Le fait du jour |
________________________ Auteurs de l’ouvrage intitulé « Ma Sécu, de la Libération
à l’ère Sarkozy » (Fayard), les journalistes Eric Merlen et Frédéric Ploquin
ont droit à une interview en vidéo sur le site Internet du Figaro. A
la question : « Peut-on quitter la Sécu ? », ils répondent qu’il est
imprudent de le faire car, quand le gros pépin de santé survient, on est
bien content de trouver la Sécu pour pouvoir payer son traitement médical.
Notons tout d’abord qu’ils n’ont pas osé nier l’abrogation du monopole de la
sécurité sociale. Il est vrai que c’est de plus en plus difficile devant
l’accumulation des confirmations juridiques et médiatiques qui font
ressembler le monopole au mur de Berlin après son effondrement. Quant à
l’argument selon lequel la Sécu est bien utile en cas d’accident de santé,
il revient à dire qu’on est content d’être assuré face à n’importe quel
sinistre. Car le choix n’est pas entre être assuré social pour la maladie et
ne pas être assuré du tout, mais entre la Sécurité sociale et une assurance
privée, celle-ci pouvant être souscrite auprès d’une société commerciale,
une mutuelle ou une institution de prévoyance, française ou européenne. La
Sécurité sociale n’est plus qu’un assureur parmi les autres, et il est loin
d’être le plus performant du marché ! C’est ce qui se confirmera quand les
Français seront tous informés de leur droit de s’assurer, pour l’intégralité
des risques sociaux, ailleurs qu’à la Sécurité sociale. On verra bien alors
si la Sécu est l’institution-que-le-monde-entier-nous-envie ou si elle
n’aura été que le fossoyeur de l’économie nationale et du pouvoir d’achat
des Français. La réponse est connue d’avance. Pas plus que le collectivisme
ne produit de richesses, la Sécu n’a engendré la sécurité sociale. Rappelons
que celle-ci ne saurait se satisfaire d’une assurance maladie et d’une
assurance vieillesse qui n’échappent provisoirement à la faillite qu’à coup
de dizaines de milliards d’euros d’emprunts, que les malheureux enfants des
baby-boomers vont maintenant devoir rembourser. A moins qu’un grand coup
d’inflation ne vienne remettre les compteurs à zéro, réduisant du même coup
les pensions des retraités à leur plus simple expression. De cette faillite
de la société française sont responsables au premier chef les politiciens
qui ont laissé se perpétrer cette scandaleuse dérive, ainsi que les médias
qui pour ne pas faire de peine, même légère, aux puissants du moment et
permettre à leurs propriétaires de conforter leur richesse, ont tenu les
Français dans l’ignorance de la fin du monopole et leur ont enlevé leurs
meilleures chances de salut. A l’heure des comptes, il est peu probable que
les uns et les autres bénéficient de l’indulgence des citoyens. Sarkozy : le sondage qui tue 62 % des Français pensent que la France va traverser une
grave crise avant la fin du quinquennat de Sarkozy. C’est ce qui ressort
d’un sondage CSA publié dans l’hebdomadaire Marianne du 3 mai 2008. A
la différence des sondages de popularité, qui peuvent fluctuer au gré des
circonstances, celui-ci traduit une véritable tendance de fond, qui peut
s’analyser en deux volets : la France a de graves problèmes à résoudre ;
Sarkozy n’est pas capable de le faire. Voilà qui renvoie au néant la thèse
des 55 réformes, celles qu’aurait entreprises le président de la République
et qui porteraient leurs fruits en fin de mandat. Les deux tiers des
Français n’en croient pas un mot. Tant il est vrai qu’il y a réformes et
réformes. Celles qui portent sur des problèmes vitaux … et les autres.
Sarkozy n’a rien changé de fondamental à la situation de la France. En
particulier il n’a pas diminué les dépenses publiques qui sont les
principales responsables de la stagnation économique. Il s’interdit de ce
fait de baisser les impôts et les charges des entreprises et par conséquent
de leur donner la capacité d’investir et d’embaucher. En réalité, Sarkozy ne
veut pas toucher au cœur du système. Celui-ci repose sur la spoliation du
travail aux fins de redistribution en faveur d’une population nombreuse et
sans cesse croissante d’assistés. Un aimable commerçant nous a récemment
interrogé sur les causes de l’anémie économique française. Voici ce que nous
lui avons répondu : « Imaginez, cher Monsieur, que pris d’un accès de
sympathie pour certains de vos clients en situation difficile, vous décidiez
de leur donner gratuitement la marchandise que vous vendez. Très vite, comme
vos charges et vos impôts n’ont en rien diminué, vous allez être obligé
d’augmenter vos prix. Ceux qui ne bénéficient pas de la gratuité de vos
fournitures vont payer celles-ci de plus en plus cher. Même s’ils vous
apprécient, ils finiront par trouver vos tarifs abusifs et iront à la
concurrence. Dans le même temps, comme les bonnes nouvelles se répandent
vite, les demandeurs de biens gratuits se presseront de plus en plus
nombreux dans votre boutique. Avant longtemps, vous serez en faillite et
n’aurez que vos yeux pour pleurer. Voyez-vous, cher Monsieur, ce que je
viens de vous décrire n’est autre que la situation de la France. Et cela
vous laisse deviner l’avenir qui est promis à notre pays. » Gageons que
notre aimable commerçant fait désormais partie des 62 % de Français qui
pensent que notre pays va traverser une grave crise avant la fin du
quinquennat de Sarkozy. Sans-papiers : c’est le gouvernement qui a organisé la pagaille ! Le mouvement des immigrés sans papiers mais non sans
emploi est une excellente illustration de l’histoire de l’arroseur arrosé.
Tout est parti d’un amendement à la loi sur l’immigration du 20 novembre
2007. Présenté par le député UMP Frédéric Lefebvre, par ailleurs
porte-parole de l’UMP et très proche de Nicolas Sarkozy, il a introduit dans
la législation française le principe de la régularisation des clandestins
par le travail. A la suite de quoi, une circulaire a été adressée le 7
janvier 2008 par le ministère de l’immigration aux préfets leur demandant
d’examiner avec « bienveillance » les demandes de régularisations qui leur
seraient présentées. Le ministère de l’immigration avait eu beau préciser
que « ce dispositif couvre par définition un nombre très limité de
bénéficiaires », il ne fallait pas être grand clerc pour prévoir qu’avec un
nombre de sans-papiers estimé entre 200 000 et 400 000 et dont 75 % auraient
un emploi dans le BTP, la restauration et l’entretien, les autorités
seraient inévitablement confrontées à des demandes massives. C’est ce qui
n’a pas manqué de se produire, comme à chaque fois que des régularisations
sont pratiquées. Au-delà de l’incroyable maladresse du gouvernement, on doit
se poser la question de savoir pourquoi autant de patrons emploient des
travailleurs sans papiers. La réponse est simple : parce qu’ils acceptent un
salaire inférieur à celui des personnes de nationalité française ou des
étrangers en situation régulière et qu’en conséquence les charges sociales à
verser sont moins élevées. Et l’on retrouve, ici comme ailleurs, le problème
du monopole de la sécurité sociale. La mise en concurrence de celle-ci
rendrait les charges moins lourdes pour tout le monde et il ne serait pas
nécessaire d’embaucher des clandestins pour augmenter son bénéfice ou tout
simplement pour permettre à l’entreprise de survivre. Et du même coup une
des pompes aspirantes de l’immigration serait rendue inopérante. Mais pour
cela, il faudrait qu’on passe de la rupture dans les mots à la rupture dans
les faits. C’est ce qu’attendaient les électeurs de Sarkozy. Ils ne sont
plus beaucoup à y croire. En attendant, le président et sa majorité ont
organisé une sacrée pagaille. Dans cet exercice, ils démontrent un talent
sans égal ! Poivre d'Arvor au pays des Soviets Les spécialistes de la gestuelle n’en sont pas revenus.
D’un geste d’un seul, Nicolas Sarkozy a livré le fond de sa pensée sur son
premier ministre, François Fillon. Cela s’est passé le 29 novembre 2007,
lors de l’interview télévisée du président de la République sur TF1 et
France 2. Evoquant le problème « du stock d’heures supplémentaires qui n’ont
pas été payées à l’hôpital comme dans l’administration », M. Sarkozy,
lançant ses deux mains vers l’avant comme pour se débarrasser de quelqu’un
ou de quelque chose, a indiqué que c’était au premier ministre de « régler
cette affaire ». On n’est pas plus aimable ! Que valent à présent les
déclarations répétées d’amitié et de confiance de Nicolas pour François?
Rien, bien sûr. D’ailleurs quand une certaine tension se fait jour entre les
deux hommes, le président ne fait aucun effort pour dissimuler son sentiment
à son entourage. Et celui-ci ne se fait pas prier pour rapporter qu’aux yeux
du président le premier ministre souffre d’une tare originelle : ne pas
s’être présenté à l’élection présidentielle. Et l’actuel détenteur du poste
de conclure : « S’il n’est pas content, il n’a qu’à se présenter contre moi
en 2012. » Eh bien, chiche ! On prend les paris. François Fillon ne tardera
pas à démissionner ou à se faire virer et il se mettra « en réserve de la
République ». Une situation d’attente qui à déjà bien réussi à Georges
Pompidou et à Jacques Chirac. Pour peu que Nicolas rencontre de grosses
difficultés, ce qui est fort probable, François pourra faire à son endroit
un geste significatif. Comme par exemple lancer ses deux mains vers l’avant,
pour lui indiquer la sortie ! Le Medef ridiculise la retraite par répartition On ne comprend vraiment pas pourquoi le Medef soutient la
retraite par répartition, alors qu’il sait parfaitement qu’elle n’est plus
viable depuis longtemps et que les retraités ne toucheront bientôt plus que
des clopinettes, en raison du déséquilibre démographique et de l’absence
totale de réserves, alors que cette situation était prévisible depuis trente
ans. Trente ans, avez-vous dit ? Oui, et même trente-cinq. Car c’est très
exactement le nombre d’années pendant lesquelles le magot de l’UIMM a
prospéré et fait la fortune de l’organisation patronale de la métallurgie,
dont le président démissionnaire, M. Gautier-Sauvagnac, défraie actuellement
la chronique judiciaire. Figurez-vous que depuis 1972 l’UIMM a amassé un
trésor de guerre de 290 millions d’euros. Afin de « fluidifier le dialogue
social », elle a sorti de son coffre la modique somme de 170 millions
pendant ces trente-cinq années, mais il lui en est resté 120 qui,
intelligemment placés, on fait de nombreux petits, si bien que la valeur de
ce modeste bas de laine s’établit aujourd’hui à 600 millions. Voyons,
voyons, 120 millions qui deviennent 600 en 35 ans, ne serait-ce pas un bien
meilleur placement que le système de répartition ? Chut, il ne faut pas le
dire. Cela pourrait mettre les « bénéficiaires » de la répartition en colère
et rendre le dialogue social beaucoup moins fluide. Pauvre - si l’on ose
dire -Medef, et pauvre UIMM. Avoir eu un comportement de fourmi et être mis
en accusation dans le pays qui a vu naître La Fontaine ! On ne sait vraiment
plus dans quel monde on vit ! Un truand de haut vol rackette les compagnies pétrolières La hausse du fioul met en difficulté les Français modestes
qui l’utilisent pour se chauffer. Il existe un dispositif appelé « l’aide à
la cuve », qui consiste en une allocation annuelle de 75 euros. Une somme
aussi modeste que ses bénéficiaires, en ces temps d’envolée des cours du
pétrole. C’est pourquoi le ministère de l’économie a décidé de doubler
l’aide et de la porter à 150 euros. Mais comme il n’a pas le premier sou
pour financer cette mesure, il a « convaincu » quatre grandes compagnies
pétrolières de verser un don aux bonnes œuvres de l’Etat. Cela va leur
coûter 150 millions d’euros, mais comme dans bien des affaires de racket, on
se sent parfois soulagé de s’en tirer à relativement bon compte. Gageons que
leur « protecteur » leur a déjà annoncé sa visite pour l’an prochain. Tant
il est vrai que face au chantage, il n’y a qu’une seule réponse : « Non et
jamais », et que qui a payé, paiera. On comprend mieux pourquoi le Pdg d’une
de ces sociétés a déclaré récemment qu’établir son siège à l’étranger n’est
pas si difficile que cela. A-t-il seulement songé à ce que deviendrait alors
son racketteur ? Un nouveau pauvre. Comme s’il n’y en avait pas déjà trop en
France. Allons, messieurs du pétrole, un bon geste, restez chez nous.
D’ailleurs, vous savez, des gentlemen en costume à rayures et feutre blanc,
en en rencontre aussi ailleurs. Et comme le dit la réplique fameuse, « c’est
sûrement un salaud, mais c’est mon salaud à moi ! » Le pays où les pauvres sont riches « Bienvenue au Groland », l’émission satirique
hebdomadaire de Canal +, cultive avec un certain bonheur le mauvais goût et
la grossièreté, même si certains de ses sketchs font parfois « pschitt ». En
tout cas, celui que l’impayable Jules-Edouard Moustic a proposé aux
téléspectateurs le samedi 1er décembre 2007 a dû en faire frémir plus d’un,
surtout quand on sait que, selon un sondage récent, un Français sur deux a
peur de devenir SDF un jour. La scène se déroulait dans une de ces petites
villes de la « présipauté , si semblable à celles de la France profonde. Et
qui, dans cette modeste bourgade, tenait le haut du pavé ? Un richard, un
vrai, qui pouvait tout se permettre et s’offrir, y
compris les femmes de la commune, prêtes à sacrifier leur vertu pour
bénéficier de ses faveurs et de sa protection. Oui un richard : un érémiste.
Et ui, Jules-Edouard, quand un pays est ruiné, le plus modeste allocataire
devient un privilégié que tout le monde envie et maudit à la fois. Toute
allusion au grand pays voisin du Groland est évidemment sans fondement.
Nous, on est Français, c’est les étrangers qui sont pauvres. « C’était
Francis Kuntz en direct de Mufflins ». Caviar ou pain rassis ? Le slogan gouvernemental « 40 années de cotisations pour
tous » est une tromperie sans nom. Il veut prouver aux Français que, bravant
toutes les oppositions et tous les corporatismes, le pouvoir est parvenu à
imposer l’égalité en matière de retraites. Or, outre le fait que, par le jeu
des exemptions et des bonifications, les 40 ans des régimes spéciaux ne
feront pas 40, au terme de 40 années de cotisations les bénéficiaires des
régimes spéciaux et les fonctionnaires continueront de toucher une retraite
calculée sur les 6 derniers mois de salaire, tandis que les retraités du
secteur privé verront la leur établie sur la base des 25 meilleures années.
Ce qui change tout ! En fait, la prétendue égalité entre Français consiste à
donner à chacun un billet de 10 euros avec lequel les fonctionnaires peuvent
obtenir 500 grammes de caviar et une bouteille de champagne, tandis que les
salariés du secteur privé n’ont droit qu’à 50 grammes de pain rassis
d’occasion. Comme le disait si bien Orwell dans « La ferme des animaux »,
tous sont égaux mais certains sont plus égaux que les autres ! Ça alors, c’est le Bouquet ! En recevant à l’Elysée l’association Droit au logement,
qui entretient le campement des mal logés rue de la Banque à Paris, et en
lui promettant de mettre à la disposition de ceux-ci des appartements HLM,
M. Sarkozy vient de donner un signal fort à tous les candidats à
l’immigration de la planète. Ils savent désormais qu’il suffit de manifester
à Paris pour être logé en priorité, alors que des dizaines de milliers de
Français attendent vainement un logement depuis des années. Il paraît que
c’est l’intercession de l’actrice Carole Bouquet qui a permis l’accueil de
l’association par le président de la République. Lequel démontre ainsi qu’il
tient bien plus compte de ceux qu’on appelle les « people » que des humbles
Français, à qui il ne reste que leur indignation pour avoir un peu chaud au
cœur. Mais ce petit jeu est terriblement dangereux pour le pouvoir. A
mépriser le peuple, on finit toujours par se brûler les ailes. Et plus dure,
alors, est la chute. Vaincre la pauvreté Le journal Le Monde juge avec sévérité
l’augmentation de traitement que s’est accordée M. Sarkozy, au moment où, du
plus profond du peuple, montent de pressantes demandes d’augmentation du
pouvoir d’achat. Eh bien au Monde aussi on sait se comporter
dignement. C’est ainsi qu’au moment où un plan d’économies est annoncé au
journal afin de faire face aux pertes récurrentes que celui-ci enregistre
(10 à 12 millions d’euros cette année), le directeur du quotidien, Eric
Fottorino, demande que son salaire passe de 135 000 à
210 000 euros par an, soit une augmentation de 55 % ! Le Monde a
publié récemment un article intitulé « Les mystères de la vie chère ». On
attend dans un prochain numéro un article intitulé « Comment résoudre le
problème de la vie chère. » Les journalistes du quotidien n’auront pas
besoin de chercher très loin les éléments de réponse.
Et en plus, ça fera économiser des frais de déplacement à leur employeur.
Décidément tout est simple quand on veut bien cesser de se tourmenter à
propos de petits riens ! Cela devient une habitude. Quand l’équipe de France de
football rencontre au stade de France à Saint-Denis une équipe du Maghreb,
la Marseillaise est sifflée par le public, et les joueurs français
confessent qu’ils ont la sensation de jouer non pas chez eux mais à
l’étranger. La rencontre du 16 novembre 2007 contre le Maroc n’a pas fait
exception à la règle. Le nouveau secrétaire d’Etat aux sports, Bernard
Laporte, n’a pas réagi pour l’excellente raison (selon lui) qu’il est arrivé
en retard au stade. Il faut croire en outre que personne, dans la tribune
officielle, ne l’a informé de cet incident, car sinon l’ancien entraîneur du
XV de France se serait immédiatement retiré pour marquer sa désapprobation.
Bref cela rassure de constater que l’on a au gouvernement de fortes
personnalités illustrant à merveille la fameuse réplique du matamore qui,
après avoir copieusement menacé des adversaires d’un combat sans merci, mais
peu décidé à en découdre, lance aux spectateurs de l’esclandre : « Alors
quoi, on ne retient plus ici ? » Semer des circulaires et faire pousser des chômeurs Au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, le secrétaire général de
l’UMP, Patrick Devedjian, a attribué les difficultés de mise en œuvre de
l’exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires au fait que
l’administration a publié une circulaire d’application de 27 pages, ce qui
ne simplifie pas la tâche des 2 600 000 chefs d’entreprise invités à faire
bénéficier leurs salariés de cette mesure. Précisons toutefois qu’un bon
million d’entreprises n’ont aucun salarié, ce qui les met à l’abri de cette
lecture fastidieuse. On se demande vraiment si le président de la République
et les membres du gouvernement sont au courant du fait que l’administration
française a pour principale mission de pondre des circulaires et qu’elle
s’acquitte admirablement de sa tâche, au point d’avoir réussi à étouffer
tout à la fois les entreprises et l’esprit d’entreprise dans notre pays. Si
bien qu’avant de faire voter une disposition destinée à permettre de «
travailler plus pour gagner plus », les princes qui nous gouvernent auraient
dû rayer d’un trait de plume une bonne partie des lois et règlements qui se
sont empilés depuis des décennies. Autrement dit, M. Sarkozy aurait dû
prendre par ordonnance, dès son entrée en fonctions, une décision supprimant
l’actuel code général des impôts et le remplaçant par un texte de dix pages,
ce qui est bien suffisant pour que chacun connaisse ses droits et que le
pays fonctionne. Ne l’ayant pas fait à temps, il ne pourra plus le faire (à
supposer qu’il en ait le désir) et l’administration continuera à sévir, pour
le plus grand malheur de la France et des Français. Et je m’en vais au vent mauvais … Quand l’Allemagne avait institué, au début de l’année
2007, sa TVA sociale, les « experts » français s’étaient aussitôt écriés : «
Ca marche ». Pauvres experts, qui ne savent même pas « se retenir », comme
on dit aux enfants qui réclament à tout bout de champ d’aller aux toilettes
! Une fois de plus ils avaient parlé trop tôt et sans rien savoir. Ce qu’on
sait aujourd’hui c’est que « les conséquences de la TVA ont été
sous-estimées », selon l’Institut de l’économie allemande de Cologne, et que
« l’année 2007 sera marquée par une stagnation de la consommation ».
Bizarre, bizarre : on augmente les taxes et la consommation baisse ? C’est à
n’y plus rien comprendre … quand on se dit « expert ». Quand on est un
simple consommateur, on « regarde dans son porte-monnaie si l’on a encore
soif », comme le disait Verlaine. Il est vrai que ce dernier était poète et
non énarque et qu’il ne pouvait pas comprendre l’économie. Pourquoi Devedjian a traité Comparini de « salope » Que de vertu dans la classe politique ! C’est à qui
condamnera avec le plus de vigueur le propos de Patrick Devedjian qualifiant
l’ancienne députée UDF du Rhône de « salope ». Quant à Devedjian, il a
lui-même encouragé la curée en faisant platement repentance. Le plus curieux
est cependant que personne ne se soit demandé quelle était la raison de la
sortie du secrétaire général délégué de l’UMP. Elle est fort simple et
connue de toute la classe politico-médiatique : en 1999, Mme Comparini
s’était fait élire contre la droite présidente de la région Rhône-Alpes
grâce aux voix de gauche. Un comportement que la droite ne lui a jamais
pardonné. Aussi bien est-il ridicule de voir le moindre machisme dans le
qualificatif de « salope » qui lui a été accolé, mais simplement un jugement
politique, certes abrupt mais fortement motivé, qui aurait pu être formulé
au masculin contre n’importe quel élu de droite qui se serait comporté comme
Mme Comparini. Alors quand François Bayrou, auquel cette dernière est restée
fidèle, ose affirmer que « ces propos ne visent pas une femme en
particulier, mais toutes les femmes en général », il se fiche carrément du
monde, car cela consiste à dire qu’une femme ne peut être une « salope »
sans qu’elles le soient toutes. Si M. Devedjian avait eu un peu de
caractère, il aurait justifié politiquement son propos et renvoyé ses
critiques à leur inculture et à leur tartufferie. Mais voilà : M. Sarkozy,
dont dépend désormais la carrière de M. Devedjian, veut privilégier les
femmes et l’ouverture à gauche. Ce qui rend Mme Comparini sacro-sainte.
Allons, puisque M. Devedjian s’est confondu en excuses, qu’il aille au bout
de sa reptation et invite Mme Comparini à déjeuner. Nous lui suggérons un
menu : escalope -salade. A Lyon, Sarkozy fait son outing Qu’est-ce vraiment que le sarkozysme ? s’interrogeait
récemment Philippe Tesson dans les colonnes de Valeurs Actuelles.
L’intéressé s’en est expliqué lors de son déplacement à Lyon, le 29 juin
2007. Sur l’emploi et la croissance, voici le message du président, digne
d’un prix Nobel : « Inutile de réinventer le fil à couper le beurre. Toutes
ces théories économiques, moi-même, parfois, je suis un peu perdu. Ce que je
veux, c’est que les choses marchent. » Et sur la méthode : « On dit de moi “
il s’occupe de tout ”. Mais je n’ai pas été élu pour m’occuper de rien ! »
Tout y est. La pensée et la dialectique. La pensée est marquée par
l’inculture économique et l’absence de convictions. Un homme comme Ronald
Reagan, que ses adversaires qualifiaient “ d’acteur de série B ”, avait
beaucoup lu et réfléchi et ses causeries radiophoniques étaient des
merveilles de pédagogie économique et sociale. Margaret Thatcher, toute
fille d’épicier qu’elle fût, avait une pensée forte et une psychologie de
combat à toute épreuve. Quant à Nicolas Sarkozy, il n’est manifestement
qu’un opportuniste, comme toute sa carrière le démontre, et sa dialectique
est des plus malhonnêtes intellectuellement, puisqu’elle consiste à
renverser les propos de ses contradicteurs pour leur faire dire ce qu’ils
n’ont pas dit et ainsi les ridiculiser. L’exemple ci-dessus en est une
démonstration lumineuse : ceux qui disent que M. Sarkozy s’occupe de tout -
ce que lui-même montre et affirme en permanence - n’ont jamais dit qu’il ne
devrait s’occuper de rien. En leur attribuant cette opinion, alors qu’ils
souhaitent simplement que le président de la République ne se disperse pas
et préserve sa fonction en prévision des inévitables difficultés, M. Sarkozy
se rend coupable de déformation de la vérité et de désinformation. Eh bien
voilà, Philippe Tesson a sa réponse ! Sarkozy se dégonfle Le débat, pour Nicolas Sarkozy, c’est parler de ce qui ne
fâche pas. Ayant mis en ligne un site intitulé Debat-Sarkozy.fr et
promettant de répondre aux questions pour lesquelles les internautes auront
le plus voté, le candidat de l’UMP à l’élection
présidentielle n’a pas tardé à renier ses engagements. En effet la question
plébiscitée par les visiteurs de ce site est la suivante : Jospin vote Bayrou Lionel Jospin, selon des sources proches de l’ancien
premier ministre, est convaincu que Ségolène Royal sera battue à l’élection
présidentielle et recommande à ses amis de voter pour François Bayrou au
premier tour, de façon à qualifier ce dernier pour le second tour où, fort
du report des socialistes, il sera en mesure de l’emporter sur Nicolas
Sarkozy. En revanche, Lionel Jospin ne croit pas à un retrait de Ségolène
Royal et ne cache pas qu’il faudra rebâtir sur un champ
de ruines. Alors, c'est du chaud ou c'est du froid
? (...) D'autres observent ce refroidissement comme le retour vers les conditions du "petit âge glaciaire" avec ces hivers rigoureux qui ont glacé l'Europe et le nord américain entre 1600 et 1900, à une époque où la Tamise était si solidement gelée que les londoniens faisaient des barbecues sur la glace et que les bateaux briseurs de glace naviguant sur l'Hudson allaient au sud jusqu'à New York. (...) Les climatologues sont pessimistes quant à la volonté des leaders politiques de prendre des décisions permettant de contrebalancer les changements climatiques, voire d'en ralentir les effets. Ils admettent néanmoins que l'une des plus audacieuses solutions proposées, telle que faire fondre la calotte glacière en la recouvrant de suie noire ou encore détourner les fleuves de l'Arctique peuvent créer de bien plus grands problèmes. " "The Cooling World", Peter Gwynne, Newsweek, 28 avril
1975 Quand le riche maigrit … L’action des Enfants de Don Quichotte n’aurait pas eu le
succès médiatique qu’elle connaît si 48 % des Français ne craignaient, selon
un récent sondage, de devenir SDF. Lucidité des Français, folie des hommes
de l’Etat. N’importe quel citoyen doté d’un minimum de raison peut porter le
bon diagnostic sur la situation de notre pays. Et sait parfaitement
pourquoi, alors que le nombre de logements construits est en forte
augmentation, il se révèle insuffisant. Tout d’abord, un logement n’est
jamais gratuit. Il faut de l’argent pour le construire. Et cet argent
provient toujours des mêmes poches : celles des contribuables. Or celles-ci
sonnent le vide. A un Etat devenu impécunieux à force de dépenses insensées
répondent des investisseurs privés qui se sont volatilisés. Le délire fiscal
français, et notamment l’impôt sur la fortune, ont chassé les contribuables
les plus aisés hors de France. Et qui voudrait encore placer son argent dans
l’immobilier, sachant que celui-ci est la première victime de l’ISF du fait
de son absence de mobilité et donc de l’impossibilité de le délocaliser ?
Ajoutez à cela les 350 à 500 000 immigrés supplémentaires que compte la
France chaque année et qui cherchent à se loger, et le fait que le nombre
croissant des divorces oblige les couples à occuper deux appartements au
lieu d’un, et vous aurez réuni les principales causes de la crise actuelle.
Celle-ci, nul ne s’y trompe, est une crise d’appauvrissement. La France n’a
plus les moyens de vivre décemment et voilà qu’on nous invente un droit au
logement « opposable » ! Les politiciens font mine de croire qu’une action
en justice pourra offrir à chacun un logement. Peut-être songent-ils à
transformer les sept mille magistrats français en maçons ! Remercions l’historien Henri Amouroux de nous avoir
rappelé, dans une tribune du Figaro les quatre vers d’une petite chanson
révolutionnaire qui courait Paris en 1793 : Serge Dassault remplace ses journalistes Bravo et encore bravo à Serge Dassault ! Voilà un homme
qui s’est acheté un journal, Le Figaro, et qui n’hésite pas à mettre
la main à la pâte pour faire le travail de ses journalistes. Quel admirable
sens de l’effort et quelle leçon d’énergie ! C’est ainsi que dans la page
Débats du quotidien, le 2 janvier 2007, présentant ses « meilleurs vœux
pour 2007 », l’ami Serge nous assène cette forte pensée : « En vérité,
l’année 2007 sera bonne si on fait une politique de RUPTURE TOTALE et
surtout pas de CONTINUITE … » Les majuscules sont de Serge Dassault. Ne
s’est-il pas trouvé au Figaro un journaliste charitable pour indiquer
à son patron que des majuscules dans un article, cela ne se fait pas?
Bah ! Au diable la typographie et les règles du métier. L’essentiel
est que Serge Dassault ait émis une idée forte et juste. Dommage toutefois
qu’il ne nous ait pas dit qui il fallait « choisir le moment venu ». Si
c’est Nicolas Sarkozy, le propriétaire du Figaro doit d’ores et déjà
préparer son journal à une cure d’opposition. Dur, dur … Décidément le père
de Serge, Marcel, s’était donné moins de soucis en créant Jours de
France, le magazine de la vie heureuse. Ce n’est pas facile tous les
jours d’être un héritier ! Sarkozy n’aime pas la France … et il l’avoue ! C’est une des révélations de l’excellent livre d’Eric
Branca et Arnaud Folch, « Le mystère Villiers », qui vient de paraître aux
éditions du Rocher. Et elle va faire du bruit : Nicolas Sarkozy n’aime pas
la France, et il le dit lui-même ! La confidence en a été faite à Philippe
de Villiers, et voici comment Branca et Folch racontent la scène : « Les
deux hommes, qui se tutoient, n’ont jamais été intimes. Leur dernier
déjeuner commun remonte à 1999, peu après les européennes où la liste
Pasqua-Villiers avait devancé celle du duo Sarkozy-Madelin. Alors en pleine
traversée du désert, le député-maire de Neuilly avait eu cette phrase, à
l’adresse du Vendéen – qui n’est pas prêt de l’oublier : « Tu as de la
chance, Philippe, toi tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi,
tout cela me laisse froid. Je ne m’intéresse qu’à l’avenir … » Il va y avoir des morts dans les banlieues Les policiers sont de plus en plus inquiets devant la
montée de la violence dans les banlieues. A présent, ce sont de véritables
bandes organisées de plusieurs dizaines de « jeunes » qui tendent des
embuscades aux forces de l’ordre et les attaquent « avec l’intention de tuer
», comme l’a déclaré un responsable syndical de la police sur LCI. Les
policiers, pour se dégager, sont maintenant contraints de faire usage de
leurs armes en tirant en l’air. Mais devant la fureur sans cesse accrue des
agresseurs, on voit mal comment un ou plusieurs de ceux-ci ne finiront pas
par être blessés ou tués par balles. Ce sera alors l’embrasement général, et
la classe politique irresponsable et criminelle qui a laissé depuis trente
ans une immigration incontrôlée s’établir en France sans jamais se donner
les moyens de l’intégrer se retrouvera face à ses irréparables fautes. Elle
sera évidemment chassée par les Français, mais ceux-ci n’en auront pas pour
autant fini avec les difficultés. Il va falloir non seulement mettre les
émeutiers hors d’état de nuire, mais aussi ranimer l’économie française, qui
agonise actuellement, afin de lui permettre de créer les emplois qui seuls
sont susceptibles de permettre l’intégration des immigrés présents sur le
sol français ? Il va de soi également que rien ne sera possible sans que ne
soit instaurée une longue période d’immigration zéro en France. Vaste
programme, aurait dit quelqu’un. Mais il n’y en a pas d’autre ! La révolution médicale est en marche Après la déroute des syndicats médicaux favorables au
système conventionnel actuel lors des élections aux unions régionales de
médecins libéraux, le 29 mai 2006, face aux partisans de la liberté des
honoraires, la grève réussie des chirurgiens, obstétriciens et anesthésistes
libéraux est un nouveau coup dur pour le gouvernement. Celui-ci espérait que
leur mobilisation serait faible : il n’en a rien été. Pour la première fois
dans l’histoire du syndicalisme médical français, une grève a été suivie
fortement et tout indique que la colère ne s’apaisera pas facilement, même
si l’arrêt des soins n’est pas une consigne qu’on peut tenir longtemps dans
une profession médicale. L’essentiel est que le message des praticiens ait
retenti comme un ultime signal d’alarme avant la révolte générale des
professions de santé. Celles-ci ne supportent plus la politique de Procuste
menée depuis des décennies par les gouvernements successifs qui, au nom de
l’impossible équilibre des comptes dans une système monopolistique, n’ont
cessé de mettre les acteurs médicaux à la taille du lit social, au lieu
d’aménager celui-ci aux nouvelles dimensions des activités de soins. La
solution, évidente pour tout homme politique de bon sens, consiste à briser
une bonne fois le monopole de la sécurité sociale – qui est acquis
légalement – afin de laisser se dérouler, dans un cadre concurrentiel, le
libre jeu de l’offre et de la demande. Dans toutes les activités
économiques, la concurrence est un facteur puissant de baisse des prix et
des coûts. Il en ira de même en médecine, et de ce fait la réforme de
l’hospitalisation, qui est impossible dans le système fonctionnarisé actuel,
se fera naturellement. Quand on sait que l’hôpital représente environ la
moitié des dépenses de santé en France, et que les frais de personnel s’y
élèvent à plus de 70 % du total, on mesure l’enjeu. Soyons toutefois
réalistes : ce n’est pas le pouvoir actuel qui réalisera cette réforme, ni
un autre qui obéirait aux mêmes présupposés idéologiques. Une phase de grand
désordre est en train de s’ouvrir dans le monde de la santé, au terme de
laquelle un nouveau pouvoir issu du peuple devra rétablir la médecine dans
ses prérogatives les plus légitimes, celles qui la mettent au service des
malades et non de l’administration. Cela devra faire partie des priorités de
ce nouveau pouvoir, tant il est vrai qu’il n’y a pas de société libre sans
médecine libre. Après Outreau, l’affaire AZF va-t-elle déclencher un nouveau scandale judiciaire ? Il n’y a pas que dans l’affaire d’Outreau que se pose le
grave problème des expertises judiciaires. Celle de l’explosion de l’usine
AZF de Toulouse en offre également un exemple fort significatif. On y voit
en effet des experts, dont l’indépendance a été largement mise en cause,
tenter désespérément de démonter que c’est bien le déversement d’un produit
chloré sur un tas de nitrate qui a provoqué la terrible explosion du 21
septembre 2001. Or une reconstitution organisée par un juge d’instruction a
pu démonter que cette hypothèse est sans fondement, un tel mélange dégageant
des vapeurs insupportables qui auraient évidemment été remarquées par les
personnes présentes sur les lieux. Mais voilà que le manutentionnaire
suspecté d’avoir déversé du chlore et mis en examen pour « homicides et
blessures involontaires » vient de bénéficier d’un non-lieu. Officiellement,
c’est en raison du fait qu’il « n’avait aucune capacité décisionnelle dans
le processus de manipulation » qu’il est mis hors de cause. En fait, la
justice se rend bien compte que la thèse du déversement de chlore est une
impasse et risque fort de conduire à un fiasco retentissant lors du procès
en principe prévu dans le premier semestre 2007, mais elle ne se résout pas
à l’abandonner et à relancer son enquête dans une autre direction. On se
souvient que le procureur de Toulouse, M. Bréard, aussitôt après l’explosion
et donc avant toute enquête, avait affirmé qu’il s’agissait d’un accident,
version qui arrangeait aussi bien le président de la République, M. Chirac,
que le premier ministre, M. Jospin, peu désireux, à quelques mois de
l’élection présidentielle, de voir les problèmes d’insécurité occuper le
devant de la scène. Depuis, la thèse du chlore n’a cessé d’être contrebattue
et même ridiculisée par les nombreux éléments démontrant son impossibilité
et publiés notamment par l’hebdomadaire Valeurs Actuelles. Or elle ne
repose plus que sur les expertises officielles, dont chacun sait à présent
qu’elles ne sont pas crédibles. Jusqu’à quand la justice va-t-elle s’enliser
dans cette impasse ? Faudra-t-il, comme dans l’affaire d’Outreau, que le
scandale éclate pour qu’elle se résolve enfin à reconnaître ses erreurs ?
Avec à la clé une nouvelle vague d’indignation populaire à l’encontre d’un
système judiciaire en qui les Français n’ont plus la moindre confiance et
qui pourrait bien ne pas s’en relever. La Banque postale se paie sur la bête Félicitons La Poste pour sa contribution à la stabilité
des prix en France. Entre 2003 et 2004, les « frais de tenue de compte » des
chèques postaux avaient déjà augmenté de 5 %, soit le double de l’inflation
officielle. Mais ce n’était qu’un hors d’œuvre. Les détenteurs de compte se
sont en effet vus gratifier de frais augmentés de 19 % entre 2004 et 2005,
et de 2005 à 2006, sans doute pour fêter l’heureux avènement de « La banque
postale », nouvelle dénomination des antiques CCP, d’une nouvelle hausse de
20 %. A part cela les prix sont sages et l’inflation contenue. On se demande
vraiment quelle mouche a bien pu piquer la Banque centrale européenne pour
qu’elle envisage d’augmenter à nouveau les taux d’intérêt ? Ou bien alors
faut-il donner raison à ce ministre italien qui accusait l’euro d’avoir
provoqué une hausse des prix « bestiale » ? Fin du monopole de la sécurité sociale : Le blog de Ségolène Royal s’inquiète Dommage que Ségolène Royal n’aborde pas le sujet en
public. Cela lui permettrait au moins de démontrer un
certain sérieux. Mais sur son blog (www.desirsdavenir.org), on peut
constater que la fin du monopole de la sécurité sociale inquiète bougrement
ses partisans. Et comme le dit l’un d’eux, « il est vrai que Ségolène Royal
devra résoudre tôt ou tard la contradiction entre une politique
social-démocrate et son incompatibilité avec certaines directives de
l' Union Européenne, comme celle-ci ». « Directives européennes et protection sociale française par benoitp le 05-06-2006 01:06 Un sujet peu abordé et qui pourtant est d'une importance
MAJEURE est l'application des directives européennes relatives aux
prélèvements sociaux. Re: sytème de santé
"raisonnable" OUI, TU AS RAISON, LE MIEUX EST D’APPLIQUER LA LOI qui
laisse a chacun la possibilité de choisir son assureur sécu ou autre mais
agréé en Europe Re: sytème de santé "raisonnable"
par SAVRY "A chacun la possibilité de choisir son assureur sécu ou
autre mais agréé en Europe". Sale temps pour les politiciens ! Les Français ne font
confiance qu’à un seul d’entre eux – une seule en fait – pour mener les
réformes économiques dont notre pays a besoin. C’est ce qui ressort d’un
sondage TNS Sofres publié dans Le Figaro du 14 avril 2006. Ségolène
Royal bénéficie de 59 % d’avis positifs, Nicolas Sarkozy ne convainc pas une
majorité (49 % contre autant d’avis négatifs), et après c’est la débandade :
Hollande et Jospin sont à 38 %, Bayrou à 33 %, quant à Villepin et Chirac,
avec respectivement 24 % et 17 %, ils sont au trente-sixième dessous de la
confiance. Le cas de Ségolène Royal ressortissant à la pensée magique,
puisqu’elle n’a jamais exprimé la moindre idée économique qui la
différencierait des autres politiciens, on ne peut que constater
l’extraordinaire déficit de confiance des Français envers ceux qui
gouvernent notre pays depuis plusieurs décennies. Et cela s’explique
aisément : plus rien ne marche en France ! Et pour cause. « En France on
sème des impôts et on récolte des fonctionnaires », disait déjà Clemenceau.
Rien n’a changé, mais tout s’est aggravé avec la prise de pouvoir de la
technocratie. Aujourd’hui, l’Etat est en faillite et l’économie ne repartira
plus jamais dans le contexte actuel. C’est ce qu’ont exprimé les Français
dans le sondage ci-dessus évoqué. Et c’est ce qui permet de prédire sans le
moindre risque d’erreur qu’un grand tremblement politique va se produire
avant longtemps dans notre pays. « Levez-vous, orages désirés ! » Une odeur de pétrole flotte sur France Soir Il n’était pas question pour le gouvernement français de
laisser Arcadi Gaydamak s’emparer de France Soir. Le fait que cet
homme d’affaires soit poursuivi par la justice pour avoir été
l’intermédiaire dans des ventes d’armes de la Russie à l’Angola n’a
strictement rien à voir dans l’attitude du pouvoir en France. Ou plus
exactement cela ne compte que dans la mesure où Gaydamak, qui se défend en
affirmant que ces ventes d’armes ne concernent en rien la France et que par
conséquent la justice française n’a rien à lui reprocher, sait beaucoup de
choses sur ce type de commerce et sur ceux qui le pratiquent. Et qu’il
pourrait avoir envie, pour se venger des misères qu’on lui fait, de les
révéler dans un journal lui appartenant. Car dans tout autre, compte tenu du
verrouillage médiatique en France, ce serait impossible, pour ne pas parler
des radios et des télévisions. Or si mal en point que soit France Soir,
c’est un titre qui compte encore en France, ne serait-ce que par les
reprises dont il est l’objet de la part de ses confrères. Du coup, alors que
l’offre de Gaydamak pour France Soir était la seule qui préservait la
totalité des emplois et qui garantissait l’avenir du titre, le procureur de
la République a envoyé au tribunal de commerce de Lille, chargé de désigner
le repreneur du quotidien, un message des plus clairs en saisissant Tracfin,
la cellule de lutte contre le blanchiment du ministère des Finances, sur
l’origine des fonds de Gaydamak. Et le tribunal, en toute indépendance, cela
va de soi, a désigné un repreneur dont le plan supprime la moitié des
emplois du journal, suscitant la fureur du personnel qui s’est senti
sacrifié sur l’autel de la raison d’Etat. Pour autant, l’affaire n’est pas
terminée. Gaydamak a des projets de télévision en Europe, auxquels les
autorités françaises n’ont aucun moyen de s’opposer, et surtout le juge
Courroye, qui instruit l’affaire des ventes d’armes entre la Russie et
l’Angola, pourrait se voir prochainement dessaisi du dossier. Car le
gouvernement angolais, furieux des misères que fait la France à Gaydamak
(lequel dispose d’un passeport angolais), exerce des représailles sur la
firme française Total qui, comme tous ses
concurrents, tente de prendre sa part des richesses pétrolières de ce pays.
Soyons-en sûrs : la raison va l’emporter et les ennuis en France de M.
Gaydamak vont prendre fin. Tout comme les emplois des journalistes de
France Soir. Quand Renault démontre la nécessité d’une révolution Rien n’illustre mieux l’ampleur des problèmes
d’intégration de la population immigrée en France que les difficultés de
Renault à recruter des ouvriers pour son usine de Flins, dans les Yvelines,
où l’on fabrique la Clio 3 dont les ventes démarrent très bien. Parmi les
postulants à un emploi figurent nombre de jeunes gens issus des cités dites
« sensibles ». Or, remarque la directrice de l’agence chargée du recrutement
pour la firme au losange, interrogée par Le Parisien, pour occuper un
emploi sur les chaînes de montage, « il faut savoir lire, écrire, mais
surtout avoir un comportement exemplaire. Le fonctionnement des chaînes
réclame de la rigueur tant au niveau de la discipline que des horaires. En
plus le travail se déroule en équipes et les employés doivent respecter la
hiérarchie. » Malheureusement, peu de « jeunes de banlieue » répondent à ces
exigences. Et quand Renault leur propose de suivre des formations
qualifiantes, nombre d’entre eux « refusent de reprendre des cours, ils ont
l’impression de retourner à l’école ». Ce qui n’empêche pas ceux qui ne sont
pas retenus de laisser exploser leur colère : "A
l’issue de l’entretien, ils menacent de tout casser dans l’agence."
Echec familial, échec de l’Education nationale, échec de la société,
incapable d’imposer les valeurs qui, à toute époque, ont conditionné la
réussite et le progrès, échec de la politique d’immigration, qui n’a jamais
accepté d’examiner ensemble l’arrivée de centaines de milliers d’étrangers
chaque année et l’impossibilité de mettre en oeuvre les moyens nécessaires
pour les accueillir, tous les ingrédients de la grave crise qui secoue la
France apparaissent au grand jour à travers cet exemple qui n’a rien
d’exceptionnel. Pour la résoudre, il faudra de la lucidité, du courage et de
la constance. Autant de qualités qui font défaut aux petits, moyens et hauts
fonctionnaires qui gouvernent la France. Leur remplacement par des membres
de la société civile, connaissant et vivant quotidiennement les difficultés
d’une économie ouverte, concurrentielle, récompensant l’initiative et le
mérite et non la docilité, s’impose comme une nécessité nationale. Mais
celle-ci exige une véritable révolution politique. Qui ne peut désormais
plus souffrir le moindre retard. Borloo se lance dans la chanson ! Voici venu le temps des lapsus. Après M. de Villepin,
parlant de la « démission » du Conseil constitutionnel au lieu de sa «
décision », et évoquant ainsi involontairement l’idée qui l’obsédait, c’est
au tour de M. Borloo de qualifier, en pleine séance de l’Assemblée
nationale, le premier ministre de "premier minus".
Tandis que le président du groupe parlementaire de l’UMP, Bernard Accoyer,
s’adresse au même premier ministre en l’appelant « Monsieur le Président de
la République ». Tous ces braves gens, affolés par leur échec, ont vraiment
la tête tourneboulée et ne savent même plus où ils habitent. Quel dommage
que Claude Nougaro ait disparu ! On aurait aimé le prier de donner un
récital à l’Assemblée et d’y interpréter son grand succès, « Toulouse »,
vous savez, la ville rose « où l’on se traite de con à peine qu’on se traite
». Lui, au moins, avait du talent. Ce qui nous aurait changé de tous ces …
minus ! Chirac traite Villepin de gros pet Un des meilleurs connaisseurs de la chiraquie nous avait prévenus il y a
plusieurs mois : " Contrairement à ce que croient les observateurs politiques, la
prochaine victime de Chirac n'est pas Sarkozy mais Villepin. Le président de la
République est persuadé que Sarkozy, à force de vibrionner, se prendra tout seul les
pieds dans le tapis. Quant à Villepin, dès qu'il cherchera, afin de ne pas avoir à
endosser son passif, à se différencier de Chirac, celui-ci entreprendra de l'exécuter.
Il veut être entièrement libre de se présenter en 2007, même s'il est conscient de ses
handicaps. Mais il est revenu de tant de descentes aux enfers qu'il est persuadé de
pouvoir une fois encore y parvenir. " Les faits semblent aujourd'hui donner raison à
notre informateur. La journaliste du Monde accréditée à l'Elysée vient de
publier un article dans lequel elle révèle que le " droit d'inventaire " dont
croit pouvoir se réclamer le premier ministre a fortement mis en colère le président.
" Je ne peux pas admettre que notre pays reste les bras croisés " a déclaré
Villepin sur France 2, stigmatisant " l'impuissance face aux événements ".
Chirac s'est évidemment senti visé et ses conseillers n'ont pas manqué de tirer une
sérieuse bordée d'appréciations insultantes et de menaces en direction du premier
ministre. " Les imbéciles sont comme les gaz, a dit l'un d'eux, ils ont tendance à
s'épandre. Chirac attend. Il sait qu'il peut craquer l'allumette. " Autrement dit
Villepin n'est pour Chirac qu'une espèce de pet. Inflammable qui plus est. On n'est pas
plus gracieux. Une suggestion à Chirac. S'il est panne d'expressions imagées, qu'il
n'hésite pas à puiser dans les dialogues de Michel Audiard : " Je vais lui montrer
qui est Chirac. Aux quatre coins de Paris qu'on va le retrouver le grand con, éparpillé
par petits bouts façon puzzle. " Chirac n'a pas le talent de Blier, mais aidé de
son prompteur et de ses conseillers en communication, il peut arriver à mettre les rieurs
de son côté. Deux sondages publiés le 30 janvier 2006 ont retenti comme un glas dans le
paysage dévasté de la Ve République. L'un d'eux, celui du Parisien, indique
que 82 % des personnes interrogées ne croient pas aux solutions proposées pour résoudre
la crise des banlieues. Et les Français sont également 82 %, selon le sondage du Figaro,
à considérer que le candidat idéal à la présidence de la République doit avant tout
être honnête. Autrement dit, pour les Français, les politiciens sont des incapables,
comme le proclame la Révolution bleue, et des malhonnêtes. Accablant ! C'est très
exactement le climat qui prévalait à la fin de la IVe République, où le cri qu'on
entendait le plus souvent était " Sortez les sortants ! ". Rien d'étonnant à
cela. Un régime s'effondre quand il démontre son incapacité à résoudre les problèmes
du pays et quand les citoyens n'éprouvent plus que mépris pour les hommes politiques.
Que peut penser le bon peuple quand il constate que l'affaire des HLM de Paris est
actuellement jugée en l'absence de tout politique, alors que les preuves de l'implication
de bon nombre d'entre eux n'ont cessé de s'étaler dans la presse depuis des années ?
Quel effet peut produire sur lui la nomination de M. Louis Schweitzer à la tête de la
Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), alors
qu'on se demande encore comment la justice a pu considérer qu'il ne portait aucune
responsabilité dans l'affaire du sang contaminé, quand directeur de cabinet du premier
ministre, M. Fabius, il était l'homme le mieux informé de France ? Comment la justice
a-t-elle pu absoudre M. Trichet dans le scandale du Crédit Lyonnais, alors que directeur
du Trésor, il était celui qui savait tout ce qui se passait dans les milieux financiers,
et à plus forte raison dans une grande banque nationalisée ? Le citoyen se sent-il
rassuré quand il voit M. Trichet trôner à la Banque centrale européenne et faire la
leçon à tous les gouvernants de l'Union ? Et l'on pourrait citer d'innombrables cas
semblables. Ce régime a ruiné la France et les Français et enrichi tous ceux qui
avaient accès, d'une manière ou d'une autre, à l'argent public, tandis qu'il
garantissait à ces derniers la plus totale impunité. "Jusqu'à quand Catilina,
abuseras-tu de notre patience ? " 1940, 2006, ou quand l'histoire se répète Le grand historien français Marc Bloch, fusillé par les Allemands le 16 juin
1944, et dont Gallimard republie " L'Histoire, la Guerre, la Résistance ",
dénonçait,dans son analyse de la défaite de 1940, la " léthargie intellectuelle
des classes dirigeantes françaises et leurs rancoeurs ", leur reprochant de n'avoir
pas sonné l'alerte " sur les illogiques propagandes dont les mixtures frelatées
intoxiquaient nos ouvriers, sur notre gérontocratie
Nous avions une langue, une
plume, un cerveau, tout cela, presque tout, il y a longtemps que nous le murmurions entre
amis choisis
Nous, nous n'avons pas osé être sur la place publique la voix qui
crie
Nous avons préféré nous confiner dans la craintive quiétude de nos
ateliers. " Cette " trahison des clercs ", on la retrouve à l'identique
aujourd'hui. A ceci près que ceux de maintenant préfèrent à " la craintive
quiétude " de leurs ateliers les lumières des plateaux de télévision, où ils
dispensent leurs insupportables mensonges. Et de même que la fulgurante défaite de 1940
a fait disparaître dans les poubelles de l'histoire toute une génération défaillante,
de même l'effondrement du régime actuel va nous priver, pour le plus grand plaisir de
tous, de la petite clique de paons vaniteux et malhonnêtes qui a trusté tous les micros,
toutes les tribunes pendant plus de trente ans au mépris du droit des Français à une
information loyale. A quelque chose, malheur est bon ! Un académicien adhère post mortem au Front national On peut relire avec intérêt " Une grande imprudence ",
l'ouvrage de Maurice Schumann, gaulliste de Londres, ministre des affaires étrangères et
académicien. Paru chez Flammarion en 1986, le livre dénonce l'immigration massive dans
des termes qui lui vaudraient aujourd'hui une condamnation par les tribunaux. " La
cécité volontaire, écrit Schumann, est la plus dangereuse des idéologies. Or, il faut
se rendre aveugle pour ne pas percevoir à quels malheurs et à quels excès désordonnés
nous mènent l'arrivée massive d'immigrés non européens et leur regroupement dans
certains quartiers qui se transforment en zones interdites. Ici, la clandestinité porte
atteinte non seulement à l'identité, mais d'abord à l'indépendance nationale. Elle
signifie tout simplement que la France n'est plus maîtresse de ses frontières, en
d'autres termes qu'elle est privée d'une part essentielle de sa souveraineté sans y
avoir renoncé par une décision de son gouvernement et un vote de son Parlement. "
Chirac va regretter de s'être laissé souffler le parti " gaulliste " par
Sarkozy. Sinon, il aurait aussitôt fait exclure Maurice Schumann. Car même mort, il y a
des choses qu'on n'a vraiment pas le droit de dire dans la république musulmane que
Chirac veut instaurer en France. Chirac et Strauss-Kahn montrent l'exemple de la solidarité Le Parisien du 28 décembre 2005 a consacré un article aux vacances de
Noël des politiciens. Jacques Chirac et son épouse les passent à Taroudant, dans le sud
marocain, au luxueux hôtel de la Gazelle d'Or, où le couple présidentiel a ses
habitudes. Sans doute le chef de l'Etat mettra-t-il à profit cette période de détente
pour savourer tout à loisir le compliment que lui a décerné le roi Abdallah d'Arabie
Saoudite dans une interview donnée à un journal arabe de Londres, Asharq al-Awsat.
Pour le monarque, Jacques Chirac est " une personne noble, sincère et honnête qui
se comporte comme un vrai Arabe ". Rien de surprenant dans cette louange : Chirac
n'a-t-il pas déclaré que les racines de l'Europe sont autant musulmanes que chrétiennes
? On se souvient aussi des images du président, le soir de sa réélection en 2002,
acclamé place de la République par une foule brandissant des drapeaux algériens et
marocains. On se demande vraiment pourquoi on pousse les " jeunes " issus de
l'immigration à s'inscrire sur les listes électorales. N'ont-ils pas déjà un
président bien à eux ? Omar Bongo menace Villepin Depuis le temps qu'Omar Bongo, le président récemment réélu du Gabon, menace
de faire des révélations sur l'aide qu'il a apportée et apporte peut-être encore à
des politiciens français et qu'il se tait, on va finir par se lasser de son numéro.
D'autant qu'il n'a pas renoncé à faire saliver les amateurs de scandale. C'est ainsi que
Le Figaro, dans un article non signé publié le 15 décembre dernier et qui a
dû échapper à la vigilance de la rédaction en chef du journal, nous apprend que le
quotidien gabonais Le Miroir, " contrôlé par un proche du président, s'en
est donné à cur joie la semaine dernière, promettant dans un virulent article que
" l'heure des comptes ne saura tarder ". Selon le journal, qui met en
cause Dominique de Villepin, celui-ci peut " jouer " au plus malin,
mais il ne saurait oublier que " s'il est là aujourd'hui, il ne le doit qu'à
une seule personne : Omar Bongo ". " Bien entendu, ces menaces visent à
faire pression sur le gouvernement français, accusé de ne plus soutenir assez un
président gabonais en butte à des opposants qui " n'entendent faire aucun cadeau à
un régime qu'ils estiment à bout de souffle ", mais elles appellent un démenti
catégorique de M. de Villepin. Catégorique et même indigné ! Pour l'heure, le premier
ministre se tait. Mais c'est à coup sûr parce qu'il attend le meilleur moment pour nous
informer. Sarkozy prend un smash de Noah en pleine poire ! On a failli avoir droit à une belle empoignade ! Paris Match a publié
une interview de Yannick Noah où ne figurait pas une phrase que la rédaction de
l'hebdomadaire a supprimée, avec paraît-il l'accord de l'intéressé, et dans laquelle
celui-ci annonçait : " Si jamais Sarkozy passe, je me casse ! ". Au-delà de la
bonne manière ainsi faite au ministre de l'intérieur par Alain Genestar, le directeur du
journal, à qui Sarkozy reproche d'avoir publié des photos de son épouse Cécilia en
compagnie de son chevalier servant, bonne manière qui finalement n'aura servi à rien
puisque le Canard enchaîné a révélé le pot aux roses, on ne pourra que
s'indigner des propos de Noah. Celui qui est paraît-il l'homme le plus populaire de
France, selon le classement du Journal du Dimanche, a une curieuse conception de
la démocratie. Car enfin celle-ci ne consiste-t-elle pas à accepter le résultat des
élections, quand elles sont régulières ? L'exil pour cause de mécontentement
électoral n'est pas une attitude patriotique. Tous ces grands sportifs repus d'argent et
de notoriété sont-ils les mieux placés pour faire la leçon aux simples citoyens qui
eux ne se tireront pas si Sarkozy ou un autre passe et qui continueront de se comporter en
Français ? Quant aux médias qui interviewent ces personnages inintéressants, ils
feraient mieux d'exercer plutôt leur mission d'information. Ce qui pousserait les
politiciens à remplir eux-mêmes leurs devoirs vis-à-vis de ceux qui les ont élus. Les scandaleux propos de Borloo que Le Figaro a caché à ses lecteurs Le Figaro des 19 et 20 novembre 2005 a publié une brève information
ainsi rédigée : " Elysée. Jacques Chirac a reçu hier les douze lauréats du
concours " Talents des cités ", créé en 2002 par le ministère de l'Emploi et
le Sénat pour récompenser les projets économiques, associatifs et culturels lancés
dans les quartiers sensibles. Le chef de l'Etat s'est dit " impressionné " par
le parcours de ces jeunes, qui montre qu'" on peut réussir " dans les cités
" à condition de le vouloir ". Il a salué " un formidable élan de
dynamisme, de générosité, d'énergie ". Deux ministres, Jean-Louis Borloo et Azouz
Begag, ont participé à cette rencontre, pendant plus de deux heures, à l'Elysée.
" Incroyable acte d'intimidation et de censure accompli sans la moindre gêne par M.
Sarkozy ! Pour empêcher la publication d'un ouvrage consacré à son épouse Cécilia,
dont il est actuellement séparé mais qui a déclaré lui avoir demandé cette
intervention, le ministre de l'intérieur a tout simplement convoqué l'éditeur place
Beauvau et obtenu de lui le retrait de l'ouvrage qui était pourtant déjà imprimé pour
un tirage prévu de 25 000 exemplaires. M. Sarkozy, en revenant au ministère de
l'intérieur, avait indiqué qu'il le faisait pour protéger sa famille. On comprend mieux
maintenant ce qu'il voulait dire. On aimerait entendre de l'éditeur le récit de son
entrevue avec le ministre et les arguments employés par ce dernier. Somme toute, M.
Sarkozy a la même conception de la démocratie que feu Georges Marchais, à qui, alors
qu'il était secrétaire général du Parti communiste français, on avait demandé s'il
existait une censure des livres en Union soviétique. " On peut publier tout ce qu'on
veut, avait-il répondu, à condition de trouver un éditeur. " En France, à
présent, il en va de même ! C'est d'ailleurs en des termes très voisins de ceux de
Georges Marchais qu'un conseiller du ministre a indiqué à la presse que " le
manuscrit peut désormais être publié par un autre éditeur, mais ils sauront qu'ils
sont susceptibles d'être assignés en justice ". La censure s'en prend aux artistes ! Le jeune chanteur Cali, de son vrai nom Bruno Caliciuri, originaire de Perpignan,
a eu lui aussi, à l'occasion de la sortie de son nouvel album, affaire à la censure. Non
pas de M. Sarkozy, mais du Bureau de vérification de la publicité (BVP). Il l'a raconté
au Figaroscope en ces termes : " J'avais eu l'idée de petits spots pour la
sortie de l'album. J'y apparaissais en disant : " J'organise les JO de 2012 à
Perpignan " et une voix féminine disait : " Menteur. " Je finissais avec
" Je vais réduire la fracture sociale en cent jours " et la voix disait encore
" Menteur ". Le BVP ne l'a pas accepté. C'était des bêtises de la part d'un
petit chanteur et on m'a rétorqué que, dans mes propos, on retrouvait des personnalités
identifiables ! " Le BVP n'a décidément aucune culture politique. Personne, en
France, n'a jamais prétendu réduire la fracture sociale en cent jours. M. Chirac, en
1995, s'était bien engagé à réduire la fracture sociale, mais pas en cent jours. Quant
à M. de Villepin, il s'était engagé, lors de sa nomination à Matignon, à obtenir un
résultat en cent jours, mais il s'agissait de faire reculer le chômage. Il n'y avait
donc, dans la publicité de Cali, aucune personnalité identifiable ! C'est comme là-bas, dis ! La secrétaire perpétuelle de l'Académie française, Hélène Carrère
d'Encausse, a déclaré sur la chaîne de télévision russe NRV que " le
politiquement correct de notre télévision est presque comme la censure des médias en
Russie ". Où est-elle allée chercher tout cela ? L'émeute des banlieues enthousiasme les socialistes Qui a fait un triomphe au congrès socialiste du Mans ? Hollande ? Fabius ?
Strauss-Kahn ? Vous n'y êtes pas. Un certain Claude Dilain, qui est le maire socialiste
de Clichy-sous-Bois, la commune de Seine-Saint-Denis d'où sont parties les émeutes de
banlieue de ces dernières semaines. Le Parisien nous apprend qu'il " a
été ovationné debout par les militants ". L'édile neuftroisien (pardon
de ce néologisme) a notamment évoqué " " la poudrière des quartiers, des
villes entières où une population concentre tous les problèmes sociaux de la société
". On comprend que les socialistes aient applaudi : cette situation est en grande
partie leur uvre, et en tous cas celle de leur doctrine qu'a également adoptée la
droite parlementaire et qui s'est épanouie dans le fameux " modèle social français
". Encore bravo ! Chirac et Villepin se plantent l'un après l'autre Chirac s'est planté lamentablement dimanche soir en intervenant sur les marches
de l'Elysée. Dans une lumière verdâtre et crépusculaire, le président de la
République est apparu comme un pantin qui gesticulait mécaniquement et ne comprenait
même pas le sens de ses paroles. Pathétique ! A deux pas de lui se tenait Villepin, en
posture d'infirmier prêt à avancer le fauteuil roulant. Le lendemain soir, ce fut au
tour de Villepin de se planter. Quand on annonce aux Français l'instauration du
couvre-feu, on intervient à 20 heures sur toutes les chaînes de télévision dans une
allocution solennelle de trois minutes, et non pas à 20 heures 20 au journal de Patrick
Poivre d'Arvor, pendant vingt interminables minutes, après les faits divers et avant la
météo. Et dire que les commentateurs ne cessent de nous vanter les prodiges de
communication de l'Elysée et de Matignon ! Mais l'art de communiquer, c'est avant tout
l'art de penser, et de ce point de vue on est, dans les lieux précités, au dessous du
niveau de la mer. Le pouvoir perd pied, tous les Français s'en rendent compte, et ce
n'est pas une nouvelle rassurante dans le contexte de violence et de sauvagerie qui est la
conséquence de trente années d'immigration incontrôlée et de socialisme ruineux pour
l'économie et l'emploi. De ce désastre, les politiciens français vont devoir rendre
compte. Jean-Louis Debré a vu des Martiens ! Maire d'Evreux, Jean-Louis Debré est apparu désemparé, décoiffé et sans
cravate à la télévision après que les émeutiers eurent ravagé une bonne partie de sa
ville. Devant les ruines calcinées, Debré s'est écrié, parlant des émeutiers : "
Ils n'appartiennent pas à notre univers ! " Des Martiens en quelque sorte. Les
politiciens viennent enfin, à l'occasion d'événements dramatiques, de découvrir leur
existence, que connaissent parfaitement les Français " d'en bas ", comme disait
l'ineffable Raffarin, lequel doit tous les jours bénir le ciel d'avoir été viré de
Matignon avant que le ciel des réalités ne tombe sur la tête des gouvernants. Mais il
n'y a pas que le pauvre Debré à ne plus savoir où il habite. Les commentateurs
politiques, d'ordinaire si péremptoires, en sont venus à raser les murs médiatiques.
Oh, ils ne refusent pas les invitations des radios et des télévisions, mais ils ne
savent que bredouiller de vagues banalités et confier toute la modestie qui les imprègne
face à de tels événements. Que n'ont-ils été aussi modestes quand il suffisait
d'ouvrir les yeux et les oreilles pour savoir ce qui se préparait en France ! Mais voilà
: la seule vue d'une éminence du pouvoir suffisait à les submerger de bonheur.
Aujourd'hui, ils se demandent non sans raison s'ils ne vont pas devoir quitter la scène
en même temps que les immenses personnages politiques qu'ils côtoyaient et dont chacun
peut constater maintenant qu'ils ne sont que des nains. Le général Poncet sanctionné au moment où l'on pourrait avoir besoin de lui Chirac et Villepin vont se mordre les doigts d'avoir sanctionné le général
Poncet à la suite de la bavure de Côte d'Ivoire. Poncet avait couvert ses hommes qui
ont, à ce qui s'écrit, achevé un redoutable " coupeur de routes, " violeur
notoire et assassin récidiviste, dont la disparition a d'ailleurs suffi à ramener le
calme dans la zone où il sévissait. Pour prouver que l'armée française " lave
plus blanc ", les deux têtes de l'exécutif et l'inexistante et ridicule ministre
des armées, Michèle Alliot-Marie, ont infligé au général Poncet un blâme, sanction
lourde et rarissime prise en considération des actes " inqualifiables " commis
sous l'autorité du patron de l'opération Licorne. Oui mais voilà : quand il s'agira de
faire intervenir l'armée contre les émeutiers des banlieues, on ne trouvera plus que des
généraux qui n'ont jamais entendu siffler une balle et qui ne savent maintenir l'ordre
que sur le plateau de leur bureau. Quant aux soldats de métier à qui on demandera de
risquer leur vie, ils auront sans nul doute à l'esprit que pour être au dessus de tout
reproche, ils ne devront surtout faire aucun mal à ceux qu'ils auront en face d'eux. Car
sinon, cela sera à coup sûr la cour martiale. Comme on le sait, le moral est la force
principale des armées. Celui de la nôtre n'aura pas été amélioré - c'est le moins
qu'on puisse dire - par l'équipe d'incapables et d'inconscients qui se pavanent à la
tête de l'Etat. Le sondage BVA paru dans Le Figaro du 7 octobre 2005 est catastrophique
pour Jacques Chirac. A la question " Parmi les personnalités suivantes, quel serait,
selon vous, le meilleur candidat pour l'UMP à la présidentielle 2007 ", Chirac ne
recueille que 10 % des suffrages, tandis que Villepin en obtient 34 et Sarkozy 42. Mais
c'est parmi les électeurs proches de l'UMP que le fossé se creuse de façon humiliante
pour l'actuel président de la République, dont 4 % seulement des sondés souhaitent la
candidature. Villepin n'obtient pas plus de 24 % des suffrages et Sarkozy est plébiscité
par 68 % des électeurs. Quand on pense que Chirac est le fondateur de l'UMP, on mesure à
quel point son crédit s'est effondré. Il faut dire qu'il y a mis du sien, conservant
pendant trois ans Raffarin qui n'a été capable que de serrer ses petits poings en guise
de programme politique et dont l'immobilisme a inexorablement conduit la France à
l'effondrement économique, poussant de toutes ses forces à l'intégration de la Turquie
dans l'Union européenne, et ne tenant aucun compte, à ce sujet, du vote pourtant sans
appel des Français, le 29 mai dernier. Mais la véritable surprise de ce sondage est
l'excellent score de Ségolène Royal, qui devance Strauss-Kahn et Fabius au premier tour
et n'est battue que d'assez peu au second par Villepin (51-49) et Sarkozy (53-47). On
comprend pourquoi les éléphants du PS ont fait assaut de machisme contre Mme Royal, au
risque d'écorner la belle image féministe qu'ils avaient voulu se donner en promouvant
la parité dans les élections. Il reste à savoir si Ségolène Royal saura donner un
contenu à sa candidature qui bénéficie surtout, pour l'instant, de l'engouement souvent
sans lendemain que crée l'effet de surprise. En tout cas il ne faut compter ni sur elle
ni sur aucune des personnes plus haut citées pour proposer les solutions propres à
hisser la France hors de l'ornière. On vient de fêter les vingt ans des Restos du cur. C'est en effet le 26
septembre 1985 que Coluche en avait lancé l'idée dans son émission quotidienne d'Europe
1. Curieusement - mais est-ce vraiment curieux ?- personne ne s'est avisé de rapprocher
cette date avec celle du 10 mai 1981, qui avait vu la victoire de François Mitterrand à
l'élection présidentielle. En quatre ans les socialistes avaient réussi à créer assez
de misère pour qu'il s'avère nécessaire d'imaginer des restos du cur. Ce qui,
soit dit en passant, ruine l'idée selon laquelle le socialisme serait favorable aux plus
démunis. En réalité, il n'est favorable qu'à l'accroissement de leur nombre. Surtout
quand il est mis en uvre par des technocrates, dont on dit à juste titre que si on
leur donne le Sahara, l'année suivante ils devront y importer du sable. Vingt ans après
leur création, les restos du cur sont toujours là et au lieu de servir 8,5
millions de repas comme à leurs débuts, ils en distribuent actuellement 67 millions !
Presque huit fois plus qu'à l'origine ! Etonnez-vous après cela que les politiciens de
tous bords soient honnis du peuple et qu'aucune majorité ne trouve grâce aux yeux des
électeurs quand elle doit se représenter devant eux. En trente ans, les politiciens ont
réussi à ruiner un pays riche et qui, bien gouverné, serait aujourd'hui prospère, pour
le plus grand bien de tous ses habitants et notamment des plus modestes. Ah ! les grands
présidents que nous avons eus ! Giscard, Mitterrand et Chirac : ces lamentables
politiciens ont déjà leur nom tout trouvé dans l'histoire : les trois naufrageurs ! Villepin offense le général de Gaulle Tout à son désir passionné de devenir président de la République et donc
d'écarter de sa route Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin triture l'histoire d'assez
vilaine façon. " Ne cultivons pas nos utopies, clame-t-il. La rupture n'a été
possible qu'une fois dans l'histoire, c'était la Révolution. Les ruptures se terminent
toujours dans un bain de sang. " Le général de Gaulle, là où il se trouve,
apprendra certainement avec plaisir qu'un premier ministre qui se réclame officiellement
du gaullisme ne voit aucune rupture entre celui-ci et le régime de Vichy, pas plus
qu'avec " le régime des partis " en 1958. Mais que M. de Villepin se rassure.
La rupture que veut son rival, M. Sarkozy, n'en est pas vraiment une. En trente années de
présence ininterrompue dans la vie politique, Nicolas Sarkozy a toujours soutenu le
système social français, celui qui est responsable de la catastrophe économique que vit
actuellement notre pays, et même aujourd'hui il n'avance aucune proposition sérieuse de
réforme. Villezy et Sarkopin même combat ! Ambiance morose au 60e anniversaire de la Sécu : Ah bon ? Pour célébrer le 60e anniversaire de la Sécurité sociale, le ministère de la
Santé avait organisé, le 3 octobre dernier, un colloque à Paris " sous le haut
patronage de M. Jacques Chirac ". Mais il faut croire que les ministres Xavier
Bertrand et Philippe Bas, qui étaient les maîtres d'uvre de cette manifestation,
ne doivent pas être certains de l'amour porté par les Français à
l'institution-que-le-monde-entier-nous-envie, car ils n'ont révélé le lieu du colloque
qu'à ceux qui montraient patte blanche. Et de fait la réunion, qui s'est tenue dans une
" ambiance morose " selon les journalistes présents, a donné lieu à
l'habituel défilé de technocrates et de syndicalistes, et à la non moins habituelle
accumulation de poncifs et de sottises. Il faut dire qu'il n'est pas facile de célébrer
l'anniversaire d'un organisme qui accumule les déficits et les dettes au point que la
Caisse des dépôts et des consignations, son bailleur de fonds attitré, a dû déclarer
forfait pour ne pas se trouver elle-même entraînée dans le gouffre financier, et qu'il
a fallu faire appel à des banques étrangères, notamment américaines pour faire la
soudure de la fin de l'année 2004. Le " libéralisme sauvage " au secours du
" modèle social français " en quelque sorte ! Mais trêve de persiflage.
Vantons plutôt le courage stoïque de ceux qui se tiennent debout sur la passerelle
tandis que le navire fait naufrage. Une nuance toutefois : le projet de ces héros n'est
pas de couler avec le navire mais de prendre place aux commandes d'un autre vaisseau de la
République afin de le conduire à son tour vers l'abysse. Quel talent! Les directeurs de caisses de retraite vont devenir professeurs de chirurgie Le directeur de la Caisse de retraite des médecins libéraux, un certain
Chaffiotte, énarque de son état, ne manque pas d'air, comme d'ailleurs tous ses
collègues issus de la-prestigieuse-école-que-le-monde-entier-nous-envie. Alors que la
Cour des comptes, dirigée par un autre énarque expert en catastrophes en tous genres,
Philippe Séguin, vient de révéler dans son dernier rapport que la caisse de retraite
des médecins, comme celles des autres professions de santé, est " en banqueroute
virtuelle ", Chaffiotte a organisé un colloque sur le thème - " Je vous le
donne, Emile ", comme disait Coluche - de " l'imprévoyance " ! Faisant la
leçon aux médecins, le bon Chaffiotte leur donne cet excellent conseil : " Il
importe d'évaluer les besoins et de prévoir les revenus en rapport, de prévenir les
difficultés éventuelles en évaluant les dépenses de toutes sortes. " Et pour
finir, ce morceau de bravoure : " Une partie des médecins est mauvais gestionnaire,
cela peut s'expliquer par l'absence de formation à la gestion d'un cabinet pendant les
études médicales. " Une suggestion : maintenant que les directeurs des caisses de
retraite des professions de santé vont avoir des loisirs pour cause de faillite, pourquoi
ne les nommerait-on pas professeurs de gestion chirurgicale dans les facs de médecine.
Afin d'y enseigner l'art et la manière de se couper à soi-même la tête, les bras et
les jambes. Sarkozy emprunte son costume à Gorbatchev Une véritable course contre la montre est engagée entre les politiciens et la
crise économique et sociale dans laquelle est plongée la France. L'espoir des
politiciens est que rien de grave ne se produise avant 2007, date des prochaines
élections présidentielle et législatives. Ils estiment qu'alors rien n'empêchera le
système de faire élire ses représentants, sous l'étiquette UMP, UDF ou socialiste. Si
en revanche des évènements dramatiques devaient survenir avant cette date, l'ensemble
des politiciens risquerait d'être emporté par la tourmente, comme ce fut le cas pour les
élus de la IVe République en 1958. Mais à supposer que le système puisse conserver le
pouvoir en 2007, il est certain qu'il sera balayé peu après par une crise violente, la
colère du peuple ayant été exacerbée par l'impossibilité de se faire entendre et par
le maintien au pouvoir de la coterie responsable du désastre national. C'est à cette
lumière qu'il faut examiner la rivalité entre Sarkozy et Villepin. Pour Sarkozy, le
système est à bout de souffle. Il faut donc lui insuffler un peu d'oxygène. Ce qui
permettra de le maintenir pendant une décennie supplémentaire (d'où la promesse de
Sarkozy de ramener le taux de chômage à 5 % en
dix ans). Pour Villepin
(strictement calé dans la ligne de Chirac) le système qui a tenu pendant trente ans
tiendra bien dix ans de plus (le temps de deux mandats présidentiels) à coups
d'incantations, de prélèvements et de redistributions. Ainsi donc Sarkozy et Villepin
sont au fond d'accord sur la même offre politique : donnez-moi le pouvoir pour dix ans. La pensée unique se fracasse sur l'outre-mer Ainsi donc le droit du sol ne serait plus approprié à nos départements
d'outre-mer, si l'on en croit M. François Baroin, ministre en charge de ce secteur. Le
problème est fort simple. Les avantages sociaux identiques à ceux de la métropole dont
bénéficient les habitants de ces départements situés dans un environnement de pays peu
développés attirent vers eux une immigration clandestine importante qui les
déstabilise, de telle sorte que " nous sommes confrontés à des politiques de
peuplement non maîtrisées ", comme l'indique le ministre au Figaro Magazine.
M. Baroin ajoute qu' "une remise en question du droit du sol ne provoque pas les
mêmes réticences outre-mer qu'en métropole ". On se demande ce qui lui permet de
formuler un tel jugement. A-t-on interrogé le pays sur le maintien du droit du sol, alors
que l'immigration est estimée par les experts les plus dignes de foi à au moins 400 000
nouveaux arrivants chaque année ? D'ailleurs le problème va bien au-delà de celui du
droit du sol puisque les avantages sociaux attribués aux immigrés ne dépendent pas plus
du fait qu'ils ne sont pas français que du caractère éventuellement illégal de leur
présence. En fait, c'est toute la politique sociale française qui est à revoir. Et
plutôt que d'entrer dans une querelle sur les qualités des attributaires, mieux vaut en
diminuer drastiquement le nombre, ce qui ne manquera pas de réduire le flux migratoire,
dont on sait bien qu'il est alimenté pour l'essentiel par la recherche d'une assistance
sociale particulièrement généreuse. Mais qu'un parangon de la pensée unique comme M.
Baroin, qui est capable d'enfoncer des portes ouvertes pendant des heures sur un ton
sentencieux, en soit réduit à préconiser des mesures que ses amis politiques qualifient
habituellement d' " extrémistes " en dit long sur le désarroi de la classe
politique française, confrontée à l'explosion d'un système social qu'elle nous vantait
il y a quelques semaines encore comme " le meilleur du monde ". Chaque année au début de l'été, les Français ont droit à la mise en scène
des valeureuses actions accomplies par les contrôleurs de la Direction de la consommation
et de la répression des fraudes. Cette année, c'est le chouchou qui était dans le
collimateur. Il s'agit de ces beignets qui sont vendus à la criée sur les plages. Nos
modernes Eliot Ness ont débusqué quelques vendeurs dont les produits n'étaient
apparemment pas conservés dans des conditions d'hygiène irréprochables. Et les
télévisions ont interrogé quelques mères de famille inquiètes à l'idée que leurs
petits consomment de la nourriture suspecte. Il est curieux pourtant qu'on n'ait jamais
signalé dans la presse des cas d'intoxication au chouchou. Comme il s'en est forcément
vendu infiniment plus que les fonctionnaires n'en ont contrôlés, s'ils étaient aussi
mauvais pour la santé que cela, cela aurait dû se savoir. Mais non, rien ! Dommage par
ailleurs que nos zélés et intrépides limiers n'aient pas demandé à quelques mères
d'ouvrir le sac où elles renferment le pique-nique familial. Nul doute qu'ils y eussent
découvert des produits suffisamment dégradés pour justifier l'incarcération immédiate
de la délinquante pour tentative d'empoisonnement par personne ayant autorité. Quand, à
la fin de la saison estivale, la guerre du chouchou cesse faute de combattants, les
cow-boys de la répression des fraudes se cherchent d'autres proies. C'est ainsi qu'ils
mettent la main de temps à autre sur de la nourriture chinoise avariée. Les millions de
clients des restaurants asiatiques sont interloqués et un peu refroidis, ce qui ne les
empêche pas de renouer rapidement avec la fréquentation de ces établissements. Pour
l'excellente raison qu'ils n'ont jamais été malades après y avoir mangé, car sinon il
y a longtemps qu'ils n'y mettraient plus les pieds. En revanche il suffit de lire les
journaux pour savoir qu'on ne compte plus les restaurants collectifs coupables d'avoir
provoqué de sérieuses intoxications alimentaires chez leurs " clients ". Ce
qui n'empêche pas l'administration de considérer comme une priorité la traque du
secteur privé, à commencer par les malheureux vendeurs de chouchous qui finalement
commettent, aux yeux des fonctionnaires, l'inexpiable crime de vouloir gagner quelques
sous en marge des circuits officiels. Il faut d'urgence cuisiner Bayrou Nous lançons un appel aux journalistes qui ont l'occasion d'interviewer François
Bayrou. Le président de l'UDF répète inlassablement l'antienne du
"changement", sans jamais préciser de quoi il s'agit. Jusqu'à présent aucun
membre de la presse ne s'est risqué à lui poser la question. Ce qui prouve que cette
honorable corporation place la discrétion au premier rang des valeurs qu'elle respecte
dans son exercice quotidien. Il est vrai qu'il serait très embarrassant pour un de nos
glorieux journaux d'avoir à publier par exemple que M. Bayrou préfère le slip au
caleçon, mais qu'il s'engage, s'il est élu président de la République, à "
changer ". La presse française s'honore en effet de ne pas aborder la vie privée
des hommes politiques, à la différence de bien des journaux étrangers qui n'ont pas la
même retenue. Mais imaginez qu'il s'agisse d'autre chose et que, par exemple, M. Bayrou
prône l'immigration zéro ou la suppression de l'impôt sur le revenu, ou encore clame
qu'il n'y a plus de monopole de la sécurité sociale. Cela vaudrait tout de même la
peine d'essayer de l'interroger. Sainte trouille dans les allées du pouvoir Une sainte trouille règne dans les milieux du pouvoir en France. Le récit qu'en
fait Martin Hirsch dans les colonnes du Monde est fort édifiant. Maître des
requêtes au Conseil d'Etat et président d'Emmaüs France (rien de tel que la direction
d'un organisme charitable pour écarter de vous l'envie, qui est toujours à craindre
quand on est plus ou moins en vue), Hirsch, qui fut le directeur de cabinet de Bernard
Kouchner au ministère de la santé, connaît parfaitement bien " le tout Etat
". C'est pourquoi ses observations sont dignes de foi : " " N'est-ce pas
que cela va exploser ? ", dit-on dans les dîners. " Cela ne pourra pas durer
longtemps comme cela ! ", renchérit-on sur les terrasses. " Quand pensez-vous
qu'aura lieu l'insurrection ? ", interroge-t-on dans les couloirs des cabinets
ministériels. " C'est beau la confiance ! Ce qu'on comprend mal, c'est la raison
pour laquelle tous ces privilégiés s'accrochent à ce point au pouvoir, alors qu'ils
savent fort bien qu'en cas d'insurrection, ils seront les plus exposés. Sans doute ne
croient-ils pas vraiment à cette perspective, ou plus exactement s'efforcent-ils de ne
pas y croire. Un comportement très fréquent dans l'espèce humaine, surtout quand elle
se sent impuissante à conjurer le péril. Et pour ce qui est de l'impuissance, les
classes dirigeantes étatiques françaises sont vraiment sans rivales dans le monde. La presse économique annonce la faillite financière de la France Si vous avez encore confiance dans le système économique et financier français,
ne lisez surtout pas le supplément Europe du Nouvel Economiste du 22 Juillet
2005. Voici quelques-unes des heureuses perspectives qu'il nous trace. " Thierry
Breton, nouveau ministre des finances, a parlé, le couperet est tombé, les chiffres ont
jailli, les contribuables sidérés découvrent l'endettement abyssal de la France
comparable à celui des pays sous-développés. " Indiquant que la dette réelle de
l'Etat s'élève à 2006 milliards d'euros et non à 1066, comme le prétend le
gouvernement, car il faut y ajouter les 940 milliards représentant les engagements de
retraite pour les fonctionnaires, le journal note que " la dette publique réelle
grimpe alors à 130 % du PIB [
] ce qui conduit la France à une quasi-faillite des
finances de l'Etat. Cette situation dramatique laisse présager de graves troubles
économiques et sociaux à court terme, proches de ceux qui ont précédé la Révolution
de 1789 où la dette de l'Etat était alors de 55 % du PIB de l'époque. " Au cas,
où l'idée de révolution ne vous séduirait pas, Le Nouvel Economiste vous
propose un " autre cas de figure envisageable, celui de la crise financière de 1929
où la dette publique représentait 160 % du PIB de l'époque. " Et le journal de
conclure : " Les réformes du gouvernement Villepin sont jugées insuffisantes par
les observateurs professionnels de l'économie pour endiguer le raz-de-marée qui se
prépare. Avec 2006 milliards de dette la France est au bord du gouffre comme d'autres
pays (Argentine, Mexique, etc.) qui ont failli disparaître et ont été relégués aux
oubliettes de l'histoire. " Et pendant ce temps, la cote de popularité de M. de
Villepin augmente fortement, tandis que celle de M. Chirac se redresse. La lucidité
française continue de faire l'admiration du monde ! Chirac provoque la faillite des producteurs de fruits et légumes Lionel Jospin arbore en ce moment un air guilleret qui ne trompe personne.
L'ancien premier ministre se sent désormais incontournable dans un parti socialiste qui a
perdu tous ses repères depuis le référendum sur le traité constitutionnel européen.
Et ce n'est pas le dernier sondage en date, celui de BVA pour la chaîne de télévision
LCI, qui pourrait assombrir son humeur. Il donne Sarkozy vainqueur par KO de tous ses
adversaires, sauf de Jospin qui perdrait certes, mais par un écart relativement faible,
puisque l'actuel ministre de l'intérieur ne l'emporterait que par 53 % des voix contre 47
% à Jospin. Quand on sait que la marge d'erreur d'un tel sondage est de trois à quatre
points et que Sarkozy fait en ce moment la une de l'actualité alors qu'on ne parle
presque plus de Jospin, on est conduit à penser que les chances du candidat malheureux de
2002 sont plus que réelles pour l'échéance de 2007. Et cela n'a rien d'étonnant.
L'actuelle majorité gère et aggrave le socialisme et tous les précédents démontrent
qu'en pareil cas l'électeur préfère l'original à la copie. On pourrait s'étonner que
les politiciens de droite persévèrent au fil des décennies dans la même erreur si l'on
ne savait que leur pouvoir repose sur l'écrasement de la classe moyenne sous les
prélèvements fiscaux et surtout sociaux, ce qui la prive de la liberté économique et
psychologique qui lui permettrait de remettre en cause la domination sans partage de la
technostructure qui dirige la France depuis près d'un demi-siècle. La fausse droite
préfère ainsi laisser place à la vraie gauche, ce qui lui laisse sa chance à
l'alternance suivante, qu'elle attend dans le confort des sinécures étatiques
généreusement attribuées aux recalés du suffrage universel, plutôt que de bouleverser
la donne économique et sociale, qui se traduirait inévitablement par son éviction
définitive du pouvoir au profit d'authentiques élus de droite issus des classes moyennes
du secteur privé. En réalité, tout se joue dans la bataille contre le monopole de la
sécurité sociale. Dès que les Français se seront en masse libérés de la pieuvre
sociale qui les étouffe et a provoqué l'effondrement économique du pays, ils
retrouveront des marges d'action et donc de renouveau, et la recomposition politique se
fera d'elle-même. Si Jospin devait être vainqueur en 2007, il serait aux premières
loges pour assister à l'effondrement d'un pouvoir qui a permis à l'obscur enseignant
qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être d'accéder aux premiers rangs de l'Etat. Les assurés sociaux appelés sous les drapeaux Le gouvernement a bonne mine avec sa réforme de l'assurance maladie, son
"parcours de soins" et ses oukases tarifaires. Tout ce délire français est
réduit à néant par l'obligation de rembourser normalement tout patient s'adressant à
n'importe quel praticien européen. La France a été obligée de se plier à la
jurisprudence communautaire sous la pression du MLPS et de la Commission européenne. Et
du coup, à moins de prétendre qu'un professionnel de santé français n'est pas
européen, la Sécurité sociale va devoir rembourser tout le monde sur la même base.
Adieu conventions, tarif d'autorité, magouilles syndicalo-administratives et, finalement,
mépris du droit élémentaire de tout cotisant à être remboursé par la Sécurité
sociale quel que soit le praticien qu'il choisit, en vertu du principe toujours
officiellement proclamé, tout autant qu'il est bafoué, du libre choix de son médecin,
qui figure en exergue de toutes les conventions médicales depuis quarante-cinq ans ! Et
dire que le ministre de la santé, Xavier Bertrand, multiplie les interventions
médiatiques pour expliquer l'incompréhensible dispositif du " parcours de soins
", et dire que les journalistes gobent toutes ces âneries et les reproduisent
religieusement, alors que le simple exercice de leur conscience professionnelle devrait
les conduire à se demander si cette " réforme " a bien une base légale et si
elle est ou non applicable ! Ils ont d'autant moins d'excuses que Le Parisien a
révélé au grand public l'existence du décret du 19 avril 2005, qui oblige la
Sécurité sociale à rembourser tout le monde normalement, et que Le Quotidien du
Médecin a consacré un grand article à ce décret et à ses conséquences. Ainsi va
la France de mensonges ministériels en complaisances journalistiques, de mépris du
peuple en acceptation résignée des citoyens, de déficits en déficits, de promesses non
tenues en sanctions électorales, de désintégration sociale en violences sans cesse plus
nombreuses, de promesses de grand soir en petits matins blêmes. " Pauvre France !
" s'écriait, dans une pièce de théâtre à grand succès des années soixante et
qui portait ce titre, un brave père de famille de province découvrant que son fils
monté à Paris était homosexuel. La morale est finalement sauve : aujourd'hui ce bon
garçon pourrait envisager d'épouser son compagnon. A condition de franchir les
Pyrénées ou de patienter un peu en France. Nous voilà loin de la Sécurité sociale ?
Pas du tout. C'est elle qui a perverti les esprits en leur ôtant tout sens de la
responsabilité personnelle et de la dignité qui en résulte. Le " parcours de soins
" a remplacé en France le parcours du combattant, que tout appelé sous les drapeaux
devait accomplir pour se former. Par bonheur, diront certains, car il n'y a plus de
guerre. En est-on si On a découvert en France des millions d'hommes providentiels Il aura fallu le cinglant verdict du référendum pour que tout ce que la France
compte de personnages officiels et d'éditorialistes patentés réalise enfin que la
situation économique de notre pays est catastrophique. Voilà pourtant des années que
les observateurs avisés prédisent l'effondrement français, qui peut se lire à livre
ouvert dans toutes les statistiques, sans que cela émeuve le moins du monde la France
d'en haut, bardée de ses certitudes et surtout de la folle conviction que le peuple
pourrait assister à sa propre exécution sans réagir. Eh bien, il a réagi par voie
référendaire, en envoyant aux dirigeants du pays un message sans ambiguïté. D'où la
panique qui s'est emparée de ces derniers. Il fallait voir le gouverneur de la Banque de
France, Christian Noyer, transpirer à grosses gouttes devant les caméras de LCI pour
comprendre que nos excellences ont perdu le contrôle de la situation et n'arrivent même
plus à le cacher. Le pire est que la presse leur tresse presque des couronnes pour oser
dire la vérité, comme si cela suffisait et alors qu'ils la cachent obstinément depuis
des années. C'est ainsi que le ministre de l'économie, Thierry Breton, après avoir tenu
une conférence de presse au cours de laquelle il avait déclaré qu'au rythme actuel des
dépenses, dès l'an prochain le produit de l'impôt sur le revenu ne couvrirait même
plus les intérêts de la dette, s'en est allé répéter à peu près la même chose au
micro du Grand Jury RTL-Le Monde-LCI et en tirer la conclusion qu'il fallait " tout
mettre sur la table " et " en discuter ". Comme si un ministre de la
République n'était qu'une sorte de maître d'hôtel, doublé d'un animateur de débat,
et non un responsable politique chargé de prendre des décisions. Et ce ne sont pas les
députés de la majorité qui lui seront du moindre secours. Invités par l'hebdomadaire
Valeurs Actuelles à formuler leurs propositions " pour améliorer la situation
économique et l'emploi ", une vingtaine d'entre eux n'ont trouvé à exprimer que
des banalités et se sont révélés incapables ne serait-ce que d'imaginer quelques-unes
des grandes réformes dont notre pays a un besoin vital. C'est dire à quel point la
classe politique française est coupée des réalités et impuissante face à la montée
des périls économiques et sociaux, qui vont inévitablement, à force de n'être pas
conjurés, se muer en crise politique de très grande ampleur. Pendant ce temps, retiré
dans son Poitou, M. Raffarin se prend à rêver d'un destin national ! Lui qui n'a su, en
trois années de Matignon, qu'agiter ses petits poings en répétant qu'il était tenace
et s'abstenir de faire la moindre réforme digne de ce nom. Entre une gauche irréaliste
et une droite incapable, les Français sont décidément bien mal lotis. Il ne leur reste
plus qu'à prendre eux-mêmes leur destin en main, en se persuadant que rien ne pourrait
être pire que de le laisser dans celles de la classe politique actuelle. Quand il n'y a
plus d'homme providentiel, chacun a vocation à le devenir dans la coopération avec tous.
Et cela a chance de ressembler à ce qu'on appelle la démocratie. Ceux des partisans du non qui espéraient obtenir une politique autonome de la France par rapport à l'Union européenne en ont été pour leurs frais et leurs illusions. C'est à un alignement pur et simple sur les dispositions du pacte de stabilité et de croissance qui lie les Etats membres de la zone euro qu'a procédé Dominique de Villepin. " L'ensemble de notre pays reste engagé dans le projet européen, il sait que son destin se joue désormais à l'échelle du continent ", a dit le premier ministre lors de sa déclaration de politique générale au Parlement. Ajoutant que " nous avons des marges de manuvre budgétaires étroites et que nous allons devoir les reconquérir pas à pas ", M. de Villepin a annoncé " une pause dans la baisse de l'impôt sur le revenu " et, concernant la sécurité sociale, la nécessité de " persévérer dans la voie du retour à l'équilibre des comptes ", et " qu'aucun dérapage de la dépense ne peut désormais être admis ". Si le nouveau gouvernement a décidé de se caler sur les prescriptions de Bruxelles et de tenter de ramener les déficits publics sous la barre des 3 % du produit intérieur brut, c'est parce qu'il sait que toute attitude différente aurait pour résultat de provoquer une grave crise de l'euro et peut-être son éclatement. Dans une telle hypothèse, le retour aux monnaies nationales mettrait la France face aux réalités de sa faillite, auxquelles elle n'échappe que grâce à l'euro qui interdit toute dévaluation dans les pays membres et permet à notre pays de faire payer sa gestion catastrophique par ses partenaires. Lesquels ne sont absolument pas décidés à jouer plus longtemps les brancardiers de la France. En fait nous sommes ramenés à la situation de 1983, lorsque M. Mitterrand, après les folies des deux premières années de son règne, avait choisi de rester dans les clous de l'union monétaire plutôt que de se lancer dans une aventure où le franc n'aurait pas manqué de sombrer et le pays avec lui. Telles sont les raisons qui ont conduit MM Chirac et Villepin à ne pas écouter les sirènes de ceux qui, tels Jean-Louis Debré, jamais avare de mauvais conseils, ainsi que la plus grande partie de la gauche, les poussaient à une politique de relance par la dépense publique. Le piège de l'euro s'est ainsi refermé sur la France. Il était plus simple de ne pas y entrer que d'en sortir. Mais ne pas y entrer, comme l'a fait la Grande-Bretagne, impliquait une politique économique libérale que la France s'est jusqu'à présent toujours refusée à mener. Elle paie aujourd'hui ce mauvais choix d'une condamnation à la rigueur que quelques mesurettes pour l'emploi ne pourront pas adoucir. Et de la chute désormais i |