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22/12/08 Marc Mennessier

Les carnets d’Yves Bertrand au procès d’AZF ?

C'est fou le nombre de gens qui veulent à tout prix faire dire aux sulfureux carnets de l'ancien patron des RG plus que ce qu'ils ne disent. Dans son dernier numéro, Le Point, encore lui, nous apprend qu'"après avoir été versés au procès de l'Angolagate, les carnets d'Yves Bertrand pourraient s'inviter au procès de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse" (http://www.lepoint.com/actualites/carnets-recycles/1331/0/300843).

Selon l'hebdomadaire, "Me Agnès Casero, avocat de l'une des associations de victimes, qui soupçonne l'ancien patron des Renseignements généraux d'avoir crédibilisé auprès des médias la thèse terroriste, a demandé au procureur de Toulouse le versement au dossier des fameux carnets."

On se demande bien ce qui motive l'avocate toulousaine, militante acharnée de la thèse de l'accident, si ce n'est peut-être le besoin de se mettre en avant depuis qu'un autre avocat, Me Christophe Lèguevaques, lui a volé la vedette en assurant bruyamment, à ses côtés, la défense de l'Association des sinistrés du 21 septembre.

Car si Me Casero avait lu ma Newsletter du 30 novembre et si elle avait fait un petit tour sur le forum de mon site (www.azfsilencedetat.com/forum/index.php), elle saurait qu'Yves Bertrand n'a rien fait pour "crédibiliser" la piste islamiste comme elle le prétend. Non seulement, l'ancien DCRG n'a pas été à l'initiative de ces investigations mais il n'a rien fait pour empêcher leur arrêt brutal, une semaine seulement après leur démarrage et sans que les policiers de la PJ et des RG toulousains n'aient pu aller au bout de leurs enquêtes respectives.

En outre, au risque de me répéter, si Bertrand a réellement fait partie d'une officine fomentant des coups tordus contre les adversaires de Jacques Chirac, comme l'accusent Le Point et Guy Birenbaum dans son dernier livre (« Le cabinet noir », ed. Les Arènes), il n'avait aucun intérêt à agiter dans l'ombre la thèse terroriste, sachant que l'ancien président de la République avait privilégié dès le départ une origine accidentelle. Bien au contraire. Sans doute l'ex-patron des RG a-t-il voulu, comme cela se fait souvent dans le renseignement, se tenir informé de ce que les journalistes "savaient" sur cette piste pour être au courant à l'avance d'éventuelles publications.

Du coup on voit mal comment ces documents, qui font décidément tourner la tête à plus d'un, pourraient contribuer en quoi que ce soit à la manifestation de la vérité sur les causes de l'explosion lors du procès qui s'ouvre le 23 février prochain à Toulouse.

En octobre 2007, Me Casero, qui a de la suite dans les idées, avait demandé sans succès à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse qu'elle nomme un juge d'instruction pour enquêter sur "l'origine des sources du rapport des Renseignements généraux du 03 octobre 2001 qui", selon elle, "nourrit depuis l'explosion et de façon récurrente, la piste erronée d'un attentat terroriste."

Me Casero accusait alors "la société Grande Paroisse et Total" d'en faire "leurs choux gras en initiant des articles de presse et cela avait commencé en 2002 avec un article dans Valeurs actuelles". Faux : comme je l'explique dans mon livre, Grande Paroisse et Total ne militaient pas à cette époque pour la piste islamiste, bien au contraire, mais pour celle de l'arc électrique provoqué par un dysfonctionnement survenu dans l'usine voisine de la SNPE.

Ensuite les premiers articles sur l'hypothèse terroriste ont été écrits dès le début du mois d'octobre 2001, notamment sous ma plume dans Le Figaro. Je fus en effet le premier à révéler dans ce journal l'existence de "l'homme aux cinq slips", comme l'écrit Le Point, à un moment où je n'avais encore jamais entendu parler d'Yves Bertrand et avant même que la note blanche des RG du 03 octobre 2001 n'ait été écrite et transmise à Paris !

La vérité est que ce document a été rédigé par des policiers du service régional de Toulouse au terme d'une enquête effectuée autour d'AZF et des milieux islamistes toulousains, dès le 21 septembre 2001, à la demande du SRPJ. C'est tout. Pas de complot impliquant Total et d'obscures officines semi-barbouzardes. Simplement des flics de base qui ont essayé de faire leur travail et qui ont collecté des informations que la justice aurait été bien inspirée de ne pas mettre sous le boisseau pendant ces cinq années d'instruction qui, au final, n'ont conduit à aucune explication plausible de la catastrophe.

Il y a un peu plus d'un an, Me Casero souhaitait "arriver au procès sans que (cette note) ne vienne encore polluer les débats". Elle risque d'être déçue.

Marc Mennessier
www.azfsilencedetat.com
 

 

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