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14/11/09 Philippe Herlin

La dette de la France inquiète !

Inquiétudes sur le triple A de la dette française

Fitch, l’une des trois agences de notation avec Standard & Poor’s et Moody’s, fait officiellement part de ses craintes sur les dettes anglaise et française. Le «triple A» (la meilleure note possible) de ces deux pays est menacé par l’ampleur de leurs déficits publics. L’analyste de Fitch annonce clairement la couleur : «Nous avons des craintes au sujet de la France. Nous voyons une détérioration sensible des déficits fiscaux en France, une certaine pression commence à s'y faire sentir». Et une dégradation aurait immédiatement de graves conséquences. Au lieu de nous vendre le stupide «Grand emprunt», le gouvernement ferait mieux de s’attaquer sérieusement au déficit budgétaire ! Le ministre du budget, d’habitude si prompt à endormir Bruxelles sur un «retour à l’équilibre du budget de la France dans les années à venir», reconnaît lui-même que la situation est très difficile. Au travail !

Dettes publiques : scénarios noirs

Le niveau d’endettement des Etats commence sérieusement à inquiéter la communauté financière, comme en témoigne une étude de la Société Générale qui envisage un «scénario du pire». Sans toutefois aller jusqu’à un krach obligataire, la SG envisage une «décennie perdue» à la japonaise. Parmi les solutions proposées pour réduire la dette, «outre l'augmentation des impôts », SG suggère « de nouvelles vagues de privatisations, la réduction des dépenses publiques, et la dévaluation des devises». La dernière est impossible (la BCE se l’interdit), la troisième improbable (spécialement en France, avec son système social que le monde entier nous envie), la seconde très limitée dans son montant. Reste l’augmentation des impôts…
Le temps risque de s’accélérer, les banques centrales annoncent en effet vouloir réduire leurs «facilités» monétaires. Le temps des largesses semble révolu ce qui - couplé justement aux inquiétudes sur les dettes des Etats - pourrait amener une hausse des taux d’intérêts longs et ainsi faire exploser la charge de la dette dans les comptes des Etats.

La dette sociale est mal gérée

L’Assemblée nationale publie un intéressant rapport sur la dette sociale, la dette de la sécurité sociale, gérée essentiellement par la CADES, mais aussi par l’ACOSS et le FFIPSA. On y a notamment confirmation que la CADES s’endette pour un cinquième en dollars (page 58). Le rapport dénonce la juxtaposition des différents organismes de gestion de trésorerie des caisses qui empêche toute mutualisation et renchérit donc le coût de la dette sociale (tableau 23, page 64). Il pointe également l’exposition au risque de taux (page 62) : la part de la dette à taux variable pour la CADES s’élève à 32 % ! Et par ailleurs «les émissions nouvelles de titres CADES sont affectées par l’élargissement des écarts de taux entre signatures publiques», c'est-à-dire que l’on note un accroissement du spread avec les OAT : une défiance du marché plutôt inquiétante (et le fait que la CADES s'endette pour partie en dollars est une façon de reconnaître ces difficultés). Le rapport conclut sur les «perspectives très préoccupantes» de la gestion de la dette sociale, compte tenu de l’explosion du déficit du régime général (20 milliards en 2009).

Philippe Herlin
http://ladettedelafrance.blogspot.com/  

 

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