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8/4/09 Claude Reichman

Eric Revel censuré par TF1

Sur son blog (http://blog-eric-revel.lci.fr ) Eric Revel, directeur de la rédaction de LCI, la chaîne d’information filiale de TF1, a publié mardi 7 avril 2009 un article critiquant les propos de Ségolène Royal à Dakar. L’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007 demandait pardon à l’Afrique pour le discours de Nicolas Sarkozy prononcé dans cette même ville à l’occasion de son voyage officiel en juillet 2007. Le président de la République avait notamment déclaré que « l’homme africain n’est pas suffisamment entré dans l’histoire ».

« Je suis outré par votre démagogie et votre populisme », lançait Eric Revel dans son article à l’adresse de Ségolène Royal. […]. Vous savez pertinemment ce que le Chef de l’Etat voulait dire : que hélas, l’Afrique n’est pas assez mondialisée et qu’elle n’a pas pris à bras le corps son avenir pour entrer dans l’Histoire. »

L’entourage de Mme Royal s’est indigné que celle-ci soit ainsi prise à partie par le directeur de la rédaction de LCI, au point que la direction de TF1 a cru devoir indiquer que les propos d’Eric Revel ne sauraient engager ni TF1 ni LCI, a obtenu de ce dernier qu’il retire l’article incriminé de son blog et évoqué de possibles sanctions.

Cette affaire est d’une extrême gravité. Elle met en cause la liberté d’expression en France. Si le directeur d’une rédaction n’a plus le droit d’exprimer un point de vue, au motif que « quand on est le patron de LCI, on n’est pas un simple citoyen », comme on l’indiquait, selon Le Point, « au sein de la direction de TF1 », cela signifie que la presse politique n’a plus droit de cité dans notre pays.

Ne nous y trompons pas. Il ne s’agit pas là d’un incident isolé, mais bien d’une tendance lourde. Face à l’exaspération de l’opinion publique qui accorde de moins en moins de crédit aux hommes et femmes politiques accusés d’être incapables de résoudre les problèmes de la France, la classe politicienne réagit selon le bon vieux principe qui veut qu’on casse le thermomètre quand on ne sait pas faire baisser la fièvre. Et le plus grave c’est qu’elle parvient à ses fins : que reste-t-il de la presse libre dans notre pays ?

Les médias sont punis par là où ils ont péché. A force de conformisme et de censure à l’égard des opinions « politiquement incorrectes », ils ont fini par se faire censurer eux-mêmes. Eric Revel, quant à lui, avait toujours démontré qu’il était un journaliste libre. Il ne l’est plus. C’est une grosse perte pour la démocratie.

Claude Reichman
Porte-parole de la Révolution bleue.

Afin de permettre à chacun de forger son opinion, nous publions ci-après l’article publié le 7 avril 2009 par Eric Revel sur son blog.

Madame la Présidente de Poitou Charente,

J’ai longtemps hésité avant de vous écrire ces quelques lignes. J’ai hésité car je me suis dit seulement que ces phrases seraient vite prises pour une position politique, pour ou contre, alors qu’il ne s’agit ici que de la réaction d’un simple citoyen.

Je suis outré par votre démagogie et votre populisme. Vos déclarations au Sénégal, pays de votre naissance, revenant sur les propos de Nicolas Sarkozy qui avait dit que “l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire”, sont dangereuses.

Vous savez pertinemment ce que le Chef de l’Etat voulait dire : que hélas, l’Afrique n’est pas assez mondialisée et qu’elle n’a pas pris à bras le corps son avenir pour entrer dans l’Histoire. Lorsque l’on parle d’Afrique, ce n’est le plus souvent que pour parler de misère, de famine et de maladie, le tout sur fond éternel de la « mauvaise colonisation ».

L’Afrique, que je connais et aime, a besoin de considération et d’aides. Mais surtout, elle a besoin pour se développer qu’on lui parle vrai : la colonisation n’expliquera pas tout jusqu’à la fin des temps ; la corruption de ses élites est une plaie ouverte. L’Afrique ne doit pas attendre toujours en tendant la main. Elle travaille et se bat. Elle lutte avec espoir pour se construire et trouver les voies d’un développement qui lui est propre.

Madame Royal, vos propos ne sont pas corrects. D’abord parce qu’ils distillent l’idée d’une repentance tellement à la mode en ce moment. Ensuite, parce qu’ils me semblent donc d’une incroyable mauvaise foi. Vous faites de la politique. Vous vous dites que l’on parle de vous sur cette nouvelle affaire en bien ou en mal, l’important c’est d’en parler … Ce que je fais !

Vous avez décidé que la politique n’était plus l’exposé d’idées et de convictions mais un simple chemin de communications réussies. C’est votre problème. Je ne partage pas cette conception de la politique. Merci d’avoir pris un peu de votre temps que je sais précieux pour lire cette lettre.

Recevez, Madame la Présidente, l’expression de mon sentiment le plus direct,

Eric Revel


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