mois, rassurez-vous, car elle va devoir se passer pendant ce temps de son traitement et il faut bien vivre - afin de participer au " sauvetage du oui ", comme l'écrit Le Monde. Faut-il qu'il y ait péril en la demeure ! En fait, toutes les vieilles recettes de la classe médiatico-politique qui règne sur la France depuis trente ans font fiasco les unes après les autres. Jack Lang a eu beau réunir dans un comité Théodule les  "intellectuels et les artistes", il n'a réussi qu'à provoquer la nausée du peuple, qui n'en peut plus de voir à longueur de temps sur les écrans de télévision les mêmes personnages frelatés qu'on leur présente comme l'élite de la nation et qui ne sont que " des clowns lyriques ", pour reprendre l'expression de Romain Gary. Lequel, sous la signature d'Emile Ajar, avait une expression qui convient à merveille au pitoyable spectacle de tous ces démocrates sans démocratie tentant de nous persuader de leur accorder encore une minute, Monsieur le Bourreau :   "Tout ça, c'est pseudo pseudo".
Ce que les Français reprochent à ceux qui les gouvernent depuis trop longtemps, c'est d'avoir transformé un pays riche en pays pauvre, de privilégier les paresseux au détriment des laborieux et d'avoir ouvert les vannes d'une immigration sans contrôle qui submerge aujourd'hui toutes les structures de la nation, de l'école à l'hôpital en passant par les régimes sociaux, les moyens de sécurité et la justice, qu'on a en outre bien pris soin de ne pas réformer. Alors ce n'est pas vraiment " non " que les Français vont dire, mais " dehors ! " On est bien en présence de " la tentation du coup de balai ", comme l'a senti Raphaëlle Bacqué, nouveau chef du service politique du Monde, qui titre ainsi son article de une dans l'édition du 23 avril. Une tentation à laquelle les Français s'apprêtent à céder avec la délectation que procure une vengeance bien méritée.
(24/4/05)

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Le jugement d'outre-tombe du père de Jacques Chirac

La clé de la très probable victoire du non au référendum sur la Constitution européenne réside dans le fait que les Français la jugent sans danger pour l'Europe. C'est ainsi que dans le sondage Ipsos publié par Le Figaro du 19 avril, 80 % des personnes répondent non à la question : " Pensez-vous qu'en cas de victoire du non la construction européenne va s'arrêter ? " Ce qui prouve bien que la montée du non dans l'opinion n'est pas fondée pour l'essentiel sur un sentiment antieuropéen. En revanche, les Français sont persuadés que le non constitue leur seule chance de faire obstacle à l'admission de la Turquie dans l'Union européenne. C'est d'ailleurs là que réside la faiblesse fondamentale du camp du oui, qui compte dans ses rangs beaucoup d'adversaires de l'adhésion turque, à commencer par Giscard et Sarkozy, et qui le font bruyamment savoir. Quant à la campagne de Chirac, du gouvernement et de l'état-major du parti socialiste, elle est purement et simplement suicidaire puisqu'ils recommandent aux Français de manifester leur adhésion à la construction européenne tout en rejetant ses principales dispositions comme la libéralisation du marché des services et le pacte de stabilité et de croissance destiné à protéger l'euro ! Il faut dire qu'on est là au cœur des contradictions de la classe politique française, qui se montre européenne à Bruxelles et antieuropéenne à Paris. Le résultat est que la France n'a jamais vraiment bénéficié des bienfaits de la construction européenne alors qu'elle en subit tous les effets en termes de concurrence et de remise en question des situations établies. Jacques Chirac est d'ailleurs emblématique de cette schizophrénie, lui qui a commencé sa course à la présidence de la République avec " l'appel de Cochin " stigmatisant " le parti de l'étranger " et qui la termine avec son engagement dans un référendum destiné à faire régir la France par une constitution supranationale et à donner à la Turquie, en raison de l'importance de sa population, une position dominante dans l'Union européenne. Comme le disait son père, alors que Jacques Chirac n'avait que six ans et demi, " même à l'école, Jacky se fait influencer par ses camarades, il n'est même pas capable d'avoir l'initiative de ses bêtises ". Ce jugement figure à la page 88 de l'ouvrage intitulé " Jacques Chirac, une éternelle jeunesse ", publié chez Jean-Claude Gawsewitch. Il s'agit du journal intime de Marguerite Basset, qui fut la meilleure amie des parents de l'actuel président de la République. Ce qu'on y apprend du caractère de ce dernier - et que savent tous ceux qui l'ont approché - n'est pas de nature à donner confiance dans ses capacités à gouverner le pays.
Un ouvrage qui aurait dû paraître au plus tard avant mai 1995 !
(24/4/05).

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La Sécu remise en cause à l'Université

Le respect se perd. Plusieurs nouvelles déplorables sont venues gâcher le bonheur des Français, qui tient pour l'essentiel à l'admiration et à la gratitude qu'ils éprouvent envers leurs institutions et les grands hommes qui les font vivre. C'est ainsi qu'on a pris connaissance avec consternation des informations publiées par Le Parisien, qui nous apprend qu'à l'université de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), fermée par suite d'une grève des étudiants en anthropologie infiltrés "par des personnes extérieures à l'université, des militants, des anars ",  "des grilles d'aération ont été arrachées, les panneaux d'indication de sortie de secours ont été recouverts de peinture vive - rouge, bleu et vert - et rendus inutilisables, au rez-de-chaussée, c'est un poste de sécurité qui a été saccagé, les vitres ont été brisées, le bas de la porte défoncé à coups de pied, le système d'alarme incendie a été dégradé à force d'être déclenché ". " La note est salée, précise le quotidien. Les services généraux de l'université estiment entre 40 000 et 80 000 euros la somme à verser pour réparer." Tout cela ne serait rien - car le prix à payer pour l'expression libre et démocratique des idées n'est jamais trop élevé - si l'on n'avait appris par le même canal que " des slogans injurieux, indifféremment contre Nicolas Sarkozy ou la Sécu, ont été tagués sur plusieurs murs ". Sarkozy, bon, on peut comprendre, c'est un homme politique et il a des adversaires. Mais la Sécu, l'institution-que-le-monde-entier-nous-envie, pourquoi? Pourquoi tant de haine ? Les Français ont-ils perdu la tête ?
(24/4/05).

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Raffarin a trouvé un job pour l'après-Matignon

Nous sommes en mesure de rassurer tous ceux qui s'inquiètent du sort de notre premier ministre quand il quittera l'hôtel de Matignon. On apprend en effet à la lecture du Parisien qu'une prostituée du bois de Boulogne, mécontente de ne pouvoir exercer paisiblement sa bienfaisante activité car, dit-elle, " depuis la loi Sarkozy, on m'a déjà saisi la camionnette deux fois " en est réduite à " aller travailler en grande banlieue ". Ce qui n'est pas sans risques. " Plus vous êtes isolée, explique-t-elle, plus vous êtes en danger. " C'est la raison pour laquelle elle " ne quitte jamais son chien Raffarin ". Oui, vous avez bien lu, " son chien Raffarin " ! Que faut-il penser de cette dénomination ? Est-ce un hommage à l'action de notre premier ministre, si proche des gens et de leurs problèmes, est-ce au contraire une marque de dérision ? Il est urgent de nommer une Haute autorité des noms de chiens afin d'en réglementer l'usage de façon à éviter toute dérive susceptible de porter atteinte à la réputation des dirigeants de l'Etat et donc au bon fonctionnement des institutions. Directement concerné, M. Raffarin est tout désigné pour en prendre la tête dès que le non au référendum l'aura libéré de ses fonctions gouvernementales.
(24/4/05).

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Les partisans du oui plombés par leurs contradictions

Les partisans du oui au référendum du 29 mai prochain ne savent plus à quel saint se vouer pour remonter la pente. Tous les arguments qu'ils ont avancés jusqu'à présent se sont heurtés au scepticisme, voire à l'hostilité d'une majorité d'électeurs. Ce que constatent ceux-ci, c'est que l'Europe leur a apporté plus de déboires que de satisfactions. Ce que les consommateurs ont gagné à l'ouverture des frontières et à la généralisation de la concurrence, les travailleurs l'ont perdu en termes d'emploi et de pouvoir d'achat. La cause de cette distorsion, qui devient de moins en moins supportable, tient à l'attitude des gouvernements français depuis 1986, date à laquelle la signature de l'Acte unique a décidé la suppression de toute frontière intérieure dans l'Union européenne à partir du 1er janvier 1993. Dès cette époque, les gouvernants auraient dû se fixer comme tâche prioritaire l'ouverture rapide du système social à la concurrence, que leur permettaient les directives communautaires sur l'assurance, de façon à en faire baisser le coût et donc à réduire les charges pesant sur les entreprises. Au lieu de cela, ils se sont arc-boutés sur la conservation des " acquis sociaux ", plombant ainsi l'économie du pays. Celle-ci a résisté tant qu'elle a pu, grâce aux formidables efforts de productivité du secteur privé, mais elle a fini par rendre l'âme au début de 2003, et depuis son calvaire continue, à peine interrompu par quelques brèves rémissions. Comment les responsables de ce véritable crime contre la France et les Français, à savoir les deux partis qui ont gouverné le pays pendant cette période, le PS et l'association RPR-UDF devenue l'UMP, peuvent-ils espérer convaincre les électeurs de leur donner mandat, par un oui au référendum, de poursuivre dans cette voie catastrophique ? Si l'on ajoute à cela l'impopularité de l'exécutif
(36 % seulement des Français font confiance à Chirac et 27 % à Raffarin dans le dernier baromètre TNS Sofres du Figaro Magazine), on comprend que la campagne du oui a bien peu de chances de faire reculer le non.
10/4/05).

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Bayrou rêve de devenir un chien

François Bayrou avait sauvé sa campagne présidentielle de 2002 en administrant une gifle à un gamin qui tentait de lui faire les poches. Mais c'est lui qui vient de s'en prendre une bonne avec le sondage BVA publié par Le Figaro du 8 avril 2005. En effet il n'y a que 25 Français sur 100 pour considérer qu'il ferait un bon président de la République. Mais surtout 70 % d'entre eux pensent que, s'il accédait au pouvoir en 2007, il mènerait à peu près la même politique que la droite aujourd'hui et 25 % seulement le jugent crédible pour diminuer de façon significative le chômage. Il faut dire que les propos de Bayrou sont caractérisés par un vide sidéral. Son seul programme est " le changement ", mais il ne dit jamais en quoi celui-ci consisterait s'il était élu à la tête du pays. Cette attitude est d'autant plus stupide de la part de Bayrou que la France subit depuis des décennies une politique socialo-centriste et l'on ne voit pas ce qu'un centriste avéré comme l'est le président de l'UDF pourrait lui apporter de nouveau. Espère-t-il vraiment, avec son baratin sur le changement convaincre les Français de lui faire confiance ? Si tel est le cas, c'est qu'il prend ses compatriotes pour des imbéciles que l'on peut duper à coups de sornettes et de promesses creuses. Certes le passé électoral de notre pays est riche en tromperies de toute sorte et Bayrou peut se dire que le truc a encore chance de fonctionner, mais les sondages favorables au non au référendum semblent indiquer que, cette fois-ci, les Français ne marchent plus. Que voulez-vous : quand le président de la République en exercice est surnommé " Supermenteur ", c'est qu'on est arrivé aux limites de l'exercice. Et du coup tous les petits, moyens et gros menteurs de la classe politique voient soudain leur avenir bouché. Il va leur falloir apprendre à dire la vérité, mais cela, ils n'ont jamais appris à le faire et, comme dit le dicton populaire, " on ne fait pas de chiens avec des chats ".
(10/4/05).

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Quand M. Bolkestein se fait rouler dans la farine par ses hauts fonctionnaires

Frits Bolkestein, qui est devenu célèbre grâce à sa directive, n'avait pas plus barre sur ses services de la Commission européenne que les autres commissaires. En témoigne cet exemple fort significatif et très grave. Un dirigeant du Mouvement pour la liberté de la protection sociale (MLPS) s'était rendu à Bruxelles en février 2004 pour se plaindre à la Direction du Marché intérieur (dont Frits Bolkestein était le commissaire) de l'attitude du gouvernement français qui refusait d'appliquer les dispositions des directives sur l'assurance (qu'il avait pourtant fini par transposer), empêchant ainsi les Français qui le désiraient de s'assurer ailleurs qu'à la Sécurité sociale pour la maladie, les accidents du travail et la vieillesse. Les hauts fonctionnaires européens (de nationalité espagnole) qui participaient à cette réunion ne firent aucune objection à l'analyse développée par le dirigeant du MLPS et lui demandèrent d'écrire une lettre à leur chef d'unité (un Britannique), l'assurant qu'il recevrait une réponse conforme à sa demande de voir la Commission réclamer du gouvernement français la stricte application de ses engagements communautaires, devenus lois nationales. Le dirigeant du MLPS écrivit donc cette lettre, mais, rendu méfiant par l'attitude trop souvent déloyale des services du Marché intérieur, dont le directeur, comme par hasard, était un haut fonctionnaire français, il leur tendit un piège fort habile. Il glissa en effet dans sa lettre la phrase suivante : " Cette troisième directive assurance non-vie (directive 92/49/CEE) simplement stipule que là où un Etat membre décide d'ouvrir la couverture d'un risque relevant du régime légal de sécurité sociale aux assureurs privés (ce qu'a fait la France en signant les directives assurances 92/49 et 92/96) cet Etat membre doit accepter que toute entreprise d'assurance de la Communauté autorisée dans son propre Etat membre puisse couvrir ce risque sur la base de la liberté d'établissement et de la liberté de prestations de services. " Le dirigeant du MLPS reçut peu après la réponse de la Commission. Elle était signée non pas du chef d'unité, mais de son supérieur lui-même, …un Français. Et bien entendu la réponse fut ce qu'on pouvait en attendre : une dérobade en règle, assortie d'approximations voulues et même de grossiers mensonges. Manifestement, ce haut fonctionnaire européen de nationalité française n'entendait pas gêner le moins du monde l'action de ses homologues nationaux ni celle des politiciens qui l'avaient nommé à Bruxelles. Il venait pourtant de signer son aveu de déloyauté communautaire (on sait en effet que les fonctionnaires européens sont déontologiquement tenus à une stricte indépendance à l'égard de leurs autorités nationales). Car la phrase glissée dans la lettre du dirigeant du MLPS n'était pas de lui, mais de … Frits Bolkestein, le commissaire au Marché intérieur, chef suprême de cette direction et supérieur du haut fonctionnaire français. M. Bolkestein l'avait écrite dans une lettre officielle adressée au ministre des affaires sociales néerlandais et dont le haut fonctionnaire français ignorait qu'elle avait été portée à la connaissance du dirigeant du MLPS ! Ainsi donc la duplicité des services du Marché intérieur était avérée. Elle venait s'ajouter au lourd contentieux entretenu entre les citoyens français et la Direction Marché intérieur, qui se refusait systématiquement et depuis des années à leur dire la vérité sur les textes communautaires et à veiller  - ce qui est son devoir - à leur application. Les lecteurs de notre site peuvent prendre connaissance du communiqué du 6 avril 2005 par lequel le MLPS exige du président de la Commission, M. Barroso " une enquête et des sanctions contre des hauts fonctionnaires français en poste à la Commission européenne ". Et ce sera justice !
(10/4/05).

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Un haut fonctionnaire français dénonce les hauts fonctionnaires européens

Pour ceux qui douteraient du fait que les commissaires européens n'ont aucune autorité sur leurs services, voici l'analyse d'un haut fonctionnaire français, Maxime Tandonnet, dans son livre " Le défi de l'immigration " (François-Xavier de Guibert) :
" L'exécutif européen ne fonctionne pas comme un gouvernement responsable face à des électeurs. Les directions générales, les bureaux, les services administratifs de la Commission ne sont pas placés sous l'autorité des commissaires, censés incarner le niveau politique. D'ailleurs, les commissaires eux mêmes ne sont en aucun cas soumis au président de la Commission qui exerce un rôle de coordination et d'animation, et non de direction d'une équipe à l'instar d'un premier ministre.
La technostructure de la Commission échappe à une impulsion et à un contrôle politique. Les directions produisent leurs projets de loi, préparent les décisions sans aucune orientation politique. Dès lors, l'alternance politique, le changement de président de la Commission et de commissaires tous les cinq ans, n'ont jamais qu'un impact limité sur une administration qui fonctionne en roue libre. Ce sont les services, les fonctionnaires européens qui font la loi. Changer le président de la Commission et changer les commissaires ne change pas la Commission. Ce sont les très hauts fonctionnaires, les directeurs généraux de la Commission, assurés de la permanence, qui définissent une ligne, indépendamment de tout contrôle politique, et l'imposent à leurs commissaires. Le pouvoir administratif prévaut sur le pouvoir politique.
Dans une démocratie nationale, la prise de position de hauts fonctionnaires, au nom de l'Etat, sur des sujets politiques généraux, est difficilement concevable dans la mesure où leur rôle est de mettre en oeuvre une politique définie par le parlement et le gouvernement. Seuls les dirigeants politiques ont une légitimité leur permettant de tracer des orientations politiques.
Mais voilà: la Commission n'est pas une institution démocratique; elle est dirigée non par des gouvernants élus et révocables à chaque élection, mais par des technocrates nommés à vie. C'est pourquoi, quelle que soit l'issue des élections européennes ou nationales, quelle que soit la personnalité du nouveau président de la Commission nommé au Conseil européen du 29 juin 2004, la ligne de la Commission restera sans doute à peu près immuable. "
(10/4/05).

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Quand le plombier polonais rencontre la coiffeuse de Valence

Jacques Delors, l'ancien président de la Commission européenne, se désole des progrès du non dans l'opinion française. Que ne s'est-il exprimé quand sa fille, Martine Aubry, alors ministre des affaires sociales, refusait l'application des directives européennes dans la fameuse affaire de " la coiffeuse de Valence " ? Cette honorable professionnelle avait eu l'idée, afin de payer moins de charges sociales, de domicilier son entreprise en Angleterre et de continuer à exercer son activité en France. " Quand on coupe les cheveux en France, on paye ses charges sociales en France ", avait alors tranché Mme Aubry. Cette affirmation était un énorme mensonge et, de la part d'un ministre en exercice, une véritable forfaiture, puisque la coiffeuse de Valence était parfaitement en droit de s'assurer librement en Angleterre ou n'importe où ailleurs en Europe pour tous les risques sociaux, en vertu des directives communautaires 92/49/CEE et 92/96/CEE, applicables dès leur promulgation en 1992 et dont la date limite de transposition dans le droit national avait été fixée avec l'accord du gouvernement français au 1er juillet 1994. Du coup la coiffeuse de Valence et avec elle toutes les entreprises et tous les professionnels indépendants français ont dû, au cours des dix années suivantes et encore aujourd'hui, subir le poids insupportable et sans cesse alourdi du système national de protection sociale. Si bien qu'un nombre très élevé d'entre eux a purement et simplement disparu, condamnant des millions de salariés au chômage. Sinistre bilan que la simple application des lois de la République aurait suffi à éviter.
Aujourd'hui, c'est le plombier polonais qui défraie la chronique. Or il n'est nul besoin de la directive Bolkestein pour qu'un artisan ou un salarié d'une entreprise de plomberie polonaise vienne concurrencer ses confrères français. Il sera certes soumis, au delà d'un séjour de huit jours dans le pays, à certaines dispositions sur le salaire minimum, le temps de travail, l'hygiène et la sécurité, mais pourra rester assuré librement pour tous les risques sociaux et ne cotisera donc pas à la Sécurité sociale française, ce qui diminuera ses charges de près de 50 %, tandis que, résident fiscal en Pologne, il y paiera son impôt sur le revenu à un taux maximal actuellement fixé à 35 % et qui passera à 18 % ou même peut-être à 15 % (selon le parti au pouvoir) en 2008.
Ce qui est à craindre, ce n'est donc pas le plombier polonais, mais le gouvernement français qui ne respecte pas ses engagements européens sur la liberté sociale et qui, incapable de maîtriser les dépenses publiques, maintient une fiscalité confiscatoire. S'il advient que le plombier polonais ait à réparer un tuyau chez la coiffeuse de Valence (à supposer que celle-ci ait pu maintenir son activité en vie), il pourra lui confier sa joie de vivre dans un pays débarrassé du communisme et sa peine de voir que sa cliente y reste soumise.
(28/3/05).

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Chirac insulte Reagan, Thatcher, Jean-Paul II et Walesa

Si notre plombier polonais a quelques minutes à perdre, il pourra aussi rendre visite à Jacques Chirac à l'Elysée et lui demander s'il est bien conscient de ce qu'il dit quand il affirme que " le libéralisme, ce serait aussi désastreux que le communisme ", comme il l'a fait le 15 mars dernier devant une dizaine de députés de la majorité qu'il avait conviés à déjeuner. Les 80 millions de morts qu'a faits le communisme doivent se retourner dans leur tombe et tous ceux qui, en Occident et de l'autre côté du rideau de fer, ont lutté de toutes leurs forces pour éradiquer une des plus effroyables doctrines jamais inventées et mises en pratique par l'humanité ne peuvent éprouver pour M. Chirac qu'un insondable mépris. Ronald Reagan, Margaret Thatcher, le pape Jean-Paul II et Lech Walesa notamment ont gagné la reconnaissance de toutes les personnes civilisées de la planète en conjuguant leurs efforts pour faire s'effondrer l'Union soviétique et libérer les peuples qu'elle avait soumis à son atroce dictature. Si aujourd'hui on peut parler de la concurrence éventuelle d'un plombier polonais, c'est-à-dire d'un acte qui suppose l'existence de ces valeurs irremplaçables que sont la liberté de circulation et d'installation, c'est bien parce que le communisme a été vaincu dans son pays. Et au lieu de se désoler de sa venue, on devrait l'accueillir avec transports, au nom des droits de l'homme et de l'unité des peuples européens. Tout en faisant en sorte que la concurrence ainsi instituée soit loyale, ce qui implique que ses homologues français n'aient pas les mains liées derrière le dos et des boulets aux pieds par la faute de leur lamentable président de la République. Les Guignols de l'info de Canal + ne s'y sont pas trompés, qui attribuaient l'autre soir à la marionnette de Chirac l'ambition, à défaut de " laisser un truc positif " dans les livres d'histoire, celle d'y figurer " comme pire président de toute l'histoire ". Et d'ajouter : " Si je tiens le rythme, je vais tous les exploser ! " Pas de doute, dans ce type d'épreuve, il est imbattable !
(28/3/05).

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Strauss-Kahn recrute des kamikazes

Si les partisans du oui se conduisent comme Dominique Strauss-Kahn, ceux qui militent pour le non n'ont aucun souci à se faire. L'ancien ministre socialiste de l'économie et des finances est allé expliquer aux ouvriers de Sediver, à Saint-Yorre, qui tentent de s'opposer à la délocalisation de leur entreprise, qu'il était prêt à envisager l'idée de " nationalisations temporaires " pour permettre aux entreprises en difficulté de trouver des repreneurs et à contraindre celles qui délocaliseraient leur activité à continuer de payer la taxe professionnelle bien après leur départ. Il va de soi que de telles mesures seraient radicalement contraires aux règles européennes de concurrence et seraient inévitablement sanctionnées par les autorités communautaires. " Je ne veux pas faire de démagogie ", s'est écrié M. Strauss-Kahn devant son auditoire. Il vaut mieux entendre cela que d'être sourd, car comme démagogie, de la part d'un ancien ministre parfaitement rompu aux arcanes du fonctionnement de l'Union européenne, il n'y a pas pire. Mais le plus grave est de laisser croire à des salariés dans la difficulté et l'angoisse que de telles mesures sont possibles. On permet que se développe ainsi une mentalité de fuite devant les réalités, qui est à l'opposé des nécessités démocratiques, ainsi que des intentions fanatiques, comme celle qu'exprimait une ouvrière de Sediver qui proposait de " devenir kamikaze " et de " se faire exploser dans les rues de Vichy ". Rien d'étonnant à ce que 58 % des sympathisants de gauche aient jugé, dans un récent sondage, que les socialistes n'étaient pas crédibles pour faire diminuer de façon significative le chômage et qu'ils n'avaient pas tiré les leçons de l'échec de Lionel Jospin à l'élection présidentielle de 2002.
(28/3/05).

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Juppé vient gâcher la campagne du oui

Le camp du oui n'est vraiment pas à une incohérence près. Il nous présente le traité de Nice, qui régit actuellement l'Union européenne et doit continuer de s'appliquer quoi qu'il arrive jusqu'en 2009, comme l'abomination de la désolation. Or ce traité a été ratifié en 2001 par les cohabitants de l'époque, Jacques Chirac et Lionel Jospin, et approuvé par leurs amis, comme en témoigne l'intervention à l'Assemblée nationale, le 5 juin 2001, du président du groupe RPR, un certain Alain Juppé. Voici ce que déclarait " le meilleur d'entre nous " :
" Le groupe du Rassemblement pour la République, au nom duquel je m'exprime, approuvera le projet de loi autorisant la ratification du traité de Nice. Et cela pour plusieurs raisons. Nous estimons, en premier lieu, que Nice est le point d'orgue d'une présidence française particulièrement féconde. Sans me lancer dans un bilan exhaustif, je voudrais seulement citer quelques-unes des réussites de cette présidence :
- L'adoption d'un agenda social qui donne à l'Union un programme de travail pour les cinq ans qui viennent, dans des domaines aussi importants que l'emploi ou la protection sociale ;
- L'accord sur le paquet fiscal qui était en discussion depuis trois ans et qui permet des progrès notables vers l'harmonisation de nos systèmes fiscaux ;
- La confirmation de la mise en œuvre d'une force déployable de 60 000 hommes, dotée d'un accompagnement aérien et maritime, ce qui constitue un pas décisif pour la défense européenne, chère depuis tant d'années au président de la République.
Je rappellerai aussi la renforcement de la sécurité maritime, l'achèvement de trente années de tractations sur le statut de la société européenne, et, bien sûr, la proclamation de la Charte des droits fondamentaux, élaborée dans des conditions novatrices et exemplaires. Oui, la présidence française aura été féconde. "
Et d'un seul mouvement les " gaullistes " et les socialistes se sont retrouvés unis pour voter la ratification du traité. Ce n'est vraiment pas par hasard qu'aujourd'hui Sarkozy et Hollande posent ensemble pour la couverture de Paris Match. L'amour qu'ils se portent était dans la famille depuis longtemps.
(28/3/05).

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Le grand mensonge du " bénéfice " de la SNCF

C'est un véritable concert d'éloges qui a salué le retour aux bénéfices de la SNCF en 2004, après quatre années de déficits. " Un vrai miracle ", s'est écriée la presse unanime. Au risque de doucher les enthousiasmes, nous devons rappeler que non seulement la SNCF n'est pas bénéficiaire, mais qu'elle continue de coûter une fortune aux contribuables puisqu'ils lui apportent chaque année 13 milliards d'euros et que cette somme ne cesse d'augmenter. Voici l'explication de ce fabuleux tour de passe-passe, telle que la donne Christian Gerondeau dans son livre " Les danseuses de la République " (L'Harmattan) :
" Le maquillage des comptes
Il faut dire qu'il est presque impossible de s'y retrouver dans les comptes de la SNCF, à commencer par les notions les plus simples, telles que le chiffre d'affaires. Selon la définition comptable en vigueur en France, "le chiffre d'affaires correspond au montant des affaires réalisées par l'entité avec les tiers dans le cadre de son activité professionnelle normale et courante". Dans toute entreprise, le chiffre d'affaires est donc égal au produit des ventes aux clients. Pas à la SNCF. Les sommes payées directement à la SNCF par ses usagers s'élèvent aujourd'hui en effet annuellement à 7,5 milliards d'euros. Même si on y ajoute, ce qui est discutable, la totalité de la subvention qu'elle reçoit du Syndicat des Transports de l'Ile de France (760 millions d'euros) au titre des réductions tarifaires régionales, ainsi que les compensations pour tarifs sociaux (familles nombreuses, congés annuels, etc.) que lui versent l'Etat ou les collectivités locales pour 300 millions d'euros, on n'arrive qu'à un peu plus de 8,5 milliards d'euros.
Pourtant, si l'on consulte le rapport annuel de la SNCF, on y découvre un chiffre d'affaires qui s'élève très précisément à 22,176 milliards d'euros et que l'on a donc tout naturellement tendance à attribuer à la seule activité ferroviaire. C'est ce chiffre qui est partout cité à l'extérieur et qui, par exemple, permet à la SNCF de figurer au 13ème rang des entreprises françaises dans le classement annuel de la revue l'Expansion qui fait référence sur le sujet (numéro de décembre 2003).
Comment est il possible de passer d'un volume de l'ordre de 7,5 milliards d'euros de recettes directes à un "chiffre d'affaires" trois fois plus élevé ?
La réponse est simple : il suffit d'abord de considérer toutes les subventions reçues de la part des pouvoirs publics comme faisant partie du " chiffre d'affaires ". Autrement dit, aussi difficile à croire que cela puisse être, la SNCF appelle chiffre d'affaires, non pas le volume de ses ventes, mais celui de ses dépenses ! Si celles ci s'accroissent parce que les pouvoirs publics augmentent leur effort, son "chiffre d'affaires" se développe d'autant ! On demeure stupéfait. Quelle est l'entreprise qui intégrerait ses pertes dans son chiffre d'affaires ?
Une première étape est alors franchie, qui permet d'arriver à une quinzaine de milliards d'euros, montant qui figure par exemple dans les rapports parlementaires sur les transports. On ajoute ensuite le chiffre d'affaires des filiales de l'entreprise, qui sont essentiellement routières, et l'on arrive ainsi, pour le " groupe SNCF ", à plus de 22 milliards d'euros. "
(28/3/05).

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Sarkozy et les socialistes effacent le référendum

Les socialistes et l'UMP sont d'accord pour ne pas faire du référendum sur la Constitution européenne un enjeu de pouvoir. Les partisans du oui au sein du PS tentent d'accréditer l'idée selon laquelle l'alternance politique ne serait à l'ordre du jour qu'en 2007, date de l'élection présidentielle, tandis que M. Sarkozy va jusqu'à prétendre, dans un tract destiné à recruter des adhérents pour l'UMP, que " nous avons une chance formidable et unique pour faire bouger les choses : plus de deux ans devant nous sans échéance électorale ". Comme si le référendum n'existait pas ! Une fois de plus se vérifie la profonde connivence entre les deux forces politiques qui gouvernent le pays depuis plusieurs décennies. Leur lien secret, c'est le maintien du système social français, qui assure aux politiciens tout pouvoir sur la société par le biais des masses financières dont ils exercent le contrôle et qui interdit aux classes moyennes de bénéficier de l'aisance financière qui leur permettrait de jouer le premier rôle politique dans le pays. Et pour cela il leur faut éviter à tout prix une condamnation électorale du système, ce que serait assurément une victoire du non au référendum. La perspective d'une victoire de la fausse droite à l'élection présidentielle n'a rien pour désespérer le PS qui tient suffisamment de circonscriptions législatives, de mairies, de conseils généraux et régionaux pour supporter confortablement son éventuel maintien dans l'opposition nationale, tandis que ses pseudo-adversaires de l'UMP ont déjà intégré la probabilité de leur défaite en 2007 et misent sur un nouvel échec des socialistes à la tête du pays pour se refaire une virginité et revenir en force le coup d'après. C'est le scénario qui s'est déroulé en France depuis 1981 et qui a conduit le pays à la ruine à force de problèmes non résolus et même non abordés. En attendant le non ne cesse de progresser dans les sondages, et sans doute beaucoup plus que ces derniers ne l'indiquent. C'est ainsi que dans celui qu'a effectué Ipsos pour Le Figaro et Europe 1, et qui attribue 60 % au oui contre 40 % au non, seuls 5 % des partisans du non déclarent qu'un tel vote est pour eux " l'occasion de s'opposer au gouvernement et à Jacques Chirac ". Alors que tous les observateurs politiques savent qu'à un référendum l'appréciation portée par les électeurs sur le gouvernement en place pèse d'un poids très lourd et le plus souvent déterminant sur leur vote. Quelle confiance peut-on, dans ces conditions, accorder à des sondages qui nient à ce point les évidences politiques ? La même qu'aux politiciens !
(13/3/05).

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Chirac n'a pu s'y opposer : Dassault lance une nouvelle arme

Un redoutable imprécateur sévit dans la presse française et accable de ses foudres l'actuelle majorité. Voici les attendus de la condamnation sans appel qu'il fulmine : " La majorité a fait en sorte d'amender les lois Aubry pour permettre à ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus de le faire sans que leur entreprise soit menacée des foudres de l'inspection du travail. Mais la législation reste beaucoup trop complexe: pas moins de soixante six éditions du code du travail l'an dernier, une tous les cinq jours! Et les formalités de licenciement sont si contraignantes qu'elles aboutissent paradoxalement à une généralisation de la précarité de l'emploi, les chefs d'entreprise osant de moins en moins signer de contrats à durée indéterminée.
À l'insécurité juridique créée par l'inflation des textes s'ajoute l'insécurité financière. Non seulement la France détient le record de la pression fiscale et sociale sur les entreprises, mais elle cumule toutes les catégories d'impôts et de cotisations sur les particuliers, locaux et nationaux, sur le revenu, les plus values et le capital. Et ce, la plupart du temps, avec effet rétroactif. Si jamais les entreprises réussissent, malgré cela, à faire des bénéfices, des voix s'élèvent pour réclamer de nouveaux prélèvements afin de les punir de leur insolent succès…
L'école est à l'image de la société. Elle a cessé de glorifier ses bons élèves en supprimant la distribution des prix et prétendument pour ne pas aiguiser les jalousies. De même que l'Etat a gonflé et multiplié les impôts pour niveler par le bas les réussites sociales. Résultat, les déficits se creusent et les premiers de la classe s'en vont! " Quel est le nom de cet implacable procureur ? Olivier Dassault. Et celui de sa tribune ? Valeurs Actuelles, dont la famille Dassault est propriétaire et qui a publié ce brûlot dans son édition du 4 mars 2005. Sommes-nous en présence d'une rupture entre l'actuel chef de l'Etat et les Dassault, qui l'ont toujours soutenu jusqu'ici, même s'ils avaient pris partie pour Balladur avant l'élection présidentielle de 1995 ? A moins que plus simplement nous nous trouvions face à une diversification industrielle de l'entreprise Dassault, décidée à se placer sur le marché du lance-flamme !

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Le commissaire au Plan prépare une drôle de soupe

Valeurs Actuelles encore, qui décidément semble vouloir nourrir la contestation du régime. Dans son numéro du 25 février 2005, l'hebdomadaire publie, sous la signature de son rédacteur en chef économique, David Victoroff, un portrait d'Alain Etchegoyen, nommé commissaire au plan par Jean-Pierre Raffarin. La place est de tout repos, puisque chacun sait qu'il n'y a plus de plan en France depuis longtemps, mais la fonction a survécu à l'organe. L'article est vraiment stupéfiant. Qu'on en juge : " Comment cet ancien complice de Sylviane Agacinski, la compagne de Lionel Jospin, avec qui il a animé l'émission Grain de philo à la télévision, a t il été choisi par
Jean-Pierre Raffarin pour occuper le poste de commissaire général au Plan ? Parce qu'il aurait mis un 20 en philo à l'une des nièces du premier ministre ou parce que les libéraux, cyniques comme chacun sait, espéraient secrètement que ce personnage réputé difficile à vivre finirait par couler l'institution ? Lui pense plutôt que c'est parce qu'il y avait tellement de candidats dans le camp de la majorité (le poste est très bien payé, reconnaît-il) que Jean Pierre Raffarin n'a eu d'autre solution que de choisir quelqu'un du camp adverse pour ne pas se brouiller avec ses amis. Au demeurant, ce poste lui convient très bien : on ne perd pas de temps en cérémonies protocolaires et on peut rencontrer, en toute discrétion, qui l'on veut. Ce qui lui laisse le loisir de s'occuper de ses six enfants et de s'éclipser en cours de journée afin d'aller au marché se procurer quelques denrées fraîches pour leur préparer un potage et se livrer à son violon d'Ingres, quand il n'écrit pas : la cuisine. " Ainsi un personnage payé

- et même très bien payé, de son propre aveu - par de l'argent public ne se cache même pas de déserter son poste pour aller préparer la soupe de ses enfants, autrement dit de voler le contribuable ! Gaymard et maintenant Etchegoyen, les pères de familles nombreuses défraient décidément la chronique. En réalité, le sens moral et civique a complètement disparu de la sphère publique. Et c'est parce que tant de gens payés par l'Etat s'occupent en fait à préparer leur soupe personnelle que la France est dans le potage !
(13/3/05).

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Sarkozy, Villepin, quelqu'un d'autre ? Qui a renseigné Le Canard enchaîné sur l'appartement de Gaymard ?

Qui a cafté ? C'est la question que se pose le microcosme politicien au sujet des révélations du Canard enchaîné sur le luxueux appartement de fonction d'Hervé Gaymard qui ont entraîné la chute du ministre des finances. Tous les yeux se sont d'abord tournés vers Nicolas Sarkozy qui a juré ses grands dieux qu'il n'y était pour rien. Il semble bien en effet qu'il dise vrai. Tout d'abord, Gaymard n'était pas encore pour lui un rival. Chirac jugeait en effet que le nouveau locataire de Bercy était encore trop tendre pour être lancé dans le grand bain et en outre l'entourage de Sarkozy accordait crédit à nos informations selon lesquelles le président de la République s'apprêtait à l'appeler à Matignon. Les yeux se sont alors tournés vers Dominique de Villepin, qui aspire à remplacer Jean-Pierre Raffarin et qui pouvait craindre que Chirac ne diffère sa décision de remercier l'actuel premier ministre en attendant que Gaymard soit prêt à lui succéder. A l'appui de cette thèse, les  "canardologues " font observer que le jour même où l'hebdomadaire satirique révélait le coût pour les contribuables de l'appartement de fonction de Gaymard, il publiait, sous la signature de son rédacteur en chef, Claude Angeli, un article citant entre guillemets plusieurs télégrammes diplomatiques émanant de l'ambassadeur de France à Washington et incitant Chirac à ne pas " baisser la garde " face à Bush, alors même que le président de la République souhaitait " recoller les morceaux " avec le président des Etats-Unis. De là à penser que Villepin, qui a évidemment conservé ses réseaux aux affaires étrangères, aurait pu échanger ces informations contre la publication en bonne place du dossier accablant Gaymard, il y a un pas que certains n'hésitent pas à franchir. Ceux qui ne sont pas " canardologues " et ne font pas non plus partie du microcosme politicien retiendront seulement de cette affaire qu'elle voit s'opposer entre eux plusieurs clans de l'actuelle majorité et que cette guerre intestine ne va pas arranger ses affaires à deux ans de la prochaine élection présidentielle, sans parler du référendum sur la Constitution européenne. Mais il est vrai que Jupiter rend fous ceux qu'il veut perdre.
(27/2/05).

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Les francs-maçons et la chancellerie ont failli avoir la peau du procureur de Montgolfier

Le procureur de la République à Nice, Eric de Montgolfier, a fini par avoir la peau du juge Renard, convaincu notamment d'avoir utilisé ses fonctions pour renseigner sa loge maçonnique sur le casier judiciaire des impétrants et mis à la retraite d'office par le Conseil supérieur de la magistrature. Mais il s'en est fallu de peu que les réseaux maçonniques n'aient auparavant la peau de Montgolfier. Une mission de l'Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) avait en effet estimé qu'il ne se passait rien d'anormal à Nice et que le procureur de Montgolfier colportait des " ragots ". La chancellerie s'était empressée - fait totalement inhabituel - de publier ce rapport sur Internet et le garde des sceaux, Dominique Perben, avait fait savoir à M. de Montgolfier qu'il souhaitait le voir quitter Nice. Mais le Conseil supérieur de la magistrature avait peu après validé les accusations portées contre le juge Renard par le procureur de Nice, balayant du même coup le rapport de l'IGSJ. Eric de Montgolfier ne se cache pas derrière son petit doigt pour dénoncer l'influence maçonnique à la chancellerie. Le journal Le Monde lui ayant, lors d'une interview publiée le 19 février 2005, demandé si l'IGSJ avait " succombé aux pressions politiques, voire aux influences franc-maçonnes ", le procureur avait ainsi répondu : "J'en suis réduit aux suppositions. Je constate que le rapport de l'IGSJ, qui m'était défavorable, avait été mis sur Internet par la chancellerie - ce qui est déjà assez étonnant. Alors l'influence de la maçonnerie ? On peut y penser forcément. "
Ce n'est pas l'excellente émission de France 3, " Pièces à conviction " diffusée le 24 février 2005 et consacrée précisément aux affaires niçoises qui aura conduit le public à douter des affirmations et de la nécessité de l'action du procureur de Montgolfier. Tous les dossiers évoqués par les reporters de l'émission ont montré l'étroite connivence entre une partie de la classe politique locale et certains magistrats, au premier rang desquels l'inévitable juge Renard, et l'omniprésence de la maçonnerie. On doit regretter toutefois l'heure tardive à laquelle cette émission a été diffusée (23 h 15) et surtout qu'elle ait pu donner à penser qu'hormis à Nice, tout allait bien dans la magistrature. Certes l'émission était consacrée à Nice et c'est là que le procureur de Montgolfier, présent sur le plateau, est en fonction, mais on n'a pas entendu une seule phrase laissant entendre que le problème de l'indépendance de la magistrature en France allait bien au-delà de quelques dérapages locaux et posait un grave problème de démocratie. Les lecteurs de notre site savent quant à eux qu'il y a un véritable scandale de la justice dans notre pays et qu'on n'en viendra pas à bout sans de fortes mesures, comme par exemple l'élection des juges, afin de les faire échapper à l'influence du pouvoir et des réseaux occultes.
(27/2/05).

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AZF : Et si c'était un chauffe-eau ?

On ne se méfie pas assez des chauffe-eau électriques. Ils sont pourtant en passe de devenir la principale cause d'insécurité en France. Après la caisse primaire d'assurance-maladie de Bayonne, c'est le Théâtre de l'Empire à Paris qui a été dévasté par une explosion et dans les deux cas les enquêteurs ont mis en cause les cumulus de l'immeuble. Pourtant, interrogé par Le Parisien sur l'explosion de l'Empire, un ingénieur centralien, spécialiste thermique, a déclaré : " L'explosion d'un chauffe-eau électrique est rarissime. En ce qui me concerne, après plusieurs dizaines d'années d'expérience dans ce domaine, je n'ai jamais été confronté à un tel cas. Sur un appareil aux normes, il y a plusieurs mécanismes de sécurité qui interviennent et il faudrait une conjonction de faits exceptionnels pour arriver à de telles conséquences. " Aucune nouvelle information n'ayant été portée à la connaissance du public, force nous est de nous contenter de l'explication officielle. Nous regrettons toutefois qu'on n'ait pas recherché si, à l'usine AZF de Toulouse, il n'y avait pas de chauffe-eau défectueux. Voilà qui résoudrait une énigme douloureuse et clouerait définitivement le bec à tous ceux qui veulent voir on ne sait quels actes malveillants à l'origine de faits purement accidentels et destinés à le rester.
27/2/05).

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Exclusif : Chirac décidé à appeler Sarkozy à Matignon

Au cours de son récent périple africain, le président de la République a révélé à l'un de ses interlocuteurs ses intentions concernant la succession de Jean-Pierre Raffarin à Matignon : " Alliot-Marie, Villepin, Borloo, Douste ne sont pas bons. Pour Gaymard, c'est trop tôt. Finalement, je vais faire comme Pompidou qui a appelé Chaban. Je vais nommer Sarkozy." Le sort qu'a connu Chaban devrait faire réfléchir Sarkozy, mais a-t-il le moyen de refuser ? (15/2/05)
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Pour Schröder et Berlusconi, Chirac est contaminé par le virus de l'échec

Le camp du non au référendum sur la Constitution européenne ne cesse de se renforcer et tous les sondages le démontrent. Il s'agit en fait de la réponse de la France d'en bas à la France d'en haut. Les Français voient dans cette consultation électorale l'unique occasion depuis douze ans de dire enfin clairement ce qu'ils pensent de leurs dirigeants politiques. Certes, il y a eu beaucoup d'élections depuis le référendum sur le traité de Maastricht, mais chacun sait que les dés électoraux sont pipés et que la protestation doit presque toujours, pour s'exprimer, emprunter des voies détournées. Au contraire, dans un référendum, pour protester il suffit de voter non, et c'est ce qu'un grand nombre de Français s'apprêtent à faire. Même si le président de la République fait dire qu'un non ne l'atteindrait pas personnellement, il sait très bien qu'un échec du référendum serait un coup mortel porté à sa crédibilité politique. C'est pourquoi il va être contraint de s'engager beaucoup plus qu'il ne l'avait prévu et vient de commencer à le faire en s'affichant aux côtés du président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, à l'occasion d'un meeting commun à Barcelone. Mais il ne suffira pas à Chirac d'aller se faire applaudir par deux mille militants du parti socialiste espagnol pour emporter la partie en France. Et ce n'est pas un hasard si le chancelier allemand, Gerhard Schröder, et le président du conseil italien, Silvio Berlusconi, qui devaient être également présents à la réunion de Barcelone, se sont finalement abstenus de venir, invoquant les effets de la grippe. En réalité, l'Allemand, qu'on avait vu fort bien portant le matin même, et l'Italien ne tenaient surtout pas à se voir contaminés par le virus de l'échec dont ils savent que Jacques Chirac est porteur. C'est dire à quel degré de crédibilité politique se trouve ramené le président de la République française !
(13/2/05).

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La CGT met Bernard Thibault en minorité à cause de son coiffeur

Un qui ne va pas bien non plus, c'est Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT. L'instance dirigeante de son syndicat, le Comité confédéral national, vient de se prononcer à 82 % pour le non au référendum, contre le vœu de Thibault dont les efforts de recentrage se trouvent ainsi désavoués de façon massive et cinglante. On sait que, sous l'impulsion de son secrétaire général, la CGT a récemment adhéré à la Confédération européenne des syndicats (CES), organisation réformiste qui s'est elle-même prononcée en faveur du projet de Constitution européenne, considérant, comme l'a rappelé Jacques Chirac à Barcelone, qu'elle constituait " un pas positif pour les travailleurs ". En fait, le monde syndical français est frappé du même mal que le monde politique. Ses dirigeants ne font plus partie depuis longtemps du milieu qui les a élus. Ils vont de congrès en déjeuners, de voyages lointains en conférences internationales, roulent en luxueuses berlines et soignent leur apparence comme des vedettes du show-business. Il n'est pas nécessaire par exemple d'avoir de grandes connaissances en art capillaire pour savoir que les mèches claires qui agrémentent la longue chevelure de M. Thibault ne doivent rien à la nature et tout au talent d'un moderne merlan. Et ce sont peut-être ces mèches qui, au moment de voter, ont incité les représentants de la base syndicale à désavouer leur leader, tant il est vrai qu'on ne s'affiche pas avec les insignes de la société qu'on prétend combattre, même si la CGT n'est plus - et depuis longtemps - le syndicat des " damnés de la terre ", mais un organisme corporatiste de défense des avantages acquis. Décidément, le référendum, c'est bien la France d'en bas contre la France d'en haut.
(13/2/05).

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Quand Monsieur 20 % cherche l'approbation du peuple

Jacques Chirac est complètement inconscient. C'est ce qu'on se dit en le voyant s'afficher à gauche avec jubilation tandis que la France, dans sa profondeur, réclame des réformes de droite comme le rétablissement de la sécurité et la récompense du mérite. Cet homme " qui ne s'aime pas ", comme l'a dépeint Eric Zemmour, ne songe qu'à détruire son milieu originel afin d'en effacer toute trace qui pourrait l'accuser de l'avoir trahi. C'est ainsi qu'il a reçu avec délectation l'onction de gauche que lui a administrée le socialiste Zapatero à la réunion de Barcelone. " Un président de centre droit et un de gauche, voilà l'Europe ! ", s'est écrié le président du gouvernement espagnol, ajoutant aussitôt : " Certains peuvent se demander si Jacques Chirac est un leader de centre droit. Surtout si on le compare à d'autres. " Les deux mille militants socialistes qui composaient l'assistance et Jacques Chirac ont ensemble ri de bonheur ! C'est bon, tout de même, de se sentir compris. Même si ce sont les Français et non les socialistes espagnols qui auront à trancher le problème. Et qui selon toute vraisemblance ne vont pas se gêner pour indiquer à Chirac la direction de la sortie. Dès son annonce, nous avons dit que recourir au référendum pour la Constitution européenne était une pure folie si l'on se place du point de vue de Chirac. Un président qui n'a jamais réussi à dépasser 20 % des voix au premier tour d'une élection présidentielle ne se soumet pas à un plébiscite s'il veut demeurer en fonction. Mais voilà : il vient toujours un moment où, hommage rendu par le vice à la vertu, un dirigeant illégitime veut obtenir l'approbation du peuple. Chirac doit pourtant connaître l'immortelle réplique mise par l'auteur dramatique polonais Slavomir Mrozek dans la bouche d'un délégué du parti envoyé en mission auprès des classes laborieuses afin de leur vanter les bienfaits du communisme, et qui, de retour auprès de ses instances, leur délivre ce sobre compte rendu : " Le peuple fidèle m'a cassé la gueule. "
(13/2/05).

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Belmondo vole au secours de Thierry Roland

Les dirigeants de TF1 et de France 2 ont à résoudre un sérieux problème : comment remplacer leurs commentateurs sportifs vedettes qui approchent de la retraite. Il s'agit de Thierry Roland, pour le football à TF1, et de Pierre Salviac, pour le rugby à France 2. La première chaîne a carrément mis Thierry Roland sur la touche et l'a remplacé par Thierry Gilardi, débauché de Canal Plus. Or l'association de celui-ci avec le partenaire habituel de Thierry Roland, l'ancien international Jean-Michel Larqué, a bien du mal à fonctionner. Rien d'étonnant à cela : ils ne sont nullement complémentaires mais au contraire redondants, car Gilardi est, comme Larqué, un commentateur technicien, tandis que Roland marchait aux tripes. De même, France 2 veut remplacer Salviac par des commentateurs techniciens, alors que le consultant qui fait équipe avec Salviac, l'international de rugby Thierry Lacroix, remplit parfaitement à lui seul cet office. Ce que n'ont pas compris les dirigeants de ces deux chaînes de télévision, c'est que le commentaire d'un match télévisé est un spectacle et qu'il obéit à ses règles. L'une d'entre elle, bien connue des spécialistes, est qu'en pareille matière la meilleure recette consiste à faire appel à la formule de l'Auguste et du clown blanc. Les meilleurs duos à succès se sont tous fondés sur ce procédé. Qu'on songe à Poiret et Serrault ou, plus près de nous, Chevalier et Laspalès. Et c'est, à quelques nuances près, le style adopté par les duos Roland-Larqué et Salviac-Lacroix. Inutile de préciser que celui qui fait l'Auguste doit savoir être drôle, ce que réussissent à faire, chacun dans son style, Thierry Roland et Pierre Salviac, alors que celui qui remplace le premier, Thierry Gilardi, excellent connaisseur du football, est totalement dépourvu d'humour.
Un bon conseil aux dirigeants de TF1 et de France2, ou plutôt deux : prendre exemple sur les Américains et ne pas se séparer trop vite de leurs présentateurs vedettes, car les téléspectateurs ont eux aussi vieilli ; et s'il faut vraiment les remplacer, choisir de préférence quelqu'un qui aime le sport en question plus qu'il ne le connaît, de façon à permettre au téléspectateur moyen de s'identifier à lui et à le laisser apprécier à leur juste valeur les explications éclairées du consultant de service. Jean-Paul Belmondo avait parfaitement résumé la situation dans un des premiers films de Jean-Luc Godard, quand, à celui qui, cherchant à lui fourguer un journal bidon, lui demandait : " Vous n'avez rien contre les jeunes ? ", il répondait : " Si, je préfère les vieux ! "
(13/2/05).

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Le gouvernement a peur d'une guerre civile

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), que préside Dominique Baudis, a adressé le 11 janvier 2005 " à l'ensemble des services de télévision et de radiodiffusion " une recommandation précisant " les obligations qui s'imposent aux services de communication audiovisuelle relatives aux conflits internationaux et à leurs éventuelles répercussions en France ". Dans ce texte, le CSA demande aux médias audiovisuels de " vérifier l'exactitude des informations diffusées ", ce qui est bien le moins, mais surtout " de traiter avec la pondération et la rigueur indispensable les conflits internationaux susceptibles d'alimenter des tensions et des antagonismes au sein de la population ou d'entraîner, envers certaines communautés ou certains pays, des attitudes de rejet ou de xénophobie ". Le CSA craint en particulier que de telles réactions ne soient provoquées par la diffusion " de documents difficilement supportables ", qu'il recommande
d' " accompagner d'un avertissement préalable systématique du public ". Le Conseil supérieur de l'audiovisuel fait évidemment référence aux documents montrant des exécutions d'otages en Irak, dont la barbarie indigne le monde. Mais on voit mal comment un " avertissement préalable " pourrait retirer quoi que ce soit à l'horreur de tels actes qui, parce qu'ils sont commis au nom de l'Islam, jettent sur cette religion un discrédit qui ne peut manquer de rejaillir sur ceux qui s'en réclament et qui sont au moins six millions en France. C'est bien là d'ailleurs que réside l'inquiétude du CSA, qui ne fait que répercuter celle des pouvoirs publics, lesquels, sous le couvert d'une sérénité qui ne trompe personne, nourrissent la crainte chaque jour plus grande du déclenchement d'une véritable guerre civile dans notre pays. Et c'est parce que ceux-ci n'ignorent pas les sentiments du peuple à cet égard que la recommandation du CSA en appelle à une vigilance qui " doit concerner l'ensemble des émissions d'information liées à ces conflits et, plus particulièrement, les émissions de débat ou de " libre parole " dans lesquelles des invités, des téléspectateurs ou des auditeurs ont accès à l'antenne ". Evidement, il serait plus simple d'ordonner aux médias de ne plus aborder ce sujet, sous quelque forme que ce soit. Ils le font déjà spontanément très souvent et n'auraient pas à se forcer beaucoup pour faire encore mieux. Mais le petit reste de scrupule démocratique qui subsiste encore en France n'a pas permis aux gouvernants d'aller jusque là. Devant la dégradation de la situation et la poursuite d'une immigration de masse, cela ne saurait manquer de se produire.
(30/1/05).

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Le possible " non " de la France au référendum affole les eurocrates

La crainte d'un non à la Constitution européenne grandit dans les milieux officiels. C'est surtout la France qui leur pose problème, tant il est vrai que l'impopularité gouvernementale y est, notamment depuis le vote sur le traité de Maastricht approuvé d'extrême justesse, un fait patent qui risque d'entraîner le rejet du projet constitutionnel. C'est ce qui a conduit l'ancien commissaire européen Mario Monti à donner au Figaro une interview, publiée le 29 janvier 2005, dans laquelle il passe aux menaces. Car cet universitaire italien, qui fut, au marché intérieur puis à la concurrence, un commissaire compétent et efficace, même si certaines de ses initiatives furent discutables et parfois sanctionnées par le désaveu de la Cour européenne de justice, n'en a pas moins oublié, comme tous les eurocrates, les règles les plus élémentaires de la démocratie. En cas de refus par un ou plusieurs pays de la Constitution (rappelons qu'il suffit qu'un seul pays refuse de la ratifier pour que tout le processus soit bloqué), M. Monti propose qu'il ne leur soit pas laissé d'autre choix que de quitter l'Union européenne. Et il souhaite " qu'on pose la question de la sortie éventuelle de tel ou tel Etat membre de l'UE avant le début du round des référendums de ratification ". Si bien que " les vingt-cinq chefs d'Etat et de gouvernement qui ont tous signé la Constitution - et sont donc tous, normalement, favorables à son adoption - devraient prendre l'engagement, si le " non " l'emportait dans leur pays, d'organiser une deuxième consultation ". Mais il ne s'agirait pas de reproduire la stratégie bien connue du mange-ta-soupe-sinon-tu-l'auras-au-petit-déjeuner, chère aux mères de famille d'antan et qui a servi à obliger les Irlandais et les Danois, par des votes successifs avec la même question posée, à approuver finalement les dispositions communautaires qu'ils avaient jusque là refusées. Non, M. Monti juge cela " franchement peu démocratique ". " L'Union, estime-t-il, n'a pas à exercer ce genre de violence à l'encontre d'un ou plusieurs de ses membres récalcitrants. " Le grand démocrate qu'est M. Monti propose alors tout simplement de remplacer le vote forcé par le chantage au départ : " Il faudrait poser une nouvelle question, différente. Par exemple : " Voulez-vous que votre pays continue à être membre de l'Union en adoptant la nouvelle Constitution ou bien voulez-vous que votre pays en sorte ? " ". Décidément, le fait de gouverner l'Europe sans aucun véritable contrôle démocratique pervertit les meilleurs esprits, et M. Monti en fait partie. Il est grand temps que les responsables de l'Union, qu'ils soient chefs d'Etat ou de gouvernement ou commissaires à Bruxelles se posent la seule question qui vaille : Avons-nous raison de vouloir faire l'Europe sans les peuples ? Car c'est bien ce qui s'est passé jusqu'à présent. Mais on doit constater que de ce fait l'adhésion populaire manque à l'Europe et que cette construction sans véritable assise risque fort de s'écrouler dans un avenir proche. Ce ne serait pas la première fois dans l'histoire qu'une entité politique bâtie sur le sable disparaîtrait. A vouloir sans cesse forcer la cadence et ignorer le sentiment et le rythme des peuples, les responsables politiques européens prennent le risque de jeter à bas tout l'édifice. De tous les défauts qui affectent les gouvernants, le plus dangereux est la présomption.
(30/1/05).

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Chirac fait ses confidences à Danielle Darrieux

C'est à de petits signes qu'on décèle les grandes choses. Qui se serait attendu qu'à l'occasion d'une banale remise de décoration, Jacques Chirac dévoile sa ferme intention de se représenter en 2007 ? C'est pourtant ce qu'il a fait, comme nous le révèle Jacques Pessis dans sa rubrique du Figaro, en remettant à l'Elysée les insignes d'officier de la Légion d'honneur à Danielle Darrieux. Ce n'est pas faire offense au charme intact de cette délicieuse et talentueuse comédienne de remarquer qu'elle n'a plus tout à fait vingt ans, ni même trente. Et comme le chef de l'Etat, pour une fois d'accord avec nous, déclarait à la récipiendaire qu'elle est " le charme incarné ", celle-ci lui fit doucement observer qu'il s'agissait du charme " d'hier ". Il en fallait plus pour démonter le président. " Non, de demain ", lança-t-il à l'actrice. Autant dire que si l'âge n'est en rien incompatible avec le charme, il ne l'est pas non plus avec les plus hautes fonctions, celles précisément que l'actuel locataire de l'Elysée se propose à l'évidence de continuer à exercer.
(30/1/05).

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L'insupportable propagande de France 2

Sous couvert d'hommage à la chanson française, France 2 s'est livrée le 15 janvier 2005 à une grossière opération de propagande. Intitulée "La Fête de la chanson française ", l'émission produite et animée par Daniela Lumbroso s'est résolument placée sous les auspices du politiquement correct et de la promotion du métissage. Sous les applaudissements du ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, Mme Lumbroso a fait défiler avec une admiration affichée et sans mélange des dizaines d'extraits de chansons françaises du dernier demi-siècle et a voué aux gémonies, sans bien entendu le faire entendre, un interprète et un seul, André Dassary, "un chanteur aujourd'hui oublié qui, pendant l'Occupation a chanté "Maréchal, nous
voilà ! "
. Puis, accueillant le chanteur d'origine marocaine Faudel, elle n'a pas hésité à le qualifier de "gendre idéal", comme s'il était évident que toutes les familles françaises rêvaient de marier leurs filles à un jeune homme musulman (au demeurant fort sympathique et non dépourvu de talent). Ainsi donc, si l'on en croit Mme Lumbroso, seul André Dassary s'est compromis avec le régime de Vichy. A cette stratégie du bouc émissaire, dont l'exclusion permet de ressouder la communauté, il convient d'opposer la vérité historique. Telle que la rappelle fortement Thierry Wolton dans son dernier livre, " Brève psychanalyse de la France ", dont nous publions un extrait à la suite de cet article. France 2 et Mme Lumbroso se sont rendus coupables d'une mauvaise action. Ce n'est pas en révisant l'histoire qu'on aidera notre pays à la comprendre, à l'exorciser et à l'assumer. Ce n'est pas non plus en tentant de persuader les Français que l'immigration massive que nous connaissons ne pose aucun problème qu'on les rendra aveugles aux graves problèmes que pose l'intégration de ces populations. A vrai dire, une telle émission ne peut que susciter la réprobation et le mépris des démocrates, dont aucun ne saurait se satisfaire de l'intrusion, sous couvert de divertissement et d'hommage aux talents nationaux, de la plus insidieuse et vile désinformation.
(17/1/05).

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Quand la gauche collaborait avec l'occupant nazi

Tous les partis politiques, à l'exception du PCF, exclu du jeu démocratique à cause du pacte germano soviétique, votèrent les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940. Les parlementaires, issus des élections de 1936, étaient en majorité de gauche. Si l'histoire officielle surestima par la suite l'importance du rôle de Maurras et de l'Action française dans l'entourage de Pétain afin de faire endosser le péché collaborationniste à la droite et à l'extrême droite, ce fut dans le but d'innocenter cette gauche là précisément. Vichy rallia plutôt la droite réactionnaire mais la gauche collaborationniste préféra, elle, rester à Paris. Elle se sentait plus proche des nazis par idéologie quand la droite croyait défendre des intérêts nationaux en soutenant le Maréchal. La collaboration parisienne fut en grande partie le fait d'hommes qui avaient été dans leur jeunesse dreyfusards avant d'être attirés par le pacifisme. L'ambassadeur d'Allemagne, Otto Abetz, dont la mission était d'orienter l'opinion vers la collaboration, sut jouer sur tous ces registres. Au nom de l'anticapitalisme et de l'européanisme, sociaux démocrates, pacifistes, briandistes furent ainsi attirés dans ses filets.
Parmi les formations politiques, les radicaux furent, avec Herriot en tête, les principaux artisans du ralliement de la gauche à Vichy, par légalisme. En zone occupée, ils se prêtèrent à un maréchalisme de bon aloi et gardèrent une attitude neutraliste à l'égard des Allemands. Les socialistes ne se montrèrent pas plus courageux. Après l'armistice, l'écrasante majorité des militants, cadres et notables SFIO choisirent d'attendre. Jusqu'en 1941, la gauche occupa le sixième des places au Conseil national, sorte de Parlement-croupion tout juste consultatif, et Laval n'eut aucun mal à confier des portefeuilles ministériels à des syndicalistes ou à d'ex dirigeants de la SFIO. Nombre de maires socialistes, mais aussi d'édiles radicaux et communistes, restèrent en fonction jusqu'en 1944. A la Libération, certains se justifièrent en prétendant avoir de la sorte réussi à protéger leurs administrés des exigences de l'occupant, mais d'autres, plus opportunistes, avaient espéré que l'ordre nouveau serait favorable à leur carrière. Le pouvoir en profita. En mars 1944, une délégation de l'Union des maires de la Seine, majoritairement de gauche, rendit encore visite à Pétain, à Vichy, pour lui réaffirmer sa fidélité.
Le parti communiste, lui, attendit un an pour sortir de son neutralisme, et le fit contraint quand Hitler rompit le pacte qui le liait à Staline. Jusqu'en décembre 1940, L'Humanité clandestine ne diffusa aucune consigne antiallemande. Le nom du dictateur nazi n'y apparut pas une seule fois en titre avant juin 1941 et la direction du Parti essaya d'obtenir de l'occupant une autorisation légale de publication. Tout au long de cette année là, la propagande communiste s'en prit surtout à Blum, Pétain et de Gaulle, ces   "laquais de l'impérialisme ". Quant au prétendu " appel à la résistance " lancé par le Parti le 10 juillet 1940 - en fait après cette date il ne contenait aucune dénonciation du nazisme, ni aucune incitation à s'opposer à l'occupant. En revanche, les Britanniques, qui étaient alors les seuls à résister à l'Allemagne, y étaient accusés d'être de dangereux fauteurs de guerre. Les députés communistes, emprisonnés en France depuis le début des hostilités, demandèrent pour leur part à être entendus comme témoins à charge devant la cour suprême de Riom qui jugeait la responsabilité de Blum et de Daladier dans la débâcle de 1940 (1).
(1) Les Communistes français pendant la drôle de guerre et La Guerre des papillons, Angelo Tasca, Paris, éd. des Iles d'or, 1951 et 1954.

Thierry Wolton (Extrait de Brève psychanalyse de la France, Plon).
(17/1/05).

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Pour le protéger de la justice, Chirac mise sur Hollande plus que sur Sarkozy

Jacques Chirac s'est évidemment désolidarisé de la proposition de loi visant à conférer au président de la République la qualité de sénateur à vie après son départ de l'Elysée, mais elle est au cœur de ses préoccupations. Bénéficiant d'une immunité temporaire attachée à ses fonctions, à la suite d'une décision du Conseil constitutionnel dans laquelle certains ont voulu voir un échange de bons procédés entre Roland Dumas, qui présidait alors l'instance suprême, et l'actuel chef de l'Etat, Chirac voit arriver avec angoisse le moment où il risque d'avoir à rendre des comptes à la justice dans les nombreuses affaires de corruption où son nom a été cité. En effet, s'il n'est plus président en 2007, il ne sera plus protégé. D'où l'initiative du sénateur UMP de la Seine-Maritime et vice-président de la commission des lois du Sénat, Patrice Gélard, chiraquien affirmé, qui reconnaît s'être entretenu de son projet avec le président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, lui-même proche du chef de l'Etat. Si Jacques Chirac devenait sénateur à vie au terme de son actuel mandat, il ne bénéficierait certes que d'une protection relative, puisque les membres du Parlement ne peuvent, sans l'accord de l'assemblée à laquelle ils appartiennent, " faire l'objet, en matière criminelle ou correctionnelle, d'une arrestation ou de toute autre mesure privative ou restrictive de liberté ", en vertu de l'article 26 de la Constitution, mais on voit mal la majorité - de droite et pour longtemps encore - du Sénat autoriser la mise sous les verrous du plus éminent de ses membres. Il n'empêche qu'il ne serait pas confortable ni glorieux pour l'ancien président d'être entendu par un juge d'instruction et éventuellement mis en examen, même sans être placé en garde à vue et en détention, mais il faut savoir se contenter de peu quand on risque beaucoup. Jacques Chirac n'en suivra que de plus près le sort du président sortant de l'Ukraine, Léonid Koutchma, lui-même accusé de corruption dans son pays. Interrogé par Le Monde sur le fait de savoir si M. Koutchma bénéficierait d'une immunité judiciaire, un proche du nouveau président,Viktor Iouchtchenko, s'est ainsi exprimé : " Ni Viktor Iouchtchenko ni son entourage n'ont pris d'engagement sur ce sujet. Il y a un an, nous avons proposé [à Leonid Koutchma] de voter une loi lui garantissant l'immunité, parce qu'il n'est pas bon qu'un ancien président vive dans la peur de ce qui lui arrivera à la fin de son mandat. Nous le lui avons proposé en échange de la garantie d'organiser une élection présidentielle libre et honnête. Il a refusé. Peut-être pensait-il rester président après 2004. Je ne dis pas que dans deux semaines il devra répondre devant les tribunaux d'une enquête criminelle. Mais je ne vois pas de raison d'être indulgent. Tout le monde doit être égal devant la loi. " Et comme au fond la décision de poursuivre ou non en justice un ancien président est éminemment politique, Jacques Chirac, qui n'a aucune confiance - c'est le moins que l'on puisse dire - en Nicolas Sarkozy, a entrepris une opération de séduction envers François Hollande, probable candidat à l'Elysée en 2007, en le saluant chaleureusement, le 15 janvier dernier, à Tulle, lors de la cérémonie des vœux aux Corréziens.
(17/1/05).

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Le Monde annonce - à sa façon - la fin du monopole de la Sécurité sociale

" Pourquoi votre prévoyance et vos mutuelles s'agitent. " Tel est le sujet qu'affiche en une Le Monde Initiatives de décembre 2004, le supplément mensuel du quotidien. Drôle de question pour un journal qui, jusqu'à présent, en dépit des nombreuses informations qu'il a reçues - et notamment de nous - n'avait jamais soufflé mot du bouleversement de la protection sociale en France à la suite de l'abrogation du monopole de la Sécurité sociale. Une abrogation que confirme d'entrée, et en termes à peine voilés, Alain Lebaube, le directeur de cette publication : " Longtemps les institutions de prévoyance et la mutualité ont été cantonnées dans leur fonction de   "complémentaires " de l'Etat-providence, dont elles ont parfois tiré leur nom : pour la couverture santé, pour la retraite, mais aussi pour les accidents du travail, le handicap, l'invalidité et, plus globalement, ce qu'on nomme pudiquement les " accidents de la vie ". Aujourd'hui, et quasiment dans chacun de leurs domaines d'intervention, elles doivent faire face à une tout autre responsabilité : se substituer pour partie à l'Etat-providence défaillant et impécunieux, le suppléer ou le remplacer parfois, et notamment sur deux dossiers sensibles, celui du financement des retraites et celui, tout aussi préoccupant, de l'assurance-maladie. Et avec la perspective d'avoir à s'investir, demain, dans le dossier de la dépendance… Sans oublier qu'elles devront répondre à de nouveaux besoins sociaux qui ne manqueront pas d'apparaître, assurément ! " Tout est dit, à ceci près qu'aucune référence n'est faite aux lois, prises en transposition des directives européennes, qui ont provoqué ce séisme, pas plus qu'il n'est clairement indiqué au lecteur qu'il est désormais libre de s'assurer où il veut pour sa protection sociale, y compris auprès de sociétés d'assurance européennes privées. C'est qu'au Monde comme ailleurs dans la nomenklatura française, on prend le citoyen pour un incapable majeur, qui ne saurait se guider seul dans la vie. Et surtout qu'on est désireux de faire durer aussi longtemps que possible - même si les perspectives se réduisent à vue d'œil - le régime politique qui a vu une caste autoproclamée régner sur notre pays au moyen d'un système de prélèvements obligatoires digne des plus féroces dictatures collectivistes. D'ailleurs, pour que nul ne s'y trompe, Le Monde Initiatives indique, chemin faisant dans son dossier, l'enjeu financier, pour les institutions de prévoyance, des changements en cours : " Si l'on vous dit plus de 8 milliards d'euros de cotisations en 2003, cela vous parle peu. Mais si l'on vous dit plus de 11 millions de salariés et anciens salariés couverts au titre de la prévoyance et 5,3 millions au titre de la couverture santé (dont certains sont les mêmes), cela fait beaucoup de monde. " Et dire que tout ce monde-là est libre maintenant ! Cela vous a de furieux airs de chute du mur de Berlin !
(1/1/05).

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Pour Le Figaro, Bush ne vaut pas mieux que Ben Laden !

Où s'arrêtera la dérive du Figaro ? On peut se poser la question quand on a pu lire, le 27 décembre 2004, dans l'éditorial du quotidien, sous la signature de Charles Lambroschini, ces phases stupéfiantes : " Georges W. Bush et Oussama Ben Laden prétendent se disputer le titre de maître du monde. Mais devant la colère de la nature, ces grands chefs semblent de bien petits hommes. " Ainsi, pour le journal de M. Dassault, Bush et Ben Laden doivent être mis sur le même plan ! Que de telles monstruosités puissent figurer dans un journal au passé aussi prestigieux que Le Figaro en dit long sur la dérive journalistique française et, au-delà, sur la véritable folie qui s'est emparée des esprits dans notre pays, sous l'effet précisément de l'intense bombardement médiatique de l'opinion. Que la politique de l'actuel président américain, nouvellement et brillamment réélu par son peuple, puisse faire l'objet de critiques est tout à fait normal. Mais qu'on ose le comparer à un fanatique islamiste qui n'a pas hésité à faire détourner par ses séides des avions de ligne pour les jeter sur des tours de bureaux et des bâtiments officiels américains, faisant des milliers de victimes, est indigne. De nombreux lecteurs du Figaro ont sans nul doute dû protester vigoureusement auprès de la direction du journal, mais celui-ci ne s'en est à aucun moment fait l'écho. Comme si le mensonge et le secret, qui sont la marque de fabrique du régime politique français, étaient devenus la règle d'or de la presse, laquelle pourtant, ne l'oublions pas, est communément appelée le quatrième pouvoir, chargé avec le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire, de faire vivre la démocratie. Un quatrième pouvoir aussi malade que les trois autres. Décidément la France va de plus en plus mal et tout cela ne peut finir que par une explosion générale.
(1/1/05).

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Que veut-on empêcher Didier Julia de révéler ?

Ce qu'il est convenu d'appeler " l'affaire Julia " suscite de plus en plus le malaise. On se souvient que ce parlementaire de l'UMP, élu de Seine-et-Marne depuis 1967, avait tenté de libérer, à l'aide de deux de ses collaborateurs, les deux journalistes français pris en otages en Irak et qu'il avait échoué. Il est établi que l'action de Didier Julia avait reçu le concours du ministère français des affaires étrangères, ce qui démontre qu'à l'époque les autorités de notre pays n'avaient pas prise sur les évènements puisqu'elles acceptaient de laisser sa chance à une action parallèle pour obtenir la libération de nos deux compatriotes. Il est également établi que les premières informations reçues à ce sujet par les deux journalistes leur ont été délivrées par le ministre des affaires étrangères, Michel Barnier, dans l'avion qui les ramenait vers la France. On ne peut donc prendre qu'avec la plus grande prudence les accusations lancées contre Julia et ses amis par Georges Malbrunot sur le tarmac de l'aéroport où il venait de débarquer. Pourquoi cette mise en condition d'otages forcément affaiblis physiquement et moralement par leur captivité ? Et pourquoi, à présent, cette action judiciaire contre Julia et ses collaborateurs, accusés d' " intelligence avec une puissance étrangère de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ". L'explication la plus évidente est que le pouvoir exécutif veut les impressionner pour les empêcher de parler. Mais qu'ont-ils donc à dire qui serait si gênant ? Que " Barnier est nul ", comme le répète à l'envi Didier Julia ? Ce n'est pas le genre d'accusation qui émeut un homme politique, habitué à en entendre de vertes et de pas mûres à longueur de temps. Il y a donc forcément autre chose. Et cette autre chose ne peut que relever du secret d'Etat et avoir trait aux relations étroites d'une partie de la classe politique française, et notamment de l'actuel président de la République, avec Saddam Hussein et son régime. Didier Julia était lui-même très proche de ces derniers et sait forcément des choses qu'on voudrait l'empêcher de dire. Voilà pourquoi les termes d' " intelligence avec une puissance étrangère " résonnent curieusement dans un tel contexte. Et que les poursuites contre Julia et ses collaborateurs s'apparentent plus à un embastillement du fait du prince qu'à l'exercice normal de l'autorité judiciaire.
(1/1/05).

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Les classes moyennes et populaires sont les victimes du système

Bien intéressante cette étude de l'Ifop pour l'Institut français du marketing, dont Le Figaro Entreprises a publié les enseignements. Effectuée auprès de consommateurs habituels de magasins dits de " hard discount ", c'est-à-dire vendant à des prix plus bas que les grandes surfaces traditionnelles, elle révèle " une surreprésentation, dans le hard-discount, des personnes actives, des membres de familles nombreuses, des revenus moyens, des locataires et des catégories socioprofessionnelles moyennes et basses. A l'inverse, les hommes, les seniors et retraités, les foyers sans enfants et les propriétaires de logement s'y retrouvent peu ". Comme il n'y a, selon l'Ifop, " que
15 % d'hommes participant aux tâches ménagères et aux courses dans les ménages français ", il est facile de comprendre que ce sont les mères de familles et de façon plus générale les classes moyennes et populaires qui sont à la recherche de prix plus bas et donc qui ont des difficultés économiques. Il n'est pas besoin de chercher ailleurs les raisons des défaites électorales alternées de tous les partis de gouvernement à chaque consultation. La politique menée depuis des années n'est pas faite pour le peuple, mais contre lui, afin de donner satisfaction à des minorités privilégiées qui vivent de l'Etat et, bien entendu, à la classe dirigeante énarchique et administrative. Cette situation, qui ne fait que s'aggraver, car l'abus de prélèvements empêche la France de retrouver le chemin de la croissance, va finir par provoquer l'explosion de la société française. Il y a tout lieu de penser que le déclencheur de la grande crise que chacun voit venir sera l'effondrement des régimes sociaux. L'assurance maladie croule sous les déficits, l'assurance chômage ne vit plus que d'emprunts, quant à l'assurance vieillesse, elle va devoir affronter dès 2005 l'afflux de nouveaux retraités, les fameux baby-boomers des années 1944-1964 qui vont, à partir de l'année prochaine, cesser leur activité et grossir les rangs des allocataires. Comme ni l'assurance maladie, ni le système des retraites n'ont été réellement réformés par le gouvernement Raffarin, en dépit des affirmations stupides de la presse aux ordres, le choc va être d'autant plus rude pour les Français qu'à l'exception des plus lucides d'entre eux - et ils ne sont pas légion - ils ne s'attendent pas vraiment à devoir souffrir. Fellini faisait dire à un de ses personnages que " Rome est l'endroit le plus agréable pour attendre la fin du monde ". On peut en dire autant de Paris !
(14/12/04).

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L'Elysée se prépare au rejet du référendum

Gaulliste, Chirac ? Evidemment pas. Il suffit pour s'en convaincre de connaître son opinion sur la procédure du référendum. Evoquant celui de 2005, le journal Le Monde affirme que l'entourage de Jacques Chirac  "s'empresse néanmoins d'assurer qu'un "non" des Français à la Constitution européenne ne signifierait aucun rejet personnel du président de la République. Ses conseillers soulignent d'ailleurs que M. Chirac a toujours déploré la personnalisation de l'enjeu référendaire ". Et d'apporter cette précision qui doit faire se retourner le Général dans sa tombe : " De Gaulle n'a pas rendu service au référendum en démissionnant en 1969 ", à l'issue de la consultation populaire qu'il avait organisée au prétexte officiel d'instaurer la régionalisation, et en fait pour demander aux Français s'ils avaient encore confiance en lui. La réponse ayant été négative, De Gaulle s'était retiré. C'est précisément ce à quoi Chirac et tous ceux qui ont succédé au général de Gaulle n'ont jamais voulu se résoudre. Dans aucun des référendums organisés depuis 1969, le président de la République n'a mis son mandat en jeu. Et pour cause : tous se savaient trop impopulaires pour avoir chance de l'emporter. C'est bien de cela qu'est en train de mourir la Ve République. Ses dirigeants n'ont pas vraiment la confiance du peuple et ne parviennent à se maintenir au pouvoir qu'en manipulant les processus électoraux et les médias. On ne pourrait admettre la thèse de Jacques Chirac que si ces consultations populaires étaient des référendums à la façon suisse, c'est-à-dire posant des questions qui ne mettent en cause ni l'organisation des pouvoirs publics ni des enjeux vitaux pour la nation, et auxquelles les gouvernants n'attachent pas leur sort parce qu'elles n'affectent pas les choix sur lesquels ils se sont fait élire. Malheureusement pour la France, ce type de référendum lui est interdit par sa classe dirigeante, qui veut pouvoir trancher de tout sans l'avis du peuple, sans contrôle et, naturellement, sans sanction. C'est la raison pour laquelle, quand vient le temps du verdict, celui-ci ne peut être que sévère. Tant il est vrai que la démocratie demande, pour être pratiquée, non pas des électeurs, mais des démocrates. Les princes qui nous gouvernent sont tout sauf cela !
(14/12/04).

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Chirac et Raffarin trahis par leurs gestes

Surveillez vos gestes, vous êtes observé ! Interrogé par Le Quotidien du Médecin, le psychologue Joseph Messinger, qui vient de publier " Le langage psy du corps " aux éditions First, a " cherché un lien de causalité entre la parole et les gestes, notamment ce que j'appelle les refrains gestuels invariables. Ce sont des gestes significatifs que nous répétons toujours de la même façon. Nous n'avons, par exemple, qu'une façon de croiser les bras. Ces gestes résument le climat mental du locuteur sans se préoccuper de la nature de ses prises de position verbales ". C'est ainsi que notre façon de téléphoner est loin d'être neutre. " Quand nous sommes au téléphone, indique Messinger, nous écoutons toujours de la même oreille : c'est l'oreille qui correspond à la partie du cerveau avec laquelle nous communiquons. Dans le cas des droitiers (c'est la majorité, puisqu'il n'y a que 15 % de gauchers dans le monde), une personne introvertie portera l'écouteur automatiquement à l'oreille gauche. Si, au contraire, elle est extravertie, elle portera d'office l'écouteur à l'oreille droite. Si certaines personnes vous disent qu'elles portent l'écouteur également aux deux oreilles, vous pouvez estimer qu'elles ne savent pas sur quel pied danser. " Fort révélateurs également sont les gestes des hommes politiques : " La "pince du crabe" (pince pouce-index) est un geste de fraudeur que l'on retrouve beaucoup.
" Je vous garantis que…" est le sens premier connoté à ce geste. Souvent, l'index s'associe au pouce pour former un cercle digital tandis que les trois autres doigts jouent les utilités en plumes de Sioux. C'est la spécialité de Jacques Chirac. " Du président de la République, Joseph Messinger passe au premier ministre : " Quant à Jean-Pierre Raffarin, il a très souvent recours aux poings. C'est le geste du pseudo-combattant. Signe de force, de violence et d'agressivité, l'homme serre les poings symboliquement quand le destin lui est contraire ou quand il veut réveiller sa combativité. Il faut éviter d'abuser de ce code gestuel réflexe car sa production exagérée trahit une incapacité de faire passer le message ou de passer à l'acte. " Un fraudeur et un incapable, nous sommes gouvernés !
(14/12/04).

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Ces morts que Martine Aubry devrait avoir sur la conscience

C'est beau l'émotion : " Je ne peux ni ne veux masquer mon indignation de voir des salariés déjà astreints à un emploi pénible être fauchés par la maladie pour avoir inhalé sur leur lieu de travail de la poussière d'amiante. Comme souvent, l'injustice s'acharne sur les plus fragiles. Comme souvent, la maladie frappe les plus faibles. " Ah ! comme elle est humaine et proche des gens, Martine Aubry, puisque c'est elle l'auteur des propos ci-dessus, tenus le 29 juillet 1998. Oui, mais voilà, les malheurs qu'elle déplore, elle en est gravement responsable, ainsi que le relate François Malye dans son ouvrage " Amiante : 100 000 morts à venir " (Le Cherche-Midi). " Pourquoi s'intéresser spécialement à Martine Aubry ? écrit Malye. D'abord parce que deux ministères, celui du Travail et celui de la Santé, sont particulièrement concernés par ce scandale. Ensuite parce que, dans la liste impressionnante des responsables politiques qui n'ont rien vu, certains noms sautent aux yeux. Et notamment celui de Martine Aubry. Il suffit en effet de relire le jugement du tribunal administratif de Marseille. Celui-ci ne condamne pas l'Etat sur des impressions mais parce qu'il n'a pas rempli certaines missions qui lui incombaient, et ce à deux périodes bien précises. La première est celle où Martine Aubry dirige la Direction des relations du travail (elle y arrive en 1984 et la quitte en 1987). Selon les magistrats, le retard pris par la France pour transposer une première directive visant à abaisser les seuils d'exposition à l'amiante dans les usines de transformation est répréhensible : " Une directive européenne du 19 septembre 1983 est venue réduire de moitié les valeurs limites d'exposition à l'amiante fixées en 1977 ; or les autorités françaises n'ont transposé cette directive que le 27 mars 1987." " Première question : Martine Aubry était-elle en charge des problèmes d'hygiène et de sécurité ? Bien évidemment. Au ministère, le bureau CT4 qui est compétent en la matière était sous son autorité. " Elle était tenue au courant de tous les dossiers chauds et l'amiante en faisait partie ", déclare Jean-Luc Pasquier, qui était, à l'époque, le chef de ce bureau. Deuxième question : Martine Aubry peut-elle être tenue pour responsable du retard dans la transposition de la directive ? Pour l'actuel titulaire du poste au ministère, Jean-Denis Combrexelle, la réponse ne fait aucun doute : le directeur des relations du travail " est chargé d'élaborer les directives, de les faire transposer puis appliquer. " Troisième question : quelles ont été les conséquences de ce retard ? Le tribunal administratif de Marseille rappelle que " dans l'affaire des produits sanguins non chauffés, un retard de onze mois pour réagir face à un risque vital a été reconnu fautif. L'amiante aussi tue. En s'abstenant de réagir durant ces quatre années, l'Etat a bel et bien porté une grave atteinte à la santé publique. " Mais les exploits de Martine Aubry ne s'arrêtent pas là. Une nouvelle directive, en date du 25 juin 1991, est venue réduire encore réduire la concentration moyenne en fibres d'amiante autorisée dans l'atmosphère des lieux de travail. Martine Aubry est alors ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle. Il ne lui faudra pas moins de treize mois pour transposer la directive. Et pendant ce temps, des dizaines de milliers de salariés respirent des fibres mortelles ! Cela ne l'empêchera pas de verser des larmes de crocodile en 1998, ni d'apparaître radieuse, le 4 décembre 2004, à l'occasion de son retour au secrétariat national du PS après la victoire du oui au référendum interne du parti. Remords, vous avez dit remords ?
(6/12/04).

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Le Canard enchaîné n'aime pas Marchiani mais prend sa défense

Le maintien en détention de Jean-Charles Marchiani a choqué de nombreux éditorialistes, même parmi ceux qui ne partagent en rien les idées politiques de l'ancien préfet du Var. Les faits qui lui sont reprochés datent de plusieurs années et si des pressions devaient être exercées sur des témoins, elles ont eu largement le temps de l'être. Ce motif de détention ne tient donc pas. Pas plus que le risque de fuite de l'intéressé. Il avait toute latitude de le faire mais n'a jamais tenté de se soustraire à la justice. Alors pourquoi ? Citons l'explication qu'en donne Louis-Marie Horeau dans Le Canard enchaîné. Après avoir rappelé que " Marchiani n'est pas tout à fait un ami du Canard " et " que les nombreux articles que nous avons consacrés à ses activités de barbouze, puis d'homme politique et d'affairiste nous ont valu une demi-douzaine de procès, dont quatre sont encore en cours ", le journaliste s'interroge : " Si aucun impératif technique ne justifie la détention de l'ex-préfet, et si le juge Courroye, salué comme l'un des plus fins techniciens du droit, ne peut l'ignorer, comment expliquer ce mystère ? " Et Louis-Marie Horeau de se livrer à un superbe exercice de négation affirmative que nous nous en voudrions de ne pas citer entièrement : "Cette détention ne peut être un préjugement, une sorte de condamnation arbitraire ! Encore moins le résultat d'une rancœur personnelle de la part du juge, que Marchiani avait, il est vrai, copieusement injurié. Pas davantage une basse vengeance. Ni une manière pour le juge d'avoir le dernier mot face à un homme qui fanfaronnait sous la protection de son immunité, et qui continue sottement d'invoquer une prétendue raison d'Etat et un improbable " secret-défense ". On ne peut soupçonner le juge de sentiments aussi vulgaires. On ne peut croire que le juge des libertés y souscrive. On ne peut imaginer que la cour d'appel couvre le tout par réflexe de solidarité de corps. Donc, il n'y a aucune explication. La détention de Marchiani doit être une erreur. " Comme tout est dit, nous n'ajouterons rien !
(6/12/04).

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Une maladie terrifiante sévit aux Antilles

de notre correspondant en Guadeloupe

Découverte et étudiée par Bernadette Melan, de Sainte Anne, la grévonite est une pathologie pratiquement incurable. C'est une maladie inflammatoire qui se développe de façon chronique sous nos tropiques et qui se caractérise par des grèves à outrance. Le pronostic est généralement plus que réservé.
D'après l'auteur, le germe en cause est l'ugétégéus fanaticus ( NDLR : nom formé d'après celui du syndicat local, l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe, UGTG). En dépit de son nom, ce germe n'est pas d'origine latine comme on pourrait le penser, mais fait partie intégrante du patrimoine guadeloupéen si jalousement préservé.
Les formes de la maladie.
Elle touche toutes les couches de la société guadeloupéenne, nul n'est protégé contre ce fléau, pas une entreprise, pas une administration n'est à 1'abri, car aucun vaccin n'a pu sortir des laboratoires locaux ou hexagonaux.
D'après l'auteur, il existe deux formes de la maladie :
Une forme douce : on ne casse rien, si ce n'est qu'on supprime quelques arbres centenaires lors de manifestations et qu'on brûle quelques automobiles.
Une forme aiguë : elle se manifeste comme un cyclone, un vrai
" Hugo ", qui met à plat tout le pays pris en otage. La population subit la contagion, toute activité est ruinée dans le pays, et sa mort est au bout du processus, car le virus se propage irrésistiblement, comme c'est le cas aujourd'hui.
Le traitement.
Il ne peut être que préventif, aucun remède n'étant capable de juguler ce mal dans sa forme aiguë, qui se traduit par un véritable lavage de cerveau opéré par ces terribles microbes. Le traitement préconisé par l'auteur consiste en une trithérapie : réflexion, intelligence et mesure. Il convient donc de prendre toutes les dispositions adéquates pour appliquer cette thérapeutique. La grévonite s'apparente à un cancer dont les métastases ne laissent aucune chance de survie quand elles s'installent.
Pronostic.
Il serait urgent que les chercheurs se penchent avec attention sur cette terrible maladie. La Faculté devrait enseigner cette pathologie particulièrement localisée en Guadeloupe. Si les métastases devaient s'étendre et atteindre la Martinique, il pourrait se produire à partir de celle-ci une réinfection des rivages guadeloupéens, par une sorte d'effet boomerang.
L'heure est grave, il y a péril en la demeure, toutes les constantes biologiques, et notamment celles de 1'économie, sont au rouge.
Il n'est pas facile d'éteindre un feu d'une telle ampleur, surtout quand l'alizé est à son plus fort. Au secours !
Dr Jacques Yoko (Saint-François)
(6/12/04).

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Serge Dassault n'est pas content du Figaro

Serge Dassault paraît bien désabusé sur les changements au Figaro. Interrogé par Jean-Michel Aphatie sur RTL le 29 novembre 2004, à la question : " Qu'est-ce qui a changé au Figaro ? Beaucoup de choses ont changé d'après vous ? ", le patron depuis six mois de la Socpresse, la société éditrice du quotidien, s'est contenté de répondre : " J'ai changé de directeur, j'ai changé la direction, j'ai changé le rédacteur en chef. Donc tout va bien ". Ce qui n'est pas faire preuve d'un grand enthousiasme ! Il est de fait qu'hormis les changements de tête, le quotidien de la rue du Louvre ne nous a rien offert de neuf depuis l'installation de sa nouvelle direction. Peut-être nous réserve-t-il des surprises dans les prochaines semaines, mais pour l'instant, on ne voit pas grand-chose venir. On peut se demander si Serge Dassault n'a pas commis une grave erreur de " casting " en nommant Nicolas Beytout à la direction de la rédaction du journal. Excellent journaliste économique, Beytout avait plutôt bien réussi aux Echos. Mais Le Figaro n'est pas un quotidien économique. Il aurait fallu un journaliste de choc à sa tête pour réveiller ce grand navire assoupi, et en tout cas un journaliste politique. Car comment Serge Dassault pense-t-il que Le Figaro va pouvoir s'acquitter de la mission qu'il lui assigne ? Il l'a encore définie au micro de RTL : " Il faut que le journal continue aussi à dire la vérité, à parler de ce qui se passe, à dire ce qu'il faudrait faire aux Français. C'est comme un médecin qui donne un médicament qui est mauvais, alors on ne le prend pas, on crève, bon. Eh bien il faut prendre le médicament. " On ne peut que donner raison à Serge Dassault sur son diagnostic et son plan de traitement. Mais on se demande pourquoi il a confié à un médecin qui susurre l'administration de cette médecine de choc.
(30/11/04).

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Le Monde décapité

Edwy Plenel n'est plus directeur de la rédaction du Monde. Il a démissionné de ses fonctions le 29 novembre 2004. Plenel paie l'échec de sa stratégie   "de coups ", mise en œuvre depuis son accession à la direction du journal en 1996 et qu'avait stigmatisée " La face cachée du Monde ", le livre à succès de Pierre Péan et Philippe Cohen. C'est à son alliance avec Plenel que Jean-Marie Colombani avait dû de parvenir à la présidence du Monde. Il est aujourd'hui contraint de le sacrifier parce que le journal, en perte depuis quatre ans, est à la recherche de 50 millions d'euros pour se recapitaliser. Il se dit dans Paris que les éventuels bailleurs de fonds avaient posé comme condition à leur participation la fin de la politique éditoriale mise en œuvre par Plenel. Colombani a donc lâché celui qui l'avait aidé à devenir roi. Mais ce n'est pour lui qu'un sursis. Le sacrifice de son second n'a jamais sauvé aucun patron. Au contraire, il précipite sa chute. Parmi les exemples les plus médiatisés, le lâchage de Louis Bériot par Jean-Pierre Elkabbach n'avait pas empêché celui-ci de perdre peu après la présidence de la chaîne publique de télévision qu'ils dirigeaient ensemble. Le sort de Colombani est donc scellé. Mais surtout le fond de l'affaire est grave pour Le Monde. La stratégie éditoriale du duo Colombani-Plenel a fait perdre au journal sa réputation de  "quotidien de référence ", qu'on pouvait évidemment discuter au plan idéologique mais qui était fondée sur un certain scrupule. C'est cet affranchissement des grands principes qui avaient fait la réputation du journal fondé par Hubert Beuve-Méry qui a finalement eu raison de la nouvelle ligne instaurée il y a huit ans. Ajoutons que les dirigeants historiques du Monde acceptaient d'être mal payés pour prix de leur indépendance et de leur liberté. Ce n'est plus le cas aujourd'hui et c'est ce que la société des rédacteurs du journal, confrontée à un plan de sauvetage comprenant 92 licenciements, a tenu à souligner en s'interrogeant sur l'ampleur des sacrifices salariaux consentie par l'équipe dirigeante.
(30/11/04).

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Les magistrats se voient reconnaître le droit de commettre des faux en écritures publiques

Comme on pouvait s'y attendre, la cour d'appel de Nancy a jugé qu'il n'y avait pas lieu de poursuivre le juge Philippe Courroye pour " faux en écritures publiques ". Le juge d'instruction du pôle financier de Paris était poursuivi à la suite d'une plainte déposée par Jean-Christophe Mitterrand, Charles Pasqua et l'homme d'affaires Pierre Falcone qui accusaient Philippe Courroye d'avoir antidaté un document de procédure dans l'affaire des ventes d'armes à l'Angola où ils sont mis en cause. Les faits reprochés au magistrat étaient établis, mais la cour d'appel a considéré que " le caractère erroné de certaines indications ne suffit pas à constituer un élément constitutif de l'infraction de faux lorsqu'elles sont en elles-mêmes sans conséquences juridiques ". Dans n'importe quel Etat de droit, les faits reprochés au juge Courroye auraient été sanctionnés et celui-ci se serait vu dessaisi. Car il y va d'un principe essentiel au bon fonctionnement de la justice et qui est celui du strict respect des formes. Accepter qu'un magistrat établisse un document procédural antidaté, c'est ouvrir la voie à toutes les violations des droits élémentaires du citoyen. On n'a même pas à s'interroger sur les conséquences juridiques de cet acte délictueux. Il suffit qu'il ait été commis et que les faits soient prouvés pour que les sanctions en découlent. Celles-ci peuvent, concernant le magistrat, prendre en compte l'esprit dans lequel l'acte a été commis et être plus ou moins sévères, mais la procédure elle-même, étant fondamentalement viciée par une faute substantielle, doit être systématiquement invalidée. C'est ce qu'exige l'application des principes fondamentaux du droit que sont la sécurité juridique et la confiance légitime. Car sinon, comme on le disait à l'époque où on livrait le lait à domicile, vient inéluctablement le moment où, quand on sonne à votre porte à six heures, ce n'est pas le laitier.
(30/11/04).

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Depuis 70 ans, la SNCF interdit le transport par autocar

Dans son passionnant ouvrage " Les danseuses de la République " (L'Harmattan), consacré aux transports en France et dans le monde, Christian Gérondeau raconte " la mésaventure survenue il y a quelques années à une société d'autocars qui exploitait entre deux villes du sud de la France une ligne locale dûment autorisée sur la route nationale qui les reliait. A l'occasion de la mise en service d'une autoroute voisine, cette société avait cru bien faire de transférer sur celle-ci l'itinéraire suivi jusqu'alors. Tout le monde y gagnait : temps de parcours réduit pour les usagers, économies pour les véhicules, risques d'accidents diminués. Le préfet lui-même avait d'ailleurs inauguré cette nouvelle liaison et tout paraissait se présenter sous les meilleurs auspices. Mais quelques jours après, le responsable de la société recevait presque simultanément deux appels téléphoniques. Le premier, émanant de la SNCF, lui indiquait que, si son groupe tenait au maintien des contrats qu'il avait par ailleurs avec elle, il avait tout intérêt à mettre fin à une initiative aussi déplacée. Le second, en provenance du Ministère des Transports, faisait clairement allusion à la menace d'un renforcement des contrôles de toute nature dont ferait l'objet ce  "contrevenant " s'il persistait. Il est inutile de dire que tout est très vite rentré dans l'ordre et que les autocars n'ont circulé que quelques jours sur l'autoroute. Le but était atteint : la concurrence disparaissait pour la liaison ferroviaire entre les deux villes concernées ". Il faut rappeler que " sauf quand le Ministère des Transports, c'est-à-dire en fait la SNCF, l'autorise, la création de lignes d'autocars est interdite en France depuis le décret-loi de 1934, toujours maintenu en vigueur par les textes qui lui ont succédé. Il est inutile de dire que cet accord n'est pratiquement jamais donné, sauf quand la SNCF y trouve son intérêt pour le rabattement à courte distance de voyageurs sur ses gares. Il s'agit là d'une anomalie d'autant plus étonnante que l'ouverture de lignes aériennes, quant à elles, est librement autorisée dans notre pays ! C'est pour cela que nos autoroutes ne sont pas parcourues, comme ailleurs, de lignes régulières d'autocar. Mais l'interdiction de fait d'ouvrir des lignes d'autocars, là où elles constitueraient à l'évidence la meilleure solution, a un but bien précis : elle maintient dans notre pays la confusion entre chemin de fer et service public des transports. De ce point de vue, le succès est total. Mais à quel prix pour la collectivité ! " Et Christian Gérondeau de s'interroger : " Quand ferons-nous cesser cet anachronisme dont rien ne justifie le maintien au début du XXIème siècle, à supposer qu'il ait jamais été justifié ? "
Les lecteurs de notre site peuvent se reporter au programme présenté par Claude Reichman à l'élection présidentielle de 2002. A la rubrique " Diminuer l'impôt, libérer l'initiative ", ils pourront lire cette proposition :  "Ouverture immédiate à la concurrence de toutes les lignes de transport de voyageurs par route, dans les agglomérations et entre elles. " CQFD !
(23/11/04).

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Les assureurs menacés par des maîtres chanteurs

Si, dans l'article ci-dessus, on remplace " SNCF " par " Sécurité sociale ", on obtient une description très fidèle de l'attitude adoptée par les pouvoirs publics français pour s'opposer à l'exercice par les citoyens des droits qu'ils tiennent des dispositions légales ayant abrogé le monopole de la Sécurité sociale. Ce sont des pressions de même nature que celles relatées ci-dessus qui s'exercent sur les assureurs proposant des contrats se substituant à la Sécu. En substance, les représentants du ministère français des finances
disent - ou font dire - aux assureurs qu'ils ont certes le droit de proposer de tels contrats, puisque les directives européennes s'appliquent et ont été intégralement transposées dans le droit national, mais qu'ils risquent, ce faisant, de mécontenter fortement les autorités françaises et de subir des tracasseries administratives et fiscales fort désagréables. Un tel langage ne peut évidemment qu'effrayer les sociétés établies en France, au premier rang desquelles les assureurs français. C'est la raison pour laquelle aucun d'entre eux ne s'est encore risqué sur son propre marché national, alors même que l'assurance maladie représente à elle seule le double du marché total de l'assurance en France, si l'on excepte l'assurance vie qui en représente environ la moitié. C'est dire qu'il s'agit d'un formidable enjeu, que les assureurs français ne pourront plus très longtemps se permettre de négliger s'ils ne veulent pas voir le marché leur échapper complètement au profit d'entreprises étrangères. D'autant que ces dernières peuvent opérer en libre prestation de services, c'est-à-dire proposer leurs produits dans toute l'Union européenne à partir de leur établissement national, où l'agrément leur est décerné, au vu des exigences formulées par les directives " assurances ", et a validité sans autre forme d'autorisation sur tout le territoire de l'Union. C'est dire à quel point le combat d'arrière garde menée par le gouvernement français pour retarder la libération des " assujettis " est d'avance voué à l'échec, dérisoire et ridicule. Mais il est surtout criminel, car chaque jour des entreprises disparaissent, tuées par les charges sociales excessives, et des hommes et des femmes se retrouvent au chômage par la faute des mauvais gouvernants du pays. Et cela, c'est impardonnable !
(23/11/04).

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" Timeo Danaos et dona ferentes "

C'est par ces mots que le grand prêtre Laocoon incitait les Troyens à se méfier du cheval de bois abandonné par les Grecs sur le rivage. Laocoon serait aujourd'hui conseiller financier et inciterait les Français à se méfier des cadeaux du gouvernement. Le bide du Perp est là pour le confirmer. Il ne s'en est vendu qu'un million depuis la fin avril 2004 - date de lancement du  "Plan d'épargne retraite populaire " - pour un montant total de 300 millions d'euros, alors que la Fédération français des sociétés d'assurances (FFSA) prévoyait d'en placer pour un bon milliard d'euros dans l'année. Trois fois moins que prévu, c'est loin d'être un triomphe ! Il faut dire que malgré les efforts publicitaires des assureurs et des banquiers, ce produit d'épargne n'a rien pour séduire, dans la mesure où il n'offre pas de sortie en capital. Autrement dit, si vous souscrivez un Perp, votre " bel argent " est purement et simplement confisqué et vous n'en reverrez la couleur que sous forme de rente. Or les Français ne sont pas aussi stupides que leurs géniaux dirigeants le croient. Ils sont déjà délestés de leur épargne retraite forcée par le jeu de la répartition, qui est consommée par les bénéficiaires aussitôt que les cotisants ont craché au bassinet, et ils ne veulent pas que la même mésaventure arrive aux maigres sous qu'ils parviennent à sauver des griffes de l'Etat voyou qui ruine la France et les Français. C'est pourquoi, en dépit des quelques avantages fiscaux du Perp (et l'on sait que l'Etat n'octroie de tels avantages que dans la mesure où ils sont surtout avantageux pour lui), les Français le boudent. Que demain ils se placent en assurance vie hors de France, et c'est tout le mécanisme d'endettement de l'Etat qui s'effondre. Une perspective que la soudaine lucidité des épargnants français rend chaque jour plus proche.
(23/11/04).

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En plus de ceux d'Irak, Chirac s'offre d'un coup quinze mille otages français

Deux otages en Irak ne suffisaient pas à la gloire de Jacques Chirac. Il s'en est offert d'un coup quinze mille de plus en Côte d'Ivoire. Telle est en effet la situation de nos malheureux compatriotes installés dans ce pays, à la suite de la destruction de l'aviation ivoirienne par l'armée française sur ordre du président de la République. Certes le gouvernement français ne pouvait rester sans réaction après le bombardement - qui a fait neuf morts et trente-huit blessés dans les rangs de nos militaires - d'une de nos positions dans le nord du pays par des chasseurs ivoiriens, mais l'anéantissement immédiat des deux chasseurs et des cinq hélicoptères qui constituaient la totalité de la force aérienne ivoirienne est une très grave erreur que nous allons payer du départ inévitable et précipité de tous les Français de Côte d'Ivoire. De simple force d'interposition attachée au maintien de la paix, l'armée française s'est soudain transformée en belligérante à la suite de la décision inconsidérée de Jacques Chirac de riposter militairement au bombardement de notre position de Bouaké. Il aurait mieux valu, dans un premier temps, s'en tenir à la version de l'erreur, avancée contre toute évidence par le gouvernement de M. Gbagbo, et prendre, avec le soutien de l'ONU, dont les forces sont présentes dans le pays aux côtés de l'armée française, les mesures appropriées pour faire respecter la déclaration du Conseil de sécurité condamnant l'attaque commise contre les forces françaises à Bouaké, soutenant l'action menée par ces forces et celles de l'ONU en Côte d'Ivoire, et exigeant " de l'ensemble des parties ivoiriennes la cessation immédiate de toutes les opérations militaires et le respect complet du cessez-le-feu ". La neutralisation de l'aviation ivoirienne aurait alors pu se faire sous couvert international et sans que ses appareils soient spectaculairement détruits, ce qui aurait évité d'exposer nos compatriotes installés en Côte d'Ivoire aux représailles des bandes de " patriotes " ivoiriens. Mais voilà, Chirac se voit en héritier de Jules César et Napoléon réunis et il a voulu entrer dans la légende des grands capitaines de l'histoire. Celle-ci retiendra seulement qu'il a été incapable de prévoir les conséquences de la périlleuse interposition de nos troupes et de surveiller les mouvements, pourtant aisément repérables, de l'armée ivoirienne, et qu'aux neuf morts et trente-huit blessés militaires français s'est ajouté le dramatique exode des quinze mille Français de Côte d'Ivoire. Nous rappelions, dans un précédent article, ce que Mitterrand disait de Chirac : " Au fond cet homme est fou. Il dit et fait n'importe quoi. " Les victimes de son action sont là pour en témoigner !
(14/11/04).

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L'immigration fait exploser la paix civile aux Pays-Bas

Les Pays-Bas passaient à juste titre pour être un havre de tolérance. Cette réputation vient de voler en éclats à la suite de l'assassinat par un militant islamiste du cinéaste et polémiste Theo Van Gogh, arrière petit neveu du peintre Vincent Van Gogh. La colère gronde, des mosquées sont l'objet de tentatives d'incendie, une école primaire islamique a été endommagée par l'explosion d'une bombe. Le correspondant du journal Le Monde cite les propos de l'écrivain Léon de Winter, pourtant considéré comme  "bien-pensant " par les milieux de gauche, dénonçant " l'arrivée d'immigrants islamisés qui, hélas, mettent sous pression notre tolérance et notre liberté de pensée " et fustigeant " l'homophobie, l'antisémitisme et l'intolérance culturelle et religieuse " qui sont le fait de " certaines sous-cultures radicales". Ministre néerlandais de l'immigration, Mme Rita Verdonk s'est quant à elle demandé si " nous n'avons pas été naïfs ces dernières années, si nous n'avons pas pendant longtemps accepté n'importe qui ", estimant que  "l'Europe ne doit pas devenir le bouillon de culture du terrorisme musulman" et qu'il fallait voir à l'œuvre, dans l'assassinat de Theo Van Gogh, " la même force maléfique que celle qui était derrière les attentats de New York et de Madrid ". De tels propos seraient jugés " d'extrême-droite " par l'UMP en France, alors même que c'est une coalition, assez proche d'elle, entre les chrétiens-démocrates et les libéraux qui est actuellement au pouvoir aux Pays-Bas. Les sondages indiquent que 40 % des Néerlandais souhaitent que les musulmans ne se sentent plus chez eux aux Pays-Bas, tandis que 90 % des personnes interrogées réclament un renforcement de la lutte contre le terrorisme, fût-ce au détriment des libertés individuelles. " Le début de la guerre sainte ", titre le quotidien de centre gauche De Volkskrant, tandis que le vice-premier ministre, Gerrit Zalm, annonce que le gouvernement déclare  "la guerre en retour " à l'extrémisme musulman. Rappelons que les Pays-Bas comptent une communauté musulmane d'environ un million de personnes sur une population totale de 16 millions d'habitants, ce qui représente une proportion de 6,25 %. Quant on sait qu'en France les musulmans représentent au moins 10 % de la population, on n'a aucune difficulté à prévoir ce qui va se passer et qui, à bien des égards, se passe déjà sans que les médias osent en informer le pays. Et tout cela parce que de belles âmes, qui ne seront évidemment pas là quand il s'agira de rendre des comptes, ont cru faire preuve de générosité en " acceptant n'importe qui ", comme le dit Mme Verdonk. " Qui veut faire l'ange fait la bête ". La phrase de Pascal va hélas se vérifier une fois de plus.
(14/11/04).

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Fédorovski réhabilite la Sibérie

Vladimir Fédorovski, l'ancien porte-parole du Mouvement des réformes démocratiques, qui s'opposa au putsch communiste d'août 1991en Russie, est devenu un écrivain à succès en France et dans beaucoup de pays du monde où ses ouvrages sont traduits. Dans son dernier livre, " Le roman de la Russie insolite " (Editions du Rocher), il réhabilite la Sibérie. Non pas, bien sûr, celle du goulag, mais celle de l'époque tsariste, cette terre qui  "avec ses étendues inhospitalières demeurées vierges, servit toujours de refuge aux marginaux de toutes sortes ". " Dans cette contrée où les horizons paraissent illimités, écrit Fédorovski, les Sibériens, à l'encontre des paysans russes, n'avaient jamais été soumis à un servage écrasant. Pour les paysans, la Sibérie était même une région où il faisait mieux vivre. Tout paysan y avait la possibilité d'acheter et de cultiver sa propre terre, de monter une entreprise, de diriger un commerce, et comme il ignorait la contrainte, il gardait un caractère optimiste et fier. On y trouvait l'esprit d'indépendance des pionniers. " Quel dommage que la France n'ait pas à sa disposition une Sibérie où les entreprenants pourraient se réfugier afin d'y vivre librement et d'y cultiver les qualités qui, le moment venu, redonneraient vie à l'ensemble du pays. " Les contes populaires enrichissaient le folklore sibérien et maintenaient sa soif de vivre et de survivre, raconte Fédorovski. La vodka, les chants et les danses représentaient les éléments essentiels de la vie de ces êtres spontanés, robustes et si proches de la nature. " Quant à la France actuelle, elle est championne du monde pour la consommation de psychotropes. Serait-ce que l'Etat providence ne fait pas le bonheur ?
(14 /11/04).

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Le jugement d'outre-tombe de Mitterrand sur Chirac

Jacques Chirac ne se fait vraiment aucune illusion sur le sort que l'histoire lui réserve. " L'homme qui ne s'aimait pas ", comme l'a dénommé le journaliste Eric Zemmour, sait parfaitement, au fond de lui-même, qu'il a passé sa vie à tromper son monde et à agir sans principes. Une autre journaliste, Caroline Pigozzi, proche pourtant du couple Chirac, a publié une curieuse anecdote dans l'ouvrage qu'elle lui a consacré, " Jacques et Bernadette en privé " (Robert Laffont), qui a paru au début de 2002. " Tout récemment, écrit-elle, lors d'un petit dîner privé à l'Elysée, l'un de ses hôtes demanda sans détour à Jacques Chirac ce qu'il pensait des livres qui sortiraient sur lui dans quelques années. Il répondit, avec un sourire ironique : " De toute manière, je ne serai plus là pour les lire, mais sans doute ce sera terrible. " Quant à François Mitterrand, si l'on en croit Jacques Attali qui rapporte ce propos dans Verbatim, il allait jusqu'à dire de Chirac : " Au fond cet homme est fou. Il dit et fait n'importe quoi. Un jour, il sera la risée du monde. " Il semble que ce jour-là soit arrivé.
(6/11/04).

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L'Inspection des services judiciaires est-elle sous influence maçonnique ?

La mise à la retraite d'office du juge Renard par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) laisse entière la question de l'influence de la franc-maçonnerie dans la justice. On a sanctionné un magistrat franc-maçon pour les relations qu'il entretenait avec ses " frères ", mais on s'est bien gardé de se demander pourquoi l'Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) avait précédemment, au terme de son enquête sur le fonctionnement du tribunal de Nice, lavé le juge Renard de tout soupçon et accablé au contraire le procureur Eric de Montgolfier, dont elle suggérait le départ. Pour l'IGSJ, il y avait " une disproportion entre la suspicion qui pèse sur certains magistrats et les manquements finalement recensés ". Le garde des sceaux, Dominique Perben, avait semblé pencher dans le sens de l'IGSJ, avant de se raviser prudemment devant la vive réaction du procureur de Montgolfier. Maintenant que le Conseil supérieur de la magistrature a donné raison à Eric de Montgolfier, la plus élémentaire logique devrait conduire la justice à s'interroger sur les membres de l'IGSJ qui ont émis une opinion aussi favorable sur le juge Renard et aussi sévère pour le procureur de Montgolfier. Quand on en est à soupçonner les enquêteurs eux-mêmes, c'est que le mal est très profond. Ce que la plupart des magistrats reconnaissent en privé et qu'ils commencent à dire en public. Le grand déballage est pour demain et il sera forcément suivi de la grande lessive. Il n'en faudra pas moins pour que les Français reprennent confiance dans leur justice.
(6/11/04).

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L'incroyable aveu d'un technocrate

L'ancien directeur des hôpitaux au ministère de la santé, Jean de Kervasdoué, a mis à profit son récent séjour dans un de ces établissements, à la suite d'un accident de roller, pour faire son examen de conscience. Dénonçant, dans une interview à 20 Minutes, la désorganisation de l'hôpital, il relate ce que chacun peut constater quand il y travaille ou qu'il y est soigné : " Il n'y a pas vraiment de chef d'orchestre. Le matin, par exemple, le défilé dans votre chambre commence par une personne qui vient vous réveiller. Elle est suivie d'une autre personne qui prend votre température, d'une troisième qui s'occupe de votre pression artérielle, d'une autre qui pose une carafe d'eau sur votre tablette, d'une cinquième qui vous apporte le petit déjeuner, pendant qu'une dernière vient vous faire une piqûre. " " A qui la faute ? ", lui demande alors le journaliste. La réponse vaut son pesant d'or :   "A tous les gens qui, comme moi, ont essayé d'organiser l'hôpital " ! Et quand on dit son pesant d'or, on sait exactement ce que cela signifie. L'hospitalisation représente à peu près la moitié des dépenses de santé en France, qui voguent allègrement vers les 150 milliards d'euros (1000 milliards de francs) par an. Seule la privatisation des hôpitaux publics est à même de remettre de l'ordre dans leur gestion (ou plus exactement dans leur absence totale de gestion). Elle se fera d'elle-même avec la fin du monopole de la sécurité sociale, car la concurrence interdira tant à la Sécu qu'aux assureurs d'être des payeurs aveugles. Et les assurés auront eux aussi intérêt à ce que les coûts ne dérapent pas s'ils ne veulent pas voir leurs primes s'envoler. La liberté de l'assurance obtiendra ce que les fonctionnaires, dont l'hôpital est la chasse gardée, ne sont jamais parvenus à faire : le gérer convenablement. Ceux qui veulent avoir une illustration détaillée - et implacable - de l'incroyable dérive des hôpitaux français peuvent lire " Avertissement aux malades, aux médecins et aux élus ", des professeurs Philippe Even et Bernard Debré (Editions Le Cherche Midi). Un livre qui fait frémir, mais qui, naturellement n'a eu aucune suite. Comme tous les livres et les rapports qui dénoncent le mal français. Celui-ci ne peut être guéri précisément que par une opération chirurgicale : il faut débarrasser la France de la tumeur administrative qui est en train de la faire mourir.
(6/11/04).

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Les ayatollahs prennent le pouvoir au Parlement européen

Le renoncement de M. Barroso à présenter sa Commission au suffrage du Parlement européen est une nouvelle victoire du politiquement correct ou, pour parler plus précisément, de l'intolérance. Qu'il ne soit pas possible pour un commissaire européen d'être défavorable à l'homosexualité et de voir dans l'homme la meilleure protection de la femme en dit long sur la mentalité qui règne dans la pétaudière de Strasbourg. Et sur la veulerie des députés européens de droite, qui n'osent même pas afficher leurs valeurs, la première d'entre elles devant être la liberté de pensée. On peut ne pas regarder avec faveur l'homosexualité sans être homophobe ou avoir une vision traditionnelle du couple sans être antiféministe. Ces sujets ne devraient d'ailleurs pas regarder la politique et rester dans le domaine du comportement privé. Il n'a jamais été dans l'intention de M. Buttiglione de revenir sur l'égalité des droits entre les hommes et les femmes, quelles que soient leurs préférences sexuelles. Mais la seule expression d'une pensée proche des positions de l'Eglise catholique a suffi à déchaîner un tollé, certains politiciens de gauche allant jusqu'à dénoncer une nouvelle Inquisition. En réalité, les inquisiteurs sont ceux qui ne tolèrent aucune autre idée que la leur. De ce point de vue, le nouveau Parlement européen a pris le plus mauvais départ qui se puisse imaginer. Dominé par les ayatollahs de gauche, il ne peut que perdre rapidement tout crédit, tant ceux-ci sont coupés du sentiment profond de la population européenne. Au moment de voter sur le projet de Constitution, il faudra se souvenir du coup de force du Parlement. La démocratie est une conquête de chaque jour. Les comportements intolérants et donc irresponsables ne sont pas acceptables dans un tel contexte. Raison de plus pour voter non. Des deux mains !
(31/10/04).

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La France plombe l'Europe

Les statistiques figurant dans le rapport Camdessus - et qui sont d'ailleurs bien connues - sont accablantes pour la France, qui, au cours des vingt dernières années, a vu son taux de croissance annuel moyen par tête ne progresser que de 1,7 %, ce qui la place au treizième rang (sur quinze) des pays de l'Union européenne. Seules l'Allemagne, handicapée par le coût de sa réunification et par les pesanteurs de son " modèle rhénan, et l'Italie, plombée par le Mezzogiorno et un demi-siècle de social-démocratie, font plus mal que nous. Ainsi les trois plus grands pays de l'Union européenne - si l'on met à part la Grande-Bretagne qui a toujours constitué un cas particulier - sont pratiquement en panne. Il ne faut pas chercher ailleurs les véritables causes de la crise de l'Europe. Aucun groupe humain, qu'il soit grand ou petit, ne peut aller de l'avant si ses membres les plus influents en sont incapables. Les plus dynamiques, désespérant de faire avancer l'ensemble, songent rapidement à jouer leur propre carte, quitte à condamner le groupe à exploser. C'est ce qui est en train de se produire en Europe. Et ce ne sont pas les mouvements de menton et les rodomontades de M. Chirac qui y changeront quoi que ce soit. L'Allemagne du chancelier Schröder tente péniblement de se réformer. L'Italie de M. Berlusconi essaye aussi d'échapper à la fatalité du déclin. Seule la France s'accroche à son modèle étatique et fonce droit dans le mur. En klaxonnant ! Evidemment, ce n'est pas un rapport de plus qui changera quoi que ce soit à cette situation très grave. Le problème français est avant tout politique. Tant que les élus de la nation seront coupés à ce point du peuple et vivront de façon schizophrénique dans un univers clos et fantasmatique, rien ne sera possible dans notre pays. Et pour changer la classe politique, il faudra des évènements dramatiques, puisque rien ne peut se faire par le jeu normal de la démocratie. Chaque jour qui passe nous rapproche de cette échéance.
(31/10/04).

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Inguérissables Français, qui continuent de prêter à l'Etat

Saluons la position de l'Association française d'épargne et de retraite (AFER) qui refuse de commercialiser le plan d'épargne retraite populaire (PERP). Et qui le fait avec les meilleurs arguments. " L'AFER a un devoir de réflexion et de prudence et ne doit pas sacrifier à la mode, a déclaré sa présidente, Mme Bénédicte Coste. Nous n'avons pas attendu la loi Fillon pour proposer, avec notre contrat d'assurance-vie, une solution pour se constituer un complément de retraite par capitalisation. Mais on n'y peut rien, les Français n'aiment pas la rente. L'exemple de l'AFER, qui, sur plus de 600 000 adhérents, compte 500 rentiers, le prouve. Pourquoi promouvoir un placement bloqué jusqu'à la retraite, débouchant uniquement sur une rente à la rentabilité incertaine, alors que l'assurance-vie est un produit souple, récupérable au choix au bout de huit ans sous forme de rente ou de capital exonéré d'impôts et susceptible d'être transmis dans des conditions fiscales privilégiées. " Cette position n'est pas nouvelle pour l'AFER qui, dans le passé, s'était refusée à commercialiser le plan d'épargne retraite de M. Balladur et les contrats Madelin pour les professions indépendantes. Mais Mme Coste serait encore plus dans le vrai si elle évoquait les menaces qui pèsent sur les contrats d'assurance-vie en raison des risques d'insolvabilité de l'Etat français, qui n'a pu s'endetter de plus de 1000 milliards d'euros que grâce aux prêts consentis par les Français par le biais de leurs placements en assurance-vie. Comme celui des retraites pas répartition, cet argent a disparu, puisqu'il a été dépensé par l'Etat, et les Français ne sont riches que des promesses de celui-ci, ainsi que de sa capacité présumée à prélever de plus en plus d'argent aux Français pour rembourser les dettes qu'il a à leur égard ! Face à la diminution de la matière fiscale en raison de l'insuffisante croissance économique de notre pays, on a toutes raisons de craindre la défaillance de l'Etat et, une fois de plus, la ruine des épargnants. On se demande d'ailleurs pourquoi ils sont encore aussi nombreux à faire ainsi confiance à l'Etat. Sans doute les avantages fiscaux consentis y sont-ils pour beaucoup. Mais valent-ils le risque que prennent les souscripteurs pour la pérennité de leur capital ?
(31/10/04).

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Sarkozy va nous rendre nos impôts

La sécurité routière a bon dos. Ce que les pouvoirs publics recherchent avant tout en traquant les infractions au code de la route, c'est un résultat financier. Et ils ne s'en cachent même pas. Dans le document budgétaire remis au Parlement à l'occasion de la présentation du projet de loi de finances pour 2005, les services de Bercy estiment à 750 millions d'euros les recettes attendues des " amendes forfaitaires de la police de circulation ". On peut mesurer les " progrès " accomplis en se souvenant que le montant prévu pour 2004 n'était que de 510 millions d'euros et qu'à l'arrivée la note payée par les contrevenants sera d'environ 600 millions. Autrement dit le rythme de progression des recettes des amendes se situe entre 20 % et 25 % par an ! A comparer avec les 2,5 % de croissance du PIB attendus pour 2004 et qui ne seront vraisemblablement même pas atteints. Si l'on y ajoute l'augmentation des recettes dues à la hausse du prix de l'essence consécutive à celle du prix du pétrole et surtout au maintien au même niveau de la TIPP, qui accroît mécaniquement les profits de l'Etat, on comprend pourquoi le mécontentement des Français est en train de virer à la colère. Une colère que ne calmeront pas les palinodies du ministre des Finances qui promettait de rendre aux contribuables, à la mi-janvier prochaine, après estimation d'une commission ad hoc, le surplus de recettes dû aux taux inchangé de la TIPP et qui vient d'avancer à la mi-décembre la redistribution annoncée. Encore un petit effort et le futur ex-ministre des Finances nous rendra nos impôts de l'année dernière.
(24/10/04).

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Dracula fait des émules en France

Est-ce l'exemple donné par l'Etat, qui suce le sang des Français ? On vient de signaler un cas de vampirisme à Nanterre (Hauts-de-Seine), où un jeune homme a été mortellement poignardé par un déséquilibré qui s'est ensuite employé à lécher le sang de sa victime. Heureusement France Telecom veillait, qui avait installé une cabine téléphonique sur les lieux du drame, ce qui a permis à un courageux témoin d'arracher le combiné et d'en frapper l'assassin, qu'on a ainsi pu arrêter. Au domicile de ce dernier on a retrouvé des écrits considérés comme " sataniques " par la police. Le code général des impôts ?
(24/10/04)

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Quatorze ministres en danger de mort

Autre manifestation de vampirisme : le Fonds mondial pour la nature, plus connu sous ses initiales en langue anglaise de WWF, a demandé aux ministres européens de la santé et de l'environnement de se prêter à l'examen de leur sang. Quatorze d'entre eux ont accepté, dont le ministre français Serge Lepeltier. Il ressort de ces analyses que le sang de chaque ministre recèle en moyenne 33 produits toxiques, dont la présence serait due à la pollution chimique qui frapperait la population européenne. On s'étonne, dans ces conditions, que la longévité continue d'augmenter en France d'un trimestre par an, soit d'un an tous les quatre ans. Mais on s'étonne encore plus que quatorze ministres aient cru devoir se prêter à cette " expérience " qui attente bien plus à la liberté individuelle et à la dignité humaine qu'elle ne sert la connaissance scientifique et la défense de l'environnement. Dans le même ordre d'idées, notons l'intéressante initiative du maire
- évidemment socialiste - de Saint-Fargeau-Ponthierry (en Seine-et-Marne) qui a décidé de n'autoriser les restaurateurs et patrons de bar de sa commune à laisser leurs établissements ouverts après 1 heure du matin qu'à la condition de faire souffler leurs clients, au moment de leur départ, dans un éthylotest électronique. Bon prince, le maire va jusqu'à fournir ces appareils gratuitement. Détail troublant, le maire s'appelle Walker ! Mais par bonheur, ses parents l'ont appelé Lionel et pas Johnny. Sinon on aurait pu voir dans cette passionnante initiative une manifestation de plus de l'esprit de repentance qui pollue les esprits occidentaux et eux seuls dans le monde. Mais comme tout, dans notre beau pays de France, finit par des chansons, entonnons ensemble ces paroles fameuses de notre hymne national :  "Liberté, Liberté chérie, combats avec tes défenseurs !"
(24/10/04).

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Au Figaro on ne tire pas sur les ambulances mais sur les morts

Saluons comme il se doit l'épitaphe politiquement très incorrecte que le chroniqueur Stéphane Denis a apposée sur le tombeau littéraire du philosophe français Jacques Derrida, qui vient de décéder et dont la prose n'est pas accessible au commun des mortels tant elle est illisible, ce qui n'a évidemment pas peu contribué à sa notoriété. Le journaliste cite, parmi beaucoup d'autres, l'hommage suivant, tout aussi obscur que les écrits de celui qu'il veut honorer : " Jacques Derrida a porté au plus haut point, dans une langue travaillée et maîtrisée, la compréhension de tout ce qui se défait. Son style explose les frontières pour se créer lui-même. " Alors Stéphane Denis, n'y tenant plus, y va d'une phrase qui serait assassine si elle ne visait quelqu'un qui est déjà passé de vie à trépas : " Enterré à coups de galimatias, M. Derrida est mort chez lui. " Le grand style, lui, n'est pas mort, qui survit chez quelques trop rares plumes d'une presse devenue bien fade !
(24/10/04).

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Le secteur privé recrute des guides de brousse à l'Elysée

On serait tenté d'écrire que les rats quittent le navire si l'on éprouvait, pour les technocrates qui nous gouvernent, d'autres sentiments que l'estime et l'admiration. Foin des querelles sémantiques, notons qu'un nouveau départ vient de se produire dans le cabinet de Jacques Chirac à l'Elysée. Il s'agit cette fois du secrétaire général adjoint de la présidence de la République, Frédéric Lemoine, en charge des affaires économiques et financières, qui rejoint McKinsey France en qualité de senior advisor. Le pantouflage étant l'une des deux mamelles (avec le copinage) de la République énarchique, ce départ n'a rien d'étonnant en soi, si ce n'est qu'il intervient à un moment où le chef de l'Etat a encore près de trois ans de mandat à accomplir. Serait-ce que l'issue du référendum provoque de gros soucis à l'Elysée ? Sans aucun doute, si l'on en juge par l'agitation fébrile qui y règne à propos de la date de la consultation, qui se rapproche de jour en jour au motif qu'il n'avait fallu que quelques semaines en 1992 pour que le non revienne à la hauteur du oui au référendum sur le traité de Maastricht et ne manque que d'un cheveu de l'emporter. Encore un effort et le référendum aura lieu avant Noël ! Quoi qu'il en soit, on pourrait s'étonner que certaines firmes privées continuent de faire confiance aux technocrates en quête de gros salaires, comme si les désastres du Crédit Lyonnais ou de Vivendi n'avaient éclairé personne. En réalité, les firmes privées ne sont nullement inconscientes. Elles se gardent bien désormais de confier la moindre responsabilité importante aux énarques qu'elles engagent, se contentant d'utiliser leur carnet d'adresses et leur capacité à se frayer un chemin dans l'impénétrable maquis des règles administratives françaises. La bonne vieille technique des expéditions coloniales en quelque sorte. Ce qui en dit long sur ce que la France est devenue.
(17/10/04).

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Un commissaire européen appelle à voter non au référendum

Les partisans du non français à la Constitution européenne viennent de voir leurs rangs s'enrichir d'un militant de marque, M. Frits Bolkestein, commissaire néerlandais sortant au marché intérieur dans la Commission européenne dont le mandat s'achève à la fin de ce mois d'octobre. Seul commissaire européen à avoir voté contre l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie, il s'indigne du manque de courage des dirigeants de l'Union : " Nous avons perdu la capacité de dire non. Les ministères des affaires étrangères ne pensent qu'à être sympathiques. " Et de fixer clairement l'enjeu : " Sauf " non " à un référendum, l'évolution vers une Europe à quarante est inéluctable. " Comme quoi les arguties de ceux qui, en France, tentent en vain de faire croire aux électeurs que l'approbation de la Constitution européenne n'a rien à voir avec l'entrée de la Turquie dans l'Union reçoivent le plus formel démenti d'une voix venue de l'intérieur même du sérail. On se demande d'ailleurs, quand on entend les arguments des partisans gouvernementaux du oui, s'il leur arrive de rencontrer de temps à autre un Français " d'en bas ". Sûrement pas. Car sinon ils ne s'obstineraient pas à prendre leurs compatriotes pour des imbéciles à qui l'on peut faire gober n'importe quoi, comme à un journaliste accrédité à l'Elysée ou à Matignon. Les Français sont presque unanimement hostiles à l'entrée de la Turquie et savent fort bien que la nouvelle Constitution de l'Europe fait désormais entrer en ligne de compte le nombre d'habitants des divers pays membres. Seul un non clair et définitif à l'entrée de la Turquie préalablement au vote sur la Constitution pourrait pousser les Français à examiner ce texte à la lumière de ce qu'il apporte au fonctionnement de l'Union et non au regard des menaces qu'il fait peser sur sa stabilité. Tout ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est que les dés roulent. Et que la partie est très mal engagée pour Chirac et les partisans de l'adhésion turque.
(17/10/04).

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Villepin et Fillon donnent un concert en grande banlieue

Voilà enfin la grande réforme qui va rétablir la sécurité dans les établissements scolaires. M. Dominique de Villepin, ministre de l'intérieur, et M. François Fillon, ministre de l'éducation nationale, se sont déplacés ensemble dans un collège réputé " difficile " de Dreux pour annoncer leur plan génial : chaque école aura désormais un correspondant au commissariat de police ou à la gendarmerie la plus proche. Le principal ou le proviseur de l'établissement pourra ainsi entretenir des relations fréquentes avec son correspondant et se concerter avec lui sur les mesures à prendre pour lutter contre la violence, la consommation et le trafic de stupéfiants, le racket et tous les autres types de délinquance qui agrémentent la vie scolaire de nos enfants. Ce nouveau plan intervient au moment où l'on apprend que la violence scolaire a augmenté de 12 % en 2003-2004 dans les collèges et lycées et que 81 000 actes de violence ont été signalés pendant cette période dans les établissements du second degré. C'est ainsi que les violences physiques à caractère sexuel ont augmenté de 26 %, les tentatives de suicide de 27 %, les infractions liées à la consommation de stupéfiants de 25 % et à leur trafic de 19 %. On se demande quelle amélioration on peut attendre de la simple mise " en correspondance " des autorités scolaires et policières. C'est d'une véritable mobilisation contre la délinquance que la France a besoin, avec l'instauration d'une tolérance zéro, comme la municipalité de New York, sous l'autorité de Rudolf Giuliani, avait su le faire, avec les excellents résultats que l'on connaît. Le problème new yorkais a d'autant plus de raison d'être comparé au nôtre qu'une bonne part de l'insécurité était due à des membres de la communauté noire, de même qu'en France les personnes, notamment jeunes, issues de l'immigration, sont impliquées dans la délinquance dans une proportion très supérieure à leur pourcentage dans la population. Le maire de New York a su rétablir l'ordre sans jamais céder au moindre racisme ni à la moindre complaisance envers les grands prêtres de l'antiracisme, toujours prompts à absoudre un délinquant du moment qu'il n'a pas la peau blanche. Tel est en réalité le nœud du problème français en matière d'insécurité. Tant que les autorités de la République entretiendront un complexe de culpabilité à l'endroit de la population immigrée, elles seront incapables de rétablir l'ordre, laissant le champ libre aussi bien à la violence et à la criminalité qu'au développement des thèses xénophobes et donc à un climat de guerre civile dans le pays, avec toutes les conséquences dramatiques qu'il entraînera inévitablement. Le spectacle de deux ministres s'offrant complaisamment à l'objectif des photographes dans un collège  "difficile" et jouant un air de pipeau pour l'édification des médias est totalement contreproductif à cet égard. Il démontre à tout le monde que le pouvoir n'a rien compris et ouvre encore plus grandes les vannes de la délinquance et de l'insécurité.
(17/10/04).

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Egorgements d'otages : la juste intuition de Brigitte Bardot

Le monde civilisé est horrifié par les égorgements d'otages auxquels procèdent les terroristes en Irak. Beaucoup de ceux qui s'indignent veulent voir dans ces pratiques barbares un " islamisme dévoyé ", comme l'écrit Le Monde dans son édition des 10 et 11 octobre 2004. Dévoyé ? Est-ce si sûr ? Voici ce que dit un musulman, Abdelwahab Meddeb dans son article "Cous coupés ", où il évoque l'égorgement des agneaux dans le rite musulman :  "La célébration de ce symbole rend familière au sujet d'Islam la scène du râle qui accompagne la gorge tranchée. Suite à ce geste, l'enfant que j'étais voyait le sang fumant de la bête se déverser jusqu'à la dernière goutte (…). Je ne pus m'empêcher de penser à cette commémoration du geste abrahamique lorsque nous parvinrent d'Algérie les scènes d'égorgement de familles entières, oeuvre du GIA, sorti du creuset afghan avec la complicité et la bénédiction des gens de la Qâ'ida. Vivre le symbolique dans la réalité du sang versé prédispose peut-être à ce basculement dans la folie. " (Cité par Anne-Marie Delcambre dans son livre " L'Islam des interdits ", paru chez Desclée de Brouwer, pages 65 et 66). Quand Brigitte Bardot a dénoncé ces égorgements rituels d'animaux, elle a soulevé contre elle une vague d'indignation de la part des " bien-pensants " de gauche qui ont voulu voir dans les protestations de l'actrice une manifestation de xénophobie et de racisme. Qui sait si les terroristes n'ont pas trouvé leurs meilleurs encouragements dans ces approbations indirectes ? Tant il est vrai que le renoncement à ses propres principes et l'acquiescement systématique à ceux des autres, fussent-ils les plus critiquables, constituent le plus sûr moyen de creuser la tombe de la civilisation à laquelle, qu'on le veuille ou non, on appartient.
(10/10/04).

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Jacques Julliard veut aller chercher les otages français en Irak

Si l'on veut une preuve de plus de l'incroyable aveuglement des intellectuels de gauche français, qu'on se réfère à ce jugement de Jacques Julliard qui stigmatise, dans sa chronique du Nouvel Observateur, " la peur irraisonnée, maladive " du terrorisme qu'éprouve l'Amérique depuis le 11 septembre 2001. Le fait que des avions détournés par des fanatiques puissent s'encastrer dans des tours de bureaux, s'abattre sur le ministère de la défense, rater de peu la Maison Blanche et faire des milliers de morts est évidemment peu inquiétant pour un personnage intrépide comme Julliard, qui a sans aucun doute passé le plus clair de son existence à entendre siffler les balles à ses oreilles. Chacun sait en effet que Saint-Germain-des-Prés et Montparnasse figurent parmi les endroits les plus dangereux de la planète. Le même Julliard fustigeait naguère, dans son entretien hebdomadaire et soporifique avec Claude Imbert sur LCI, le règne " du fric ". C'est à cette occasion qu'on a cru comprendre que Julliard n'était payé ni par Le Nouvel Observateur ni par LCI ni par quiconque pour écrire ou causer dans le poste. Et dire qu'un tel désintéressement n'a pas suscité, jusqu'à ce jour, le moindre mouvement d'admiration ! Mais qu'attend-on pour envoyer Julliard en Irak pour libérer les journalistes français pris en otages ? Son article du Nouvel Observateur n'était-il pas une discrète offre de service ? Un type qui n'a peur de rien et qui méprise l'argent n'est-il pas l'homme idoine ?
La France peut envisager l'avenir avec confiance, car des types comme Julliard, il y en plein la rive gauche.
(10/10/04).

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Didier Julia échappe de peu à l'arrestation

Dominique Perben n'a rien de trouvé de plus intelligent que de demander au parquet de Paris d'envoyer trois policiers de la division nationale antiterroriste accueillir le député de Seine-et-Marne Didier Julia à la descente de l'avion qui le ramenait de son expédition ratée en Syrie, où il s'était rendu pour tenter de faire libérer les journalistes français pris en otages en Irak. Bien entendu Julia a refusé de parler aux policiers, qui n'avaient d'ailleurs aucun mandat et qui de toute façon ne pouvaient en rien contraindre le parlementaire, qui dispose d'une immunité attachée à sa fonction. Si le parquet de Paris voulait obtenir des renseignements de M. Julia sur ses contacts en Irak, afin d'ouvrir éventuellement une enquête préliminaire sur les terroristes, il pouvait le faire discrètement et en respectant les règles élémentaires de procédure. Dans cette malheureuse affaire, les autorités de la République ont décidément perdu la tête. Quel besoin avaient-elles de mobiliser les organisations musulmanes et les mosquées au risque de montrer leur affolement ? Et pourquoi n'avoir pas, dès le début, choisi la discrétion ni fait appel à de vrais spécialistes des missions secrètes ? Il est vrai que la République met vaillamment en prison, depuis quelque temps, ceux qu'elle a chargés des missions les plus difficiles. Les préfets Marchiani et Bonnet peuvent en témoigner. Seul reste en liberté le juge Burgaud, celui qui a mis hors d'état de nuire les dangereux innocents d'Outreau et qui, en poste actuellement au parquet de Paris, bénéficie de la part de ce dernier d'un appui inconditionnel. Le régime politique français a les serviteurs qu'il mérite. Et les résultats qui vont avec !
(10/10/04).

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La mafia turque se prépare à régner sur l'Europe

Les politiciens français et européens qui veulent à toute force faire entrer la Turquie en Europe devraient tous lire l'excellent ouvrage de Xavier Raufer, " Le grand réveil des mafias ", paru chez JC Lattès. Ils y apprendraient que le Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan n'a dû son large succès aux élections législatives du 3 novembre 2002 qu'au fait que cette formation " est la seule force politique turque majeure non corrompue jusqu'à la moelle par une puissante et richissime mafia turque, dont nul ne parle jamais ". Et Xavier Raufer de s'indigner des conditions dans lesquelles on aborde, en Europe, le problème de l'adhésion turque : " Une fois encore, l'opinion européenne ignore la réalité de cette situation criminelle. Une Turquie islamiste peut-elle rejoindre l'Union européenne ? s'interrogent les grandes consciences. C'est un réel problème, mais une Turquie où de nombreux politiciens, hauts fonctionnaires, de récents Premiers ministres même, vivent en parfaite symbiose avec une grande mafia de la planète - de quoi faire rêver Cosa nostra de Sicile - n'est-ce pas là un grave souci ? Eh bien non. En tout cas, pas pour les commentateurs autorisés, à mille lieues de soupçonner l'existence même de la mafia turque. " Et comme chacun sait ou devrait savoir que les grandes mafias ont su nouer des alliances entre elles, qu'elles se sont dotées de la capacité d'intervenir dans le monde entier et que rien n'est plus difficile que de les éradiquer, on mesure l'inconscience et l'irresponsabilité des hommes politiques qui veulent injecter un tel venin dans le corps déjà fort affaibli d'une Europe minée par les poisons de l'Etat providence. Suicidaire !
(10/10/04).

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Chirac et Sarkozy condamnés à couler ensemble

C'est dans la matinée du dimanche 26 septembre dernier que Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac se sont mis d'accord pour d'adopter l'idée d'un référendum sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Invité le soir même du Grand Jury RTL-Le Monde-LCI, l'actuel ministre des finances et bientôt président de l'UMP voulait à tout prix desserrer l'étau qui se referme sur la majorité, menacée de perdre le référendum sur la Constitution européenne en raison notamment du problème turc. La ficelle est cependant tellement grosse qu'elle n'a pas la moindre chance de marcher. Dire aux Français qu'on les consultera dans dix ou quinze ans sur une adhésion dont ils savent parfaitement qu'elle sera alors irréversible, c'est vraiment se moquer d'eux et les mépriser ouvertement. Un sentiment que partagent équitablement Chirac et Sarkozy, dont l'absence totale de principes, l'opportunisme et le cynisme ont pu être maintes fois relevées au cours des quarante années de carrière du premier et des vingt années du second. Certains, comme François Bayrou, partisan du oui à la Constitution mais opposé à l'adhésion de la Turquie, réclament un vote au Parlement français avant le 17 décembre prochain, date à laquelle le Conseil européen doit prendre la décision d'entamer ou non les négociations avec le gouvernement turc. On souhaite bien du plaisir à Chirac et aux parlementaires si cette solution est retenue. Chirac est pour l'entrée de la Turquie, l'opinion française est très majoritairement contre. Entre les deux, les députés et sénateurs de l'UMP n'auront le choix qu'entre désavouer le président de la République, qu'ils sont censés soutenir, et leurs électeurs, dont dépend leur élection ! La division à gauche, déjà bien installée, ne peut donc que s'étendre désormais à la droite parlementaire. Et dire que tout cela aurait pu être évité si Chirac n'avait pas voulu piéger Sarkozy en décidant d'un référendum. Finalement, on doit féliciter et remercier Sarkozy de sa frénétique ambition. Elle a fini par déstabiliser Chirac et va nous permettre de les virer tous les deux !
(3/10/04).

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Sarkozy à l'Académie

Au cours de cette même émission du Grand Jury, Sarkozy a commis un lapsus qui en dit long. Voulant parler de concurrence, il a dit "conquérance", un mot qui n'existe pas mais qu'il faudrait ajouter au dictionnaire, au moins pendant le temps où Sarkozy défraiera la chronique.
(3/10/04).

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Les technocrates veulent la mort des bistrots

A quoi faut-il attribuer la singulière apathie des Français ? Sans aucun doute au fait qu'ils ne se parlent plus. La responsabilité majeure en incombe évidemment à la télévision, que nos compatriotes regardent chaque jour pendant près de trois heures et demie. Mais il faut y ajouter la disparition des bistrots. Il y en avait 200 000 en 1960, il n'y en a plus que 40 000 aujourd'hui. Or les fameuses brèves de comptoir faisaient plus pour la formation de l'opinion que tous les écrits ou les discours publics, tant il est vrai qu'une nouvelle ou une opinion recueillie en face à face laisse beaucoup plus de traces que celles qui parviennent de façon médiatisée. Coluche avait donc raison quand il s'écriait, faussement rigolard : " Pas une mob, pas un troquet, la zone ! ". Quant aux bistrots restants, ils ont du souci à se faire. Tout à sa furie réglementaire et législative, la technocratie régnante cherche à dégoûter les Français indépendants qui ont cru trouver une assurance contre le chômage en acquérant un café. Sous le vertueux prétexte qu'il faut, pour leur bien, empêcher les gens de fumer et de boire, elle a décidé une hausse vertigineuse du prix du tabac, conduisant nombre de débitants à la faillite, et fait citer en justice les patrons de bistrots qui ont laissé leurs clients prendre la route après boire. Or la seule parade à ces fléaux que sont le tabagisme et l'alcoolisme est à rechercher dans le sens de la responsabilité, que seules peuvent posséder des personnes non assistées. L'énarchie gouvernementale ayant lié son sort et sa prospérité à la société d'assistance qui détruit la France et les Français, elle ne peut que combattre férocement les derniers germes de liberté qui subsistent dans notre pays. Les bistrots étaient une cible toute trouvée, comme la médecine libérale que la Sécurité sociale a mise à genoux. C'est à ces assassinats programmés qu'il faudra aussi dire non, à l'occasion du référendum.
(3/10/04).

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Hollywood avait prévu le 11 septembre

TF1 a programmé le dimanche 26 septembre dernier " Couvre feu ", un film américain qui met en scène une vague très meurtrière d'attentats perpétrés à New York par des terroristes musulmans. La vraisemblance du scénario et la qualité de l'interprétation pouvaient donner l'impression que le film avait été réalisé après le 11 septembre 2001. Il n'en est rien, puisque qu'il date de 1998. On ne sait s'il faut féliciter les scénaristes hollywoodiens de la qualité hélas prospective de leur imagination ou blâmer les autorités américaines et les services secrets de n'avoir pas su empêcher des attentats si prévisibles - même si leur mode opératoire a été finalement différent de celui qui est décrit dans la fiction - que de simples auteurs de films avaient été capables d'en formuler l'idée de façon fort convaincante. L'imagination est rarement le propre des gouvernements. Leur structure ne s'y prête pas. Seuls quelques hommes politiques dotés de culture historique et de sens visionnaire font exception. En général, leurs concurrents moins bien dotés font tout pour les écarter du pouvoir et y parviennent. Seules des circonstances exceptionnelles et très graves peuvent les y amener. Ainsi en est-il de celles que l'Occident vit aujourd'hui. De grands changements sont à prévoir à la tête des nations qui se réclament de notre civilisation.
(3/10/04).

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Les esclavagistes font campagne en France

Un déluge d'ouvrages anti-américains et anti-capitalistes s'abat sur la France, la plupart de ces livres étant le fait d'auteurs français. Ce n'est en rien le fait du hasard. Ces livres sont pratiquement tous écrits par des gens qui vivent de l'argent public, la plupart étant universitaires et " chercheurs ", ou par des personnages qui leur sont politiquement liés. Ils se sentent terriblement menacés par le nouveau cours du monde, qui privilégie l'efficacité et exige des résultats.Tout le contraire du système public français, où règnent la gabegie financière, l'emploi à vie, la paresse et la stérilité généralisée. On a vu, avant les élections du printemps 2004, les " chercheurs " se mobiliser furieusement contre toute tentative de remettre en cause leurs privilèges et obtenir satisfaction, puisque Chirac a donné l'ordre au gouvernement de capituler en rase campagne. Aujourd'hui, ayant triomphé en France, ils sont mobilisés contre les Etats-Unis. Etant la puissance dominante, ceux-ci donnent forcément le ton. Et ce qui se fait Outre-Atlantique est de nature à rendre vaine toute victoire locale remportée par les profiteurs de l'Etat. Il est vital pour les clercs français de militer contre l'Amérique et de contribuer à sa défaite, quel que soit le terrain de l'affrontement. C'est ainsi que les difficultés rencontrées par l'armée américaine en Irak sont pain bénit pour la cléricature. Pour elle, le fait que la première puissance militaire du monde ne parvienne pas aisément à imposer sa loi à un pays de modeste dimension et peu développé est la preuve de l'inefficacité du capitalisme et, par conséquent, du bien-fondé des subventions à fonds perdus dont les clercs français bénéficient à vie. Ils tentent par ailleurs de démontrer, à l'aide de statistiques interprétées hors de leur contexte et avec une mauvaise foi confondante, que la pauvreté progresse dans le pays le plus riche du monde alors que le niveau de vie des Américains ne cesse d'augmenter, et que plusieurs dizaines de millions d'entre eux sont privés d'assurance maladie alors qu'il s'agit, pour la plupart, de salariés de petites entreprises qui, ne bénéficiant pas d'une assurance " offerte " par l'employeur (et en réalité prélevée sur le salaire des intéressés), préfèrent, étant jeunes et bien-portants, se passer d'assurance et en économiser le coût, ou, étant travailleurs immigrés temporaires, faire de même afin d'envoyer le plus d'argent possible à leur famille restée au pays. Nul ne devrait d'ailleurs ignorer qu'aux Etats-Unis les personnes considérées comme pauvres (et qui seraient des riches dans la majorité des pays du monde) sont assurées pour la maladie par un système public, Medicaid, de même que les personnes âgées par Medicare. Mais peu importent ces évidences que n'importe quel observateur connaissant un peu les Etats-Unis peut constater sans difficulté. Pour la cléricature française, il faut qu'il y ait des pauvres et des malheureux dans une société fondée sur le travail et le mérite afin de rendre moins visibles la richesse imméritée et les privilèges dont elle jouit grâce à la sueur de ceux qui travaillent pour elle en France et qui sont ses esclaves.
(26/9/04).

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Raffarin cogne sur les veuves et les petits enfants

Deux événements qui n'ont apparemment rien à voir entre eux ont marqué l'actualité en France au cours des derniers jours. D'une part le gouvernement a décidé, par un décret discrètement publié à la fin du mois d'août, de priver de la retraite de réversion de leur conjoint décédé les veufs et veuves bénéficiant de revenus de plus de 1246 € par mois (8173 F.), d'autre part le procureur de la République de Draguignan en personne, flanqués de quatre policiers de Toulon, a escaladé les grilles d'une école maternelle du Var afin de s'emparer d'une fillette de 4 ans dont les parents se disputent la garde et de la remettre à son père aux Etats-Unis. A l'issue d'une bagarre généralisée avec les enseignants et les parents d'élèves alertés par ces derniers, les  "forces de l'ordre " ont dû se replier sans avoir pu se saisir de l'enfant. Dans le premier cas, le gouvernement, pris de panique devant la levée de boucliers provoquée par cette mesure et " prenant en compte les interrogations et les inquiétudes ", a déclaré vouloir suspendre l'application du décret dans l'attente des résultats d'un rapport commandé au Conseil d'orientation des retraites, dans le second il s'est déclaré " heurté " et a exprimé " son émotion " et sa " surprise " devant " une initiative traumatisante ". Or dans un cas comme dans l'autre, nous sommes face à l'application systématique de la même politique. Celle-ci consiste à s'attaquer aux gens sans défense plutôt qu'aux groupes de pression organisés qui prennent en permanence les Français en otage et à tenter ainsi de démontrer à l'opinion que le gouvernement remet de l'ordre partout, qu'il s'agisse des finances publiques ou du fait, comme le dit M. Raffarin, que " les décisions de justice doivent naturellement être entièrement exécutées ". Il est évidemment plus facile de s'en prendre aux veuves et aux jeunes enfants qu'aux délinquants de banlieue ou aux casseurs de la CGT. Mais on se demande ce qu'il doit y avoir dans la tête de nos excellences gouvernementales pour qu'ils s'imaginent pouvoir tromper l'opinion à leur sujet au moyen de tels comportements. En vérité, nous savons fort bien ce qu'il y a dans leur tête. De petits calculs politiciens, le décompte précis des richesses dont ils disposent grâce à la politique, la hantise de devoir un jour reprendre un boulot plutôt que de se la couler douce aux frais du contribuable, et surtout un insondable mépris pour le peuple dont ils viennent et dans les rangs duquel ils ne veulent à aucun prix retourner. Fût-ce au risque du déshonneur. A cet égard, le résultat est
acquis !
(26/9/04).

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Le président de Gaz de France risque la prison

La nomination de M. Jean-François Cirelli à la présidence de Gaz de France n'est pas sans risque. En tant que conseiller économique du premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, M. Cirelli a dû rendre des arbitrages concernant l'entreprise dont il assume aujourd'hui la direction. Or il se trouve que le code pénal dit ceci :
" Article 432-13 : Est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende le fait, par une personne ayant été chargée, en tant que fonctionnaire public ou agent ou préposé d'une administration publique, à raison même de sa fonction, soit d'assurer la surveillance ou le contrôle d'une entreprise privée, soit de conclure des contrats de toute nature avec une entreprise privée, soit d'exprimer son avis sur les opérations effectuées par une entreprise privée, de prendre ou de recevoir une participation par travail, conseil ou capitaux dans l'une de ces entreprises avant l'expiration d'un délai de cinq ans suivant la cessation de cette fonction. " On objectera que Gaz de France n'est pas encore une entreprise privée. Certes. Mais l'article 432-13 ajoute : " Au sens du présent article, est assimilée à une entreprise privée toute entreprise publique exerçant son activité dans un secteur concurrentiel et conformément aux règles du droit privé. " Tel est bien le cas de Gaz de France depuis le 1er juillet 2004, la dérégulation du secteur électrique et gazier européen étant effective pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, qui peuvent donc d'ores et déjà choisir un autre fournisseur qu'EDF ou Gaz de France, avant que cela soit aussi le cas pour les particuliers à partir du 1er juillet 2007.
Jean-François Cirelli, qui est, paraît-il, doté d'un solide sens de l'humour et adepte de bons mots et de calembours, n'aura pas trop de toutes ces qualités pour faire face aux ennuis qui risquent fort de lui tomber dessus.
(26/9/04).

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Paris fête sa mort économique

La Techno Parade a paralysé Paris le samedi 18 septembre. Plusieurs centaines de milliers de jeunes gens ont défilé derrière des camions sonorisés en s'agitant frénétiquement. L'affaire serait sans grande importance si elle n'était emblématique de la mentalité qui s'impose de plus en plus en France et qui associe le goût des fêtes et le mépris du travail. De fêtes, il y en a de plus gaies que cette sinistre Techno Parade où il s'agit de noyer son ennui et sa déréliction dans un rythme assourdissant et d'imposer ce spectacle à la population afin d'exister en agressant ses oreilles et ses sentiments. Mais de tout temps la jeunesse a eu besoin de choquer pour se faire une place et il ne faut pas en vouloir aux jeunes gens de notre époque d'employer un tel moyen, même si celui-ci ne vaut pas artistiquement - et tant s'en
faut - le jazz ou même le rock qui servirent en leur temps de point de ralliement aux nouvelles générations. Le plus grave est la lâcheté des politiciens qui, non contents d'autoriser une telle manifestation au cœur de la capitale, ont cru bon d'y défiler, comme le maire de Paris, M. Delanoë, et le ministre de la culture, M. Donnedieu de Vabres. M. Delanoë est vraiment le maire qu'il fallait pour assurer le déclin de Paris. Avec ses alliés Verts, il massacre la circulation automobile et rend les uns après les autres les quartiers inaccessibles à la voiture et donc, comme chacun le sait dans le monde entier, les commerces aussi. Il cautionne en plein samedi une manifestation monstre qui ne devrait jamais se tenir en ville et fait perdre une journée de ventes aux commerçants parisiens, en même temps qu'il perturbe la vie de centaines de milliers d'habitants de la capitale. Ce qui n'empêche pas l'ineffable M. Delanoë, de déplorer, entre deux manifestations, la disparition des magasins et la fuite des entreprises et de prétendre les attirer par une simplification des démarches d'installation et une aide à la recherche de locaux. Spectateurs gogos ou résignés, les Parisiens ne réagissent plus à ces agressions permanentes. Où sont donc les élus d'opposition qui devraient être à la tête du combat contre toutes ces atteintes au droit de vivre en paix et de travailler ? Avec l'association Vivre en paix à Paris (VEPAP), dont on peut lire la rubrique sur notre site, nous disons " Pas de Jeux Olympiques à Paris, plus de manifs à Paris ". Parisiens, défendez-vous ! Personne ne le fera à votre place !
(19/9/04).

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France, fief des paresseux et des satrapes

L'économiste Jacques Marseille a donné, à l'occasion d'un débat dans Le Figaro, un éclairage intéressant du mal français. " J'ai fait un calcul rarement effectué qui a le mérite de la simplicité, explique-t-il. J'ai divisé le PIB français par la productivité du travailleur britannique ou japonais. Avec leur niveau de productivité qui est largement inférieur au nôtre, il nous faudrait cinq millions de travailleurs en plus pour produire la même chose. Autant dire que le chômage ne serait plus un problème ! " L'extrême productivité du secteur privé français s'explique par la charge inconsidérée que représente un secteur public hypertrophié, qui non seulement est totalement improductif mais qui de plus s'ingénie à empêcher le secteur privé de travailler. La  "brutale rupture de croissance ", selon les termes mêmes de M. Raffarin, qui s'est produite en France au début de 2003 a été provoquée par le craquement soudain du secteur privé qui, soumis depuis trop longtemps à des tensions excessives pour faire face aux demandes croissantes du secteur public et de la population assistée, avait alors atteint les limites de sa résistance. Depuis les choses ne se sont en rien améliorées et le petit regain de croissance dont se félicite actuellement le gouvernement est complètement artificiel puisqu'il repose presque exclusivement sur les dépenses publiques, autrement dit sur de l'argent pris aux entreprises et aux particuliers, autrement dit encore sur l'investissement et la consommation. La politique du sapeur Camember en quelque sorte ! La seule solution pour que la France sorte du gouffre est celle qui consiste à réduire très fortement les dépenses publiques et les charges fiscales et sociales. Qu'on songe à ce que pourrait être la situation de la France si elle avait le même niveau de prélèvements obligatoires que l'Allemagne (laquelle en a pourtant beaucoup trop et ne parvient toujours pas à s'en sortir), c'est-à-dire sept points de PIB de moins. Il serait alors possible de supprimer en France l'impôt sur le revenu et la CSG, ou bien la TVA. Dans ce dernier cas, cela ferait baisser les prix de près de 20 % ! (Nous ne faisons ce calcul que pour bien montrer l'enjeu, car nos engagements européens ne nous permettent pas cette mesure, mais l'effet général sur l'économie d'une telle baisse des prélèvements serait équivalent). La fausse droite le sait parfaitement et si elle ne le fait pas, ce n'est pas parce qu'elle ne le peut pas, mais parce qu'elle ne le veut pas. Il s'agirait en effet non pas d'un changement de politique mais de régime. La fausse droite française ne doit son pouvoir qu'à l'abaissement des laborieux au profit des paresseux par le moyen des impôts et des charges et par la stérilisation ainsi obtenue de toute initiative politique que pourraient prendre ceux qui, seuls, font vivre le pays et en sont devenus les esclaves ! Certains trouveront ces mots trop forts. Qu'ils se regardent dans la glace. Ils y verront soit une face d'esclave, soit une face d'assisté. Et qu'ils ouvrent un journal : ils y liront de long en large les exploits mirobolants et y verront les photographies avantageuses des satrapes ventrus et fessus qui gouvernent la France. Quel spectacle !
(19/9/04).

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Le prince Felipe d'Espagne va changer de nom avec Zapatero

Le prince Felipe d'Espagne et sa jeune épouse Letizia ont failli ne pas trouver de place dans un restaurant de Palma de Majorque où ils passaient leurs vacances en août dernier. Le prince avait pourtant pris la précaution de réserver une table, mais afin de ne pas attirer l'attention, il l'avait fait au nom du senor Rodriguez. Ne voyant pas arriver le couple Rodriguez et croyant qu'il ne viendrait pas, le patron donna la dernière table libre du restaurant à d'autres clients. C'est alors qu'arrivèrent les Rodriguez en la personne de qui le malheureux patron reconnut aussitôt le couple princier. Il se confondit en excuses, mais très gentiment Felipe et son épouse prirent place au bar pour attendre une table, ce qui ne tarda guère, un couple qui les avait reconnus ayant décidé de prendre le café au bar et de leur laisser place. Il faut savoir que Rodriguez est en Espagne un nom si répandu qu'on le donne quand on veut précisément n'être pas identifié. C'est la raison pour laquelle l'actuel président socialiste du gouvernement espagnol se fait appeler Zapatero, nom de sa mère, alors qu'il devrait porter celui de son père, Rodriguez. La prochaine fois, Felipe n'aura qu'à réserver au restaurant sous le nom de Zapatero. Après tout, si ce patronyme ne sert pas, autant l'utiliser à quelque chose d'utile et d'agréable. Pour une fois que le socialisme peut rendre service !
(19/9/04).

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Frégates de Taïwan : on va peut-être savoir qui a touché

Un corbeau fait trembler la classe politique française. Il s'agit de l'informateur anonyme qui, depuis plusieurs mois, adresse régulièrement au juge Renaud Van Ruymbeke des lettres contenant des listes de comptes bancaires ouverts à la chambre de compensation Clearstream, établie au Luxembourg, par des banques ou des personnes physiques nommément désignées et sur lesquels auraient abouti une bonne partie des commissions versées à l'occasion de la vente par la France à Taïwan de six frégates La Fayette, un marché colossal de 16 milliards de francs. A la fin du mois d'août dernier, le juge Van Ruymbeke a reçu un second cédérom encore plus explicite que le premier, ce qui l'a conduit à lancer aussitôt de nouvelles commissions rogatoires pour vérifier les affirmations de son informateur. Par ailleurs la justice suisse a accepté que les relevés des comptes du principal intermédiaire dans cette affaire, Andrew Wang, recueillis par le juge d'instruction Paul Perraudin, soient transmis au juge Van Ruymbeke, mais le gouvernement helvétique doit encore décider si la convention d'entraide judiciaire entre la Suisse et la France autorise cette transmission, à laquelle s'opposent évidemment les avocats de M. Wang. Afin de mieux comprendre les tenants - et peut-être bientôt aboutissants - de cette affaire, on peut lire le livre de l'ancien juge d'instruction Thierry Jean-Pierre, "Taïwan Connection " (Editions Robert Laffont).
(12/9/04).

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Sarkozy se casse les dents sur l'Europe

La proposition de Nicolas Sarkozy de supprimer le bénéfice des fonds structurels de l'Union européenne à ceux des dix nouveaux pays entrants qui maintiendraient leur impôt sur les sociétés en dessous de la moyenne du taux européen a fait chez nos partenaires l'unanimité … contre elle. " Ce n'est pas, sous cette forme, la position de l'Allemagne ", a aussitôt déclaré le ministère allemand des finances. Jacques Barrot, nouveau commissaire désigné par la France s'est empressé également de se désolidariser de la proposition du ministre français de l'économie. Quant au commissaire européen aux Affaires économiques, l'espagnol Joaquin Almunia, qui a succédé récemment à son compatriote Pedro Solbes, nommé ministre des finances du gouvernement socialiste de M. Zapatero, il a descendu en flammes la position de la France. " Les pays qui viennent d'entrer dans l'Union européenne, a-t-il déclaré, ont des revenus bien inférieurs à ceux de l'UE 15. Je crois que l'UE élargie doit renforcer et non affaiblir ses politiques de cohésion pour réduire les inégalités entre territoires. " Et pour que tout soit définitivement clair, il a ajouté : " Nous n'allons pas faire de distinction dans la façon d'appliquer les fonds de cohésion entre le Portugal et la Lituanie, ou entre l'Espagne et Malte. Ce sera la même application pour tous. " Rappelons que les fonds structurels sont destinés à aider les régions sous-développées et qu'ils représentent 31,5 % du budget de l'Union européenne, soit 28,35 milliards d'euros sur un total de 90 milliards d'euros. La position de M. Sarkozy, qui accuse les nouveaux entrants dans l'Union de dumping fiscal, est indéfendable à tous égards. L'incapacité de la France à faire baisser sa fiscalité ne doit pas nous conduire à rendre les autres coupables de nos malheurs. Et comment un ministre qui se dit européen convaincu et s'apprête à conduire la campagne de l'UMP pour le oui au référendum peut-il oublier à ce point un des fondements majeurs de l'Europe communautaire, qui a permis aux pays en retard de recoller au peloton et d'augmenter la richesse de l'ensemble ? Décidément, M. Sarkozy est tout sauf un homme d'Etat.
(12/9/04).

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La dette cachée qui affole l'Europe

Les ministres des finances de la zone euro qui viennent de se réunir à Bruxelles ont enfin ouvert les yeux sur un problème qui menace beaucoup plus l'économie de l'Union européenne et l'euro que les déficits budgétaires annuels des Etats, qui sont pourtant fort préoccupants, notamment en France et en Allemagne. Il s'agit de ce qu'on appelle " la dette cachée ", que constitue l'augmentation inéluctable des dépenses de retraite et de santé dues au vieillissement de la population. C'est ainsi que la France a une dette publique visible de 1000 milliards d'euros et une " dette cachée " (mais fort bien connue des initiés) d'au moins 3800 milliards d'euros envers ses retraités. Face à une telle montagne de dettes, notre pays n'a constitué aucune provision. Autant dire qu'il court à la faillite, tout comme l'Allemagne, engluée elle aussi dans un système de répartition intégrale. S'ils ont besoin d'idées, les ministres européens peuvent en demander à Alan Greenspan, le président de la réserve fédérale américaine (Fed), qui a récemment déclaré : " Si nous avons promis aux retraités plus que notre économie peut donner sans diminuer le revenu des salariés, comme je crains que ce soit le cas, nous devons recalibrer nos programmes publics pour que les futurs retraités aient le temps de s'adapter par d'autres biais. " Les lecteurs de notre site peuvent consulter le programme de Claude Reichman à l'élection présidentielle de 2002, ainsi que le manifeste du Syndicat Retraite Action pour constater qu'y sont évoqués de façon claire et précise à la fois le problème de la dette des retraites et la façon d'y faire face. Aucun autre responsable politique français ne s'est jamais soucié de ce qui constitue une bombe à retardement dont les effets destructeurs sur la société française seront effrayants. Il est vrai que les politiciens français ont choisi pour devise " Après nous le déluge ! "
(12/9/04).

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Bové enfin empêché de nuire

Le gouvernement s'est enfin opposé aux exactions de José Bové et de ses   "faucheurs " d'organismes génétiquement modifiés (OGM). Bien entendu, le mot de " faucheurs " adopté par ceux qu'il vaut mieux qualifier de vandales obscurantistes et de démagogues n'est pas plus innocent que celui de  "démontage " utilisé par le gauchiste moustachu pour qualifier la destruction par ses soins d'un Mac Do à Millau. Il s'agit d'apparaître comme de paisibles et bucoliques contestataires, alors que la violence est au cœur même de l'action de Bové et de ceux qui le suivent. Le gouvernement s'était ridiculisé en se contentant de faire prendre en photo par les gendarmes les destructeurs de parcelles d'OGM. Ces derniers s'étaient ensuite présentés en groupe devant les gendarmeries en demandant à être entendus comme leurs meneurs convoqués par la justice. Autant dire qu'ils ne prenaient pas un instant au sérieux les rigueurs de la loi dont les avait menacés le garde des sceaux, Dominique Perben, en juillet dernier. Nous avions à l'époque reproché aux pouvoirs publics de ne pas défendre les propriétés privées que sont les champs dédiés à l'expérimentation des OGM et de ne pas s'opposer au viol des lois républicaines, puisque ces essais ne peuvent être menés sans autorisation ministérielle. Mais le dimanche 5 septembre, Bové et ses troupes ont enfin, dans le Gers, trouvé sur leur chemin des gendarmes qui avaient reçu l'ordre de protéger la parcelle d'OGM que les vandales avaient l'intention de détruire et qui les en ont empêchés. Courageusement, Bové avait invité les femmes à se placer à côté de lui en tête de cortège, pensant sans doute dissuader ainsi les forces de l'ordre de remplir leur mission. La fermeté nouvelle du gouvernement à l'encontre des gauchistes de Bové ne doit pas rester l'exception. Nous attendons de lui qu'il s'oppose désormais vigoureusement aux exactions des membres du Syndicat du livre, à celles des syndicats agricoles et de manière générale, à tous les comportements violents, qu'il défère leurs auteurs à la justice et que celle-ci les sanctionne lourdement. C'est à ce prix que la paix civile pourra enfin régner en France et que de véritables débats démocratiques pourront se dérouler. Notamment sur l'innocuité supposée des organismes génétiquement modifiés et sur les garanties que les scientifiques sont ou non en mesure de nous apporter.
(6/9/04).

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L'affaire des journalistes pris en otages sonne le glas de la laïcité en France

A l'heure où nous écrivons ces lignes, les deux journalistes français pris en otages en Irak n'ont toujours pas été libérés. Mais quelle que soit l'issue -   qu'on souhaite bien évidemment heureuse - de cet évènement, les conséquences intérieures en seront lourdes. Car pour tenter d'obtenir la libération des otages, le gouvernement a dû faire appel au soutien des organisations islamiques en France et celles-ci sauront, le temps venu, le lui rappeler. Cette brutale intrusion du communautarisme à un moment hautement dramatisé de la vie nationale était inéluctable à partir du jour où l'on a estimé, au niveau gouvernemental, qu'il valait mieux organiser la représentation des musulmans en France plutôt que de les considérer comme des citoyens ordinaires. Or telle est bien la véritable définition de la laïcité, qui ne reconnaît pas de corps intermédiaires entre les individus et l'Etat. Ces derniers peuvent certes s'organiser au plan politique, syndical ou associatif, mais ils s'y expriment en tant que membres de la communauté nationale et non sur une base ethnique ou religieuse, sauf dans le cas des activités cultuelles, mais celles-ci doivent se borner au fonctionnement du dispositif religieux. Il fallait une bonne dose de faiblesse ou d'inconscience chez les gouvernants français pour penser qu'un Conseil français du culte musulman bornerait ses interventions à l'organisation du culte. Surtout quand la religion en question a autorité sur tout le champ des activités temporelles de ses tenants. En permettant aux organisations islamiques de s'ingérer de façon spectaculaire dans l'affaire de la prise en otage de deux journalistes français, action dont l'objectif était d'obtenir l'abrogation de la loi sur le voile à l'école, on a reconnu aux dites organisations le droit d'intervenir désormais sur tous les aspects de la vie nationale où des décisions démocratiquement prises pourraient être contestées au nom des stipulations de l'Islam. On peut être sûr qu'elles ne se priveront pas de le faire.
(6/9/04).

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Balladur " allume " Chirac et le gouvernement

Nous avions dès le début affirmé que la " réforme " des retraites et celle de l'assurance-maladie n'étaient pas financées. Il n'a fallu que quelques mois à Edouard Balladur pour s'apercevoir que nous avions raison. Il vient en effet de critiquer vertement l'action du président de la République et du gouvernement dans ces deux domaines en dressant un véritable réquisitoire qu'a publié le journal Le Monde dans son édition datée du 4 septembre 2004. " Depuis trente ans, écrit l'ancien premier ministre, qu'a commencé partout dans le monde le grand mouvement d'émancipation des énergies et de recul de la réglementation, notre société hésite, elle avance parfois, mais en regardant en arrière, attachée au modèle social-étatiste qu'il y a trois générations l'on confondait avec le progrès ". Notons qu'il n'y a aucune évolution à cet égard dans le personnel politique français. Il suffit pour le constater d'écouter ou de lire quotidiennement ses déclarations. Jamais le social-étatisme, comme dit M. Balladur, n'a été aussi envahissant. Au point qu'on peut légitimement se demander si la France officielle n'est pas atteinte d'un mal psychiatrique incurable. " Quel est le but de la politique ? se lance à lui-même Edouard Balladur ainsi qu'à ses collègues politiciens. Assurer le progrès. A quoi juge-t-on de la réussite ? A l'augmentation de la richesse produite, au plein emploi, à la capacité de concurrencer efficacement le reste du monde. " Il n'est pas difficile de mesurer à cette aune l'échec du gouvernement Raffarin, comme de tous ceux qui l'ont précédé depuis trente ans. M. Balladur note ensuite que " le financement des retraites privées et publiques n'est pas assuré pour le long terme " et qu'en fait de redressement de l'assurance-maladie, " le déficit cumulé passerait de 30 à près de 50 milliard d'euros à la fin de 2006 ". Et de conclure qu'à défaut de véritable réforme, " nous irons de remise en cause en remise en cause, de plan de rigueur en plan de rigueur, à la poursuite d'un inaccessible équilibre ". Bienvenue au club !
(6/9/04).

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Chirac se sent fort comme un Turc

C'est avec jubilation qu'en recevant le premier ministre turc à l'Elysée, Jacques Chirac a affiché son soutien à l'intégration de son pays à l'Union européenne. Comme Chirac sait parfaitement que l'opinion est majoritairement défavorable à cette entrée et que son propre parti, l'UMP, l'est aussi, il a ainsi confirmé avec éclat que son objectif est bien de perdre le référendum sur la constitution européenne prévu pour le deuxième semestre de 2005. Certes l'adhésion de la Turquie ne sera pas la question posée, mais elle sera sous-jacente. D'une part parce que le projet de constitution introduit le poids démographique dans les décisions prises par l'Union, et que celui de la Turquie en fait d'ores et déjà le deuxième pays le plus peuplé, après l'Allemagne, et qu'il est appelé à devenir rapidement le premier, et d'autre part parce que tout référendum, en France, est susceptible d'être dévié de son sens en raison du fait que le peuple saisit l'occasion de pouvoir dire enfin ce qu'il pense réellement de ses gouvernants et de leur politique. Le référendum sur la constitution européenne s'inscrira évidemment dans cette ligne. C'est parce qu'il est dans une impasse que Chirac a choisi la voie du référendum. Depuis les élections régionales de mars 2004, il sait qu'il n'a plus la majorité dans le pays et qu'on ne peut durablement gouverner ainsi. D'autant que les députés UMP, affolés à l'idée de la défaite qui les attend en 2007, ne jurent plus que par Sarkozy, qui ne rêve que de prendre la place de Chirac à l'Elysée. Le référendum offre donc à Chirac l'occasion rêvée pour se débarrasser de Sarkozy et de l'UMP et de cohabiter à nouveau avec les socialistes avec l'espoir de battre son premier ministre en 2007 comme il l'avait fait en 2002. Alors permettez, cher Erdogan, que je vous secoue à nouveau la main, vous me rendez un signalé service ! Et en plus je vous fourgue une quarantaine d'Airbus ! Ah, il y a des jours où la vie est vraiment belle, pas comme ces mercredis où il y a conseil des ministres et où il faut se farcir la tronche de Sarko pendant des heures d'horloge !
(30/7/04).

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Raffarin fait trembler les banlieues

Lamentable, le comportement de l'Etat dans l'affaire du fauchage du maïs génétiquement modifié, à Verdun-sur-Garonne. A peine une trentaine de gendarmes face à 1500 " faucheurs volontaires ", qui ne les ont pourtant pas pris par surprise puisqu'ils avaient annoncé leur venue et qu'ils se déplaçaient en convoi. La troupe conduite par les deux moustachus de service, Bové et Mamère, a pu tranquillement arracher les plants de maïs, tandis que les pandores s'adonnaient à l'art de la photo, indiquant simplement que " les gens identifiés feraient l'objet de poursuites judiciaires ". Ce que les Français ont pu constater une fois de plus à cette occasion, c'est que les pouvoirs publics ne font plus respecter la loi. La parcelle semée de maïs génétiquement modifié avait été autorisée et était propriété privée. En laissant faire les " faucheurs ", le gouvernement a démontré que ni la loi ni la propriété n'avaient le moindre sens dans la France d'aujourd'hui. La simple prise en photos des contrevenants, si l'on tire toutes les conséquences d'une telle attitude, revient en quelque sorte à dire à tous les malfaiteurs de la création : Commettez vos méfaits comme il vous plaira, on ne vous en empêchera pas, mais on vous prévient, vous êtes photographié et on vous poursuivra. " Ah bon, rigoleront les malfrats, mais il faudra d'abord que vous nous attrapiez ! " Vraiment, le gouvernement marche sur la tête. Il laisse Mamère marier des homosexuels et dévaster avec Bové une propriété privée et pour toute sanction lui inflige un mois de suspension de sa fonction de maire et une photo ! Terrible ! Raffarin, c'est vraiment Gengis Khan ! D'ailleurs, on en tremble dans les banlieues. De rire !
(30/7/04).

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" Jeunes " : on a trouvé un magistrat pour la répression !

Chirac et Raffarin feraient bien de lire France Soir plus attentivement. Ils comprendraient un peu mieux le problème posé par les " jeunes " des banlieues et découvriraient la manière de le résoudre. Commentant les avis exprimés par les lecteurs de ce quotidien sur la manière de combattre l'antisémitisme et le racisme en France, le responsable de la page Opinions du journal, Jean-François Crozier, écrit : " Le soir de ce 14 juillet, je faisais observer à un mien ami magistrat à quel point certains de nos jeunes compatriotes d'origine sub-méditerranéenne mettaient d'ardeur à fêter la nation à l'aide de stocks de pétards apparemment inépuisables. A quoi, pas dupe, le magistrat me répondit : " A ces types-là, tout est prétexte à tester leurs capacités de nuisance ! C'est vrai de ces pétards du 14-juillet. Ça l'est aussi de l'Intifada qu'ils jouent à transposer ici, le risque en moins. Le drame est que l'on continue à vouloir leur chercher des excuses, à les "comprendre " et à le leur faire savoir. Ce sont des brutes, pas des imbéciles. Et tant que la réponse sociale, politique et républicaine ne sera pas à la hauteur de leurs méfaits - et appliquée selon notre échelle de valeur pas la leur ! - ils n'ont aucune raison de cesser. " Précision : mon ami magistrat est Tunisien. "
(30/7/04).

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Guillaume Sarkozy, vice-président du Medef et frère de l'autre, perd ses nerfs

Un lecteur nous écrit : " La semaine dernière, à l'occasion d'une rencontre à l'initiative du Medef, j'ai pu assister à une conférence de M. Guillaume Sarkozy à l'issue de laquelle des questions purent être posées, le thème retenu étant la Sécurité sociale. Je n'ai pas manqué de demander " pourquoi à aucun moment de cet exposé (brillant et complet) la fin du monopole de la Sécurité sociale n'avait été abordée ni évoquée ". Quelle ne fut pas ma surprise d'obtenir une réponse plutôt hargneuse, en tout cas agacée, prétendant que " cela n'était qu'un combat donquichottesque ne reposant que sur des chimères pour l'instant et que seuls notre gouvernement et nos institutions pouvaient en décider un jour autrement ". L'attitude de M. Guillaume Sarkozy est très révélatrice de l'affolement qui a saisi la technostructure française devant la médiatisation chaque jour croissante de la fin du monopole de la Sécurité sociale. Les oligarques qui dirigent la France, qu'ils soient politiciens, hauts fonctionnaires ou représentants syndicaux, s'imaginaient que le peuple resterait éternellement ignorant de ses droits. Il suffisait pour cela de contrôler étroitement la télévision, les radios et les principaux médias. Mais voilà, comme l'écrit le journal Le Monde, " le poids d'Internet et l'accélération du rythme de circulation de l'information ne simplifient rien ". Et c'est précisément par Internet, ainsi que par quelques rares médias restés libres, que s'est répandue la grande nouvelle de la liberté enfin gagnée des Français vis-à-vis de la pieuvre sociale. A présent, les grands médias (ou ceux qu'on appelle ainsi, car ils ne représentent plus grand-chose face à la puissance illimitée du Web) ne peuvent plus que courir derrière leurs lecteurs et leur confirmer la fin du monopole de la Sécurité sociale. C'est parce que M. Guillaume Sarkozy et ses semblables, qui se prétendent représentants des entreprises et qui ne le sont pas, savent qu'ils ont tout à perdre de la liberté des Français qu'ils s'affolent devant les progrès fulgurants de l'information indépendante et tiennent des propos dont le ridicule le dispute à l'impudence. Ah bon ? Un combat donquichottesque, des chimères, c'est notre gouvernement qui décide ? Ben voyons ! Notre gouvernement n'a plus rien à décider. Tout est dans les lois de la République et les Français, eux, sont bien décidés à les faire appliquer. D'ailleurs pouvait-il en être autrement ? L'ouverture des frontières en Europe a supprimé tous les monopoles, et celui de la Sécurité sociale n'a pas fait exception. Au fait, M. Guillaume Sarkozy, Don Quichotte, si vous vous en souvenez, s'attaquait à des moulins à vent. Nous, c'est une forteresse surarmée et fortement gardée que nous avons prise d'assaut. Et aujourd'hui, il y flotte l'étendard de la liberté.
20/7/04).

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Pour Chirac, les musulmans et les juifs ne sont pas vraiment français

A propos de la fausse agression du RER D, Jacques Chirac, au cours de son entretien télévisé du 14 juillet, s'est ainsi exprimé : " C'est une affaire regrettable à tous égards. Mais je ne regrette pas. Nous sommes dans une période où les manifestations d'ordre raciste, qu'elles mettent en cause nos compatriotes juifs ou musulmans ou d'autres, tout simplement parfois des Français dans certains endroits, sont l'objet d'agressions au seul motif qu'ils n'appartiennent pas à telle ou telle communauté ou qu'ils ne sont pas originaires de telle ou telle communauté. C'est inacceptable. " On avait beaucoup critiqué Raymond Barre, alors premier ministre, pour avoir déploré que l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic ait tué " des Français innocents ". Mais là, silence général. Les propos du président de la République n'ont pas même été rapportés dans la presse nationale, à l'exception du Parisien. Serait-ce parce que Chirac passe pour le parangon des vertus antiracistes et que son dérapage incontrôlé, dans lequel il est difficile de ne pas apercevoir le fond de sa pensée, gêne tout le monde dans la classe politico-médiatique ? A l'évidence, c'est la bonne réponse. Chirac n'est probablement pas plus raciste qu'un autre, et peut-être même un peu moins, mais il ne peut qu'être effaré, comme tout le monde, de constater l'embrasement des affrontements communautaires dans notre pays. Et du coup, le voilà qui s'écrie, comme Fernand Raynaud en son temps : " Restons Français ! " La seule différence avec cet humoriste regretté est que celui-ci avait fait de son sketch une charge contre le chauvinisme idiot et que Chirac, lui, n'a pas fait exprès de s'exprimer ainsi. Du coup, le roi est nu et les éditorialistes de la presse, qui ne sont plus des enfants, n'ont pas eu le courage de le crier. Si l'on veut une autre comparaison avec l'univers du spectacle, qu'on se souvienne de Louis de Funès, jouant comme souvent un personnage de grand bourgeois égoïste et irascible, et répondant à son maître d'hôtel d'origine africaine qu'il venait d'engueuler et qui lui reprochait de se comporter mal avec lui parce qu'il était noir : " Mais non, vous n'êtes pas noir ! " C'est un peu cela, l'antiracisme de Chirac. La négation des évidences pour faire chic et être apprécié des " bien-pensants " de la gauche caviar et des médias. Eh bien non, ce n'est pas cela l'antiracisme, M. Chirac! C'est de débusquer le refus des différences, l'intolérance et la haine partout où ils s'expriment et quels que soient ceux qui s'en font les vecteurs. Finalement, la fameuse sortie de Chirac sur les " odeurs " n'était pas le fruit d'une improvisation malencontreuse mais, comme celle du 14 juillet 2004, l'expression du fond de sa pensée. Et voilà Chirac privé du dernier atour qui parait encore son personnage en décrépitude ! Le roi est vraiment nu, et ce n'est pas beau à voir !
(20/7/04).

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Générosité ou bêtise ? Les médecins font cadeau de dizaines de milliards à la Sécu

Interviewé par Le Parisien, le directeur de la Caisse primaire d'assurance maladie de Lyon, Gérard Ropert, y va de l'habituel couplet sur les   "avantages " consentis aux médecins par la Sécurité sociale : " Rappelons - ce que beaucoup de gens ne savent pas - que l'assurance maladie prend en charge les trois quarts des charges sociales des médecins, soit 10 000 à 15 000 € par an. En échange, ils doivent appliquer des tarifs conventionnels qui garantissent un égal accès aux soins pour tous. " L'argument a tellement servi, et il est tellement faux - au point d'être fou - qu'on s'étonne qu'il puisse encore être avancé. Mais il est vrai que les blagues les plus appréciées du public sont celles qu'il connaît déjà (c'est ce qu'on appelle rire sans danger), au point que des journaux ont pu faire fortune en appliquant cette méthode éprouvée qui consiste en somme à ne vendre que de la conserve. Pour en revenir aux mirobolants " avantages " généreusement accordés aux médecins par la Sécurité sociale, voici ce qu'en disait le Mouvement pour la Liberté de la Protection Sociale (MLPS) dans un communiqué du 3 décembre 1995 (presque dix ans déjà) :

Les professions de santé ont fait cadeau de dix milliards à la sécurité sociale en 6 ans.

Répondant à une question de M. Daniel Colin, député du Var, (Assemblée nationale, 23 octobre 1995, question n° 27233 du 5 juin 1995), Mme le ministre de la solidarité entre les générations a indiqué que de 1989 à 1994 inclus, soit pendant les six dernières années, le régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, géré par la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) a perçu de ces praticiens des cotisations pour un montant total de 19,98 milliard de francs et leur a versé des prestations pour un montant total de 9,38 milliards de francs.
C'est donc un cadeau de 10,6 milliards de francs que les praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés ont fait à la Sécurité sociale au cours des six dernières années. "

On s'étonne que depuis 1995 aucun parlementaire soucieux de vérité n'ait posé la même question aux gouvernements successifs. La réponse n'est toutefois pas difficile à imaginer. Il suffit de procéder à une simple règle de trois et d'appliquer un coefficient d'actualisation pour arriver à un total de 34 milliards de francs (5,1 milliards d'euros) de cadeaux faits par les professions de santé depuis 1989. Ce qui n'a pas empêché la Sécu d'accumuler les déficits. Cet organisme que-le- monde-entier-nous-envie est décidément impayable, à tous les sens du terme. En attendant, on se demande ce que font les syndicats médicaux, qui sont censés défendre les intérêts matériels et moraux de leur profession. Suggérons-leur un slogan simple et efficace : " I want my money back ! ". L'auteur de cette inoubliable formule, Margaret Thatcher, ne leur demandera pas de droits d'auteurs, toute heureuse de constater qu'il existe encore des Frenchies non invertébrés. On peut toujours rêver !
(20/7/04).

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Jacques Barrot fait rire tout Bruxelles

La prétention de la France à faire attribuer à Jacques Barrot, nouvellement nommé commissaire européen, le portefeuille de la Concurrence ou du Marché intérieur a fait l'unanimité contre elle à la Commission européenne, où l'on est partagé entre le rire et la fureur. " Quoi, y dit-on, la France qui traîne les pieds pour appliquer chez elle les décisions communautaires en matière de concurrence et qui est la championne des aides publiques à ses industries voudrait avoir la responsabilité de ces secteurs sensibles ? C'est à la fois de l'impudence et de l'inconscience. " On se demande d'ailleurs comment une telle idée a pu germer dans les cerveaux gouvernementaux français. La personnalité de Jacques Barrot, qui est tout sauf un libéral, n'avait déjà rien pour séduire les milieux de la Commission, dont le rôle principal - faut-il le rappeler ? - consiste à veiller à la mise en oeuvre et au bon fonctionnement des traités européens qui ont fait de l'Union un marché sans frontières où les hommes, les produits et les services doivent pouvoir circuler librement, ce qui oblige les autorités bruxelloises à la plus grande vigilance face aux obstacles dressés contre la concurrence et les lois du marché. Mais surtout l'habitude de la France de faire en permanence la leçon aux autres Etats européens est devenue insupportable à ceux-ci, surtout depuis que Jacques Chirac a été réélu et, débarrassé de Jospin, a cru pouvoir imposer ses vues à nos partenaires. A cet égard, la guérilla permanente menée par l'Elysée contre les Etats-Unis a indisposé jusqu'aux moins atlantistes de nos partenaires, qui rappellent simplement la règle de bon sens et de bonne conduite qui veut qu'on ne se trompe pas d'adversaire. La situation intérieure de la France ne donne d'ailleurs pas à notre pays les meilleurs atouts pour s'imposer au plan européen. Incapable de procéder chez elle aux réformes que tous les pays de l'Union européenne sont en train de conduire chez eux, la France apparaît comme l'homme malade de l'Europe. Et c'est elle qui voudrait régir la santé de l'ensemble ! Bouffon ! Quant à Jacques Barrot, il essaye d'apprendre l'anglais pour n'être pas trop ridicule dans ses nouvelles fonctions. Avec son accent valaisan, il n'est pas au bout de ses peines. Décidément notre personnel politique n'est pas un bon produit d'exportation. D'autant qu'il a de plus en plus de mal à se vendre sur le marché français. Au point où en sont arrivées les choses, il faut solder tout ce qu'on a en magasin et faire rentrer de nouvelles collections !
(11/7/04).

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Un Chinois à la tête de la résistance en France

Georges W. Bush a d'ores et déjà perdu l'élection présidentielle de novembre 2004 … si ce sont les Français qui votent. Un sondage du Figaro Magazine nous apprend en effet que 78 % des Français souhaitent voir élu le candidat démocrate, John Kerry, contre 9 % seulement en faveur de Bush. Heureusement pour l'actuel président des Etats-Unis, ses compatriotes sont moins négatifs et lui attribuent 41 % de suffrages contre 44 % à son concurrent. La marge d'erreur dans ce genre de sondage étant de l'ordre de 5 points, la compétition est en réalité très équilibrée et son résultat indécis. Il est étonnant qu'il y ait quand même 9 % de Français pour souhaiter la réélection de Bush, quand on considère la propagande hostile dont il est en permanence l'objet de la part des médias de notre pays. Si l'on voulait une preuve éclatante de l'inféodation totale de ceux-ci aux idées de gauche, on l'obtiendrait à cette occasion. C'est d'ailleurs la raison qui rend ce genre de sondage peu crédible. Les personnes interrogées, effrayées par la " pression populaire " montée de toutes pièces par les médias, n'osent pas plus exprimer leur opinion réelle qu'ils ne le font quand on la leur demande sur une personnalité diabolisée par les médias. Ce qui n'empêche nullement la dite personnalité d'obtenir de bons résultats quand les sondés se transforment en électeurs et, protégés par l'isoloir, expriment leur véritable sentiment. La désinformation systématique dont les Français sont victimes de la part de leurs médias va finir par créer un grave trouble du langage dans notre pays, et par conséquent une crise de la vie publique, puisque celle-ci ne fonctionne qu'au moyen de mots. Dans un fort intéressant ouvrage intitulé " La désinformation par les mots " et qui vient de paraître aux éditions du Rocher, Maurice Pergnier écrit : " Les mots qui disent notre vie en société circulent comme les billets de banque et les pièces de monnaie, avec leur pouvoir d'achat ; on se les repasse sans trop s'interroger sur ce qui fonde leur valeur. Pourtant, ils ne véhiculent pas seulement des fragments de réel, mais des visions du monde, des jugements implicites, des systèmes de valeur impulsés par ceux qui les ont mis en circulation, consciemment ou à leur insu. " Alors, si les mots sont comme des billets et des pièces, ils sont également soumis à la loi de Gresham : la mauvaise monnaie chasse la bonne. On peut donc prévoir une révolution du langage en France, les citoyens réfractaires à l'idéologie officielle et aux mots qui l'expriment, et qui sont de plus en plus nombreux à ne pas les supporter, vont vouloir utiliser des mots non dévalorisés à la place de ceux qui circulent dans les médias du régime et parmi les couches soumises de la population. Par bonheur, la langue française regorge de mots excellents et qui ne demandent qu'à reprendre du service. Remplaçons donc par exemple " communication " par " propagande " et nous verrons les " communicateurs " prendre un autre visage et apparaître sous leur véritable jour qui deviendra vite odieux à tout le peuple. C'est sans doute ce que voulait dire Confucius quand il recommandait, face à la grave crise qui affectait son pays, de faire un dictionnaire.
(11/7/04).

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Lavage de cerveaux à TF1

Décidément, le PDG de TF1, Patrick Le Lay, fait de remarquables efforts pour ressembler à sa marionnette des Guignols de l'Info. Interviewé dans un ouvrage intitulé Les dirigeants face au changement et qui vient de paraître (Editions du Huitième jour), il déclare qu' " il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective " business ", soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit ". Après ce constat, le discours de la méthode : " Pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible, c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. " Un tel cynisme est réjouissant. Tout simplement parce qu'il est bon d'entendre la vérité, même quand elle n'a rien de ragoûtant. Mais après tout, diront certains, il n'y a rien de choquant dans les propos de Patrick Le Lay : TF1 est une chaîne privée, qui ne vit donc pas d'argent public : elle est libre de faire ce qu'elle veut, et les téléspectateurs qui la regardent sont libres de se laisser conditionner. Mais il se trouve que la chaîne de télévision que dirige M. Le Lay a reçu son autorisation d'émettre et d'occuper l'espace hertzien - qui est limité par nature - au vu de critères d'intérêt public, notamment au plan informatif et culturel, qu'elle ne respecte pas et que l'autorité de tutelle, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), se garde bien de lui rappeler. TF1 s'est donc approprié un bien public pour un usage purement commercial et privé et n'en éprouve pas le moindre remords. Un tel cynisme est très représentatif de la dégradation de l'esprit public en France. Tels les augures à la fin de la République, à Rome, les politiciens et les oligarques détenteurs de privilèges ne peuvent se rencontrer sans éclater de rire, tant leurs affèteries démocratiques sont insincères et leur paraissent burlesques. Tout cela va mal finir !
(11/7/04).

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Le groupe Dassault commence à canarder Chirac

La famille Dassault vient d'envoyer un avertissement sans fard à Jacques Chirac : qu'il cesse de s'opposer à l'ascension de Nicolas Sarkozy ou
bien … ! Cet avertissement a pris la forme d'un double coup de semonce. Dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles, propriété du groupe Dassault, le directeur général de la rédaction, Michel Kempinski, écrit le 2 juillet : " Il est partout : du front de la sécurité à celui de l'économie, Nicolas Sarkozy affiche une détermination et une aisance qui laissent pantois à droite comme à gauche. Le phénomène aurait pu être un feu de paille. Il dure depuis plus de deux ans, sans mollir bien au contraire. (…) Il est grand temps que la droite cesse de marcher sur la tête en transformant en adversaires ceux qui sont les meilleurs moteurs de sa réussite. Mais ceux, et il y en a encore beaucoup, qui lui reprochent d'en faire trop en font-ils vraiment assez ? " Le lendemain, 3 juillet, c'est Olivier Dassault, député de l'Oise et secrétaire national de l'UMP, qui publie une tribune dans Le Figaro, dont le groupe Dassault vient de prendre le contrôle. " Il est clair, écrit le fils de Serge Dassault, que l'immense majorité des militants du mouvement voient Nicolas Sarkozy incarner l'énergie et l'intelligence qui permettront de remobiliser une majorité sonnée par deux défaites électorales successives. Il est tout aussi évident que Nicolas Sarkozy désire plus que tout autre assumer la responsabilité du parti après le départ d'Alain Juppé … Le pays a besoin de cette dynamique. " Venant d'un groupe qui est à la tête d'une grande partie de la presse française et qui est sur le point de s'associer au plan capitalistique à TF1 afin de renforcer le poids respectif des deux groupes dans le marché publicitaire, qui fournit l'essentiel de leurs ressources aux médias, l'avertissement a de quoi faire réfléchir Chirac. Mais nous avons de bonnes raisons de penser qu'il n'en tiendra aucun compte. Son plan est tout différent. Il consiste à éliminer Sarkozy de la course à l'Elysée de façon à conserver les mains libres pendant les trois années qui restent à courir de son quinquennat et de pouvoir décider de se représenter en 2007 si cela reste nécessaire pour continuer d'échapper aux juges qui n'attendent que la fin de son immunité pour le poursuivre. La présidence de l'UMP n'apportera rien à Sarkozy s'il n'est plus au gouvernement. Il ne pourra pas s'opposer à celui-ci sans être accusé de tirer contre son camp et il ne pourra pas davantage, pour les mêmes raisons, en faire une machine électorale à son profit contre Chirac lui-même ou contre le candidat que le président sortant aura décidé de soutenir. En réalité, l'erreur commise par ceux qui aujourd'hui ne jurent plus que par Sarkozy pour sauver la droite a été de soutenir aveuglément le gouvernement Raffarin dès qu'il est apparu clairement qu'il ne ferait aucune des vraies réformes dont le pays a un besoin vital. Ce n'est pas après deux années gâchées et deux défaites électorales cuisantes, et quand on a perdu la majorité dans le pays, qu'on entreprend des actions qui n'ont de chance de succès que dans la foulée d'une victoire politique, pendant que l'opposition est sonnée. Le temps perdu ne se rattrape jamais, dit la sagesse populaire. La droite va le vérifier une fois de plus à ses dépens.
(4/7/04).

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Outreau : cinq magistrats à révoquer

Le verdict de la cour d'assises du Pas-de-Calais dans l'affaire d'Outreau a stupéfait et rempli d'indignation les observateurs les plus mesurés. Comment a-t-on pu condamner six personnes en se fondant sur des témoignages - et sur eux seuls - qui ont été jugés assez peu probants pour conduire à l'acquittement de sept autres prévenus ? La justice est-elle devenue folle ? Oui, si la folie consiste à raisonner avec un système de pensée qui ne tient aucun compte des faits et à s'invétérer dans son propre délire sans que jamais la réalité ne puisse y insérer le moindre coin. De ce désastre judiciaire, cinq magistrats au moins sont entièrement responsables. Le juge d'instruction, le procureur de la République et les trois membres de la chambre de l'instruction de la cour d'appel. Ils avaient toute possibilité, à tout moment, d'écouter les protestations d'innocence cent fois répétées des prévenus ainsi que les demandes et les mises en garde insistantes et fortement étayées des avocats de la défense. Ces magistrats ne se sont apparemment jamais posé la seule question qui vaille en matière de justice criminelle : ne sommes-nous pas en train d'accuser des innocents ? Le résultat est là : la France ne comprend plus sa justice. D'autant qu'en même temps elle découvre avec horreur - et ce n'est pas la première fois - que cette justice si déterminée à condamner des innocents est pleine de mansuétude pour des assassins qu'elle libère sans s'assurer de leur surveillance et qu'elle laisse ainsi commettre de nouveaux crimes, comme on le voit dans les horribles affaires qui, en Alsace ou dans les Ardennes, soulèvent l'indignation populaire. Le principe judiciaire fondamental consiste à faire des exemples. Chacun doit savoir que son sort ne sera pas différent de celui d'un condamné, s'il vient à commettre le même délit ou le même crime. Ce principe doit être appliqué aux magistrats, surtout quand leur comportement trouble gravement l'ordre public. Les cinq magistrats coupables du désastre judiciaire d'Outreau doivent être révoqués et privés de leurs droits à retraite. C'est le seul moyen d'apaiser un peu l'intense émotion populaire et de redonner quelque crédit à une institution qui n'en n'a plus guère.
(4//04).

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Grâce à la Sécu, nous n'aurons plus de médecins

Quand les députés votent un texte à l'unanimité, il faut toujours se méfier. C'est qu'il est empreint des meilleures intentions et, par définition, voué à en paver l'enfer. Nos parlementaires ont donc voté le 2 juillet 2004 un amendement au projet de loi de réforme de l'assurance-maladie. Il s'agit de faire en sorte que l'Etat garantisse " un accès effectif à des soins de qualité sur l'ensemble du territoire ". On sait en effet qu'" une grave pénurie de médecins se profile ", selon les termes même du Conseil national de l'ordre des médecins, dont le secrétaire général, le Dr Louis-Jean Calloc'h, déclarait récemment au Parisien : " Dans les vingt prochaines années, on connaîtra une baisse de 40 % de la densité médicale pour nous retrouver au niveau des années 1970-1980. En 2020, il n'y aura déjà plus que 250 médecins pour 100 000 habitants contre 330 aujourd'hui. Pendant ce temps, la population augmente et surtout vieillit, entraînant une augmentation des besoins. " Le bras armé prévu par les députés pour faire en sorte que le droit de tous aux soins soit garanti ? Les régimes d'assurance maladie. Il devront veiller " à l'exercice de ce droit en favorisant une bonne répartition de l'offre de soins (…) ou en aidant à la création de maisons médicales ". Quelle bonne idée de confier une mission aussi délicate à l'assurance-maladie qui a toujours fait preuve de la plus grande lucidité dans l'appréhension de ce problème ! C'est ainsi qu'en 1997 la Caisse nationale d'assurance-maladie publiait un rapport indiquant que la France comptait entre 9 500 et 17 500 médecins de trop et que cet excédent était un facteur d'augmentation des dépenses. Quelle lucidité ! A l'époque, la pensée dominante dans les allées du pouvoir et de la Sécurité sociale était qu'en diminuant le nombre des médecins, on ferait baisser les dépenses de santé, en vertu du principe selon lequel un médecin généraliste en activité est un médecin qui prescrit et qu'il coûte plus cher par ses prescriptions que par sa rémunération. C'est ainsi qu'on inventa le Mica (Mécanisme d'incitation à la cessation d'activité), qui consistait à rémunérer par une sorte de préretraite les praticiens proches de leur fin de carrière, et surtout qu'on resserra fortement le numerus clausus, c'est-à-dire le nombre d'étudiants admis en première année de médecine. Le résultat est là : la France manque de médecins et cette situation ne fera que s'aggraver. Car même si l'on a récemment augmenté le numerus clausus, il faut une dizaine d'années pour former un praticien, et de toutes façons la véritable cause de la création des déserts médicaux qui sont en train de se constituer en France est le manque d'attractivité de la profession de médecin. Là encore, la politique de sécurité sociale est responsable. La compression des honoraires pour cause de déficit permanent de " l'institution que le monde entier nous envie ", ajoutée à la hausse constante des charges fait que de plus en plus de médecins baissent les bras et dévissent leur plaque sans même avoir trouvé de successeur. Bien entendu, il se trouve toujours des politiciens et des journalistes pour fustiger le corps médical et pousser des cries d'orfraie quand on procède à des hausses d'honoraires, qui ne sont le plus souvent d'ailleurs que des rattrapages bien insuffisants. Ce sont les mêmes qui votent à l'unanimité ou approuvent dans leurs colonnes les mesures censées " garantir un accès effectif à des soins de qualité sur l'ensemble du territoire ". Une telle irresponsabilité dépasse l'entendement. En fait, elle n'est que le fruit empoisonné de la doctrine communiste qui règne dans beaucoup plus d'esprits en France que dans n'importe quel autre pays au monde, et notamment dans la classe politique et médiatique. Et comme dans tous les régimes communistes, c'est le peuple qui paie de ses souffrances la perversion de ses " élites ".
(4/7/04).

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Chirac et Sarkozy s'affrontent à mort sur fond de faillite de la Sécu

La note confidentielle de Bercy, révélée par le quotidien économique Les Echos et contredisant le retour à l'équilibre en 2007 de l'assurance-maladie comme le prétend le plan du gouvernement, ne manque pas de saveur dans la mesure où elle a donné lieu à une déclaration indignée de M. Douste-Blazy, fustigeant " une certaine technocratie, la culture de la régulation punitive et comptable ". Comme chacun sait que le plan Douste-Blazy a été mis au point par des technocrates, la réaction du ministre prend une allure vraiment bouffonne. Enfin, il doit y avoir de bons et de mauvais technocrates ! Mais le plus intéressant est qu'ils commencent à se battre entre eux : c'est la preuve que le système est à l'agonie. Sur le fond, il n'y a plus lieu à débat. Les premiers, nous avons indiqué que ce plan n'est pas financé, et nous avons été rejoints, à cet égard, par tous les observateurs. Nous avons également affirmé qu'en ne prenant pas de mesures radicales, qui seraient seules capables de ramener la Sécurité sociale à l'équilibre, le gouvernement avait choisi de la mettre en faillite. La Sécurité sociale est à la Ve République ce que l'Algérie fut à la IVe : un problème insoluble dans le cadre du régime politique en vigueur. Le gouvernement actuel s'est résolu à la mise en faillite parce qu'il espère ainsi se redonner des marges de manœuvre qui lui permettraient d'éviter le désastre économique et la banqueroute de l'Etat. Mais le régime ne résistera pas à l'effondrement de son principal pilier, sur lequel repose la société d'assistance qui lui est consubstantielle. Si l'actuel président de la République s'était fait élire sur le thème du passage de l'assistance à la liberté économique et sociale et à l'esprit de responsabilité, il pourrait agir dans ce sens sans être accusé de trahison et surtout lâché par tous ceux qui vivent du système. Au contraire, il a accepté les voix de gauche au second tour de l'élection présidentielle et, fort d'un score de 82 % des voix, s'en trouve aujourd'hui ligoté et définitivement impuissant. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle son affrontement avec Sarkozy prend un tour inexpiable. Sarkozy veut à tout prix devenir président de la République, mais il sait très bien que les jours du régime sont comptés. S'il n'accède pas rapidement à l'Elysée, il n'aura plus jamais la moindre chance de le faire, étant mouillé jusqu'au coup depuis près de trente ans dans tous les avatars du système. Chirac, qui est un lamentable gouvernant mais un as de la magouille politicienne et des coups tordus, l'a parfaitement compris aussi. C'est pourquoi il a mis en demeure Sarkozy de choisir entre la présidence de l'UMP et la présence au gouvernement. Si Sarkozy choisit l'UMP, Chirac l'éliminera sans hésitation du gouvernement, puis il cassera l'UMP, qui ne lui est de toute façon plus du moindre secours dans la mesure où elle a été laminée électoralement aux trois scrutins de 2004 et que personne désormais ne pourra la sauver. Certains estimeront qu'en agissant ainsi, Chirac se suicide politiquement. Lui-même ne le pense pas. Sa devise fondamentale, qu'il a mise en œuvre tout au long de son interminable carrière et qui lui a fait trahir sans hésitation ni remords tous ses engagements, n'est autre que cet adage populaire : " Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. "
(27/6/04).

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Quand Bernard Debré voit Chirac tout nu

L'élection législative partielle du 16e arrondissement de Paris, qui a vu la victoire écrasante de Bernard Debré sur le candidat investi par l'UMP, Laurent Dominati, a une signification qui dépasse de loin les considérations locales. La droite parisienne s'est certes disqualifiée en se déchirant à belles dents et, de ce fait, en perdant la mairie de la capitale, et les électeurs du 16e, massivement de droite, n'avaient aucun motif d'indulgence à son égard. Ils en avaient d'autant moins qu'ils sont atterrés par les reculades permanentes du gouvernement Raffarin, qui semble plier respectueusement un genou chaque fois qu'une idée de gauche passe à l'horizon. D'où l'excellent thème de campagne choisi par Bernard Debré : " Je défends vos valeurs. " Floués par la droite parlementaire, les électeurs de cette circonscription ont massivement sanctionné son candidat. Certains disent que le fait que cet arrondissement vote presque unanimement à droite ne permet pas de généraliser la signification de ce scrutin. Bien au contraire, il s'agit d'une expérience à l'état pur. Dans la plupart des autres circonscriptions françaises, la droite est mêlée aux autres tendances politiques et ses votes se font généralement selon les règles du billard, les électeurs tentant souvent d'obtenir par la bande un résultat que la simple expression de leur intime conviction ne leur apporterait pas. D'où la difficulté qu'il y a le plus souvent à interpréter correctement les évolutions de l'opinion de droite. Rien de tel dans le 16e arrondissement : les électeurs ont exprimé clairement et sans la moindre hésitation leur préférence. Et celle-ci ne fait pas le moindre doute : ils veulent une politique de droite, fondée sur des valeurs de droite. De ce point de vue, on peut affirmer sans risque d'erreur qu'en ce mois de juin 2004, la droite a signifié son congé à Chirac. Ce que Bernard Debré a parfaitement résumé par cette déclaration : " Le président est à la fin de son mandat et à la fin de son existence politique. " A 59 ans, Bernard Debré a conservé son âme d'enfant. Car il vient tout simplement de s'écrier : " Le roi est nu ! "
(27/6/04).

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Drame shakespearien pour Serge Dassault

Serge Dassault a bien l'intention de diriger lui-même Le Figaro, dont il est depuis quelques semaines l'actionnaire majoritaire après le rachat des parts de la famille Hersant. Il vient en effet de décider de procéder à la modification des statuts de la Socpresse (la société propriétaire du journal, ainsi que du groupe L'Express-L'Expansion et de nombreux quotidiens régionaux), qui est actuellement une société à conseil de surveillance et directoire. La Socpresse va devenir une société anonyme à conseil d'administration, dont Serge Dassault prendra la présidence. Déjà le nouveau propriétaire du journal a laissé filtrer quelques-unes de ses intentions, concernant tant la présentation du quotidien que sa politique éditoriale. Bien entendu, la société des rédacteurs a émis des protestations d'indépendance, mais elles n'iront pas très loin. Serge Dassault a d'ailleurs provisionné des sommes importantes pour payer les clauses de cession que de nombreux journalistes du Figaro ne manqueront pas de faire valoir. A 79 ans, Serge Dassault, qui recherchait depuis longtemps l'occasion de faire valoir ses idées libérales auprès de l'opinion publique, est bien décidé à ne pas perdre de temps. Mais, comme nous l'avons déjà écrit, il sera plus que gêné aux entournures par son amitié personnelle et ses liens quasi familiaux avec Jacques Chirac, et par le fait que l'Etat est le principal acheteur de ses avions. L'exercice sera révélateur de l'état réel de la démocratie en France. Si Le Figaro redevient l'organe libéral et conservateur qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être et donne enfin la parole aux véritables représentants de ce courant de pensée très largement majoritaire à droite, cela sera le signe qu'une réaction dans le bons sens peut encore se produire par la voie du débat et des élections. Si au contraire le journal continue à faire comme s'il n'y avait dans notre pays que des socialistes encartés à gauche pour les uns et pour les autres à l'UMP, alors on pourra craindre que l'explosion de la société française ne soit désormais inéluctable. Marcel Dassault, le père de Serge, s'était offert un hebdomadaire, Jours de France, dont il avait fait le journal de la vie heureuse. Cela faisait rire pas mal de gens à l'époque, mais n'était pas aussi ridicule que les esprits critiques le prétendaient. La France vivait alors ses trente glorieuses et tous les espoirs lui étaient permis. Aujourd'hui, le drame nous guette et la vie heureuse n'est plus qu'un souvenir ou un vœu pieux. Mais comme on apprend par ailleurs que Serge Dassault figurera en place éligible sur la liste sénatoriale de l'UMP dans l'Essonne, on a de bonnes raisons de craindre que sous sa direction Le Figaro ne nous  "rugisse comme un rossignol ". Comme le disait Shakespeare qui s'y connaissait en drames !
(27/6/04).

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Comment se prendre toujours le même râteau dans la figure

" L'Europe semble avoir été contaminée par une maladie inhérente à la Russie : se prendre toujours le même râteau dans la figure. Elle a oublié les mots proférés par Chamberlain en 1938, à son retour de Munich après sa rencontre avec le Führer, dont il serait bon que se souviennent ceux qui les ont entendus et que devraient apprendre les trois générations qui ont suivi :  "Je vous apporte la paix." Ces mots ont marqué le début de la seconde guerre mondiale. A présent, la troisième est en cours. Le 11 septembre 2001, un défi a été jeté aux USA et à l'Europe. Les USA l'ont relevé, ils ont été contraints à la guerre. La destruction d'Al-Qaida et la liquidation du régime de Saddam sont devenues des conditions nécessaires pour préserver les peuples afghan et irakien, ainsi que la civilisation dans laquelle nous vivons, nous Européens et Américains, et qui porte de plein droit le nom de civilisation européenne. "

Elena Bonner, veuve de l'académicien russe Andreï Sakharov, membre du Mouvement démocratique, dans une tribune publiée par France Soir le 14 juin 2004.
(2/6/04).

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Douste-Blazy s'oppose de toutes ses forces aux créations d'emplois

Il est de bon ton, si l'on occupe une fonction politique en France, de critiquer tout ce qui vient des Etats-Unis. M. Douste-Blazy n'y a pas manqué en s'élevant contre " le modèle fric, ultralibéral, en un mot le modèle américain. " " Je crois plus que jamais, a-t-il ajouté, au modèle social européen. " Le seul problème, c'est que le modèle social européen connaît une crise si grave qu'elle pourrait bien se révéler fatale, et qu'au moment où l'Union européenne vient de s'ouvrir à dix nouveaux membres qui ont les yeux tournés vers l'Atlantique et l'Amérique, le modèle social européen n'est plus le fait que d'une minorité de pays, au premier rang desquels figurent la France et l'Allemagne qui ne parviennent précisément pas à retrouver une croissance suffisante pour créer des emplois. Pendant ce temps, le modèle américain si décrié par M. Douste-Blazy crée plusieurs centaines de milliers d'emplois chaque mois. Si l'économie française en créait au même rythme, il ne lui faudrait que trois ans pour supprimer le chômage dans notre pays ! Voilà la simple mais terrible réalité que les politiciens veulent cacher aux Français en s'appuyant sur leur conservatisme et sur leur volonté de préserver leurs " avantages acquis ", mais surtout sur la désinformation systématique dont ils sont victimes. On comprend que Chirac ait refusé d'aller s'incliner sur la dépouille mortelle de Ronald Reagan : il lui aurait fallu, ce faisant, s'incliner devant des idées qu'il déteste. Son pouvoir, qui ne tient plus qu'à un fil, si l'on en juge par le résultat des élections européennes, ne résisterait pas à la vague de confiance qui envahirait les Français si notre pays connaissait une croissance à l'américaine. Il ne faudrait pas longtemps à nos compatriotes pour se débarrasser des fantoches qui occupent le pouvoir depuis trente ans en prétendant détenir, du haut de leur science acquise à l'ENA, le secret du bonheur national, alors qu'ils n'ont su créer que du malheur. Les peuples sont généralement lents à comprendre et à réagir. Mais le compte à rebours, en France, n'a pas commencé hier. Chaque jour qui passe nous rapproche de l'échéance fatale pour les hommes du pouvoir. Jamais sanction n'aura été aussi méritée !
(20/6/04).

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Les expatriés français vont devenir les rois du pétrole

Interrogé par Le Monde, le président d'EDF, François Roussely, commente ainsi l'attitude des personnels de l'entreprise qui, au référendum interne de janvier 2003, ont voté à 53 % contre la réforme de leur régime de retraite :   "On aurait pu souligner que 47 % des agents ont voté pour … Nous avons perdu un référendum mais nous avons gagné une réforme. Aujourd'hui, je ne suis pas sûr que les 53 % qui ont voté contre n'apprécient pas la consolidation par la loi de leur système de retraite, avec la garantie de l'Etat. Peu de salariés, en France, peuvent en dire autant. " Il est bon que de temps en temps des vérités finissent par être dites, fût-ce au détour d'une démonstration qui ne visait pas ce but. Car ce que vient d'avouer le président d'EDF, c'est d'une part que le régime de retraite des salariés du privé en France n'est nullement garanti par l'Etat, d'autre part que ce sont ces derniers qui vont payer les exorbitants avantages de retraite des personnels d'EDF. Bien entendu, toute personne informée sait cela, mais l'opinion publique commence seulement à découvrir ce scandale. Malgré tout, la démonstration de M. Roussely est fausse. En " adossant ", moyennant une soulte versée au budget de l'Etat, le régime de retraite d'EDF au régime général des salariés du privé, on retire précisément aux salariés d'EDF la garantie de l'Etat, puisque le régime auquel on les rattache n'en bénéficie pas. L'Etat avait déjà fait la même opération avec les retraites des personnels de France Telecom, ce qui lui avait permis de respecter les critères de Maastricht et d'entrer dans l'euro. Au bout du compte, il n'y aura plus en France que des retraités ruinés. L'Etat ne parviendra même pas à payer les retraites de ses fonctionnaires pour cause de faillite, ce qui permet de mesurer ce que vaut vraiment sa garantie. La seule façon d'échapper à l'effondrement total et à la disparition du système français de retraite consiste à laisser toute personne de moins de 50 ans se constituer une retraite libre par capitalisation. L'Etat devra se charger du paiement des retraites de l'ancien système, jusqu'à extinction de ses bénéficiaires, par le moyen d'économies budgétaires réalisées en ne remplaçant pas les fonctionnaires dont la moitié va partir en retraite au cours des prochaines années. Inutile de préciser qu'aucun politicien ni aucun responsable syndical n'ose formuler de telles propositions. Tous préfèrent voir couler le navire plutôt que d'avouer que c'est le système qu'ils ont mis en place et maintenu au-delà de toute raison qui sera la cause de la catastrophe des retraites en France. Seuls couleront des jours heureux ceux qui seront allés travailler à l'étranger et auront souscrit à des régimes de retraite privés. Rentrant dans leur pays, ils pourront racheter à bas prix ce qui sera à vendre, c'est-à-dire pratiquement tout. Ce qui prouve qu'on peut devenir un roi du pétrole sans avoir jamais possédé le moindre puits d'or noir. La Fontaine le disait déjà à sa manière, même s'il ne savait évidemment pas que la France résignerait collectivement le droit de propriété et les vertus du travail.
(20/6/04).

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Une jeune fille d'origine africaine va remplacer Renaud Dutreil au gouvernement

La dernière idée géniale de Renaud Dutreil, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat, consiste à créer un système d'apprentissage dans l'administration de façon à permettre à des jeunes de 16 à 26 ans démunis de diplôme d'entrer dans la fonction publique sans passer de concours. Pour illustrer le projet du ministre, Le Parisien publie la photographie d'une jeune fille d'origine africaine consultant un panneau d'offres d'emplois, avec la légende suivante : " Fatouly a fait des petits boulots avant d'envisager d'entrer dans la fonction publique. Ambitieuse, cette jeune fille voudrait, par la suite, ouvrir son commerce. " Dans un petit article placé sous la photo, une journaliste explique que Fatouly a raté son bac et abandonné l'école il y a un an et qu'elle n'est pas hostile à l'idée de rentrer dans la fonction publique tout en se formant. Mais la jeune fille, qui précise que sa mère est fonctionnaire, développe ensuite des arguments pleins de bon sens : Oui à une formation permettant de rentrer dans l'administration, " mais à deux conditions : que cette formation puisse me servir pour faire un métier intéressant et que je sois libre de ne pas rester dans la fonction publique. Aujourd'hui chez les jeunes, être fonctionnaire ça rebute. On a peur du train-train quotidien. A moins d'avoir des enfants et de chercher la sécurité de l'emploi, ça ne fait pas trop rêver. Mais bon, si on n'a pas d'autres choses à nous offrir, pourquoi pas ? Mais ce qui serait mieux encore, c'est qu'ils fassent quelque chose pour les jeunes qui n'ont plus envie d'aller à l'école mais qui veulent travailler. " En somme, ce que réclame Fatouly, c'est la réforme de la politique de l'éducation et de l'emploi en France. Avec notamment l'abandon de la scolarité obligatoirement et artificiellement prolongée, la possibilité pour les professionnels indépendants et les PME de former puis d'embaucher de jeunes apprentis et pour cela, la diminution des prélèvements obligatoires qui freinent l'activité et la création d'emplois, ainsi que la suppression des innombrables formalités administratives qui dissuadent les entreprises unipersonnelles d'engager un ou plusieurs salariés. Au fond, une inversion des rôles serait souhaitable. Fatouly deviendrait ministre et Dutreil irait en apprentissage. Ne nous dissimulons toutefois pas les difficultés : un énarque comme Dutreil est-il capable d'apprendre quelque chose ? D'ici qu'on ait un chômeur de plus sur les bras …
(20/6/04).

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Les mandarins réhabilités

La Société américaine de microbiologie a eu l'idée de faire expertiser les cravates portées par les médecins d'un centre hospitalier universitaire de New York. Le résultat, tel que nous l'indique Le Quotidien du Médecin, est éloquent : " près de la moitié (47,6 %) des cravate du corps médical contenaient des germes pathogènes ; soit huit fois plus que celles des agents de sécurité ; une cravate sur quatre était infectée par S. aureus ; une sur huit par des germes hospitaliers bien connus : Klebsiella pneumoniaie, Pseudomonas aeruginosa, Acinetobacter baumanii. " " Bien sûr, nous rassure le journal médical, cette étude ne prouve pas que la cravate est responsable de la transmission d'infections aux patients. Mais elle pourrait être un réservoir à microbes. " Quand on critique les mandarins français qui aiment à porter le noeud papillon plutôt que la cravate, on oublie le fait qu'ils réduisent ainsi d'au moins 90 % les risques d'infection nosocomiale. Que justice leur soit enfin rendue ! Dans le même ordre d'idées, une étude faite sur les cacahuètes servies avec les boissons dans un pub anglais avait révélé qu'elles portaient presque toutes des traces d'urine. Par chance, il n'y avait pas que des médecins parmi les consommateurs. On l'a échappé belle !
(20/10/04).

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Chirac cherche à échapper à la déprime

En n'assistant pas aux obsèques de Ronald Reagan - ce qui lui aurait été facile puisqu'il se trouvait aux Etats-Unis pour le sommet du G 8 -
Jacques Chirac a apporté une preuve de plus de sa détestation du libéralisme. Cela ne surprendra que ceux qui refusent de voir en lui, et dans l'UMP, autre chose qu'un avatar du socialisme. Combien de temps faudra-t-il au dernier carré de ses partisans pour comprendre qu'en continuant de voter pour lui et pour ses amis, ils retardent la recomposition de la droite et donc le rétablissement du pays ? De plus, en faussant les alternances, puisque les Français n'ont de choix qu'entre des formations socialistes, le clan des chiraquiens perturbe gravement la démocratie et porte la principale responsabilité dans l'effondrement du civisme en France. Chirac est entré en politique depuis quatre décennies et l'on chercherait en vain une seule action à inscrire à son crédit. Peu d'hommes publics ont semé autant de calamités sur leurs pas. Cet homme " qui ne s'aime pas ", pour reprendre le titre d'un livre récent, est incapable, pour cette raison, d'aimer les autres et donc de leur vouloir du bien. Pour son malheur - et pour le nôtre - il a été doté par la nature d'un allant physique et d'une apparente jovialité qui ont fini par lui permettre d'accéder au plus haut poste de l'Etat, alors qu'il est inapte à l'assumer, comme le démontre le fait qu'il n'a jamais été capable de maîtriser la situation au-delà de deux ans de présence à la tête du pays. La France peut donc s'apprêter à vivre une nouvelle secousse politique, puisque Chirac, depuis sa réélection, a tout juste épuisé son temps. Mais cette fois la grave crise économique et sociale dans laquelle est entré notre pays va perturber le scénario. Car les socialistes, qui sont les seuls actuellement à pouvoir réunir, avec l'aide des Verts et des communistes, une majorité parlementaire, n'ont pas l'ombre du commencement d'un programme et ne garderont pas longtemps non plus le contrôle de la situation. Ce qui ne les empêche pas d'arborer des mines radieuses à la simple évocation de ce pouvoir qui leur tend les bras. Il ne faut pas chercher ailleurs la cause du resurgissement de Jospin, qui espère apparaître comme le seul rassembleur possible de son parti où les présidentiables se déchirent déjà à belles dents. Chirac voit approcher avec gourmandise le moment où il sera appelé à arbitrer entre les socialistes pour désigner le premier ministre de la nouvelle cohabitation. Une tâche enfin pour laquelle il se sent fait. Tant il est vrai que la seule façon d'échapper à la dépression quand on a atteint son niveau d'incompétence consiste à se consacrer à des activités de peu d'importance. Finalement Chirac s'est trompé de république. La IIIe ou la IVe, avec leurs présidents soliveaux, lui auraient fort bien convenu. Malheureusement pour nous, il s'est vu confier un rôle au dessus de ses forces. Une mauvaise distribution, c'est le bide assuré. Nous y sommes !
(12/6/04).

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Enfin la vérité sur Reagan !

A l'occasion de la mort de Ronald Reagan, l'Agence France Presse (AFP) s'est distinguée par l'objectivité de ses informations et de son analyse historique. Voici comment elle retrace la carrière de l'ancien président des Etats-Unis : " Ronald Reagan, républicain, a été président après avoir été journaliste sportif, vedette de cinéma et gouverneur de Californie. Il avait été le plus vieux président des Etats-Unis. Il était marié depuis 1952 avec Nancy, de son nom de jeune fille Davis, une starlette qui deviendra une " First Lady" omniprésente et influente. Sa fille Patti avait révélé en décembre au magazine People que son père n'était plus en mesure de parler ou de marcher, de se nourrir seul ni même de reconnaître les membres de sa famille. Facilement réélu en 1984 pour un second mandat contre le démocrate Walter Mondale, Ronald Reagan avait quitté la Maison Blanche en janvier 1989, à quelques jours de son 80e anniversaire. Ronald Reagan et ses politiques ultra-libérales ont profondément marqué l'économie et la société américaine dans les années 80, des " golden boys " de Wall Street gagnant des dizaines de millions de dollars par an à l'apparition d'une nouvelle classe de sans-abri victimes de coupes sombres dans les programmes sociaux. Anticommuniste viscéral, l'ancien président avait également été à l'origine d'une course aux armements sans précédent en temps de paix, lançant notamment sa fameuse " guerre des étoiles " qui a épuisé l'Union soviétique et aidé à la chute de ce qu'il appelait " l'empire du mal ". Ronald Reagan était né le 6 février 1911 à Tampico (Illinois). Il avait été élevé par un père alcoolique, Jack, catholique irlandais et démocrate convaincu, exerçant le métier de représentant en chaussures, et une mère protestante, Nelle, au puritanisme militant. " Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour traduire cet article fielleux en termes non subliminaux : " Reagan n'était qu'un amateur en politique, mené par le bout du nez par sa femme. Trop âgé, à son entrée à la Maison Blanche, pour n'être pas déjà gâteux, il a accumulé les actes les plus insensés, comme par exemple de permettre aux riches de s'engraisser sur le dos des pauvres ou de défier militairement la pacifique Union soviétique au point de la faire s'effondrer, privant la classe ouvrière de son paradis sur terre et l'humanité de son espérance. Et ce n'est pas un hasard si ce fils d'alcoolique a fini comme une loque humaine, incapable de se nourrir tout seul et faisant sous lui. " On comprend pourquoi Chirac n'a pas voulu assister aux obsèques de Reagan : il ne doit être informé que par l'AFP !
(12/6/04).

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L'entrepreneur est un ennemi du peuple

Les Français qui ne s'informent que par la télévision doivent être persuadés que les délocalisations ne sont le fait que de patrons sans scrupules, ne songeant qu'à augmenter encore leurs bénéfices colossaux et se souciant comme d'une guigne du sort de leurs salariés. C'est ainsi qu'on a pu voir sur tous les petits écrans les images des forces de l'ordre chargeant les salariés de l'usine de Rennes de ST Microelectronics - dont la fermeture leur a été annoncée il y a neuf mois - qui tentaient de s'opposer au déménagement des machines de l'entreprise vers Singapour. Il se trouve d'une part que l'intervention des gendarmes mobiles a été décidée par les pouvoirs publics à la suite d'un jugement du tribunal de Rennes qui ordonnait aux salariés de ne plus faire obstacle à la liberté de circulation, et d'autre part que la direction de l'entreprise a mis en place un plan social comportant des indemnités de départ, des mutations internes, des dispositifs de reconversion du personnel et des aides à la réindustrialisation du site. Il n'est pas douteux pour autant que les salariés auraient préféré conserver leur emploi. Mais on eût aimé entendre au moins un de ceux que la télévision a interviewé se poser la question de savoir si, à l'origine de la vague de délocalisations et de dépôts de bilan en France, il n'y a pas des prélèvements fiscaux et sociaux démentiels qui interdisent à nos entreprises d'être concurrentielles sur le marché mondial. Bien entendu un tel souhait relève du vœu pieux. Jamais le principal moyen d'information des Français ne les avertit de la réalité des problèmes ni des solutions possibles. Au contraire, il entretient en eux l'idée que des personnages malfaisants sont à l'origine de tous leurs malheurs. De là au lynchage expiatoire, il n'y a qu'un pas, qui est d'ailleurs déjà franchi lorsqu'on voit sur les écrans l'interpellation par la police, sous les applaudissements des salariés, du directeur d'une usine de Moselle en cessation de paiement. Le directeur a été relâché le soir même, mais le but recherché était atteint : désigner un coupable, quelle que soit sa part de responsabilité. " De bien belles images qu'on aimerait voir plus souvent ", comme le disaient Les Nuls dans leurs parodies. Eh bien, précisément, on en voit beaucoup trop souvent, en France, en ce moment, des images de cette sorte. Et ce n'est pas elles qui vont inciter les investisseurs à risquer leur argent dans un pays où l'entrepreneur est traité en ennemi du peuple.
(12/6/04).

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Des voitures blindées pour les magistrats

Le juge Burgaud, qui est grandement responsable - même s'il n'est pas le seul - du désastre judiciaire d'Outreau, a été entendu comme témoin par la cour d'assises du Pas-de-Calais. Il s'y est rendu en voiture blindée, protégé par des super-gendarmes et flanqué de la secrétaire générale, chargée de la communication du parquet de Paris, où ce magistrat est en poste actuellement. Qu'on protège un magistrat de l'indignation populaire est normal. A ceci près que de telles précautions ne sont pas prises quand il s'agit de faire respecter la présomption d'innocence de simples prévenus. Mais que l'institution s'engage derrière lui, au point de l'aider à  "communiquer ", sans le laisser affronter seul les conséquences de ses actes est profondément antidémocratique. Et contraire à la manifestation de la vérité, dont un procès criminel doit en principe fournir l'occasion. Or tout ce à quoi la cour d'assises a eu droit, de la part du juge Burgaud, c'est à une autojustification en règle, et à l'insoutenable prétention d'avoir agi " en technicien ", comme si une instruction pouvait faire fi des facteurs humains et des doutes qui leur sont consubstantiels. Bref une caricature, qui n'aura pas contribué à rehausser le prestige de la magistrature, bien au contraire. Celle-ci vit aujourd'hui une crise de légitimité parfaitement justifiée par les innombrables dysfonctionnements judiciaires, dont certains, mais pas tous, loin de là, sont dus au manque de moyens. Le vrai problème de la justice française est qu'elle a perdu tout fondement populaire. Les magistrats ne sont issus du peuple que pour mieux l'oublier et agir " en techniciens ", comme dit le juge Burgaud, c'est-à-dire en technocrates judiciaires. La seule issue désormais, si l'on veut redonner à la France une justice digne d'un pays moderne et civilisé, c'est de supprimer l'Ecole nationale de la magistrature et de désigner les juges par voie d'élection parmi des personnalités ayant fait leurs preuves dans une carrière professionnelle menée hors de l'administration. Faute de quoi, il n'y aura jamais assez de voitures blindées ni de super-gendarmes pour protéger les magistrats de la fureur populaire.
(12/6/04).

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Les trois qualités qui firent de Reagan un grand homme d'Etat

Ronald Reagan, qui vient de mourir, avait trois qualités essentielles : il pensait par lui-même, il avait foi en ses idées, il avait confiance en lui et en son pays. Sans elles, il n'y a pas d'homme politique, et encore moins d'homme d'Etat. Quand il est arrivé au pouvoir, Reagan savait exactement ce qu'il voulait faire. Il avait eu le temps d'affiner ses idées et de les rendre intelligibles à tous en multipliant les causeries radiophoniques et les conférences. Il suffit de lire ses " Ecrits personnels ", parus en 2003 aux Editions du Rocher, pour s'en convaincre. Combien petits et médiocres nous apparaissent, par comparaison, les politiciens français actuels. Pas un ne réunit les trois qualités que nous avons citées, même si tel ou tel peut parfois être crédité de l'une d'entre elles. Un ancien premier ministre à qui l'on faisait, il y a peu, cette remarque répondit : " C'est vrai, en ce moment nous n'avons pas de chance. " Lui-même avait renoncé à se présenter à l'élection présidentielle parce qu'il ne se croyait pas capable d'assumer ces fonctions, ce qui était sans doute trop de modestie de sa part, mais dénotait une insuffisante confiance en soi. Contrairement à ce que disait cet ancien premier ministre, la malchance n'est pour rien dans l'absence actuelle d'hommes politiques de qualité en France. Elle n'est que le fruit d'un processus de sélection aberrant qui fait du succès au concours d'entrée à l'ENA la clé qui ouvre la porte d'une carrière politique. Les lecteurs convaincus de la nocivité des bureaucraties gouvernementales découvriront avec ravissement dans les écrits personnels de Ronald Reagan la phrase suivante : " Si le gouvernement, un jour, silencieusement, fermait ses portes, si tous les bureaucrates quittaient sans bruit leurs grandes salles de marbre, il faudrait aux gens de ce pays un temps assez long pour commencer à se dire que quelque chose leur manque, ou même pour savoir que les bureaucrates sont partis. " La France a plus que jamais besoin d'une telle expérience. A défaut d'un magicien capable de faire disparaître l'inutile engeance qui prétend gouverner le pays alors qu'elle ne fait que vivre à ses dépens, la grave crise dans laquelle la France est entrée se chargera de faire place nette.
(6/6/04).

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Vol de moineaux à l'Elysée

Les chiffres sont implacables et sans nuances : la France n'a pas confiance en Chirac, et encore moins en Raffarin. Le dernier sondage TNS Sofres publié le 5 juin 2004 par Le Figaro Magazine sonne comme un glas pour le président de la République : 35 % seulement des Français lui font confiance " pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement ". Quant au premier ministre, il ne recueille que 28 % d'avis favorables. Le  "couple exécutif " comme on l'appelle, est pourtant en hausse par rapport au mois précédent : de trois points pour Chirac, de deux pour Raffarin. Ce qui ne l'empêche pas de se traîner dans les profondeurs des indices. A ce stade d'impopularité et surtout de défiance, tout peut arriver. La France, de toute évidence, est devenue ingouvernable pour l'actuelle majorité. Elle aura beau reculer et accumuler les concessions, elle perdra sur tous les tableaux. Ses électeurs, consternés, continueront de l'abandonner, tandis que ceux de l'opposition garderont leurs faveurs à celle-ci puisque ses choix auront été entérinés par ses adversaires. Ce constat n'est sans doute pas pour rien dans la vague de départs qui touche le cabinet du président de la République et celui du premier ministre. Que les jours de Raffarin à Matignon soient comptés ne fait de doute pour personne, et l'on comprend que ses collaborateurs ne songent plus qu'à se recaser. Il est en revanche plus étonnant que le même phénomène affecte l'Elysée. Chirac n'a-t-il pas encore trois ans de mandat devant lui, et qui plus est sans aucune élection nationale une fois passé le scrutin européen ? L'explication de ce mouvement tient sans aucun doute à la fragilité politique désormais avérée et manifestement incurable du président de la République. A défaut de savoir gouverner, les technocrates savent compter. Et ils n'ont pas manqué de remarquer que jamais Chirac n'a pu tenir plus de deux ans au pouvoir. Précisément, nous y sommes. Il va donc obligatoirement se passer quelque chose. Probablement l'impasse politique dans laquelle il se trouve l'obligera avant longtemps à dissoudre l'assemblée nationale. Et dans ce cas c'est à l'évidence l'opposition qui l'emportera, même si elle n'a pas la moindre idée de ce qu'il faut faire. Du coup, les reclassements de qualité deviendront beaucoup plus difficiles pour les collaborateurs de l'Elysée, puisqu'ils sont décidés en conseil des ministres, dont avec l'accord du chef du gouvernement. La saine gestion de leur carrière incite donc les technocrates actuellement en poste rue du Faubourg Saint-Honoré à s'emparer pendant qu'il est encore temps des postes les plus juteux. Quand les moineaux s'égaient, c'est qu'il y a péril imminent.
(6/6/04).

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Le Monde a creusé lui-même sa tombe

Le journal Le Monde, qui a publié ses comptes le 5 juin 2004, continue de perdre de l'argent. Il a été déficitaire de 18 millions d'euros en 2003, soit à peine un million d'euros de moins qu'en 2002. Le directeur du quotidien, Jean-Marie Colombani, analyse ainsi ce très mauvais résultat : " Cette stagnation s'explique par l'état de trois sources de recettes : les ventes ont reculé ; la publicité est stagnante ; les annonces d'emploi sont menacées du fait du chômage de masse. " Concernant la baisse des ventes, M. Colombani l'attribue " essentiellement à leur érosion chez les 15-20 ans ". Concernant la stagnation de la publicité, les explications du directeur du Monde mettent en cause ce qu'il faut bien appeler une spécificité française.  " Nous vivons, écrit-il, sur une petite part d'un marché publicitaire lui-même sous-dimensionné. En effet, la dépense publicitaire est en France l'une des plus faibles des grands pays : 171 euros par habitant, contre 263 euros au Royaume Uni, 190 euros en Allemagne et 453 euros aux Etats-Unis. Le taux de pénétration est donc faible et continue à entretenir un cercle vicieux : prix de vente élevé, érosion de la diffusion, stagnation de la publicité, peu ou pas de rentabilité. "
Il se trouve qu'en écrivant cela, c'est son propre journal et sa ligne éditoriale que M. Colombani condamne. Qui est responsable du déclin de la lecture, sinon un système éducatif dévoyé dont Le Monde, lu par beaucoup d'enseignants, est le plus ferme soutien ? Qui est responsable du chômage de masse, sinon une politique, fortement appuyée par Le Monde, de prélèvements massifs sur la production et les particuliers, qui étrangle l'économie du pays et prive d'emploi des millions de Français ? Et qu'est-ce qui fait que les dépenses publicitaires sont beaucoup moins importantes en France que dans les pays comparables, sinon la mentalité anti-économique dont Le Monde est le plus puissant vecteur chez nous ? Ajoutons qu'à la concurrence d'Internet et des journaux gratuits, à laquelle se réfère également M. Colombani, la seule réponse efficace, pour la presse écrite payante, réside dans la qualité rédactionnelle. Il suffit à cet égard de lire les journaux gratuits pour constater que leurs articles - simples dépêches d'agences - ne le cèdent en rien à la plupart de ceux qu'on trouve dans la presse vendue en kiosque ou par abonnements. Il est vrai que celle-ci a souvent jugé intelligent de remplacer ses journalistes chevronnés et cultivés par des jeunes gens à peine sortis des écoles. Cela fait diminuer la masse salariale, mais aussi l'intérêt de la publication. Si l'on y ajoute la dictature du politiquement correct, qui fait de la plupart des produits de presse d'indigestes cataplasmes, on trouvera réunis tous les ingrédients d'une crise majeure. Le plus comique est que celle-ci était plus que prévisible. Ni Internet, ni les gratuits, ni l'illettrisme d'une bonne partie de la jeunesse, ni surtout l'effondrement de l'Etat-providence ne sont des phénomènes nouveaux. Il y a bien des années qu'ils sont à l'œuvre et qu'on pouvait en prévoir les conséquences. La situation actuelle de la presse écrite fait penser à celle qui se créa lorsque le cinéma parlant vint détrôner le muet. Les anciennes stars qui se révélèrent incapables de parler passèrent à la trappe et de nouvelles vedettes apparurent au firmament de la gloire. Il en sera de même pour la presse écrite d'aujourd'hui. Le cimetière des fausses valeurs va se peupler rapidement.
(6/6/04).

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Deux énarques décident de se suicider

Renaud Dutreil, le ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat, a créé une forte émotion dans les rangs des technocrates. Il a l'intention d'intégrer dans le projet de modernisation de la fonction publique, qui doit être présenté à l'automne, une disposition obligeant les fonctionnaires élus à l'Assemblée ou au Sénat à démissionner de l'administration dans les deux mois suivant leur élection. Cette mesure, que nous réclamons depuis des années, est la seule qui soit de nature à éviter l'accaparement des fonctions politiques par des personnes appartenant à l'administration et y retournant en cas de mauvaise fortune électorale, non sans avoir progressé en ancienneté et en grade pendant tout le temps de leur mandat. Bien entendu, cette réforme n'a pas la moindre chance de voir le jour avec l'actuelle majorité, dirigée, tout comme la précédente, par des énarques. Mais elle n'en revêt pas moins un petit air de nuit du 4 août, d'autant que Renaud Dutreil et son secrétaire d'Etat, Eric Woerth, sont eux-mêmes énarques. Mais comme le disait ce ministre de la IIIe République : " La réforme de l'Etat est à l'ordre du jour, et elle y restera ! "
(6/6/04).

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Les Français privés du droit de siffler Chirac

Les gouvernants français sont tellement aimés du peuple qu'ils n'osent même plus paraître devant lui. C'est ainsi que Jacques Chirac a fait en sorte de n'arriver au Stade de France qu'un quart d'heure après le coup d'envoi de la finale de la Coupe de France, le 29 mai 2004. Le but de la manœuvre était de ne pas descendre sur la pelouse afin de se faire présenter les équipes. Cette cérémonie traditionnelle est à chaque fois - et depuis de longues années, puisque Mitterrand en avait lui-même déjà été victime - l'occasion pour les spectateurs de siffler copieusement le président, ce qui permet à la France entière, rassemblée devant ses écrans de télévision, de mesurer, mieux que par les sondages plus ou moins contrefaits dont on l'abreuve, la popularité réelle de son principal dirigeant. Le prétexte invoqué par l'Elysée, et pieusement reproduit par les commentateurs de TF1, pour expliquer le retard du chef de l'Etat était son déplacement au Mexique, pour le sommet Union européenne-Amérique latine, dont il revenait le jour même. A qui fera-t-on croire que Chirac, s'il avait pensé être acclamé au Stade de France, ne se serait pas arrangé pour y être à l'heure ? Au-delà du ridicule et du caractère vraiment peu glorieux d'une telle attitude, on ne peut que remarquer l'extraordinaire faiblesse du pouvoir politique. S'il en est réduit à raser les murs en public, ce n'est pas seulement parce qu'il se sait impopulaire, mais aussi et surtout qu'il a perdu toute légitimité. Un dirigeant courageux peut avoir à affronter la mauvaise humeur, voire la colère du peuple, parce que celui-ci est souvent peu clairvoyant, impatient et injuste. Mais si le responsable suprême du pays est sûr de ses convictions et prêt à en assumer l'entière responsabilité, il n'a en fait pas grand-chose à craindre des citoyens, surtout quand ceux-ci savent que ce dirigeant a été élu sans manipulation du processus électoral et des conditions du vote et qu'il quittera le pouvoir dignement et sans hésitation en cas de défaite dans les urnes. Dix-huit ans de cohabitation, de confusion politique, de lâcheté gouvernementale et d'incapacité à réformer ont eu raison du petit reste d'estime que les Français pouvaient encore porter au personnel politique. Ils n'attendent plus que l'occasion de le congédier.
(30/5/05).

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Saint Chirac, c'est pour après-demain

Impopulaire et ridicule aux yeux de beaucoup dans son propre pays, Chirac n'en renonce pas pour autant à donner des leçons à la terre entière. Faisant une escale spéciale au Guatemala sur la route de Guadalajara au Mexique, où se tenait le sommet Union européenne-Amérique latine, afin d'y embrasser sa copine Rigoberta Menchu, Prix Nobel de la paix 1992, il a stigmatisé " la bêtise " et " l'égoïsme " des riches en Amérique latine, les accusant d'être "crispés sur leurs privilèges " et apportant son soutien au projet du président guatémaltèque d'augmenter les impôts afin de réduire les inégalités sociales. Il est vrai que la pression fiscale dans ce pays ne dépasse pas 8,5 %. Ce qui n'a pas empêché les enseignants, hostiles à ce projet, de venir manifester en grand nombre devant le palais présidentiel. Comme quoi Chirac est vraiment un grand de ce monde, puisqu'il est un des rares, avec les présidents successifs des Etats-Unis, à être capable de susciter des mouvements de protestation ailleurs que chez lui. Le président du Guatemala, Oscar Berger, ne s'y est d'ailleurs pas trompé, qui a salué en la personne de Jacques Chirac, " l'homme politique le plus important du monde actuel ". Du coup, les têtes d'œuf de l'Elysée se sont mises à nouveau à réfléchir à la possibilité pour le président français de se voir attribuer le prix Nobel de la paix. Pour la canonisation, ils pensent raisonnable d'attendre un peu, mais cela n'empêche pas d'y travailler d'ores et déjà. A ceux qui leur suggèrent de viser plutôt la béatification, ils répondent qu'elle est carrément inutile, l'intéressé figurant manifestement, depuis son accession à la charge suprême, au rang des bienheureux. On comprend pourquoi aucune réforme n'est possible en France : Chirac et ses géniaux conseillers n'ont pas une seconde à eux pour s'en occuper !
(30/5/04).

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Les Africains ne sont pas noirs

Chirac ne rate pas une occasion d'exprimer sa dilection pour " une société multiethnique et multiculturelle ". Il l'a encore répété lors de son voyage au Guatemala. Mais ce qu'on ne comprend pas, c'est qu'il en ait encore un peu honte en France même. Sans doute juge-t-il que l'opinion n'y est pas tout à fait prête. Sinon, au lieu de faire tout son possible pour que les Français n'assimilent pas l'immigration à la délinquance, il ferait en sorte que la presse (qui, comme chacun le sait est indépendante dans notre pays), au lieu de dissimuler l'origine des auteurs de crimes et de délits, la révèle au grand jour afin que le peuple puisse raisonnablement suivre son président dans sa croisade en faveur du métissage. Saluons à cet égard comme elle le mérite l'initiative du Parisien qui, dans l'affaire du meurtre de Patrice Cambron, cet homme de 38 ans qui, le 30 avril 2004, avait été roué de coups à Savigny-Le Temple, en Seine-et-Marne, par un groupe d'adolescents et de jeunes adultes qu'il soupçonnait d'avoir volé le vélo de son épouse et qui en était mort quelques jours après, a publié deux photographies permettant au public de se faire une idée de l'origine des coupables. Une de ces photos représente    "une des mères de famille dont le fils est impliqué dans l'agression de Patrice Cambron ". Cette personne, bien que photographiée à contre-jour, est manifestement une Africaine. Sur la deuxième photo, on voit l'interpellation d'un des " jeunes soupçonnés d'avoir battu Patrice Cambron". On n'aperçoit ce jeune garçon que de dos, mais comme il est vêtu d'un short et d'un polo à manches courtes, on peut constater la couleur foncée de sa peau. Bien entendu, le journal nous indique que dans l'article qui accompagne les photographies, " les prénoms des mères et des jeunes impliqués ont été modifiés ". " Couvrez ce sein que je ne saurais voir ! ". Molière, s'il vivait de nos jours, serait contraint à un codicille : " Ou ne m'en dévoilez que la naissance. " Nous sommes pourtant bien loin aujourd'hui de Tartuffe. Les faux dévots sont devenus des adeptes du politiquement correct. L'immigré incarne à leurs yeux le seul espoir de régénérescence des peuples occidentaux, auxquels ils ont honte, par détestation d'eux-mêmes, d'appartenir. Et le mensonge et la désinformation sont devenus leurs armes principales pour y parvenir. Le fait qu'un des principaux quotidiens français soit contraint d'utiliser la suggestion photographique pour essayer de révéler la vérité à ses lecteurs en dit long sur l'état du débat démocratique et républicain dans notre pays. Et sur la nature du régime qu'il subit. Quand la peur règne dans les moyens d'information et que les opinons ne sont plus libres de s'exprimer, quelque critique qu'elles encourent, c'est que l'on vit bel et bien sous une dictature. Le fait qu'elle n'ose pas dire son nom ni s'assumer en tant que telle ne change rien à cet accablant constat. La liberté a été bannie du sol où elle a été proclamée à la face de l'univers. Honte à ceux qui ont commis ce crime, et honte aussi à ceux qui, par négligence, égoïsme, faiblesse ou lâcheté, l'ont laissé se perpétrer.
(30/5/04).

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Enfin un milliardaire heureux !

Les manifestants d'EDF qui, le 27 mai 2004, ont bloqué la circulation dans Paris pendant une bonne partie de la journée ont fait au moins un heureux : François Pinault. Le propriétaire de Pinault-Printemps-La Redoute, qui ne se déplace habituellement que dans une voiture conduite par un chauffeur, a été vu traversant à pied le quartier de Saint-Germain-des-Prés, où il habite, simplement accompagné d'une collaboratrice. Il allait d'un bon pas, manifestement heureux de marcher comme tout le monde dans la rue et de respirer l'odeur du temps. En somme un plaisir simple, comme nous en goûtons tous les jours de grève des transports et de manifestations. Allons, l'argent ne fait pas le bonheur. Même s'il est à l'origine de la plupart des manifestations.
(30/5/04).

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LCI résout la crise du logement

La palme du bon goût revient sans conteste à LCI pour le sujet qu'elle a diffusé le 29 mai 2004 à propos des cérémonies de commémoration du débarquement en Normandie. Tandis que le journaliste de service indiquait que tous les hôtels de la région affichent complet, on voyait à l'écran les images d'un cimetière militaire. Ses occupants auraient sans nul doute préféré vivre à la belle étoile !
(30/5/04).

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Les organismes sociaux appellent les banques au secours

L'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS), qu'on a coutume d'appeler " la banque de la Sécurité sociale ", bien qu'elle soit une banque sans argent, cherche désespérément à emprunter des fonds à des prêteurs privés pour faire face à ses échéances de fin d'année, quand les 33 milliards d'euros avancés par la Caisse des dépôts et consignations seront épuisés. Ce recours au privé est fortement recommandé par le gouvernement qui s'inquiète du risque encouru par la Caisse des dépôts elle-même dans le financement du puits sans fond de la Sécurité sociale. Sur ce marché, l'ACOSS va se trouver en concurrence avec l'Unedic, qui gère l'assurance chômage et dont le déficit cumulé, déjà estimé à plus de 7 milliards d'euros à la fin de 2004, va se trouver augmenté d'au moins 1,5 milliard d'euros en raison de la réintégration des " recalculés ", sans compter avec le maintien au moins partiel du système des intermittents, face auxquels le gouvernement vient de capituler en rase campagne. Et ce n'est pas le report de la créance de 1,2 milliard d'euros de l'Etat sur l'Unedic, triomphalement annoncé par M. Borloo, qui va améliorer la situation de celle-ci. En effet l'Unedic n'avait pas prévu de rembourser cette somme en 2004 et l'Etat ne l'avait pas inscrite en recettes dans le budget de cette année. " S'il manquait 2 milliards d'euros, nous serions devant un drame, a déclaré M. Seillière, le président du Medef, qui préside l'Unedic. Et l'assurance-chômage serait, comme l'assurance-maladie, menacée dans son existence même par les déficits. Nous ne saurions pas comment verser les allocations aux chômeurs. " L'effondrement de l'Etat-providence, auquel nous assistons en ce moment, était prévisible depuis de longues années. Aucun des gouvernements qui ont dirigé la France n'a pris la moindre mesure pour l'éviter. Si gouverner c'est prévoir, on peut affirmer sans risque d'erreur que la France n'est pas gouvernée. Ce dont aucun Français ne doute.
(22/5/04).

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L'offensive des profanateurs

Jusqu'à quel niveau d'abaissement moral la classe politique française descendra-t-elle ? Toutes affaires cessantes, la voilà en train de s'exciter sur l'affaire du mariage des homosexuels, comme si c'était le problème majeur du pays, et surtout comme s'il appartenait aux élus de la nation de promouvoir des comportements déviants au détriment du sentiment populaire. Car ne nous y trompons pas : s'il est vrai que les sondages n'indiquent pas un rejet majoritaire du mariage homosexuel dans l'opinion, celle-ci ne réagit ainsi que parce que cette question ne la concerne pas et lui paraît sans importance. En revanche les Français sont de plus en plus choqués par les provocations incessantes et la volonté de profanation émanant de milieux très marginaux mais fortement relayés au plan médiatique, qui tentent de faire croire au grand public que de tels comportements sont non seulement normaux mais aussi dignes de considération, voire d'imitation. Ce que ces apprentis sorciers ne savent pas - car en dépit du qualificatif d' " intellectuel " dont ils s'affublent, ils sont historiquement et psychologiquement incultes -, c'est que les régimes politiques démocratiques périssent bien plus de leur immoralité que de leurs échecs économiques, même si ceux-ci n'arrangent rien. M. Strauss-Kahn, qui a cru devoir relancer le débat sur le mariage homosexuel au parti socialiste dans l'espoir d'y gagner ses galons de présidentiable, ne sera finalement apparu aux Français que comme un politicien prêt à tout pour arriver. De ce point de vue, il a affaire à une rude concurrence.
(22/5/04).

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Ceux qui veulent supprimer les élections

La classe parlante verse de chaudes larmes sur le sort injuste, selon elle, du député socialiste au parlement européen Olivier Duhamel, que son parti n'a pas voulu investir pour un nouveau mandat. Agrégé de droit public et maître de conférences à Sciences-Po, le pauvre éconduit ne sera pas rejeté à la misère. Mais surtout on ne voit vraiment pas ce que la politique a à perdre en se privant de ce grand démocrate qui, dans un débat sur LCI il y a quelques années, alors que son contradicteur, l'ancien commissaire au plan Henri Guaino, lui parlait du peuple, avait lâché d'un air méprisant : " Le peuple ! Il n'a jamais rien décidé ! " Précisons qu'Olivier Duhamel, qui est le fils de l'ancien ministre de Georges Pompidou Jacques Duhamel, n'a aucun lien de parenté avec Alain Duhamel, l'éditorialiste politique de RTL. Ce qui n'empêche pas les affinités démocratiques. En effet ce dernier a déclaré récemment à l'antenne son opposition à un référendum sur le nucléaire au motif qu'il n'y a pas, selon lui, dix mille personnes en France capables de comprendre ce problème. Encore quelques Duhamel et on pourra se passer d'élections dans notre pays. C'est d'ailleurs la seule source d'économies que la caste qui dirige la France aura jamais été capable d'imaginer.
(22/5/04).

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La justice se met aux abonnés absents

Toute juridiction a une tendance naturelle à durcir au fil des ans les conditions de sa saisine. La France est " exemplaire " à cet égard. Après le Conseil d'Etat, qui s'est doté depuis longtemps d'une procédure lui permettant de filtrer les pourvois et d'en éliminer ainsi le plus grand nombre, et la Cour de cassation qui a adopté un système identique, ce sont les cours administratives d'appel qui ont institué l'obligation d'avoir recours à un avocat pour s'y faire représenter, alors que cela n'était pas obligatoire, comme c'est encore le cas devant les tribunaux administratifs. La Cour européenne des droits de l'homme, dont le siège est à Strasbourg, vient de céder à son tour à cette tendance en demandant aux 45 Etats membres du Conseil de l'Europe de ratifier une réforme permettant à un juge unique, au lieu de trois, de déclarer irrecevable une requête. Il est vrai que le nombre des pourvois a doublé depuis 1998, en raison notamment de l'adhésion au Conseil de l'Europe des Etats de l'ancien bloc communiste, et que 90 % des requêtes sont irrecevables pour des raisons de compétence de la Cour. Il n'empêche qu'il s'agit d'un recul de l'accès au droit et que celui est d'autant plus préjudiciable à la démocratie que les libertés fondamentales consignées dans la Convention européenne des droits de l'homme sont sans cesse menacées par la toute puissance du pouvoir exécutif dans les dictatures technocratiques que sont devenus beaucoup d'Etats modernes, au premier rang desquels figure évidemment la France. C'est pourquoi il est de plus en plus urgent que les citoyens entreprennent de se défendre par eux-mêmes, individuellement ou en se regroupant dans des associations, contre les empiètements de l'Etat plutôt que de compter sur l'intervention d'une Cour européenne dont les sentences, fort longues à intervenir et de plus en plus difficiles à obtenir, sont dépourvues de tout caractère vraiment contraignant pour les Etats condamnés et alors que les sanctions financières infligées à ceux-ci sont d'un montant le plus souvent ridicule et donc non dissuasif. Une bonne justice punit (ou acquitte) vite et sanctionne assez fortement pour décourager la récidive et le mauvais exemple. On en est loin, que ce soit en France ou en Europe !
(22/5/04).

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La guerre a commencé entre les fonctionnaires et tous les autres Français

De plus en plus d'observateurs de la vie publique en France évoquent l'éventualité, qu'ils jugent plus que probable, d'un formidable coup de tabac dans notre pays. Voici par exemple ce qu'écrit Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, dans un petit livre vigoureux et fort bien venu, intitulé " La république des faux gentils " et publié aux éditions du Rocher : " Le risque existe, à ce point de notre histoire, de voir la " société civile " - celle qui ne se reconnaît pas dans le club des chiffes molles, qui voit sa parole confisquée et qui ne sait plus faire confiance - se révolter si la France ne se secoue pas de son immobilisme, de ses débats sans contradicteurs, de ses entêtements à penser faux, de sa démocratie ankylosée. Déjà, en juin 2003, cette " France silencieuse " mais dynamique aura montré son impatience et sa capacité de mobilisation, en descendant spontanément et massivement dans les rues de Paris - une foule s'étendant du Châtelet à la Concorde - pour protester contre les grèves à répétition. " En réalité, la guerre civile française a déjà commencé. Elle oppose les fonctionnaires au reste de la population. La France est gouvernée par des fonctionnaires au profit des fonctionnaires. " Avoir 60 % de la population mise en coupe réglée par les 40 % restants, considère l'économiste Charles Gave, et empêcher par tous les moyens la majorité de s'exprimer, est une politique à très haut risque. " Un constat que font également Michel Brulé et Michel Drancourt dans leur livre intitulé " Service public, sortir de l'imposture " (Editions JC Lattès). " Si on se tourne, écrivent-ils, vers les réalités du secteur public dans la France actuelle, telles que nous les avons décrites en commençant notre étude, cette idéalisation apparaît comme une véritable imposture. Où est la solidarité entre ceux qui voient sans cesse s'étendre le champ de leurs privilèges et le tout-venant des Français appelés à les financer sans en bénéficier ? Où est l'aptitude à voir au-delà du court terme dans une politique menée par des fonctionnaires au pouvoir pour le plus grand profit des agents publics, en sacrifiant les dépenses de recherche et d'investissement au profit de la permanente revalorisation des traitements et des pensions ? Où est le respect pour le contrat social et pour la loi qui l'exprime chez ceux qui profitent en toute occasion de la confiance qu leur a faite la nation en les mettant en situation de monopole pour abuser de leur capacité de nuire, afin d'accroître sans cesse les rentes de situation extorquées aux citoyens " ordinaires " ? " La multiplication de telles charges contre la dictature de la fonction publique est un signe qui ne saurait tromper. Le conflit est désormais engagé et il ne s'arrêtera pas tant que les Français qui travaillent n'auront pas retrouvé l'intégralité de leurs droits. L'actuel gouvernement ne l'a manifestement pas compris. Sa situation est celle du bouchon de champagne sur une bouteille déjà décapsulée.
(15/5/04).

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Les révélations de Philippe Alexandre sur l'Allemagne nazie.

Grâce au journaliste Philippe Alexandre, on en sait un peu plus sur la véritable nature de l'Allemagne nazie. Dans sa chronique de France Soir intitulée " Les criminels de guerre doivent être jugés ", Alexandre n'hésite pas à faire un parallèle entre les sévices infligés par l'armée américaine à certains prisonniers irakiens et les horreurs commises par les nationaux-socialistes germaniques pendant la deuxième guerre mondiale. " Aux mensonges d'Etat, écrit-il, qui ont légitimé l'invasion de l'Irak succèdent à présent les refus des responsables américains de reconnaître leurs crimes. " Fustigeant la décision américaine de ne pas reconnaître le Tribunal pénal international de La Haye, le journaliste, qui voit en celui-ci " le successeur du tribunal de Nuremberg qui a jugé, après la dernière guerre mondiale, les principaux criminels nazis ", n'hésite pas à comparer les dirigeants américains à ces derniers qui " prétendaient déjà, d'une seule voix, n'avoir jamais été informés des génocides massifs perpétrés par le régime nazi ". Et sans doute verrait-il avec faveur George W. Bush, Donald Rumsfeld et quelques autres subir le sort des dignitaires nazis " condamnés à mort après un interminable et solide procès en bonne et due forme ". L'argumentaire de Philippe Alexandre est des plus convaincants. Il n'y a en effet aucune différence entre les Etats-Unis et l'Allemagne nazie, qu'on a donc mal jugée. Car ce qu'Alexandre nous apprend, par la vertu de son parallèle éclairé, c'est qu'Adolf Hitler, dès qu'il a appris par la presse allemande, elle-même informée par des indiscrétions militaires, l'existence des camps de la mort, a prononcé un grand discours dans lequel il s'est écrié : " Ces camps, et ces procédés, ce n'est pas l'Allemagne ! " Il a envoyé immédiatement Hermann Goering visiter Auschwitz et ordonner la libération des déportés, tandis que Himmler faisait de même à Dachau et que Goebbels félicitait la presse d'avoir fait son travail et contribué au bon renom démocratique du régime nazi. Ce qu'on ne comprend toutefois pas, c'est que Philippe Alexandre, qui en trois à quatre décennies de carrière s'est tout de même fait quelques relations, ne soit pas parvenu à arracher aux tortionnaires d'outre-Atlantique son neveu, Pierre Alexandre, qui est le correspondant de LCI à Wall Street, et le laisse croupir dans cette abominable Amérique que par bonheur l'armée française s'apprête à aller libérer aux cris de " La Fayette est de retour " !
(15/5/04).

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Rocard perd la mémoire

Nul n'ignore qu'une féroce rivalité oppose Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy. Comme les députés de la majorité paraissent prêts à se donner à l'actuel ministre des finances, Chirac s'est invité au pot de départ offert par le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, à l'ancien président du groupe parlementaire UMP, Jacques Barrot, qui vient d'être nommé commissaire européen en remplacement de Michel Barnier, devenu ministre des affaires étrangères. Certains avaient cru voir dans la démarche du président de la République une violation du principe constitutionnel de séparation des pouvoirs, qui ne permet pas au chef de l'Etat de s'exprimer devant la représentation nationale, mais son entourage a fait observer que la réunion se tenait non pas à l'Assemblée mais à l'Hôtel de Lassay, qui est la résidence du président de celle-ci. Quoi qu'il en soit, Chirac a dûment sermonné les députés UMP, les invitant à la plus stricte obéissance, et a tenu à se faire photographier avec chacun d'entre eux, à la grande surprise de beaucoup qui se seraient volontiers passés d'une telle faveur. Les relations plus que tendues entre Chirac et Sarkozy ont rappelé à Michel Rocard celles qu'il entretenait avec François Mitterrand et qui étaient elles aussi exécrables. Mais " au moins, nous deux, nous nous respections ", a tenu à préciser Rocard. Ce malheureux garçon perd vraiment la mémoire. Ne se souvient-il pas d'avoir mis en cause l'honnêteté de Mitterrand, provoquant la fureur des amis de l'ancien président. Rocard pourrait faire sien le mot de Colette : " J'ai une mémoire merveilleuse, j'oublie tout. " D'ailleurs cela vaut mieux pour les politiciens. S'ils devaient avoir en permanence en tête toutes les âneries qu'ils ont débitées pendant leur longue carrière, ils finiraient par craquer et se suicider. Et cela, très franchement, représenterait pour la nation une perte irréparable.
(15/5/04).

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Un point de vue épiscopal sur la Sécu

Il faut " que le grand public accepte une certaine rigueur, que les gens sachent ce que coûtent les soins, on accepte de payer pour sa voiture mais pas pour sa santé. " Ces fortes paroles n'émanent pas d'un économiste libéral mais de la commission sociale des évêques de France. Peu soucieux de cohérence, ces derniers n'en jugent pas moins que le système actuel de protection sociale est " de loin beaucoup plus satisfaisant que les autres ", alors même qu'il est précisément fondé sur l'ignorance du coût des soins et sur le mythe de leur gratuité. Heureusement que les évêques ne bénéficient pas du privilège de l'infaillibilité, réservé au pape, sinon la messe serait dite … et la Sécu sauvée ! Ce qu'elle ne mérite vraiment pas.
(15/5/04).

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A droite comme à gauche une seule question : comment se débarrasser de Chirac ?

Une fois n'est pas coutume : les éditorialistes du Figaro et du Monde sont sur la même longueur d'ondes. Tous deux fustigent l'immobilisme gouvernemental face à une situation économique qui ne s'améliore pas. " Un électrochoc eût été nécessaire pour sortir de la déprime qui gagne ", écrit Eric le Boucher dans Le Monde. " Personne ne mettra en doute les bonnes intentions du premier ministre, estime de son côté Michel Schifres dans Le Figaro, mais l'enfer lui-même en est pavé. Car, comme souvent en France, le changement proposé est bien pâle. " Et l'éditorialiste du Monde de suggérer le recours à une procédure américaine qui n'existe pas en France, le " recall " qui permet aux électeurs, s'ils sont en nombre suffisant, d'obtenir l'organisation d'un scrutin de révocation. C'est par ce moyen qu'a été récemment démis le gouverneur de Californie et élu à sa place Arnold Schwarzenegger. C'est évidemment Jacques Chirac qui serait visé par une procédure de ce type, à laquelle Eric Le Boucher voit une bonne raison de recourir : " Ne pas perdre trois ans dans l'immobilité chiraquienne alors que la compétition mondiale prive la France d'emplois. " Une conclusion que semble partager Michel Schifres qui conclut son article par un avertissement très clair : " C'est souvent à force de prudence que les explosions se produisent. " Tout cela est bel et bon, mais comment se débarrasser de Chirac, puisque le recall n'existe pas en France ? On ne voit guère qu'une solution : une nouvelle défaite de son camp aux élections européennes, suivie d'une pression populaire pour réclamer son départ. C'est sans doute là que les chemins du Monde et du Figaro se sépareront à nouveau. Car on ne voit pas Serge Dassault, qui va prendre le pouvoir au Figaro à la mi-juin, s'associer à une campagne visant à chasser le protégé de son père et son propre ami. Il n'empêche que la question est dorénavant posée jusque dans les médias : peut-on maintenir en fonctions, dans un contexte aussi difficile pour le pays, un incapable comme Chirac ? Quand une telle interrogation se fait jour ouvertement, le sort de l'intéressé ne tient plus qu'à un fil. Celui qu'a tissé la constitution de la Ve République, qui met à l'abri de toute révocation un chef de l'Etat décidé à se maintenir coûte que coûte au pouvoir. Dans ces conditions, il ne reste plus que la rue. C'est la raison pour laquelle il faut s'attendre à la voir se manifester avant longtemps.
(8/5/04).

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Drame cornélien à Europe 1

Les dirigeants d'Europe 1, propriété du Groupe Lagardère et donc favorable à l'actuel pouvoir, s'étaient crus très malins en créant des émissions qui donnent la parole aux auditeurs. Ils pensaient offrir ainsi un exutoire aux critiques de plus en plus nombreuses que suscite l'incapacité du gouvernement à s'attaquer aux vrais problèmes du pays sans que pour autant soit engagée la responsabilité éditoriale de la station. Las ! Les responsables de l'UMP et les communicants du gouvernement n'ont pas tardé à trouver le truc pour fausser l'expression populaire. Ils ont en effet lancé à l'assaut des ondes des militants dûment chapitrés qui utilisent l'antenne pour dire tout le bien qu'ils pensent de MM Chirac, Raffarin et consorts, leur donner toutes les excuses et imputer la mauvaise situation du pays au précédent gouvernement socialiste. Il va donc falloir que les journalistes d'Europe 1 prennent leurs responsabilités s'ils ne veulent pas perdre toute crédibilité. Mais il y a gros à parier qu'ils préfèreront perdre des auditeurs plutôt que leur place.
(8/5/04).

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Honte à Romano Prodi !

Honteuse, la réception avec les honneurs de Kadhafi, à Bruxelles, par la Commission européenne. Si les dirigeants européens avaient voulu se déconsidérer aux yeux du monde civilisé, ils n'auraient pu trouver mieux. La photo d'un Romano Prodi aux anges serrant la main du dictateur libyen restera comme une tache indélébile sur la réputation déjà peu flatteuse d'un exécutif communautaire qui navigue depuis plusieurs années entre l'impuissance et la corruption. Et tout cela à quinze ! Que se passera-t-il maintenant que nous sommes à vingt-cinq ? " Je suis vraiment très content de cette visite, a déclaré l'ineffable Prodi. C'est le résultat de cinq années de discussions et de contacts. " Et dire que les dirigeants européens n'ont pas trouvé un instant, pendant ces cinq années, pour demander à Kadhafi de condamner le terrorisme, dont son Etat-voyou a été un des pires organisateurs. C'est pourquoi le dictateur libyen, notre nouvel et grand ami, n'a pas manqué l'occasion de se vanter de ses actions passées. " On nous a accusés d'être terroristes, a-t-il déclaré, mais c'était le prix qu'on devait payer. Si c'est cela le terrorisme, on est fiers d'être terroristes parce qu'on a aidé la libération du continent africain. " Qu'a-t-il fallu pour que Kadhafi revienne en grâce auprès des Européens ? Qu'il finisse par indemniser les familles des 170 victimes de l'attentat contre le DC 10 de la compagnie française UTA. Cet acte terroriste inqualifiable aurait dû suffire à placer Kadhafi pour toujours au ban des nations civilisées. Et interdire à celles-ci de jamais considérer cet abominable individu comme un chef d'Etat fréquentable. Pour que la Libye soit admise à rétablir des relations normales avec l'Europe, celle-ci aurait dû exiger d'elle un changement de régime et de dirigeants ainsi qu'une condamnation sans détour des actes terroristes commis dans le passé. Il n'a pas fallu longtemps pour que Kadhafi démontre qu'il n'avait en rien changé. Un tribunal libyen vient de condamner à mort cinq infirmières bulgares accusées d'avoir propagé le sida dans un hôpital pédiatrique libyen, alors que selon les scientifiques qui avaient témoigné à leur procès, parmi lesquels le professeur Luc Montagnier, codécouvreur du virus du sida, l'épidémie était due aux mauvaises conditions d'hygiène qui prévalaient dans l'hôpital bien avant l'arrivée de ces infirmières. A Bruxelles, lors de sa réception en grande pompe, Kadhafi avait " rassuré " les bons apôtres européens en leur garantissant qu'il s'agissait d'" un procès équitable et transparent ", puisque les accusés avaient " le droit à des avocats " ! Après le verdict, Romano Prodi s'est déclaré " extrêmement préocccupé et profondément déçu ", lui qui avait affirmé être " confiant " dans l'issue du procès. Avec de tels pauvres types à sa tête, l'Europe ne sera jamais qu'un chien crevé au fil de l'eau.
(8/5/04).

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Un énarque passe aux aveux

Quand les énarques sont proches de la retraite, il leur arrive de faire preuve d'un peu de lucidité. Tel Bertrand Cousin, ancien député RPR du Finistère et maître des requêtes honoraire au Conseil d'Etat. Interrogé par France Soir à l'occasion de la publication de son livre " Vous avez du pain sur la planche",   il n'y est pas allé par quatre chemins. Pour lui, le gouvernement Raffarin III est " un gouvernement à la mexicaine. On a voulu donner des titres prestigieux à de nombreuses personnalités politiques avant qu'elles ne retournent dans le néant ". L'hypothèse d'un troisième mandat de Jacques Chirac le fait se souvenir de la formule fameuse d'Einstein : " On ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés. " Pensant qu' " un nouveau Mai 68 n'est pas exclu " et qu'il faut tenir compte de " la faillite de ce pays ", il se prononce " pour la retraite des hommes politiques à 65 ans ". A la question : " Comment réagissez-vous face au problème de l'islam en
France ", il répond : " Je dis et je répète qu'il n'est pas facile d'intégrer des gens qui ne veulent pas être intégrés. " Et pour finir, il exécute l'ENA, voyant en elle " la cause de bien des difficultés de notre pays. Les énarques ont été incapables de moderniser et de réformer l'Etat. C'est impardonnable, inexcusable. C'est l'échec d'une filière et ça ne peut plus continuer comme ça ". Que ne l'a-t-il clamé quand il était parlementaire RPR ! Ou dans les journaux du groupe Hersant, quand il en était directeur général !
(8/5/04).

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La pitoyable exhibition de Chirac

Pitoyable exhibition du président de la République à l'occasion de sa "conférence de presse " du 29 avril 2004. Incapable de s'exprimer spontanément, Chirac avait les yeux rivés sur ses notes, sans même parvenir à dissimuler son stratagème, et ânonnait ses réponses. Pourtant, plus de 200 journalistes avaient pris place dans la salle des fêtes de l'Elysée, comme au bon vieux temps du général de Gaulle. Qui préparait avec le plus grand soin ce type d'intervention publique, au point d'apprendre par cœur ses tirades et de se poser à lui-même, dans l'amusement général - un amusement admiratif devant le culot monarchique manifesté par le Président - les questions que les journalistes ne lui avaient pas posées. Cette " conférence de presse " de Chirac n'était en rien nécessaire, sauf pour marquer la place du président face aux ambitions de Sarkozy, qui devait s'exprimer quelques jours plus tard. Etrange concurrence vraiment. Et étrange régime dont le chef actuel ne peut rester deux ans au pouvoir sans subir une formidable défaite électorale … dont il ne tire jamais aucune conséquence personnelle ! On est bien loin du départ de De Gaulle après son échec au référendum de 1969. En fait, sous Chirac, la France n'a jamais été gouvernée, et cela va encore continuer pendant trois ans, sauf si des évènements dramatiques, que chacun sent de plus en plus probables, mettent une fin brutale à la présidence la plus calamiteuse de la Ve République. C'est d'ailleurs celle-ci qui est désormais en question. Elle avait été instaurée pour rétablir l'autorité et le crédit de l'Etat, et n'a abouti qu'à livrer celui-ci aux factions, notamment à la plus néfaste entre toutes, celle des technocrates. La cause principale en est l'effacement du parlement au profit du pouvoir exécutif et de l'administration. Débarrassés de tout contrepoids, ceux-ci peuvent accumuler les erreurs sans que la moindre sanction ne s'ensuive. Sauf l'échec électoral. Mais ce dernier est également sans conséquences, puisque les technocrates se succèdent à eux-mêmes et que leur politique n'est en rien modifiée. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard qu'ils ont voulu instaurer l'euro. La monnaie unique met les Etats à l'abri des dévaluations qui, jusqu'alors, sanctionnaient les mauvaises politiques économiques et provoquaient souvent la chute du ministère. Mais toutes les additions finissent un jour par être présentées. Celle que la classe politique française va se voir mettre prochainement sous le nez sera carabinée. Nous ne pourrons pas même nous en réjouir : c'est nous qui devrons la payer.
(2/5/04).

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Gai, gai, marions-nous !

Chic alors ! Cinq cents jeunes Australiens vont pouvoir obtenir dans des conditions très faciles un visa pour visiter la France ou y étudier. Il s'agit d'un échange de bons procédés entre notre pays et l'Australie. Côté français, c'est l'enthousiasme, puisqu'en un mois 350 jeunes gens ont décidé de s'envoler pour les antipodes. Un séjour limité dans le temps n'intéressait pas du tout, en revanche, les hommes d'un village tunisien situé au nord de Tataouine. Pilotés par un de leurs concitoyens installé comme restaurateur à Clermont-Ferrand, ils arrivaient dans cette ville avec un visa de tourisme et épousaient une femme qu'ils rencontraient pour la première fois à la mairie et qui touchait pour prix de cette union la somme de 5 000 euros en liquide. Dès après la cérémonie, le nouveau couple se séparait et l'homme n'avait plus qu'à effectuer les démarches nécessaires pour obtenir une carte de séjour. Plus de cent trente personnes sont impliquées dans ce trafic et probablement plus encore car le système a fait des émules dans plusieurs régions de France. On avait peut-être tort de se réjouir des statistiques qui annonçaient un retour en grâce du mariage dans notre pays.
(2/5/04).

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Un ministre coupable d'attentat à la pudeur

Désireux de réussir dans ses fonctions, Renaud Donnedieu de Vabres, le nouveau ministre de la Culture et de la Communication, a pris pour modèle de conduite un politicien coréen. Membre dirigeant du Parti démocrate du millénaire (PDM), qui faisait partie de la coalition majoritaire sortante (et battue), celui-ci avait, pour expier ses fautes et conjuré la défaite de son camp aux élections législatives, commencé sa campagne en rampant et en se prosternant pendant quinze heures selon le rituel bouddhique. Bien que chrétien, Donnedieu de Vabres a mis la méthode bouddhiste en pratique en invitant la réalisatrice et comédienne Agnès Jaoui à le rencontrer rue de Valois, au ministère. On se souvient que cette dernière avait longuement apostrophé en termes peu amènes Jean-Jacques Aillagon, le précédent ministre, lors de la cérémonie des Césars. La vexation infligée à celui-ci n'a pas compté pour peu dans son renvoi. Le nouveau titulaire du poste a retenu la leçon et, agissant à la coréenne, s'est déclaré prêt à entendre le point de vue de la comédienne sur tous les dossiers qu'elle jugera bon d'évoquer. Mais pourquoi diable aller chercher en Asie des méthodes qui ne sont en rien supérieures à celles que nous maîtrisons fort bien en France et depuis longtemps. Chez nous, on n'a pas besoin de quinze heures de repentance. Un seul geste de la main et hop ! on a baissé son pantalon. Restons
français !
(2/5/04).

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Des grèves qui rapportent

Pourquoi les enseignants se tiennent-ils relativement tranquilles en ce moment ? La réponse à cette question est à chercher dans les comptes du ministère de l'éducation nationale. Celui-ci a réalisé 230 millions d'euros d'économies en 2003, tout simplement en effectuant quelques retenues sur les salaires des professeurs grévistes. Il faut dire que ceux-ci avaient fait fort l'année dernière, en s'offrant la bagatelle de 3,1 millions de jours de grèves, alors qu'ils n'en avaient réalisé " que " 438 500 en 2002 et 415 400 en 2001. Ainsi quelques centaines d'euros perdus par nos chers enseignants ont suffi à les rendre moins ardents dans la " défense " du service public. L'esprit de sacrifice a ses limites !
(2/5/04).

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Les chanteurs parlent toujours trop

Le chanteur Paco Ibanez, qui vit tranquillement à Barcelone, est si heureux de la défaite électorale du gouvernement Aznar qu'il en vient à proférer des énormités. " Soixante ans après, a-t-il déclaré au Figaro, nous avons gagné la guerre, nous avons enfin enterré le franquisme ! " Le fait d'être le fils d'un combattant républicain qui avait dû s'exiler en France n'excuse pas tout. Quant au journaliste du Figaro, il aurait dû prendre la peine de lire son propre journal avant de servir chaud à ses lecteurs les élucubrations du chanteur. Un mois à peine avant le papier consacré à Ibanez, le quotidien de la rue du Louvre publiait un article d'un universitaire français, Benoît Pellistrandi, qui vit en Espagne où il est directeur des études en histoire espagnole contemporaine à la Casa Velazquez de Madrid, et dans lequel il écrivait ceci : " A l'exception de Manuel Fraga Iribarne (80 ans), président de la Galice et fondateur de Alianza popular, la matrice du Parti populaire (PP), aucun dirigeant populaire n'a assumé la moindre responsabilité politique sous la dictature. N'oublions pas un phénomène tout simple qui est celui des générations et rappelons qu'Aznar est né en 1953, Rajoy en 1956. Ces hommes et ces femmes qui ont été au gouvernement entre 1996 et 2004 sont des militants qui ont fait toute leur carrière politique dans une démocratie consolidée. Ils ne font pas partie de la génération de la  "transition démocratique " : en général, ils sont entrés en politique entre 1982 et 1990, pendant le gouvernement socialiste. " Un chanteur de plus qui ferait bien de se contenter de chanter !
(2/5/04).

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Ce que révèle l'affaire Ambiel

La démission de Dominique Ambiel, le conseiller en communication du premier ministre, à la suite de sa convocation devant la justice pour des relations sexuelles présumées avec une prostituée mineure, ne serait qu'une affaire banale de mœurs ne méritant même pas d'être relevée si elle n'avait mis l'accent sur le comportement de Matignon avec les médias. La chute de l'éminence grise de M. Raffarin a délié les langues des journalistes qui, toujours courageux, font enfin état des multiples pressions que leur a fait subir le cabinet du premier ministre. En réalité, ces pressions ne sont pas le fait du seul M. Raffarin. Tous les premiers ministres qui l'ont précédé ont agi de même, ainsi que MM Mitterrand et Chirac. La vérité est que la France n'est pas une démocratie puisqu'il est possible au pouvoir d'empêcher la sortie de certains dossiers ou d'obtenir que d'autres soient travestis. Il n'y a pas à s'en étonner quand on sait que les propriétaires des principaux médias français sont aussi ceux de grands groupes industriels ayant l'Etat pour principal client. Ces groupes n'ont d'ailleurs investi dans les médias que pour se donner un moyen de pression sur les politiques et monnayer leur soutien contre des contrats publics sonnants et trébuchants. La seule façon de rétablir une véritable liberté de la presse serait d'interdire à tout groupe industriel travaillant principalement pour l'Etat de devenir propriétaire de journaux, de stations de radio ou de chaînes de télévision. Cela ne s'est jamais fait jusqu'à présent parce que les politiciens, quand ils arrivent au pouvoir, préfèrent avoir des médias à leur botte plutôt que libres. Là encore, il faudra une révolution pour que la liberté de la presse soit enfin consacrée en France.
(24/4/04).

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PERP : quand l'Etat ne songe qu'à plumer l'épargnant

La presse a largement tartiné sur l'entrée en vigueur du plan d'épargne-retraite populaire (PERP), qu'on s'est empressé de qualifier de " fonds de pension à la française ". Or le PERP n'est qu'un vulgaire piège à épargne. Les malheureux qui vont y souscrire peuvent dire adieu à leur cher et bel argent, puisque celui-ci sera bloqué jusqu'à leur retraite et qu'une fois celle-ci atteinte, les titulaires du plan ne pourront en sortir qu'en rente, ce qui signifie qu'ils ne verront jamais la couleur du capital constitué. Une fois de plus l'Etat tente d'abuser les épargnants en faisant miroiter des avantages fiscaux. Mais nul ne doit s'y tromper. Quand l'Etat fait, en matière de placements, des "gentillesses " au contribuable, c'est qu'il veut plumer l'épargnant. Or il s'agit de la même personne, ce que beaucoup de Français, qui appartiennent pourtant au peuple réputé " le plus intelligent de la terre ", n'ont pas encore compris. La bonne solution consiste à placer son argent dans des fonds européens permettant de choisir entre une sortie en rente ou en capital et à demander au fisc français de bénéficier des mêmes déductions fiscales que si le placement avait été fait en France. La Commission européenne vient à ce sujet d'engager une action contre la France et quelques autres Etats européens qui ne respectent pas le principe de non-discrimination fiscale (on peut lire sur notre site le communiqué de la Commission). La jurisprudence de la Cour de Justice des Communautés Européennes est à cet égard sans appel. Le succès ou l'échec du PERP seront un excellent test de la crédulité ou de la sagacité des Français.
(24/4/04).

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La gastronomie à la portée de toutes les bourses

Un de ses anciens inspecteurs ayant mis en cause le sérieux de ses enquêtes, le guide Michelin s'est offert une pleine page de publicité dans plusieurs quotidiens nationaux où Bibendum affirme que " ce qui compte, c'est que vous trouviez dans mon Guide des informations fiables et de qualité, toujours d'actualité mais à l'écart des effets de mode, qui vous accompagnent sur la route, en tout lieu et à tout instant ". France Soir ne figurait pas parmi les journaux choisis par Michelin pour sa publicité. Il est vrai que ce quotidien avait publié quinze jours auparavant une interview du fameux chef trois fois étoilé Guy Savoy qui, à la question " C'est quoi pour vous le bonheur ? " répondait : " A Paris, c'est rentrer chez moi tard le soir et ouvrir une boîte de sardines. Et, dans ma maison de l'Isère, c'est aller chercher des œufs dans la ferme voisine. " A ce compte, inutile d'aller se ruiner chez les grands chefs. Et tout aussi inutile d'acheter un guide gastronomique. On trouve des sardines et des œufs partout dans le commerce et ce n'est pas difficile à préparer. Gilbert Bécaud s'était d'ailleurs écrié dans une de ses chansons : " Le sandwich aux sardines, c'est bon ! " La France a enfin trouvé une source d'économies !
(24/4/04).

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Il y a au moins 30 000 racistes en France

Le spécialiste des questions africaines du journal Le Monde, Stephen Smith, vient de publier un ouvrage sobrement intitulé " Négrologie ". L'explication est dans le sous-titre : " Pourquoi l'Afrique meurt ". Le méchant jeu de mots du titre n'a à ce jour et à notre connaissance suscité aucune réaction des associations antiracistes. Si Jean-Marie Le Pen avait commis un tel calembour, il aurait été immédiatement traduit en correctionnelle et menacé de privation de ses droits civiques. En attendant, le bouquin de Stephen Smith marche bien, puisque son éditeur se flatte, dans une publicité parue précisément dans Le Monde, d'en avoir déjà vendu trente mille exemplaires. Il y a donc au moins trente mille racistes en France. Sans compter ceux à qui ils ont prêté le livre. Cela fait peur !
(24/4/04).

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Mitterrand adorait les histoires de coucheries

Fabien Lecoeuvre, qui fut entre autres l'agent de Claude François et de Jean-Luc Lahaye, et qui est, en plus jeune, le sosie de Jérôme Jaffré, est un des meilleurs connaisseurs des coulisses du show-biz, qu'il raconte dans
" Génération succès ", l'émission de France 2. France Soir lui a demandé comment est née sa vocation de raconteur d'histoires. " Mon premier spectateur, a répondu Lecoeuvre, a été François Mitterrand, de 1986 à 1989. Il appréciait que je lui raconte des potins sur le show-biz et surtout les " qui couche avec qui ? ". Je suis devenu son " Monsieur anecdotes ", à mon grand étonnement d'ailleurs. J'étais surpris que le président de la République m'écoute et en redemande ! " Pourquoi être surpris ? Mitterrand faisait dans le social, et qu'y a-t-il de plus social que les mélanges de population s'opérant au lit ?
(24/4/04).

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Du mensonge comme fondement du quatrième pouvoir

Jason Blair est ce journaliste du New York Times qui en a été licencié pour avoir publié au moins 37 articles plagiés ou relatant carrément des faits inventés. Il vient de faire paraître un livre où il raconte comment il a n'a pas cessé de mentir, le plus souvent sous l'influence de drogues. Nous suggérons aux écoles françaises de journalistes de proposer à Jason Blair de donner des cours dans leurs établissements afin de préparer au mieux les futurs professionnels de l'information à l'exercice de leur métier dans notre pays.
(24/4/04).

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Les assurés sociaux ne sont plus des assujettis mais des clients

En condamnant l'Assedic Alpes- Provence à poursuivre l'indemnisation des chômeurs privés de droits par la convention signée entre le patronat et trois syndicats de salariés (CFDT, CFTC, CGC), le tribunal de grande instance de Marseille n'a pas seulement créé un risque d'explosion du régime d'assurance-chômage. Il remet en cause l'ensemble du système social français. Celui-ci était jusqu'à présent fondé sur le principe de la convention collective qui, comme le résume fort bien M. Denis Gautier-Sauvagnac, président de l'Unedic, " peut à tout moment être modifiée par ses signataires sans qu'au nom d'une situation individuelle précédente, un particulier puisse s'y opposer ". Oui, mais voilà, le tribunal de Marseille a, quant à lui, jugé que le Plan d'aide au retour à l'emploi (Pare) était " un contrat " et que les modifications avec effet rétroactif de ses conditions d'attribution pour les chômeurs qui en bénéficient constituent une " rupture unilatérale de contrat ". On imagine aisément ce que l'application d'une telle jurisprudence pourrait donner dans le cas du régime d'assurance-maladie, qui multiplie les déremboursements, ou dans celui des retraites, où l'on vient d'allonger la durée de cotisation ! Eh bien il n'est nul besoin d'une jurisprudence pour que les régimes sociaux français soient tous considérés comme relevant de l'ordre du contrat et non de la convention collective. Il suffit de consulter le nouveau code de la mutualité et le code de la sécurité sociale, tel que modifié par les lois du 8 août 1994 et du 17 juillet 2001, pour constater que toutes les caisses d'assurance maladie et de retraite sont mises en concurrence les unes avec les autres ainsi qu'avec les mutuelles et les sociétés d'assurance et que ce sont bien des contrats qui les lient à leurs adhérents, lesquels peuvent à tout moment les dénoncer, comme n'importe quelle assurance. Ajoutons que le risque chômage est également visé par les directives européennes, définitivement transposées dans le droit national, et que par conséquent les salariés et les entreprises qui les emploient ont tout intérêt à étudier leur affiliation à un système privé plutôt que de confier leur sort à un système public en faillite.
Il n'est plus que d'attendre les actions en justice d'assurés sociaux réclamant un remboursement conforme au contrat en cours avec leur caisse ou le versement de leur pension dès que le nombre d'années de cotisations prévu par leur contrat initial est atteint pour voir l'ensemble du système exploser. En fait, l'effondrement de celui-ci se fera avant même ces actions judiciaires, en raison des effets cumulés de la dette, du ralentissement économique et des déficits sans cesse croissants.
Il va bien falloir que la pensée unique se résolve enfin à admettre que le monde entier ne nous envie pas notre système. Il est vrai qu'il n'y avait que des Français inconscients pour le croire !
(17/4/04).

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La justice en position d'accusée

Depuis qu'on a découvert, par une autopsie pratiquée sept ans après les faits, que l'adjudant Christian Jambert s'était " suicidé " de deux balles dans la tête, l'affaire des disparues de l'Yonne a pris une nouvelle tournure. On ne peut que s'interroger sur les raisons qui ont poussé le parquet d'Auxerre à écarter si promptement la thèse criminelle dans le décès du gendarme et à ne même pas faire pratiquer d'autopsie. On se souvient que Marylise Lebranchu avait, en décembre 2000, décidé l'ouverture d'une inspection des services judiciaires qui avait abouti à la convocation de quatre magistrats auxerrois devant le Conseil supérieur de la magistrature et à des sanctions prononcées par le garde des sceaux. Sanctions qu'a depuis annulées le Conseil d'Etat au motif qu'elles étaient " entachées d'illégalité " car reposant " sur des faits matériellement inexacts ". Le Conseil d'Etat était même allé jusqu'à accuser Mme Lebranchu d'avoir " commis une erreur manifeste dans l'appréciation des faits ", " méconnu l'étendue de sa compétence " et commis " une erreur de droit ". Il est vrai qu'on n'avait pas encore eu l'idée d'exhumer le corps du gendarme Jambert (il a fallu toute l'insistance de ses enfants pour y parvenir) et qu'aucun fait précis ne pouvait être reproché aux magistrats de l'Yonne, à l'exception d'une étrange apathie dans une affaire qui avait tout de même vu disparaître plusieurs jeunes femmes dans ce département. Maintenant que l'assassinat du principal enquêteur semble établi, tous ces faits sont à reconsidérer. Ils ont en tout cas déjà fait de nouvelles victimes, outre les jeunes femmes assassinées et le gendarme Jambert. A commencer par la justice elle-même, aussi prompte à absoudre ses membres qu'elle est lente à juger. Il faut que l'information judiciaire que le parquet d'Auxerre a décidé d'ouvrir au vu des résultats de l'autopsie du gendarme Jambert, soit menée avec toute la rigueur nécessaire. Il se peut qu'à Auxerre comme à Toulouse, des accusations aient été lancées sans preuves. Mais l'opinion ne saurait se satisfaire d'enquêtes bâclées ni de mensonges trop vite entérinés. La justice est en position d'accusée. Elle ne sera acquittée que si elle établit la vérité.
(17/4/04).

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Il aurait suffi d'un juste

Pour une fois que la télévision de service public remplit sa mission, n'hésitons pas à la saluer. L'émission que France 3 a consacrée à l'affaire Dubois, ce directeur adjoint d'un collège de Troyes accusé d'avoir assassiné sauvagement la principale de cet établissement, est exemplaire à tous égards. Le réalisateur a demandé à un commissaire divisionnaire à la retraite de reprendre l'enquête et d'examiner tous les faits négligés par la police et la justice lors de l'instruction. Ce qu'il a fait avec beaucoup de méthode et de rigueur, sous l'œil de la caméra. Il en résulte que tous les éléments qui pouvaient plaider en la faveur de l'accusé ont été laissés de côté par l'enquête officielle en raison de son aveu au cours de sa garde à vue. Comme les policiers lui annoncent que sa femme et sa fille vont également être incarcérées, au motif que, selon eux, le crime n'a pu être préparé qu'en famille, pour éviter cette épreuve aux siens, il craque et avoue, alors même qu'il est incapable de décrire la façon dont il aurait commis son crime et que ses propos n'ont aucun rapport avec ce qui s'est réellement passé. " J'ai craqué, confirme-t-il au réalisateur du film, qui a pu l'interroger. Je n'ai pas réfléchi, l'émotion m'a submergé. On m'aurait dit : c'est vous qui avez tué Kennedy, j'aurais dit oui. " Il n'empêche. M. Dubois, sur la seule foi de ces aveux plus que douteux et sans qu'aucune autre piste n'ait été sérieusement examinée, est condamné à 18 ans de prison. La simple question qu'appelle ce récit d'une affaire sur laquelle ne cesse de planer le spectre de l'erreur judiciaire, est la suivante : comment ne s'est-il pas trouvé dans tout l'appareil policier et judiciaire un seul homme pour émettre des doutes sur la vérité officielle et en faire état suffisamment haut et fort pour que la machine infernale cesse sa course et ne risque pas de condamner un innocent ? Dans l'admirable film " Douze hommes en colère ", il suffit d'un juré honnête et scrupuleux, seul au début contre tous, pour qu'une injustice ne soit pas commise. Certes dira-t-on, mais il s'agit de cinéma. Eh bien non. Il s'agit de la vie de tous les jours. Chacun sait bien que les hommes et les femmes courageux sont peu nombreux et qu'ils sont généralement très seuls, au moins au début de leur combat. Plaignons une justice qui n'a pas su trouver en son sein ni autour d'elle au moins une personne capable d'émettre un doute qui aurait dû, comme c'est la règle, bénéficier à l'accusé. Et plaignons le peuple français d'être soumis à une justice qui a tant de difficultés à rester sereine et à reconnaître ses erreurs.
(17/4/04).

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Faut-il tout dire ?

Le directeur de la rédaction du Point, Franz-Olivier Giesbert, vient de publier un livre autobiographique intitulé " L'Américain " dans lequel il révèle qu'il s'est fait violer dans le bocage normand par un garçon de 18 ans, et que son père, un soldat américain qui s'est fixé en France après le débarquement, le battait copieusement comme il battait également son épouse, la mère du narrateur. Giesbert explique qu'il n'aurait pas publié son livre s'il n'avait pas eu l'accord de ses quatre frères et sœurs. Ainsi donc toute une famille s'est trouvée d'accord pour mettre sur la place publique des faits qui n'auraient jamais dû quitter le domaine privé. Curieuse époque où l'on ne sait plus rien garder pour soi et où le déballage du sordide trouve une sorte d'assomption dans le bruit médiatique qu'il provoque. Plaignons très sincèrement Franz-Olivier Giesbert d'avoir subi les sévices qu'il narre. Mais blâmons-le d'en avoir fait un livre autobiographique. Le roman eût été une forme littéraire mieux adaptée. Qui n'eût pas placé le lecteur dans la situation du psychanalyste qu'il n'est pas. Ni contribué à la perte de toute retenue qui est la plaie d'une société complètement déboussolée.
(17/4/04).

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Les députés UMP craignent une dissolution

Une extrême nervosité a gagné les députés UMP après la déroute de leur camp aux élections régionales. Beaucoup se voient d'ores et déjà battus aux élections législatives dans trois ans. Mais surtout ils s'inquiètent des rumeurs de dissolution de l'Assemblée nationale en provenance de l'Elysée. Aux  "optimistes ", qui disent qu'une telle opération serait suicidaire, les pessimistes répondent qu'elle ne le serait que pour les députés, tandis que Chirac, lui, pourrait rester à l'Elysée et se refaire une santé en mettant les socialistes face à l'obligation de gouverner. Les mêmes ajoutent que c'est précisément ce que craint le plus la gauche. Et de citer ce dialogue, diffusé par TF1, entre Jack Lang et Julien Dray qu'un micro indiscret a enregistrés lors d'une manifestation récente. A Jack Lang qui, supputant déjà le résultat des élections régionales, lui disait : " Le gouvernement va être battu. Mais franchement, demain on gouverne, qu'est-ce qu'on fait ? ", Julien Dray répondait : "On ne sait pas quoi faire. Pour l'instant tu ne dis rien à part  "A bas Raffarin ". Et Jack Lang de conclure : " Et tous nos zigomars prennent la grosse tête." Trois ans de cohabitation, disent les mêmes, ne font pas peur à Chirac qui s'est fort bien accommodé de Jospin pendant cinq ans. Et quel confort pour le président de n'avoir plus à gérer la désastreuse situation du pays et les déchirements de sa majorité ! Les optimistes et les pessimistes se rejoignent pour estimer qu'il est désormais impossible pour la majorité parlementaire de diriger le pays, alors que toutes les revendications, encouragées par le succès électoral de la gauche et par les reculades du gouvernement, vont exploser les unes après les autres et peut-être même ensemble. La majorité s'apprête donc à payer au prix fort les deux années d'immobilisme et de fausses réformes du gouvernement Raffarin. Lequel n'a d'ailleurs rien fait d'autre que de suivre aveuglément les directives du président de la République. Quelle équipe !
(10/4/04).

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L'UMP en plein " Boum ! "

Dissolution ou pas, l'UMP est en bonne voie d'explosion. Les centristes se constituent en courant, alors que Juppé avait décidé de les interdire (mais qui se soucie encore de ce que dit Juppé ?), tandis que les " libéraux " (c'est ainsi qu'on appelle les députés proches d'Alain Madelin qui ont toujours accepté le dirigisme et l'étatisme de leurs alliés du RPR et voté toutes les hausses d'impôts et de charges des gouvernements de " droite ") s'apprêtent à faire de même. On dirait des naufragés se disputant les meilleures places dans une chaloupe, tandis que celle-ci prend l'eau et que personne n'a l'idée d'écoper ni de boucher les voies d'eau. Michèle Alliot-Marie, le ministre de la Défense, qui pourtant ne brille pas, d'ordinaire, par l'acuité de ses raisonnements, avait bien senti, trois jours avant le premier tour des élections régionales que le parti majoritaire filait un mauvais coton. " L'UMP, avait-elle confié au Parisien, est un parti très jeune, composite, donc fragile. Il faut à tout prix éviter son éclatement, mais aussi qu'il ne s'éloigne pas du soutien au gouvernement. " Mme Alliot-Marie se consolera en se disant qu'elle est sûrement plus à même de faire face à l'éclatement de l'UMP qu'à celui d'une guerre.
(10/4/04).

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L'abbé Pierre et Delanoë au gouvernement ?

Pourquoi Chirac ne ferait-il pas entrer l'abbé Pierre et Bertrand Delanoë au gouvernement ? Tous trois sont en effet en plein accord pour réquisitionner les logements vacants de Paris. C'est ce qu'avait déclaré le président de la République en recevant, en février dernier, le fondateur du mouvement Emmaüs. Et c'est ce à quoi se prépare l'actuel maire de Paris, qui a engagé des étudiants pour enquêter auprès du voisinage sur l'existence d'appartements non occupés. Mais surtout Delanoë a obtenu de la Direction générale des impôts et de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) le droit d'utiliser un fichier qui recoupe la taxe d'habitation et la taxe foncière et qui permet ainsi de déceler avec beaucoup plus de précision les logements vacants. Le nombre de ceux-ci se situe entre 30 000 et 50 000 à Paris. Jusqu'à présent, seuls les locaux appartenant à des propriétaires institutionnels sont susceptibles d'être réquisitionnés. Mais la pression va se faire de plus en plus forte pour étendre la loi de réquisition aux particuliers. Car les propositions faites à ceux-ci de subventionner des travaux de rénovation contre un engagement de louer à un prix " social " n'ont séduit que 104 personnes en 2003. Une misère ! Tant que le droit de propriété ne sera pas respecté en France, il en ira ainsi. Et ce ne sont pas les déclarations de l'abbé Pierre, vouant au malheur les propriétaires de locaux vides et habitables refusant leur réquisition qui amélioreront en quoi que ce soit la situation du logement à Paris. Surtout quand de tels propos sont approuvés par le chef de l'Etat.
(10/4/04).

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La preuve mathématique de la collusion entre l'UMP et le PS

Jusqu'à l'élection de 1998, le scrutin régional s'effectuait selon la règle de répartition des sièges à la proportionnelle entre les listes ayant obtenu 5 % et plus des suffrages.
Si cette loi n'avait pas été modifiée, le scrutin du 21 mars 2004 aurait distribué les sièges à pourvoir (exception faite de la Corse) de la façon suivante :
Gauche 754 sièges
Droite 630 sièges
Front national 284 sièges
Divers 34 sièges (dont " Alsace d'abord ", 5 sièges de droite, chasseurs 19 sièges, écologistes indépendants 10 sièges)

La gauche, avec 754 sièges était minoritaire. Mais la droite n'aurait été majoritaire qu'avec l'adjonction des sièges du Front national, ce qui lui aurait donné un total de 914 sièges.
Or c'est précisément dans le but de ne plus faire dépendre du Front national l'élection de présidents d'exécutifs régionaux de droite que la loi électorale a été modifiée par l'UMP. Certes les partisans de M. Chirac espéraient, au moment où ils ont pris cette décision, que l'UMP serait en tête du scrutin et, grâce à la prime de 25 % des sièges attribuée à la liste arrivée première, serait majoritaire dans la plupart des régions. Mais ils ne pouvaient ignorer, à moins d'être naïfs politiquement et ils ne le sont pas, que deux ans après la constitution du nouveau gouvernement issu des élections législatives de 2002 et compte tenu des graves problèmes du pays, les possibilités d'échec étaient bien réelles. Ils ont donc sciemment pris le risque de laisser les régions à la gauche plutôt que de dépendre des voix du Front national. C'est une démonstration éclatante de la collusion de fait entre l'UMP et le Parti socialiste, dont on ne voit pas ce qui empêche la fusion, si ce n'est le nombre des ambitions personnelles par rapport à celui des places à prendre.
(10/4/04).

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Méfions-nous des lois

Les avocats français sont en général peu favorables à la loi Perben sur la grande criminalité, dont ils soupçonnent les autorités de vouloir faire un usage qui ne s'appliquerait pas qu'aux grands criminels et menacerait les libertés de l'honnête citoyen. Force est de reconnaître que ce risque existe, surtout quand on considère la façon dont la justice traite ce qu'il est convenu d'appeler " les délinquants économiques ", dont les agissements devraient le plus souvent relever de procédures civiles et non pas pénales, quand ils ne sont pas purement et simplement imaginaires, comme en témoignent bon nombre de non-lieux finalement accordés après des mises en examen qui n'auraient jamais dû se produire. Le président de l'Association des avocats pénalistes, Me Jean-Yves Le Borgne, n'a pas manqué de rappeler à la classe politique, qui a voté ce texte, qu'il arrive à l'arroseur d'être arrosé. " Un parti politique soupçonné, par exemple, d'avoir eu recours à des emplois fictifs pour soulager sa trésorerie, s'est-il interrogé, ne pourrait-il pas être assimilé à une bande organisée ? " Où va-t-il chercher tout cela ?
(10/4/04).

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La sécurité des vols charters n'est pas pour demain

Après la catastrophe aérienne de Charm el-Cheikh, les voyagistes français, dont la majorité des victimes étaient clientes, nous avaient juré leurs grands dieux qu'ils seraient désormais très vigilants sur la fiabilité des compagnies de charters. L'incident - heureusement sans conséquences - qui s'est produit fin mars dernier à Nantes est là pour démontrer qu'en fait rien n'a changé et que les vols charters sont effectués dans des conditions souvent plus que douteuses. Ce jour-là un appareil de la compagnie égyptienne Luxor Air a failli entrer en collision avec une tour d'habitation de l'agglomération nantaise après avoir effectué son approche en vue de l'atterrissage à trop basse altitude. Le pilote a remis les gaz en urgence et a pu finalement poser l'appareil sans dommages. Le voyagiste Fram, qui avait affrété l'appareil de Luxor Air, dit s'être fié à un audit sur cette compagnie réalisé récemment par Thomas Cook Belgique. De leur côté, les autorités égyptiennes ont interdit au commandant de bord vénézuélien de l'appareil qui a failli se crasher d'exercer en Egypte tandis qu'elles ordonnaient au copilote égyptien de suivre un cours de formation (sic !). " Les compagnies françaises n'ont pas suffisamment de sièges à offrir et les droits de trafic en Egypte imposent, en pratique, d'utiliser les transporteurs locaux ", a déclaré un responsable de Fram au Figaro. " Si les voyagistes acceptent de ne pas programmer les départs tous en même temps le samedi, rétorque le PDG d'une compagnie de charters française, il n'y aura pas de problème de capacité pour les compagnies françaises. " Si on résume la situation, les semaines de vacances se vendent mieux du samedi au samedi, ce qui fait que les voyagistes les programment de préférence à d'autres, tandis que leurs clients ne savent toujours pas si la compagnie sur laquelle on les fait embarquer est ou non fiable. Les pouvoirs publics français promettent la mise en place d'un " label de sécurité ", mais pas avant trois ans ! D'ici là, il faudra avoir de la chance !
(10/4/04).

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Les Français sont en train de devenir fous

La violence est devenue si fréquente en France que c'est à peine si elle fait les gros titres des journaux. Chaque jour en apporte son lot. Personne, dans notre pays, ne semble plus considérer qu'un autre mode d'expression soit possible pour faire aboutir ses revendications. C'est ainsi qu'on a pu assister à Paris à des affrontements d'une extrême violence entre des pompiers venus manifester pour obtenir que leur profession soit classée comme métier à risques ainsi que le droit de partir en retraite anticipée, et les CRS chargés du maintien de l'ordre. Ceux qui s'affrontaient ce jour-là avaient par exemple oublié qu'ils forment une cible commune aux enragés des banlieues (qui eux sont parvenus à obtenir le classement de celles-ci en quartiers à risques). Il ne manquait plus que les policiers et les facteurs, autres cibles habituelles de nos " jeunes ", pour que le tableau soit complet. On se croirait, l'humour en moins, dans " Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ", le film prémonitoire de Jean Yanne où l'on voyait grévistes et CRS manœuvrer en bon ordre, les uns avançant, les autres reculant, puis chacun faisant mouvement en sens inverse, dans un ballet bien réglé. Aujourd'hui, le ballet est devenu un mouvement brownien où tout le monde cogne sur tout le monde sans se soucier du camp auquel il est censé appartenir. Bref, l'anarchie. Alors quand on apprend qu'avant un match de football, à Grenoble, un supporter de l'équipe de Saint-Etienne a été blessé par balle au cours d'une bagarre avec des " jeunes " d'une cité voisine du stade, ou que des professeurs et des parents d'élèves d'un lycée de Nanterre n'ont pas hésité à se jeter à la Seine pour rejoindre à la nage le cortège des manifestants qui demandaient une augmentation de la dotation horaire globale pour leur établissement, et que ces deux nouvelles font à peine quelques lignes dans les journaux alors qu'elles sont le signe évident que les Français sont en train de devenir fous, on se dit qu'au train où vont les choses il va bientôt devenir difficile de sortir de chez soi sans armes. Et qu'il sera même prudent de s'y enfermer à l'abri d'on ne sait quelle artillerie. La cause de tout cela ? L'immoralité des gouvernants. Dostoïevski l'avait déjà écrit : si Dieu n'existe pas tout est permis. Tout est hélas également permis quand les chefs naturels du peuple ne suscitent en lui que le mépris.
(3/4/04).

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C'est parce que la politique est un métier qu'il n'y a pas de réformes

Si les éditorialistes habituels des médias français n'ont pas su interpréter les causes profondes du désaveu électoral de la majorité aux élections régionales, se bornant à quelques considérations banales et pour tout dire politiciennes, il n'en est pas allé de même de la presse étrangère. C'est ainsi qu'on a pu lire dans le Financial Times l'analyse suivante : " La cause la plus largement citée de ce camouflet serait l'allergie historique des Français à toute réforme. (…) Il semble surtout que leur étrange difficulté à accepter les réformes provient de ce qu'aucun de leurs leaders n'ait jamais clairement exprimé en quoi le statu quo est intenable. " Une opinion que partage le politologue français Dominique Reynié qui, dans les colonnes du Figaro, pose lucidement les termes de l'alternative qui s'offre à la classe politique française : "Soit les partis de gouvernement acceptent d'assumer la tâche historique de la réforme, quitte à en payer le prix politique, soit ils tentent à nouveau de s'y soustraire en espérant assurer ainsi leur propre survie et nous allons à la catastrophe. De ce point de vue, les élections régionales de 2004 contiennent aussi bien l'image d'une société française qui est loin d'être rassurante. " On n'a, à cet égard, pas eu longtemps à attendre pour connaître la réponse des intéressés. Chirac a cru devoir prendre un tournant " social ", c'est-à-dire répudier comme excessivement libérales les plus que modestes réformes entreprises par le gouvernement Raffarin. Quant aux socialistes, ils ont aussitôt rejeté toute idée de "trouver un accord national " pour faire face au " grand enjeu, essentiel pour la vie des Français, et notamment des plus modestes " qu'est la réforme de la Sécurité sociale, comme le leur proposait le président de la République. Il n' y a pas à en être surpris. C'est Jacques Chirac lui-même qui a donné, sans le vouloir, l'explication de ce phénomène délétère qu'est l'incapacité de la classe politique à proposer et à réaliser des réformes. " La politique, a-t-il affirmé au cours de son entretien télévisé du 1er avril, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent ou croient, c'est également un métier. " Eh oui ! Et c'est parce qu'ils ne veulent pas perdre leur métier et la confortable rémunération qu'il procure que les politiciens français ne se risquent jamais à la moindre initiative qui pourrait, croient-ils, déplaire aux électeurs. L'"indemnisation" des fonctions électives a été mise en œuvre pour que la politique ne soit pas réservée aux plus aisés des citoyens. Elle est aujourd'hui le meilleur moyen de figurer parmi les plus aisés des citoyens.
(3/4/04).

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Que faire quand on a touché le fond ?

L'économiste Charles Gave, auteur de l'excellent ouvrage intitulé " Des lions menés par des ânes " (Robert Laffont), qui connaît un succès mérité, rapporte l'anecdote suivante. " Un jour, M. Ottmar Issing, représentant de l'Allemagne au Conseil de la Banque centrale européenne, recevait le célèbre journaliste britannique Anatole Kaletsky. Il était question de la dégradation de la situation économique dans la zone euro. Comme Kaletsky disait que ce qui manque à la France et à l'Allemagne est une Madame Thatcher, Issing lui fit cette réplique : "Erreur, ce n'est pas d'une Thatcher qu'ils auraient besoin, mais d'un Arthur Scargill ! ", le leader des syndicats de mineurs qui avait mis l'économie anglaise à genoux en 1978. Pour que les Français prennent conscience de la gravité de la situation, il faudra une détérioration sensible du niveau de vie. On ne peut continuer de vivre à crédit. Ce ne sont pas les chiffres qui convainquent, mais la baisse du niveau de vie. " Force est de constater que nos leaders syndicaux n'arrivent pas à la cheville de Scargill, que la dame de fer avait pourtant su mater. Plus grave encore : Blondel, qui n'était pourtant pas mal dans le genre nuisible, vient de prendre sa retraite. Quant aux longs cheveux de Bernard Thibault, ils ne valent pas la calvitie de Krasucki. Bref, on est mal barré. Par chance, nos régimes de retraite et d'assurance maladie sont en faillite et ne vivent plus que d'expédients et surtout de dettes. La lucidité des Français est donc pour demain. Le seul problème est que les énarques qui gouvernent le pays pensent que quand on a touché le fond, le moment est venu de commencer à creuser !
(3/4/04).

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Quand la radio épouse son époque

Le comédien Philippe Lemaire, qui vient de se suicider à l'âge de 77 ans, avait été la vedette, avec Françoise Arnoul, de " Nous irons à Paris ", un des plus grands succès du cinéma français des années cinquante. Lemaire y interprétait le rôle d'un chanteur qui, avec des amis musiciens, que jouent dans le film les " collégiens " de l'orchestre de Ray Ventura, lance une radio pirate. Celle-ci connaît aussitôt un vif succès grâce à sa bonne humeur, à sa fantaisie débridée et à ses hilarantes publicités imaginaires. Comme celle qui, pour moquer le produit que fabrique le père de l'héroïne, lequel bien entendu s'oppose au mariage de sa fille avec notre chanteur, vante " la gaine Lotus, la gaine qui écrase le plexus ! " Contre toute attente, cette publicité fait exploser les ventes pour le plus grand bonheur de notre industriel de père (inoubliable Fred Pasquali), ce qui nous conduit tout droit au happy end final. Le triomphe du film portait en germe les radios libres (dont la plupart n'ont hélas pas tenu leurs promesses), le nouveau ton de la publicité et, de façon plus générale, la fin des radios empesées qui étaient alors seules sur le marché. Un glorieux homme de radio participait aussi au film, mais en qualité de doublure vocale de Philippe Lemaire pour les chansons : Lucien Jeunesse qui, avant de devenir l'inamovible animateur du " Jeu des mille francs ", fut un excellent chanteur. Nostalgie, quand tu nous tiens !
(3/4/04).

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Que pense réellement Le Pen ?

Les observateurs politiques s'interrogent sur la relative contre-performance du Front national aux élections régionales. Le parti de Jean-Marie Le Pen, même s'il a progressé en voix, n'a pas obtenu le pourcentage global que la détérioration de la situation économique et sociale et surtout les risques du terrorisme semblaient lui promettre. Il apparaît que les difficultés administratives qui ont finalement empêché le président du Front national de se présenter dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ont eu un impact très négatif sur sa crédibilité personnelle et sur celle de sa formation. Au sein même de celle-ci mais surtout parmi ses électeurs, nombreux sont ceux qui ont exprimé des doutes sur le sérieux de sa démarche et sur sa volonté réelle de parvenir au pouvoir. On peut y ajouter une certaine vacuité programmatique (mais la totalité des partis présents dans cette élection tombe également sous le coup de cette critique), qui ne contribue pas à étayer les ambitions du Front national ni à lui permettre d'aller au-delà de son rôle tribunicien. Que pense réellement Jean-Marie Le Pen de sa situation et de celle de son parti ? Dans son livre intitulé " Nos délits d'initiés " (Stock), Guy Birenbaum relate une conversation qu'il a eue avec M. Le Pen le 20 septembre 2002, c'est-à-dire cinq mois après le coup de tonnerre du premier tour de l'élection présidentielle. " Vous savez bien, dit le leader frontiste, que je n'ai pas progressé depuis 1988 et 1995. Pas plus de 200 000 voix. Il n'y a pas de vague dans le pays. Je ne pouvais pas gagner, je n'avais pas les hommes ". A notre connaissance, Jean-Marie Le Pen n'a pas démenti ces propos.
(27/3/04).

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Les Grands et les autres

La cérémonie religieuse d'hommage aux victimes des attentats de Madrid a été marquée par l'attitude pleine de compassion et d'humanité de la famille royale espagnole. Une reine en larmes, un roi qui a bien du mal à retenir les siennes, toute une famille qui se mêle au peuple et parcourt les rangs de l'assistance en dispensant les baisers, les serrements de main et les accolades,cela ne se voit pas souvent. Nul ne fera revivre les morts, mais la consolation ainsi apportée par les premiers des Espagnols aux familles meurtries aidera celles-ci à faire leur deuil et à surmonter leur douleur. Au travers de ses souverains, c'était toute l'Espagne qui prenait sa part de malheur et exprimait sa sympathie. Moins digne en revanche a été l'attitude du vainqueur des élections, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero. A l'issue de la cérémonie, son premier geste a été de regarder sa montre !
(27/3/04).

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Histoire de noms

Tout Espagnol porte deux noms de famille. Le premier est celui de son père, le second celui de sa mère, et c'est par celui de son père qu'on le désigne pour aller plus vite. Le futur président du gouvernement espagnol devrait donc être appelé Rodriguez et non Zapatero. Mais il y a tellement de Rodriguez en Espagne que c'est finalement le nom de sa mère qui a prévalu. Petite précision : Zapatero, dans la langue de Cervantès, signifie cordonnier. Souhaitons à nos amis d'outre-Pyrénées de n'être pas trop mal chaussés.
(27/3/04).

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Art dentaire

Bernadette Chirac partage avec son époux une certaine aversion de l'Espagne. " Quand vous allez chez le boucher, s'est-elle écriée au cours de sa campagne électorale pour les cantonales en Corrèze, demandez de la VBF (viande bovine française). Ne mangez pas espagnol. " Et de mettre en cause " l'Europe qui nous casse les pieds ". Le Parisien, qui rapporte ces propos, nous apprend également que l'épouse du président en connaît un rayon sur l'élevage des porcs, à qui il faut, à la naissance, limer les dents.  "Comme on fait aux humains quand ils ont les dents trop longues ", a-t-elle précisé. Voilà qui éclaire la réflexion que Mme Chirac a glissée à l'oreille de Nicolas Sarkozy lors d'une réunion publique qu'ils tenaient ensemble.  "Heureusement qu'on vous a ", lui a-t-elle susurré. Tout émoustillé, le vibrionnant ministre de l'Intérieur a négligé de vérifier si Mme Chirac ne cachait pas une lime dans sa manche.
(27/3/04).

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L'aveu et les excuses de Chirac

Le discours que prononcera Jacques Chirac pour avouer aux Français qu'il leur a dissimulé l'abrogation du monopole de la Sécurité sociale depuis son accession, en 1995, à la présidence de la République est déjà écrit. Nous sommes en mesure d'en révéler la teneur. Le chef de l'Etat commencera par demander pardon :
" J'ai choisi d'apparaître devant vous pour offrir mes plus profonds regrets et mes excuses sans réserve à une nation traumatisée. J'assume la pleine responsabilité de mes actes et je sollicite votre pardon. "
Puis il évoquera les nombreuses manœuvres effectuées sous son autorité pour imposer le silence aux médias et faire pression sur les magistrats afin qu'ils ne donnent pas raison à ceux qui réclamaient l'application des directives européennes et ne posent en aucun cas une question préjudicielle à la Cour de justice des communautés européennes, qui n'aurait pas manqué de dire le droit et de confondre les tenants du monopole :
" Les enquêtes ont établi que plusieurs des activités dénoncées se sont produites et qu'elles ont inévitablement été initiées sous ma direction. Dans mes entretiens avec les responsables gouvernementaux, j'ai été confronté avec les preuves et les informations dont j'ai volontairement admis la véracité et la précision. "
Selon les informations que nous avons pu recueillir à l'Elysée, ce discours est un pur et simple décalque de celui qu'a tenu à la télévision d'Etat de son pays le Dr Abdul Qadeer Khan, " père " de la bombe atomique pakistanaise et qui a reconnu sa pleine responsabilité dans les fuites de technologie nucléaire survenues au profit de l'Iran, de la Libye et de la Corée du Nord. Les accents de sincérité et d'authentique repentance du Dr Khan ont convaincu M. Chirac qu'aucun autre discours que celui-là ne pourrait être plus approprié à la situation de la France après la véritable explosion thermonucléaire que va représenter pour l'ensemble du système de pouvoir français la disparition de la pieuvre collectiviste qui s'est nourrie de la substance du pays et l'a vidé de toutes ses forces depuis un demi-siècle.
(27/3/04).

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Cinq cent douze ans après la chute de Grenade

Les Arabes veulent-ils reprendre le contrôle de l'Espagne ? C'est ce qu'affirment nombre d'observateurs après les attentats de Madrid. Ils rappellent que la domination musulmane sur la péninsule ibérique a duré 781 ans et ne s'est achevée que le 2 janvier 1492, quand le roi de Grenade, Boabdil, a remis les clés de sa ville aux Rois Catholiques. Prenant le chemin de l'exil, Boabdil s'est retourné une dernière fois vers la cité sur laquelle il avait régné et a poussé un long soupir. " Pleure comme une femme ce que tu n'as pas su garder comme un homme ", lui a alors lancé avec mépris sa mère, l'inflexible Aïcha. Aujourd'hui il ne manque pas d'Espagnols ni d'Européens ou d'Américains pour déplorer que l'Espagne se soit soumise au diktat des terroristes en annonçant, dès après la victoire électorale des socialistes, qu'elle allait retirer ses troupes d'Irak. Le " Suspiro del Moro " serait-il devenu le " Suspiro de los Castillanos " ?
(27/3/04).

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Le Monde cruellement démenti par Le Monde

Le fondateur du Monde, Hubert Beuve-Méry, disait qu'un directeur de journal devait lire celui-ci tous les jours de la date à la signature du gérant. Un conseil que ne suit certainement pas Jean-Marie Colombani, l'actuel patron du quotidien. Sinon, il n'aurait jamais laissé passer, dans l'édition du 19 mars 2004, le papier de son envoyé spécial en Irak, Rémy Ourdan. Car ce qu'écrit ce dernier est assurément de nature à stupéfier le lecteur habituel du Monde. Qu'on en juge : "La politique de la France reste très vivement critiquée par les Irakiens. Contrairement à ce que croient souvent les Européens, le fait d'être opposé à l'occupation américaine ne fait absolument pas monter la cote de popularité de l'Europe, ou de tel ou tel pays, en Irak. C'est un paradoxe, mais c'est une réalité. Si l'immense majorité des Irakiens souhaite et réclame publiquement la fin de l'occupation américaine, cette même immense majorité demeure satisfaite de la chute de Saddam Hussein et reconnaît en privé qu'un départ des troupes étrangères pourrait entraîner le pays dans la guerre civile. Les Irakiens savent par ailleurs que Washington a menti sur les armes de destruction massive, mais ils s'en moquent éperdument, la chute du tyran étant pour eux l'évènement le plus positif depuis trente ans. "
L'envoyé spécial du Monde cite alors un directeur de journal irakien : "Chirac et Villepin doivent comprendre qu'aucun Irakien ne juge que leur position est courageuse…Qu'a fait la France pour aider l'Irak à se libérer du dictateur, puis pour aider l'Irak à retrouver sa souveraineté ? Rien ! " Puis c'est au tour d'étudiants en sciences politiques, présentés comme " des sunnites radicaux radicalement antiaméricains et plutôt nostalgiques du pouvoir baasiste " de s'exprimer. Que disent-ils ? " La France n'était opposée à la guerre que parce qu'elle défendait ses propres intérêts, parce qu'elle était l'amie et recevait des cadeaux de Saddam. " Et l'article se conclut sur les propos désabusés d'un journaliste bagdadi : "L'Europe, antiaméricaine et pacifiste célèbre le retrait espagnol d'Irak comme si elle venait de remporter une grande victoire ! Nous, Irakiens, pensons que le refus de la France et de l'Allemagne de nous aider, et le départ annoncé de l'Espagne sont une catastrophe. " Bref, ce que nous raconte l'envoyé spécial du Monde, c'est exactement le contraire de la ligne éditoriale de son journal sur l'Irak depuis le début de l'intervention américaine. Dans n'importe quel pays démocratique, le directeur d'un journal aussi ouvertement démenti par les faits présenterait ses excuses aux lecteurs et sa démission. En France, rien de tel n'est imaginable : on s'accroche aux branches et on attend que l'émotion s'apaise. Quelle émotion d'ailleurs ? A notre connaissance aucun journaliste du Monde, aucun lecteur, aucun homme politique n'a protesté. Les Français sont devenus amorphes et résignés, comme tous les peuples qui subissent une dictature.
(20/3/04).

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L'union sacrée des politiciens et de la presse

Le Figaro a tout compris ! " Fraudes, abus et gaspillages grossissent le trou de la Sécu " titre le quotidien sur six colonnes dans son supplément économie. Et de nous débiter l'habituelle litanie où l'on retrouve " les visites injustifiées, les consultations redondantes, les médicaments prescrits inutilement, mais aussi les effets pervers de la mauvaise organisation globale du système ". L'article se conclut par l'inévitable interview du médecin conseil national de la Caisse nationale d'assurance maladie qui s'écrie : " Nous manquons d'outils pour sanctionner. " Pas un seul instant Le Figaro n'analyse les véritables causes du désastre national qu'est la Sécurité sociale et qui tiennent uniquement au fait qu'il s'agit d'un monopole où personne n'a intérêt à se comporter de façon responsable. Heureusement, le monopole est enfin abrogé non seulement dans les textes européens mais aussi dans les lois françaises et la liberté de l'assurance va devenir une réalité pour tous les Français dans les mois qui viennent. Il restera alors à faire le bilan des disparitions d'entreprises et des mises au chômage provoquées par le surcoût monstrueux de la protection sociale en France. Et à ne pas oublier que les politiciens et la presse se sont conduits honteusement en ne révélant pas aux Français qu'ils avaient, depuis 1994, le droit de payer moins cher leur protection sociale en faisant jouer la concurrence.
(20/3/04).

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Les Américains insultent Chirac

Faut-il y voir un effet de la querelle franco-américaine ? Le moteur de recherche sur Internet Google, si l'on tape le mot " magouilleur ", vous indique en premier choix le site de la Présidence de la République française. Il vous est proposé les rubriques suivantes : "Le Président. Son portrait. Son rôle. L'album du président. Madame Chirac. Les collaborateurs du président. Ecrire au président. " Bonne visite !
(20/3/04)

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A qui peut-on acheter un âne ?

La défaite du Parti populaire aux élections législatives en Espagne a des causes multiples, dont aucune n'a été déterminante à elle seule. Parmi celles qui n'ont pas été invoquées par les observateurs, il y a le peu de charisme personnel de José Maria Aznar. Si ses qualités d'homme d'Etat ne sont guère contestées, son peu de chaleur et son allure ombrageuse ne l'ont pas aidé à se faire aimer des Espagnols. Qui disent à son propos qu'on peut lui acheter un âne, mais qu'on ne prendra pas une bière avec lui. Au contraire, avec son prédécesseur, le socialiste Felipe Gonzalez, on pouvait prendre quelques bières mais il ne fallait surtout pas lui acheter un âne.
(20/3/04).

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Ca roule pour l'extrême gauche

Des habitants de la région parisienne ont eu la surprise de voir débarquer dans la maison de leurs voisins le trotskiste Besancenot, flanqué du père de sa copine, Alain Krivine. Ce n'est pas tant leur arrivée qui a étonné que la grosse berline dans laquelle ils se déplacent. Le facteur ne roule pas qu'à vélo !
(20/3/04).

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Quand la recherche trouve

Le commissaire européen à la recherche, Philippe Busquin, est vraiment un grand naïf. Interrogé par Le Monde sur la crise de la recherche scientifique française, il en analyse ainsi les causes : " La France s'est mise à contre-courant de tous les autres pays de l'Union européenne. Tout en affirmant qu'il fallait parvenir à ce que 3 % du PIB soient consacrés à l'effort de recherche, les opérations pratiquées en 2002 et 2003 allaient a contrario de cet objectif européen. On ne peut pas tenir un discours pendant la campagne présidentielle et, ensuite, faire le contraire. " On voit qu'il n'a pas suivi de près la carrière de Jacques Chirac, qui ne s'est jamais fait élire que sur de fausses promesses. Voilà au moins un sujet qui ne nécessite pas de coûteuses recherches !
(20/3/04).

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Brève de comptoir

Un serveur d'une brasserie parisienne résume ainsi la situation économique de la France : "On se marche sur les pieds et il n'y a plus de pognon ". C'est bref et bien senti, et plus éclairant que bien des éditoriaux.
(20/3/04).

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Vive la télé qui fait rire !

Cent minutes pour convaincre ! Ce furent cent minutes de trop pour Olivier Mazerolle. Déstabilisé par sa destitution, l'ancien directeur de l'information de France 2 s'est montré incapable de diriger convenablement l'émission du jeudi 11 mars qui réunissait les leaders des principales formations politiques candidates aux élections régionales. Il a même oublié de donner la parole à son compère, Alain Duhamel, ce qui ne nous a en rien privés mais a dû vexer mortellement l'intéressé. Le plus drôle s'est produit quand Mazerolle a fait parler un intervenant d'origine maghrébine qui, ayant oublié de dire du mal de Le Pen, s'est vu rappeler par le présentateur la conversation qu'ils avaient eue au téléphone ! C'est beau, la spontanéité à la télévision française ! N'eût été le caractère dramatique des évènements de Madrid, on aurait même éclaté de rire quand Mazerolle a clos l'émission en annonçant qu'elle serait suivie par une session d'information présentée par … David Pujadas. Les deux punis de la chaîne continuant de faire la paire, décidément on sait faire durer les plaisanteries à France 2 !
(13/3/04).

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C'est vrai, on l'a entendu à la télé !

Les guignols de l'info de Canal Plus ont salué à leur manière le retour à l'antenne de David Pujadas, après ses quinze jours de " vacances ", en faisant annoncer par sa marionnette un prochain concert de Claude Nougaro, auquel participeraient Edith Piaf et Marcel Cerdan. Ce n'est pas avec un présentateur privé de toute crédibilité que le 20 heures de France 2 rattrapera son retard sur celui de TF1.
(13/3/04).

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Chirac n'aime pas que le Japon

A ceux qui penseraient que la prise de position de Chirac en faveur du métissage de la France n'a été qu'un dérapage verbal de plus de l'intéressé, l'annonce de l'installation dans la Cour Visconti du musée du Louvre de la collection d'Art de l'Islam, qui n'était jusqu'à présent qu'une modeste section du département des Antiquités orientales, démontrera qu'il s'agit d'une idée fortement ancrée chez le président de la République. Le ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, a indiqué que Jacques Chirac avait appelé de ses vœux à l'automne 2002 la création de ce Département qui " rappellera aux Français et au monde l'apport essentiel des civilisations de l'Islam à notre culture ".
(13/3/04).

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Serge Dassault prend le pouvoir au Figaro

La prise de pouvoir de Serge Dassault à la Socpresse, qui édite notamment Le Figaro, va provoquer un grand remue-ménage non seulement au quotidien de la rue du Louvre mais dans l'ensemble de la presse française. Car le nouveau propriétaire du journal n'a jamais caché qu'il ne se voulait patron de presse que pour défendre ses idées libérales. De nombreux journalistes du Figaro vont faire jouer la clause de cession qui permet de quitter - avec de confortables indemnités - un organe de presse qui change de propriétaire. Du coup Le Figaro va sans doute redevenir le journal de droite qu'il était censé être. Mais Serge Dassault va être déchiré entre ses convictions et son amitié avec Jacques Chirac, qui est tout sauf libéral, même s'il lui est arrivé, dans son interminable carrière, de tenir des propos libéraux. Ceux-ci ne se sont évidemment jamais traduits dans les faits. La logique de la presse conduira toutefois Le Figaro à des positions beaucoup plus tranchées que celles qu'il a prises sous la direction d'Yves de Chaisemartin, qui dirige le journal depuis la disparition de Robert Hersant. De ce fait les autres journaux nationaux devront réagir et le débat politique retrouvera peut-être en France des couleurs dignes d'un pays démocratique et évolué. En tout cas c'est ce qu'il faut espérer.
(13/3/04).
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La fiscalité française sous la menace de l'Europe

Jean Perrin, qui vient de prendre la présidence de l'Union nationale de la propriété immobilière (UNPI), a l'intention de rendre plus dynamique cette association qui regroupe près de 200 000 membres. Il estime qu'il lui faudra environ deux années de déplacements sur le terrain et de mise en condition pour amener ses troupes à manifester leurs exigences dans la rue. Il a également pour projet de s'attaquer à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Les propos tenus lors du dernier congrès de l'UNPI, à l'automne dernier, par Michel Taly, ancien directeur de la législation fiscale au ministère des finances, ne peuvent que l'y encourager. " Si on souhaite contester le principe de l'ISF, a déclaré M. Taly, il faut exercer un recours devant la Cour européenne à Strasbourg, sur le fondement de l'atteinte au droit de propriété. La Cour allemande a supprimé sur ce motif l'impôt sur le capital. C'est peut-être par la voie judiciaire qu'on pourrait venir à bout de cet impôt. " On se souvient que le tribunal administratif de Pau (dont on peut lire le jugement sur note site) a récemment fait application, en matière fiscale, de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dont les stipulations, si on les applique, sont de nature à faire voler en éclat tout le dispositif fiscal français. C'est ce que savent fort bien les hauts fonctionnaires de Bercy, comme en témoigne la déclaration de M. Taly.
(13/3/04).

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Bistouris en révolte

Mieux vaut ne pas avoir à se faire opérer en France à partir du mois de septembre 2004, si les chirurgiens mettent leurs menaces à exécution. Ils ont en effet décidé de quitter le pays à cette date si les conditions d'exercice de leur profession ne sont pas améliorées par les pouvoirs publics. En procédant ainsi, ils se mettront à l'abri des mesures de réquisition que les pouvoirs publics ne manqueront pas de prendre pour parer à toute grève massive de ces praticiens. Les médecins belges avaient agi ainsi, il y a quelques décennies, et leur gouvernement avait dû capituler en rase campagne. Pour en arriver à de telles extrémités, il faut vraiment que la situation soit devenue intolérable pour cette profession aux responsabilités écrasantes, et que les gouvernements français successifs se soient montrés incapables de mettre en œuvre la moindre réforme positive. Ainsi va la France, où les hauts fonctionnaires qui dirigent le pays ne sont capables que provoquer des révoltes.
(13/3/04).

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Le royaume des tocards

" Mais enfin, on est quand même un pays curieux. Nous faisons des courses de chevaux en appliquant des handicaps aux meilleurs ! Sous prétexte que les tocards ne courent pas assez vite, il faut punir les cracks ! "
Charles de Gaulle (extrait de " De Gaulle, mon père ", de Philippe de Gaulle).
(13/3/04).

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A voyou, voyou et demi

88 % des Français sondés par TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine considèrent que l'action du gouvernement contre le chômage n'est pas efficace. Une quasi unanimité ! A lui seul, ce chiffre porte en germe les résultats électoraux de l'actuelle majorité lors des prochaines consultations électorales. Tout ce que le gouvernement sait faire, c'est promettre la plus extrême sévérité aux " patrons-voyous " qui déménagent à la cloche de bois, embarquant les machines de leurs usines à bord de camions en pleine nuit et laissant sur le carreau des salariés hébétés. Ce qu'oublient de dire nos gouvernants, c'est qu'il n'y aurait pas de " patrons-voyous " s'il n'y avait pas un Etat-voyou, qui plume littéralement la volaille active au profit des paresseux, volontaires ou contraints, dont le nombre ne cesse d'augmenter en France, tandis que disparaissent les entreprises. De ce cercle vicieux, on ne sortira qu'en changeant radicalement de politique, ce qui, dans notre pays, ne peut se faire que par une révolution. Le plus curieux de l'affaire est tout de même l'incroyable schizophrénie des politiciens français. Ils sont favorables à l'ouverture des frontières (ou tout au moins ne s'y sont pas opposés) tout en s'accrochant à une organisation économique et sociale qui a été mise en place à une époque où la France était protégée de la concurrence internationale. Cherchez l'erreur !
(7/3/04)

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Les voyous

Les voyous ont les mains bien trop blanches
C'est pas eux qui casseraient des cailloux
Ils marchent en s'appuyant sur les hanches
Avec de la mollesse dans les genoux

Laissez passer les voyous, v'là les grands voyous

Ils sont bien souvent d'humeur méchante
Faut pas leur écraser les doigts de pied
Surtout si vous faites un mètre cinquante
Et quarante kilos tout habillé

Laissez passer les voyous, v'là les grands voyous

Parfois en période électorale
Ils se transforment tous en écoliers
Pour aller à l'école communale
Voter plusieurs fois sans rechigner

Laissez passer les voyous, v'là les grands voyous

Mais tout n'est pas rose dans leur vie
Ils se tuent entre eux au coin des rues
Rien dans la rubrique nécrologie
On lave le trottoir et rien de plus

Laissez passer les voyous, v'là les grands voyous

(Parole et musique d'André Grassi)

Les personnages de cette chanson sont purement imaginaires. Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé, et notamment celles que l'on retrouve régulièrement dans la rubrique politique des quotidiens et magazines nationaux, ne peut être que pure coïncidence et ne saurait engager la responsabilité du parolier.
(7/3/04)

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La repousse des cactus

François Bayrou va devoir payer des droits d'auteur à Giscard. En effet sa stratégie de différenciation doit tout à celle que l'ancien président de la République avait mise en œuvre, quand il n'était encore que ministre des finances, pour arriver au pouvoir. Semant des cactus sous les pieds des gaullistes, il avait réussi à persuader l'opinion qu'avec lui, les choses se passeraient différemment, alors qu'il était partie prenante à tous les avatars du régime. Chirac aujourd'hui pourrait d'ailleurs appliquer à Bayrou la phrase attribuée au président de la République de l'époque, Georges Pompidou : " Quand la lumière s'éteint et que vous recevez un coup de pied sous la table, c'est Giscard. " Bien entendu, pendant le septennat giscardien rien n'alla mieux et à bien des égards cela fut pire. Le score des listes UDF aux élections régionales nous informera sur le degré de naïveté et d'inculture politique des Français.
(7/3/04)

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Je t'aime, moi non plus

Le débat organisé par LCI sur les élections régionales en Aquitaine nous a réservé un numéro du plus haut comique, interprété par François Bayrou et Xavier Darcos. Ces deux-là avaient tout à se reprocher mutuellement. Des ennemis jurés, on vous le dit ! Dommage qu'ils n'aient pas évoqué le temps où ils s'aimaient et menaient ensemble une politique dont on ne soulignera jamais assez les merveilleux résultats. En effet Bayrou était ministre de l'éducation nationale dans les gouvernements d'Edouard Balladur et d'Alain Juppé, et Darcos son directeur de cabinet. Leur " action " fut caractérisée par un total immobilisme, dont la raison majeure est qu'ils cogérèrent le ministère avec les syndicats d'enseignants. Moins prudent, leur successeur, Claude Allègre, afficha des velléités de " dégraisser le mammouth ", ce qui eut pour résultat de jeter les enseignants dans la rue aux cris de " Allègre, fumier, tu serviras d'engrais ! " Avec de tels ministres et de tels enseignants, on a tout intérêt à garder nos enfants à la maison plutôt que de les envoyer à l'école. C'est sans doute la raison pour laquelle le gouvernement envisage des peines d'amendes pour réprimer l'absentéisme scolaire.
(7/3/04)

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Halte à la vie chère !

Le Monde vend son numéro du week-end au prix de 2 euros, au lieu de 1,2O euro au motif qu'il est assorti d'un supplément magazine intitulé Le Monde 2. Le quotidien a affiché sa satisfaction après le premier numéro, qui s'était traduit par une augmentation des ventes. Depuis, on nous laisse sans nouvelles. Vivement qu'on sache. Car ce magazine est tellement nul qu'il faut vraiment être " accro " au Monde pour accepter de payer le journal 80 centimes d'euro de plus contre ... rien ou presque. Au moins Le Figaro laisse à ses lecteurs la possibilité d'acheter le quotidien sans ses suppléments du samedi, et ceux-ci, sans avoir encore retrouvé le lustre qu'ils avaient sous la direction de Louis Pauwels, sont tout de même plus fournis que Le Monde 2.
(7/3/04)

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Non, Monsieur de Chaisemartin !

Le Figaro propose régulièrement à ses lecteurs des idées de voyages exotiques. Au point qu'il faut faire preuve de beaucoup de mauvaise volonté pour ne pas s'envoler vers ces destinations de rêve. A moins bien sûr qu'on n'ait l'excuse d'être trop fauché pour le faire. Mais là où l'on ne comprend plus, c'est quand ce journal publie une rubrique météo sans aucune mention du temps qu'il fait ailleurs qu'en Europe. Non, Monsieur de Chaisemartin, ce n'est vraiment pas bien ! Ce n'est pas parce que les gens sont à l'aise qu'il faut les priver d'informations sur les lieux où on les pousse à aller ! Même les riches ont droit à des égards. Ou sinon, c'est du marxisme, et vous ne pouvez pas vouloir cela !
(7/3/04)

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Il y a incendie et incendie

Deux lieux de culte musulmans ont été incendiés dans l'agglomération d'Annecy dans la nuit du 4 au 5 mars 2004. Le ministre de la justice, Dominique Perben, a réclamé aussitôt que soit appliquée une sévérité maximale aux auteurs, encore inconnus, de ces actes criminels et le président de la République lui-même a tenu à exprimer sa condamnation. Deux semaines auparavant, c'est une chapelle catholique et un temple protestant qui avaient été l'objet d'incendies criminels à Montpellier. On n'avait alors entendu ni M. Chirac, ni M. Perben. Ils étaient sans doute en vacances.
(7/3/04)

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Le changement dans la continuité

Beaucoup de mécontents à l'UMP : tous ceux qui voulaient une place éligible sur la liste du parti pour les régionales et qui ne l'ont pas obtenue. Le Parisien a demandé l'avis d'un expert, Jacques Toubon, qui fut pendant quinze ans le secrétaire général de la formation gaulliste (ou prétendue telle). " Rien de neuf, a-t-il déclaré : ce sont les méthodes du RPR. On vous exécute au petit matin, sans vous prévenir avant. " Et nous qui avions cru que l'UMP était une formation nouvelle ! Quelle déception. Dommage qu'on n'en ait pas pris la carte, on aurait pu la rendre.
(7/3/04)

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