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22/12/07  

Le tabou de Jean-Michel Aphatie

L’éditorialiste de RTL, Jean-Michel Aphatie, poursuit sur son blog http://blogs.rtl.fr/aphatie/), mais pas à l’antenne, ses réflexions souvent fort pertinentes sur la situation très dégradée de notre pays et sur les moyens d’y remédier. A la date du 20 décembre 2007, il propose un plan d’assainissement des finances publiques qui n’a qu’un seul mais grave défaut. Le journaliste pense que l’allègement de la charge fiscale peut rendre leur compétitivité à nos entreprises et leur permettre de créer des emplois « dont les cotisations sociales remettront à flot les mécanismes sociaux de solidarité ». En réalité, bien plus que la fiscalité, ce sont les charges sociales qui étouffent les entreprises et l’activité économique de notre pays. L’objectif à poursuivre ne consiste donc pas à tout faire pour continuer à entretenir « les mécanismes sociaux de solidarité », mais au contraire à les ramener à leur seule raison d’être, l’assistance aux plus démunis, et à confier le reste de la protection sociale aux mécanismes d’assurance dans un cadre concurrentiel. De sa sensibilité socialiste initiale, Jean-Michel Apathie a conservé une sorte de respect irrationnel envers la Sécurité sociale, un tabou qu’il ne parvient pas à transgresser. S’il y parvient, sa pensée trouvera enfin ce qui lui manque : une véritable cohérence.

Claude Reichman

20 décembre 2007 Le blog de Jean-Michel Aphatie

Presse. Ca va mal, amis et camarades, dans le monde du journalisme. Le Monde, endetté jusqu'au coup, n'a plus de tête, sa direction venant de démissionner. Le Figaro perd des euros par millions. L'hypothèse d'un plan social prend de plus en plus de consistance. Radio France, dont les journalistes s'enorgueillissent de vivre sans publicité, c'est-à-dire avec beaucoup plus d'élégance que ces marchands de soupe des radios privées, ne parvient plus à faire ses fins de mois et demande donc aux pouvoirs publics, qui ne peuvent plus augmenter la redevance car la pression fiscale dans tant de domaines paraît déjà au maximum, de débloquer des espaces publicitaires supplémentaires. Cette crise de la presse, trop rapidement exposée, représente une illustration supplémentaire de la profonde crise économique que traverse la France, qui nourrit dans un prolongement direct une très grave crise de confiance. Quand donc comprendra-t-on que sans un effort expliqué d'abord, partagé ensuite, programmé et maîtrisé, qui partira de l'assainissement de finances publiques dont le déficit chronique nous asphyxie, se poursuivra par un allégement de la charge fiscale susceptible de refabriquer de la compétitivité pour les entreprises, lesquelles créeront à nouveau des emplois dont les cotisations sociales remettront à flot les mécanismes sociaux de solidarité, sans cet effort là, rien de durable ne sera construit ? En attendant, le gouvernement bricole. Exonération des heures supplémentaires que l'on ne peut appliquer qu'au terme d'une circulaire de vingt-cinq pages, monétisation des RTT avec des bonus de pourcentages tellement variables que le gouvernement dépose des sous-amendements à l'Assemblée pour tenter d'harmoniser ce qui peut l'être sans être certain d'y parvenir tout à fait, déblocage prématurée de la participation ce qui lui fait perdre sa raison d'être, bref ce n'est pas cette usine à gaz avec tuyaux et ramifications qui nous sauvera du péril. Xavier Bertrand, souple comme toujours au micro de RTL, en est un ingénieur certes doué d'un certain talent. Il n'empêche que les artifices ne dureront que le temps que durent les roses, c'est-à-dire pas très longtemps.

 

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